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Porc : le cadran reprend après une légère réforme

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Le marché du porc breton (MPB) a repris son activité le 26 novembre sur un fonctionnement légèrement rénové. Tous les opérateurs étaient présents sauf Bigard. Si ce dernier fait l’effort de suivre cette cotation fixée par le cadran (1,043 - 1,088 euro/kg), la filière pourrait fermer la parenthèse des « prix différenciés », et ne plus ajouter au marasme ambiant une inutile désorganisation.

À l’arrêt depuis le 8 octobre, le marché du porc breton (MPB) a repris le 26 novembre dans la matinée, en présence de tous les opérateurs, à l’exception de Bigard. Une nouvelle convention a été signée dans la semaine qui a permis au cadran de redémarrer sur un fonctionnement légèrement rénové : il n’existe plus qu’un tour de marché (contre deux auparavant), et la barre de retrait (seuil de prix minimum pour les abatteurs) est supprimée. La première mesure doit raccourcir la durée des séances, la deuxième vise à ne pas réitérer les événements qui ont conduit cet été à l’arrêt du cadran, lorsque deux opérateurs, en l’occurrence JPA (Intermarché) et Kermené (Leclerc), avaient soutenu les prix à la hausse (avec un objectif de 1,40 euro/kg), sans pour autant acheter de volumes conséquents. « Le temps nous dira si ça marche. L’important était de relancer le cadran », analyse le président du MPB François Pot. La Cooperl n’aura finalement pas obtenu des adhérents au cadran qu’ils suppriment « l’attribution automatique des lots invendus » ; cette règle mise en place dix ans après la création du cadran (1972), permet ne pas ajouter à la spéculation sur les prix une spéculation sur les volumes reportés entre chaque marché, explique Jean-Pierre Joly, directeur du MPB. À l’issue de la séance du 26 novembre, une réunion était organisée entre les opérateurs présents, au cours de laquelle « personne n’a été négatif », rapporte François Pot : « Cette séance est une première étape, il faudra transformer l’essai ».

La balle dans le camps de Bigard

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Pour retrouver un fonctionnement « de routine », la balle est désormais dans le camp de Bigard. En l’absence de cotation, chaque abattoir proposait son propre prix de base, alors qu’auparavant le prix du cadran s’imposait à tous (1). Une situation que le président de l’interprofession a appelé « la chienlit des prix différenciés ». Après le redémarrage du cadran le 25 novembre, il s’agit, pour sortir complètement de cette “chienlit", que Bigard suive la cotation publiée par le MPB. « Il est demandé à Bigard d’appliquer les prix du marché », plaide François Pot. Une attitude conciliante de Bigard permettrait à la filière de ne plus ajouter au marasme dans lequel elle évolue une inutile désorganisation. Désormais exprimée sous la forme d’une fourchette, la cotation publiée jeudi est au diapason des marchés européens, baissière (1,043 à 1,088 euro/kg). Et les prix ne sont pas près de remonter. Selon l’Ifip, la consommation européenne devrait vraisemblablement reculer en 2016 (-0,4 %), et la production augmenter de l’ordre de 1 % sur le premier trimestre 2016. Si bien qu’en France le prix du porc ne devrait presque pas remonter en 2016 (d’à peine 1 %), après avoir chuté de 6 % en 2015.

(1) Voir n° 3516 du 19/10/2015