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Si vous n’avez pas d’idée pour vos prochaines vacances, direction l’Allemagne. Histoire de vérifier sur le terrain si tout ce qu’on raconte sur notre concurrent et néanmoins ami, est vrai. Les Allemands auraient réussi là où nous renâclons à faire, victimes d’un mal typiquement français. Nous n’aurions pas dans nos gènes ce pragmatisme, ce sens des réalités.
L’Allemagne, est le nouveau modèle comme l’Angleterre l’a été pour nos gouvernants avant la crise économique. On a vu ce qu’il est aujourd’hui advenu de l’exemple anglais.
Difficile d’échapper à cette « germanofolie » ambiante qui vire à l’obsession quand on énumère les réussites de l’Allemagne agricole. Elle nous taille des croupières à peu près partout : le lait, le porc, même les légumes. Quelle est la réalité ? Dans le secteur laitier, difficile de contester l’insolence réussite de l’Allemagne. La France et l’Allemagne laitière ont eu, en 2009, une stratégie opposée. L’une a défendu la maîtrise. L’autre, l’augmentation de la production avec le résultat qu’on connaît : un différentiel de prix payé aux producteurs de 35 euros/ 1000 litres. Il n’y a pas si longtemps le lait allemand était plus cher que le lait français. Qui s’en souvient aujourd’hui ? L’interdépendance économique des deux pays ne date pas d’hier. C’est une constante qui fait varier le solde commercial au bénéfice de l’un ou de l’autre des protagonistes.
L’interprofession laitière française a décidé d’aller voir ce qui s’y passe. L’ambition est de savoir qui a vraiment gagné ou franchement perdu. Un moyen de faire taire les supputations et surtout de cesser la stigmatisation, voire la désinformation. Non, les Allemands ne partent pas en retraite à 67 ans. Ils le feront pour certains d’entre eux en 2029. D’ici là, la France aura regagné son leadership agricole… ou pas. Il peut devenir urgent de balayer devant sa porte.