L’an dernier, la flambée des prix des matières premières agricoles faisait la une des journaux ; aujourd’hui, l’effondrement de la plupart de ces prix laisse les citadins et leurs médias indifférents. C’est classique : ce sont les mauvaises nouvelles qui font l’information et une flambée des prix est, pour l’acheteur qu’est le citadin, une mauvaise nouvelle. Leur effritement ne fait de gros titres que dans la presse agricole, à peine une brève dans la presse générale. D’où le besoin, pour les agriculteurs, de faire connaître autrement leurs problèmes, via des manifestations ou campagnes d’informations. La journée du 7 novembre devait être composée de ces deux types d’actions.
L’enjeu est surtout de faire savoir au grand public qu’une situation de prix très aléatoires n’est pas favorable au consommateur. Pourquoi ? D’abord parce que les prix qu’il paiera seront, eux aussi, même dans une moindre mesure, très erratiques. Or, on consomme tous les jours des produits alimentaires. Ensuite, parce que cela peut inciter les distributeurs à s’approvisionner à l’étranger pour s’arbitrer, ce qui induit plus de risques en termes de qualité voire de sécurité. Sans compter évidemment la menace sur le nombre d’exploitations qui irriguent le paysage français et sur les emplois de l’industrie agroalimentaire.
Voilà pourquoi, à l’intention du grand public, il est peut-être plus judicieux de décrire, non pas seulement le désarroi des exploitants face à la baisse des prix agricoles, mais aussi, et surtout, les inconvénients graves d’un marché agricole libéralisé avec des prix devenus totalement aléatoires. C’est, en somme, un discours de pédagogie plutôt que de revendication.