Les ambassadeurs des États membres (Coreper) ne sont, une fois encore, pas parvenus à trouver un accord sur la proposition omnibus dans le domaine des pesticides, lors de leur réunion du 23 septembre. Les discussions continuent de buter sur la question de l’abaissement à zéro des limites maximales de résidus (LMR) pour certains pesticides préoccupants non autorisés dans l’UE. Plusieurs États membres sont en effet préoccupés par les conséquences que cette décision pourrait avoir sur les échanges commerciaux. Suite de demandes formulées par certains États membres (notamment l’Italie) qui souhaitaient disposer de plus de temps pour examiner la proposition, la présidence irlandaise sur Conseil a donc décidé de reporter le vote en vue d’obtenir un mandat de négociation. Elle espère être en mesure de réinscrire le dossier à l’ordre du jour du Coreper dès que les conditions le permettront. Au Parlement européen également cette question des LMR divise les eurodéputés qui sont censés adopter leur position lors de la plénière de novembre.
Près de 600 scientifiques européens ont appelé le Parlement européen et le Conseil de l’UE, dans une lettre du 17 septembre, à suspendre leurs discussions sur ce projet de règlement le temps de réaliser une évaluation scientifique indépendante et complète de ses conséquences sanitaires et environnementales. Les signataires estiment que le projet constitue sur la table une réforme « large et lourde de conséquences ». Selon eux, « compte tenu de l’ampleur des changements envisagés, et dans un contexte plus large où la communauté scientifique est de plus en plus appelée à alerter sur les pressions environnementales et sanitaires cumulatives, une élaboration responsable des politiques exige de la prudence plutôt que de la précipitation. » Et de conclure : « Pour nous, scientifiques, la préoccupation majeure est que le système de réglementation demeure capable de corriger les décisions d’hier grâce aux connaissances de demain. »