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Présidence française de l’UE : Macron défendra une « sortie accélérée » des pesticides

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En ouverture du congrès mondial de l’UICN le 3 septembre, le président français a indiqué son intention de porter une initiative de sortie des pesticides lorsque Paris prendra la tête du Conseil en janvier 2022. Une déclaration qui ne marque sur le fond aucun changement de trajectoire, rassurent l’Élysée et le ministre de l’Agriculture. Julien Denormandie a annoncé de son côté que l’agriculture tiendra une bonne place dans France 2030, le plan d’investissement attendu à l’automne. Une annonce notamment attendue par la FNSEA.

Devant la communauté internationale, les entreprises, et les institutions de protection de l’environnement, les mots ont été forts. « Je veux que la présidence française de l’Union européenne porte une initiative forte de sortie accélérée des pesticides », a annoncé Emmanuel Macron en inaugurant le congrès mondial de l’UICN à Marseille le 3 septembre. « Ce n’est qu’au niveau européen que nous y arriverons », a poursuivi le président, soulignant la nécessité de développer la recherche tout en soutenant les agriculteurs.

Aucun changement de ligne, rassure-t-on cependant dans l’entourage du président. Comme le résume Julien Denormandie auprès d’Agra Presse : « Si nous voulons avancer rapidement dans les transitions, il faut évidemment un accompagnement, comme nous le faisons avec le plan de relance et France 2030. Et ce que dit aussi le président, c’est qu’il faut absolument porter ces sujets au niveau européen, faute de quoi nous nous exposons à une concurrence déloyale. »

Le ministre de l’Agriculture demeure d’ailleurs déterminé à ce que l’inscription de « clauses miroirs » dans les échanges commerciaux, condition essentielle de la réduction des utilisations de pesticides selon lui, fasse bien partie des sujets portés par la présidence française de l’Union européenne. « En plus de l’Europe, nous devons aller un cran plus loin sur le volet international. Est-ce normal aujourd’hui qu’un produit qui n’est pas autorisé sur notre territoire national puisse rentrer par nos importations ? La seule solution pour avancer, ce sont les clauses miroirs », défend Julien Denormandie.

L’agriculture au centre de France 2030

Nicolas Hulot, en marge du congrès de la bio de Rennes, s’est montré prudent sur les résultats de ces annonces sans calendrier ni moyens. « À ce stade on prend acte », a réagi le président d’honneur et fondateur de la FNH. Christiane Lambert, présidente de la FNSEA, se dit de son côté surprise du terme de « sortie » employé par le président : « Emmanuel Macron est le premier président à parler de cette façon". Et de nuancer : « C’est aussi le premier à nous avoir dit qu’il interdirait le glyphosate, pour revenir en arrière trois ans plus tard. »

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La patronne du syndicat majoritaire s’en tient donc pour sa part à la position répétée le 3 septembre par Julien Denormandie à la foire de Châlons. Comme elle le résume : « Nous avons besoin des pesticides, mais il faut les utiliser raisonnablement, les réduire, et développer l’innovation pour trouver des produits qui aient le moins d’effets possible sur l’environnement. »

Le mot de « sortie » des pesticides ne serait même pas neuf, rappelle le cabinet de Julien Denormandie. Le ministre de l’Agriculture dispose notamment depuis février 2021 d’un conseiller « innovation, santé des végétaux, sortie de la dépendance aux produits phytosanitaires », en la personne de Pierre-Adrien Romon. Par ailleurs, alors qu’aucun détail n’est arrêté sur la promesse présidentielle, le terme d’« initiative » pourrait, explique-t-on, simplement consister à mettre le sujet à l’ordre du jour des discussions communautaires.

L’agriculture au cœur de France 2030

Si la déclaration présidentielle sur les pesticides a suscité de nombreuses réactions sur les réseaux sociaux, Julien Denormandie salue avant tout la place qui sera réservée à l’agriculture dans le futur plan France 2030. Une stratégie d’investissement qui devrait être annoncée à l’automne pour « faire émerger les champions de demain » dans le numérique, les industries vertes ou les biotechnologies. « C’est un message fort. Pilier de France 2030, l’agriculture fera partie des atouts de notre pays pour la prochaine décennie », se réjouit le ministre de l’Agriculture.

Pour l’heure, aucun montant ni aucun secteur n’ont cependant été dévoilés. « Le but, ce n’est pas d’avoir un nouvel abondement des crédits du plan de relance », précise-t-on toutefois au sein du cabinet du ministre. L’annonce était notamment attendue par la FNSEA. Et selon Christiane Lambert, la FNSEA serait elle aussi au travail sur le sujet. « Nous réfléchissons déjà à ce que nous allons proposer. Aide à la décision, capteurs, robots : il y a encore de nombreux outils dont nous avons besoin et qui n’existent pas encore. »

« C’est aussi le premier à nous avoir dit qu’il interdirait le glyphosate »

L’agriculture fera partie des principaux axes de France 2030