Sans aller jusqu’à la fusion des tirs de défense simple et renforcée, le gouvernement compte alléger et accélérer les procédures de tir contre le loup. Une orientation assumée y compris au ministère de la Transition écologique.
Juste avant de présenter le nouveau Plan loup 2024-2029, l’exécutif avait annoncé à la presse le 14 septembre sa volonté d’accélérer et de simplifier les procédures de tir de défense contre le prédateur. Dans un document envoyé aux journalistes, le ministère de l’Agriculture apporte des précisions et promet une « accélération de la délivrance des autorisations de tirs (48 h) en cas d’attaque », avec « avis du préfet coordinateur sous 24 h ». Selon Claude Font, secrétaire général de la FNO (éleveurs d’ovins, FNSEA), cette accélération devrait passer par un système d’« accord tacite » (pas de réponse en 48 h équivaudrait à une autorisation).
Les pouvoirs publics affichent leur volonté de s’appuyer davantage sur les louvetiers : formation et recrutement de bénévoles (y compris parmi les agriculteurs), désignation de louvetiers spécialisés sur le loup et de louvetiers mobilisables rapidement, accès aux lunettes de visée nocturne (mise à disposition en préfecture). Le tout avec un objectif de « présence au bout du champ sous 48 heures après délivrance de l’autorisation de tir ».
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Deux, voire trois tireurs
Au-delà de l’« accélération », l’exécutif promet aussi la « simplification » des tirs – sans aller jusqu’à la fusion des tirs simples et renforcés réclamée par la FNSEA. Les tirs de défense simple pourront se faire avec deux tireurs ( « voire trois de manière exceptionnelle après autorisation du préfet »). Les louvetiers ne seront plus tenus d’éclairer leur cible avant de tirer. Les lunettes thermiques seront disponibles « quel que soit le type de tir ». L’exécutif envisage aussi un « renforcement des prélèvements en début de saison de façon à limiter les attaques durant la période d’estive ». Alors que l’OFB estime que la France compte 1 104 loups, « l’augmentation de la population de loups peut justifier qu’on soit plus efficace sur les tirs », explique le cabinet de la secrétaire d’État à la Biodiversité.
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Dans un communiqué du 19 septembre, les associations écologistes participant au groupe loup accusent l’État d’« organiser sans l’assumer une régulation cynégétique du loup en simplifiant les procédures d’abattage ». De son côté, le représentant de la Coordination rurale, Christiant Provent, appuie : « Si les tirs de défense sont plus efficaces, il est à craindre que le plafond de prélèvement soit vite atteint. Il convient donc de relever ce plafond » (aujourd’hui à 19 % de l’effectif de loups). Une éventualité que n’écartent pas les pouvoirs publics si la population de loups continue de progresser.