La ministre de l’Agriculture relèvera prochainement le plafond 2026 de prélèvement de loups, qui risque d’être atteint avant la fin de l’année, a-t-elle annoncé au Sommet de l’élevage.
Annie Genevard a annoncé, le 8 octobre, un relèvement du plafond annuel de prélèvement de loups pour 2026, confirmant une information de la FNO (éleveurs d’ovins, FNSEA) la veille. « Nous activerons tout prochainement le + 2 %, pour que le plafond passe de 21 à 23 % », a-t-elle déclaré dans son discours au Sommet de l’élevage. Cette possibilité est prévue par l’arrêté du 23 février 2026 : ce texte fixe le plafond de prélèvements à 21 % de la population estimée de loups et prévoit la possibilité pour le préfet coordonnateur de passer à 23 % en cas d’atteinte avant la fin de l’année.
Selon le vice-président de la FNO Claude Font, cela permettrait « 22 prélèvements de plus », sachant que « 216 loups ont déjà été prélevés sur le plafond annuel de 225 individus ». « Il y a déjà eu des limitations des interventions des lieutenants de louveterie » afin d’éviter d’atteindre le plafond, ajoutait le responsable syndical le 7 octobre en conférence de presse. De son côté, Annie Genevard a précisé qu’« il y aura des conditions pour le tir, car si la barre des 23 % est atteinte trop tôt, plus personne n’aura le droit de tirer, et je veux éviter cela ».
Report des tirs non utilisés sur l’année suivante
Pour rappel, un décret paru cet été a facilité la possibilité, pour le préfet coordonnateur, de suspendre les tirs dans certains territoires. « Il est inconcevable d’arrêter des tirs de défense, qui doivent être réalisés sur des loups proches des élevages, alors qu’ils ont été autorisés », martèle Claude Font, opposé à toute « gestion territorialisée des tirs ». Un dossier sur lequel la ministre s’était voulue rassurante, le 30 septembre, au congrès de la FNO. « Je veux vous rassurer : il n’y a pas de distinction entre territoires », avait-elle affirmé, avant de promettre : « Suspendre les tirs est l’arme atomique : le préfet utilisera d’autres outils avant cette solution ».
Restez au courant en temps réel !
Suivez des thématiques, des projets législatifs, des entreprises et des personnalités pour être notifié dès que nous publions un article.
Par ailleurs, comme évoqué au congrès de la FNO, la ministre a confirmé que, « si le plafond de tir n’est pas atteint une année, les loups non-éliminés pourront être additionnés au plafond de l’année d’après ». Cette disposition ne concernerait qu’une poignée de loups, les plafonds étant presque totalement consommés ces dernières années. Elle sera inscrite dans un décret (incluant aussi les lunettes thermiques), qui « vous sera présenté d’ici le 12 octobre », puis « publié début décembre ». Ce texte mettra aussi en application la possibilité pour les éleveurs d’utiliser des lunettes de tir à vision nocturne, comme prévu par la loi d’urgence agricole.
YG