En diplomatie, il peut y avoir deux approches : soit on demande ou on propose un programme très ambitieux pour s’assurer qu’à la fin il en restera toujours un peu, pas loin de l’objectif qui est en fait recherché. Soit on propose un dispositif d’abord un peu vague, plutôt consensuel, pour amener les partenaires sur son terrain, sur sa logique pour, peu à peu, les convaincre d’accepter des mesures plus contraignantes. La deuxième méthode est manifestement celle de Bruno Le Maire. C’est ainsi qu’il a procédé pour la réforme de la Pac et c’est de la même manière qu’il tente de faire avancer l’idée de régulation des marchés agricoles.
Le dispositif français se veut souple, pas trop contraignant en apparence, à cent lieues d’une usine à gaz. La tactique est habile et, sans doute la seule possible pour un dossier à présenter aux vingt plus grandes puissances de la planète.
Le problème sera un jour de sortir des ambigüités inhérentes à ce genre de démarche. Exemple type : les conclusions de la réunion de 48 ministres de l’Agriculture à Berlin le 23 janvier. On y prônait tout à la fois la libéralisation du commerce et la lutte contre la spéculation pour mieux nourrir le monde. Certes, les deux orientations sont sur un niveau différent et on peut soutenir que plus on libère le commerce plus il faut lutter contre toute spéculation. Mais le signal donné est très contradictoire. Et puis, on sait justement à quel point libérer totalement le commerce peut conduire à des excès qui seront amplifiés par la spéculation financière. L’Europe vient d’ailleurs de montrer qu’elle n’a pas résolu cette contradiction, les uns parlant de libéralisation les autres de régulation. Il lui faudra clarifier sa position pour être plus crédible au G20.
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