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Champagne Les professionnels du champagne espèrent une reprise en 2010

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Avec une baisse de 21% de son chiffre d’affaires en 2009 par rapport à 2008 et un résultat net en diminution de 29%, le groupe Nicolas Feuillatte a traversé une année 2009 difficile si l’on en croit les chiffres révélé lors de l’assemblée générale de la marque le 12 mai à Epernay. Une situation peu favorable que l’on constate aussi dans toute la région Champagne, dont le chiffre d’affaires est en baisse de 20% depuis deux ans. Malgré tout, l’optimisme reste de mise pour 2010.

Le Centre Vinicole-Champagne Nicolas Feuillatte (CV-CNF) a perdu 19% en volume en 2009 par rapport à 2008, soit une baisse nettement supérieure à celle de la région Champagne pour la même période (-9%), tels sont les chiffres qui ont été révélés lors de l’assemblée générale de la première union de producteurs de la région le 12 mai 2010 à Epernay. En revanche, le prix est resté quasiment stable pour la marque (-1% en valeur en 2009 par rapport à 2008) contrairement à la région Champagne qui a perdu 8% à la même période. Une situation qui se traduit par une baisse du chiffre d’affaires de 21,6% à 105,2 millions d’euros pour la marque. En ce qui concerne la région Champagne, le chiffre d’affaires a également chuté de 20% en deux ans.

Nicolas Feuillatte s’oppose à une politique de prix bas
Malgré tout, un optimisme relatif concernant l’avenir était présent lors de cette assemblée générale. « En 2010, nous espérons une légère reprise mais nous craignons une dégradation du prix et par voie de conséquence une dégradation de l’image », explique Sylvain Delaunois, président du conseil d’administration du Centre vinicole-champagne Nicolas Feuillatte. Un espoir de reprise conforté par les prévisions apportées par l’économiste Daniel Cohen qui a cité les chiffres de l’Insee selon lesquels au premier trimestre 2010, la croissance était de seulement 0,1%. L’économiste a aussi rappelé les prévisions 2010 du FMI qui indiquent que la croissance mondiale devrait atteindre les 4% après la croissance négative de 2009. Selon Daniel Cohen, la crise pourrait n’avoir duré qu’un an et le retour à une croissance fragile pourrait voir le jour, à condition que les Etats de l’UE mettent en place un « tournevis budgétaire général ». Un optimiste relatif donc assorti d’une crainte de perte de prestige à l’avenir. « On est contre une dévaluation par un prix bas. C’est pour nous une question de respect du consommateur », a déclaré Dominique Pierre, directeur général.
Pour maintenir le prestige de la marque, le groupe a révélé sa stratégie 2010. « L’investissement ne représentera pas grand-chose, a déclaré Dominique Pierre. L’outil est déjà en parfait état. Il faut mettre en œuvre une synergie avec les coopératives. Le gros des investissements a été fait. Nos deux axes stratégiques majeurs sont de maintenir une position dans un marché en difficulté car il y a un sentiment de honte à ouvrir une bouteille de champagne en temps de crise et conserver la valeur en dépit du taux de change. » D’autre part, un gros effort du côté de la communication devrait être effectué en 2010. « Il est temps que l’interprofession bouge et reprenne une communication internationale. On ne parle plus du champagne ! »