Compte tenu des difficultés actuelles rencontrées sur le marché laitier, Marian Fischer Boel semble soucieuse de procéder sans trop tarder à certaines révisions des mécanismes de gestion. Le niveau du prix d’intervention du beurre, le régime de stockage privé du beurre et, d’une manière plus générale, les mesures d’écoulement des produits laitiers sur le marché intérieur sont dans le collimateur de la commissaire à l’agriculture.
Mme Fischer Boel, qui a participé le 26 juin au congrès des exploitants laitiers européens à Viborg au Danemark, a laissé entendre que, lors de la réforme de 2003, les ministres de l’agriculture de l’UE n’avaient pas suffisamment réduit le prix d’intervention du beurre, contrairement à ce qui avait été recommandé par la Commission. Si les stocks d’intervention de lait écrémé en poudre sont actuellement vides, les stocks publics de beurre sont en train de se remplir, a-t-elle souligné, en précisant que des achats publics par voie d’adjudication avaient été acceptés le 15 juin en raison du dépassement du plafond de l’intervention (50 000 tonnes en 2006). Une situation qui, selon elle, nécessite de s’interroger sans tarder sur le niveau du prix d’intervention du beurre. Il est probable, dans ces conditions, que la commissaire tentera d’imposer une nouvelle réduction du prix d’intervention à l’occasion du bilan de la santé de la Pac prévu en 2008.
Le stockage privé en cause
Par ailleurs, Mme Fischer Boel se demande si le maintien du régime d’aide au stockage privé est encore justifié. « À l’origine, l’objectif principal de cette mesure était de constituer une alternative à l’intervention. En conséquence, maintenant que nous avons l’intervention sous contrôle, avons-nous besoin de mettre en place le régime d’aides au stockage privé chaque année ? ».
Autre interrogation soulevée par la commissaire : l’avenir de nombreuses dispositions pour favoriser l’achat de beurre et de lait écrémé en poudre sur le marché intérieur. Selon elle, ce dispositif interne est la relique d’une époque durant laquelle le marché laitier était massivement surapprovisionné. La situation est aujourd’hui tout autre. « Avons-nous encore besoin de ces mesures qui sont à présent quelque peu marginales ou devons-nous les supprimer par souci de simplicité ?»
De son côté, Herman Versteijlen, directeur au sein de la direction agriculture à la Commission, a souligné, lors de l’assemblée générale d’Eucolait, que les aides à l’écoulement du lait écrémé finiront par être fixées à zéro. Il a indiqué que la production de lait écrémé en poudre dans l’UE était très compétitive et a prédit que l’exportation, sans le soutien de restitutions, serait possible à partir de 2008. Pour le beurre, il a estimé, en revanche, que la différence entre les prix européens et les cours mondiaux devraient toujours être de 25 % en 2013.
Evoquant la question récurrente du niveau élevé du taux de matière grasse dans le lait, M. Versteijlen a indiqué que des réflexions étaient conduites à Bruxelles pour encourager la production de lait contenant davantage de protéines.