À l’exception de Nicolas Sarkozy et Nathalie Kosciusko-Morizet, les principaux candidats aux primaires de la droite et du centre étaient présents au Space pour présenter leurs propositions pour le secteur agricole. François Fillon a dévoilé pour la première fois son programme agricole, dans lequel il propose notamment un compte épargne aléas climatiques et économiques « alimenté librement ».
Certains de leurs programmes étaient déjà connus, comme celui d’Alain Juppé, d’autres pas encore, à l’instar de François Fillon, qui a organisé au Space un petit meeting le 15 septembre pour présenter ses propositions. Outre les attendues réductions de charges financées par une augmentation de 2,2 points des taux principal et intermédiaire de la TVA, et la « suppression par ordonnance des surtranspositions », François Fillon propose plusieurs propositions plus originales : sursis d’imposition lors de la transmission des exploitations ou simplification du droit des entreprises agricoles (« un seul statut pour les agriculteurs »). Sur le thème de la gestion des aléas, il propose deux outils : la création d’un compte épargne aléa climatique « alimenté librement », et le « transfert de la couverture du risque climatique et les fonds qui permettent de la financer à un fonds de mutualisation géré par les agriculteurs ». Dans son discours, il est longtemps revenu sur le rapport de l’agriculture au « progrès » et à la « recherche ». Sur ce thème, il propose « l’ouverture du crédit impôt recherche aux agriculteurs », et la suppression du principe de précaution de la Constitution. En aparté, il a expliqué à Agra Presse que l’approche française sur les OGM était « trop idéologique », et devait se baser sur une approche par le risque pour la santé. Il a toutefois refusé de se positionner sur la culture des OGM en France, en expliquant : « Je ne suis pas scientifique ».
Copé et Le Maire sur une même ligne
Les programmes des différents candidats sont difficiles à distinguer tant ils sont proches. Tous reprennent, au moins dans l’esprit, les demandes de la FNSEA. La veille, c’est Jean-François Copé qui exposait à Agra Presse trois de ses propositions pour l’agriculture, lors de sa visite. Il souhaite d’abord « aider au regroupement des exploitations agricoles par des incitations fiscales ». Il propose de baisser les charges des agriculteurs, pour les « transférer vers la TVA ». Cette baisse s’élèverait à hauteur de 34 milliards d’euros, avait-il exposé dans Ouest-France le matin même. Enfin, il propose de « détransposer les normes européennes, et les retransposer à la moyenne allemande ». Il est par ailleurs revenu sur la situation des producteurs laitiers, expliquant que « l’après-quota » avait été mal géré, par « la droite comme la gauche ». On retrouve sensiblement les mêmes mesures dans le programme de l’ancien ministre de l’Agriculture Bruno Le Maire, dont les propositions phares, présentées dans les allées du salon, furent la simplification des normes et le renforcement des organisations de producteurs. Il a plaidé pour que « quand les prix sont trop variables, l’Europe vienne en aide des agriculteurs ». Plus généralement, et ce fut le cas de tous les candidats aux primaires passés par le Space, il s’est exprimé en faveur d’une « relance de l’agriculture », et pour en faire un « enjeu majeur et une priorité de la France à Bruxelles ».
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Crise laitière : Nicolas Dupont-Aignan s’en prend à des administrateurs du Space
En visite au Space le 14 septembre, le candidat Debout la France Nicolas Dupont-Aignan s’en est pris verbalement à des administrateurs du Space qui l’accueillaient pour un échange protocolaire, auquel a assisté Agra Presse. Au cours d’une discussion sur la fin des quotas laitiers, Nicolas Dupont-Aignan leur a reproché de ne pas avoir assez défendu le maintien des quotas laitiers. Il leur expliqué qu’ils n’étaient pas de « vrais agriculteurs », contrairement, notamment aux « agriculteurs qui se suicident », et qu’il s’en allait visiter le salon pour voir « de vrais agriculteurs ». « Nous n’avons plus rien à nous dire », lui a répondu un des administrateurs. Et la discussion s’est rapidement écourtée. Pour Nicolas Dupont-Aignan, la France aurait du mettre son adhésion à l’UE en jeu pour empêcher la fin des quotas laitiers. « Si je suis président, demain, on bloque les importations de lait, et on crée la crise à Bruxelles », a-t-il lancé.