Il est étrange que sur une planète soumise aux turbulences des guerres, sujette aux désordres monétaires, pénalisée par le ralentissement économique, désemparée par les migrations désespérées et incontrôlées, l’Union européenne ait voulu éviter tout signal de régulation des marchés, tout soupçon de retour à ce qui constitue sa raison d’être, tout signe de réelle cohésion. C’est bien ce qui s’est passé le 7 septembre à Bruxelles.
Au nom d’une dérégulation toujours à la manoeuvre, l’Europe semble refuser
d’exister en tant que telle. Elle montre une réelle indifférence à l’égard de ceux qui, naguère semblaient plus que d’autres pouvoir compter sur elle. Pire encore, elle se
bride dans l’emploi de ses fonds. Les dépassements de quotas laitiers avaient donné lieu à une cagnotte de pénalités de plus de 800 millions d’euros, financés par les agriculteurs eux-mêmes, et elle choisit de n’en utiliser que 500 millions, à disposition de chaque pays concerné qui l’utilisera à sa convenance. L’Union européenne existe-t-elle encore ? N’était-ce pas, au contraire, le moment de montrer au monde qu’il existe une réelle solidarité dans ce vieux continent ? Fragilisée par la faible croissance économique, par ses frontières qui craquent de toute part, attaquée par un terrorisme qui attire une partie
de ses jeunes, l’Union devrait, au contraire, montrer sa force qui réside dans ses politiques et sa cohésion. Elle n’en fait rien.
Le Marché commun avait pourtant été créé, au début des années soixante, pour instaurer une période de paix, de stabilité et de croissance. Tout cela est bien oublié.
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