– Selon l’édition du Monde du 21 septembre, Jean-Louis Borloo vous a affirmé que toute nouvelle autorisation d’OGM serait gelée jusqu’au vote d’une nouvelle loi. Vous confirmez ?
– Je ne veux pas vous répondre. J’ai eu en effet un certain nombre de discussions avec le ministre de l’Ecologie, et je ne vous cacherai pas que celui-ci a un certain nombre d’idées sur le sujet. Mais rien n’est décidé. Vous en saurez plus le 27 septembre à 11 heures. Jean-Louis Borloo tiendra une conférence de presse à l’issue des réunions préparatoires du Grenelle. C’est là peut-être qu’il y aura des changements. Une chose serait en tout cas logique, c’est que la loi vienne éclaircir le débat.
– A quand cette loi ?
– La logique voudrait que le texte arrive vite. Un projet de loi devrait être présenté rapidement. C’est en tout cas ce que je ferais si j’étais le gouvernement. Attendre, c’est faire le lit des tensions. La société et le pouvoir politique se doivent de garantir le libre-choix de l’itinéraire économique de l’agriculteur : conventionnel, biologique ou OGM. Il faut garantir cette liberté de choix. Et c’est plutôt cette voie qui devrait être empruntée.
– Le maïs transgénique cultivé en France, le MON 810, fait actuellement l’objet d’un renouvellement d’autorisation au niveau européen. Les maïsiculteurs redoutent qu’en cas de gel des autorisations OGM, il ne soit concerné, bloquant les semis de la prochaine campagne.
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– L’idée du gouvernement n’est pas d’en arriver là. Encore une fois, il est important de ne pas laisser pourrir la situation. Si le projet de loi est présenté rapidement, il serait logique qu’il soit voté avant les prochains semis.
– Les céréaliers sont furieux des propos de Jean-Louis Borloo rapportés dans la presse. Ils menacent de quitter le Grenelle…
– Les cimetières sont peuplés de gens indispensables. Pour être clair, je trouve ce genre d’attitude lamentable. Je ne céderai jamais à ce type de chantage, qu’il s’agisse des anti-OGM ou des pro-OGM. Si les céréaliers ne veulent pas venir, on fera sans eux.
– Que suggérez-vous globalement sur le dossier OGM ?
– Je suggère un projet de loi sur les biotechnologies, qui aborde aussi bien le volet agricole, médical que celui des nanotechnologies. Lors de la première réunion de l’intergroupe OGM, j’avais démarré la séance en déclarant que la situation était « pourrie ». Il faut redonner de la confiance dans la connaisssance, car cette connaissance est actuellement confisquée par les extrêmes. La réponse passe par une approche scientifique pluridisciplinaire qui ne s’appuie pas seulement sur les généticiens, mais sur une palanquée de scientifiques, d’écotoxicologues, d’épidémiologistes… L’évaluation sociétale des bénéfices des OGM devra également être prise en compte. Une Haute autorité complétera le dispositif pour émettre des avis au gouvernement, avec une capacité d’expertise indépendante.