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La capacité de progrès techniques dans un domaine comme l’agriculture est tout bonnement impressionnante. Le début de cette décennie est l’occasion de l’observer et d’en tirer des enseignements comme le fait le dossier réalisé par Agra dans ce numéro. Cette capacité permet de relativiser les problèmes du moment, si intenses soient-ils et l’impact des réformes de demain, si profondes soient-elles. Mais elle souligne deux nécessités trop souvent méconnues.
D’une part l’obligation impérative de se former. L’agriculteur qui s’installe aujourd’hui, à trente ans par exemple, va connaître trente années de mutations. Tant dans son propre travail que dans les techniques utilisées et son environnement. Il doit considérer que la formation est un investissement aussi important qu’un bâtiment de ferme ou quelques hectares supplémentaires à exploiter. C’est cela qui lui donnera la possibilité d’innover dans sa ferme.
Le deuxième enseignement, d’autre part, concerne les pouvoirs publics. Tous les innovateurs le disent : les réglementations restent souvent en deçà des nouvelles techniques, des nouveaux produits, des nouvelles pratiques. Elles ralentissent l’innovation plus souvent qu’elles ne l’accélèrent. Il faudrait, dans chaque ministère, et celui de l’agriculture en particulier, qu’une petite cellule, voire un individu, soit affectée à une veille technologique sur le terrain. Objectif : inciter les services de l’État à envisager des adaptations réglementaires. On sait bien qu’il faut des garde-fous afin de ne pas accepter n’importe quoi n’importe comment. Mais cette cellule aurait au moins l’intérêt de repérer les évolutions sur le terrain et d’inciter à la réflexion le politique, pour provoquer une avancée ou justifier une position plus conservatrice.