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Un affichage avant tout politique

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Quelle portée donner à l’accord signé entre les deux géants mondiaux de l’éthanol ? « Introduire la donne des biocarburants dans le contexte pétrolier actuel, compte tenu des différends politiques entre les États-Unis et le Vénézuéla, c’est une façon d’envoyer un message à destination des pays producteurs d’hydrocarbures : le pétrole n’est plus le seul grand produit énergétique », commente Francis Perrin, directeur de la rédaction du bimensuel Le pétrole et le gaz arabes. Que faut-il attendre de l’accord à court terme ? Peu de choses, poursuit Francis Perrin. Il reviendra au Congrès de décider des mesures concrêtes. Or au Congrès, à majorité démocrate, le lobby des fabricants d’éthanol, très écouté, « ne verrait pas d’un bon œil que les États-Unis soient inondés d’éthanol brésilien». Il n’est donc « pas sûr que l’administration américaine soit prête à accepter d’abaisser ses droits de douane ». D’autre part, si les biocarburants commencent à grignoter des parts de marché au pétrole, ce dernier n’en souffre pas pour l’instant, ajoute M. Perrin. Les pétroliers pourraient commencer à s’en inquiéter si leur marché était en régression.

Enfin, a conclu M. Perrin, l’essor des biocarburtants est encore limité, car il s’opère, pour l’instant, à partir de ressources alimentaires. Les pétroliers pourront commencer à se faire du souci le jour où les biocarburants de seconde génération seront au point, car la production de biocarburants ne sera alors plus limitée par la compétition d’usage avec le secteur alimentaire.