Nicolas Sarkozy et son ministre de l’agriculture ont sans doute sur-réagi en se gaussant d’un document de la Commission de Bruxelles qui en était encore au stade préparatoire. Il est vrai aussi que ce projet de communication récusait, de façon floue et peu étayée, tout lien entre la spéculation sur les marchés et les cours des matières premières, alors même que le chef de l’Etat français a inscrit cette question sur l’agenda de sa présidence du G20. Le commissaire chargé des services financiers, Michel Barnier, a en tout cas regretté ces « petites polémiques » sur un « problème grave ». D’autant que le texte en question, dont l’adoption par l’exécutif européen est bien entendu reportée, est censée émaner du président, José Manuel Barroso « en accord avec »... M. Barnier et ses collègues chargés de l’industrie, Antonio Tajani, et de l’agriculture, Dacian Ciolos. Plutôt gênant. Ce qui est en fait plus gênant encore, c’est le mode de fonctionnement des services bruxellois. Mû par on ne sait quelle ambition ou idéologie, l’omniprésent secrétariat général de la Commission, sorte de cheville ouvrière du président, est aux aguets dès qu’apparaissent les mots « intervention », « régulation » ou même « agriculture ». C’est de lui que provenait un document – qui avait également « fuité », en octobre 2009 – préconisant une réforme budgétaire violemment réductrice pour la Pac. Un document qui avait fait beaucoup de bruit avant de tomber dans l’oubli. Le texte sur les matières premières dénigré par Paris a été compilé sous les bons auspices de ce même service. Et il est clair d’ores et déjà qu’il y sera mis bon ordre dans sa version finale.
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