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Formation Les MFR redoutent un déclin de l’apprentissage avant le bac

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Les Maisons familiales et rurales s’inquiètent d’un ralentissement du nombre d’apprentis préparant un diplôme inférieur ou égal au bac. Il est nécessaire de repenser l’ensemble du dispositif d’apprentissage, selon elles, pour ne pas décourager la formation en alternance à ce niveau.

Les MFR s’inquiètent d’une étude (années 2008 et 2009) de la Direction de l’évaluation, de la prospective et de la performance (DEPP), au ministère de l’Education nationale, qui constate une diminution du nombre d’apprentis préparant un diplôme égal ou inférieur au Bac, une stabilisation des BTS, une augmentation des effectifs dans l’enseignement supérieur. Les MFR s’inquiètent en particulier de la place des bacs professionnels « qui devraient être le moteur essentiel du développement de l’apprentissage aujourd’hui ». « Or, les 21 892 apprentis de moins dans le niveau V, suite à la disparition des BEP, n’ont pas été compensés par les 10 754 Bacs professionnels supplémentaires. Le socle de l’apprentissage constitué par les niveaux V et IV s’appauvrit donc », écrivent-elles dans un communiqué du 10 février. « La mise en place des “Bac pro 3 ans” n’a pas été réfléchie pour l’apprentissage. Des contraintes spécifiques : signature d’un contrat de travail pour 3 ans, choix de la spécialité dès la classe de seconde, passerelles impossibles... handicapent cette voie (…). Du coup, un nombre important de questions se pose : prétendre que l’orientation et le choix d’entrer en apprentissage ont été suffisamment préparés pendant les années collège, est-ce réaliste ? Engager un adolescent pour 3 ans, dans un cursus définitif, est-ce logique (…) ? Demander à une entreprise d’embaucher un jeune de 15 ou 16 ans sur une période aussi longue, est-ce sérieux ? »
Les Maisons familiales et rurales craignent un déclin de la filière composée alors de « CFA traditionnels, centrés sur les CAP, quelques Bacs professionnels et quelques BTS, réservés aux jeunes qui ne trouveront pas leur place dans l’enseignement classique », au profit d’une « filière haut de gamme dans les grandes écoles à même par leur réseau d’anciens de capter une grande partie des ressources de l’apprentissage et ne participant aucunement à la nécessaire démocratisation de l’enseignement supérieur ». Si tel était le cas, tous les efforts entrepris pour valoriser l’apprentissage seraient remis en cause, selon les MFR.
Au-delà des aides aux entreprises, coûteuses pour l’Etat et les conseils régionaux, les MFR attendent « un projet ambitieux, moins coûteux et qui prépare l’avenir » par la mise en œuvre de nouveaux dispositifs préparatoires à l’apprentissage après le collège, de parcours pour tous ceux qui recherche une formation par alternance … 
« La balle est dans le camp des partenaires sociaux qui doivent faire des propositions, dans celui des Régions qui peuvent prendre des initiatives et chez la ministre en charge du dossier dont on attend des actes concrets », concluent les MFR.

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