Peu à peu, les dispositifs visant à créer la filière éthanol se mettent en place. Non sans débat, les relations entre producteurs et industriels se constituent. Pour les agriculteurs, il s’agit d’une véritable prise de risque, d’un pari sur l’avenir. Ils sont sollicités pour investir des sommes non négligeables dans des outils industriels importants ; ils sont incités à s’engager, via des contrats, dans des relations de fidélité, quels que soient les prix de marché demain ; la rémunération qu’ils recevront est, elle, rarement garantie.

Le marché sur lesquels ils investissent n’a pas que des aspects rassurants. Il peut être à la merci d’une concurrence brésilienne, d’une innovation technologique révolutionnant les moteurs, d’une politique fiscale ou d’une stratégie incertaine des producteurs de pétroles ou des géants du raffinage-distribution.

Il ne s’agit pas, non plus, d’un de ces marchés à haute valeur ajoutée dont on avait dit qu’ils étaient l’avenir de l’agriculture.

Et pourtant, qui pourrait nier la nécessité d’adhérer à ce projet ? Au-delà de la rentabilité économique (personne, sur ce plan ne peut apporter de calcul définitif, tant les paramètres du marché sont changeants) il y a, dans les biocarburants en général, une dimension, voire une mission qui permettra aux agriculteurs d’aller à la rencontre de la société, de trouver une nouvelle légitimité. Et sans doute à terme une rémunération à la hauteur de leur prise de risque. Encore faut-il que celle-ci soit bien cadrée. Dans les dispositifs qui sont actuellement mis au point, entre producteurs et transformateurs, il en est de plus intéressants que d’autres. Il faudra une sérieuse concertation entre paysans de régions et de productions différentes pour que les montages les plus intéressants deviennent les plus utilisés.