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Pour la Coordination rurale, la crise n’épargne pas les viticulteurs

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« Non, les viticulteurs ne sont pas épargnés par la crise ! », s’exclame la Coordination rurale, dans un communiqué publié le 19 septembre. « Considérés à tort comme épargnés » par la crise, ils sont aux prises avec des difficultés, que la CR énumère : nombreuses intempéries, à l’origine d’une baisse significative de la production (jusqu’à -30 % sur certains bassins viticoles). Importations massives de vins étrangers à bas prix (+ 83 % de vins en vrac espagnols si l’on compare le 1er semestre 2016 avec le 1er semestre 2013). Absence de retiraisons (enlèvements de vin dans les chais des exploitants) malgré des contrats signés depuis des mois. Risque de dérégulation de la production suite « aux abus de transferts d’autorisation de plantation ».

À ce sujet, plusieurs hectares font l’objet de transferts du Languedoc vers la Charente « chaque semaine », a précisé la CR. Le mécanisme de transfert de ces autorisations est le suivant : un viticulteur, charentais par exemple, achète des vignes en Languedoc (où de nombreux vignerons cherchent à céder leurs vignes) ou dans le Muscadet, pour obtenir une autorisation de plantation. Puis il arrache la vigne, l’objet n’étant pas de produire là. Troisième phase : il fait valoir son autorisation pour des vignes en région de Cognac, où le prix des terres viticoles est beaucoup plus élevé. « Même si l’opération représente un coût de 5 000€ l’hectare, ce coût est sans commune mesure avec le gain réalisé », a expliqué la CR. Des transferts similaires ont été effectués en Italie, où des opérateurs ont acheté des vignes dans les Pouilles pour arracher, puis transférer les hectares en Vénitie.

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À propos de l’absence de retiraisons malgré des contrats signés, l’organisation syndicale cite le cas de négociants qui achètent du vin espagnol à 35 centimes le litre pour laisser les vignerons avec leurs caves pleines avant les vendanges, pour que ceux-ci soient contraints de baisser leurs prix, qui sont plutôt autour de 65 centimes.

La CR a détaillé ce contexte de crise dans un courrier adressé au ministre de l’Agriculture le 16 septembre, en préparation de la réunion du 20 entre le ministère de l’Agriculture et la filière viticole.