Gouvernement : comme attendu, les députés font tomber le gouvernement Bayrou
Comme attendu, François Bayrou n’a pas obtenu la confiance de l’Assemblée nationale le 8 septembre : seuls 194 députés ont voté pour l’actuel exécutif, tandis que 364 ont voté contre et 15 se sont abstenus. François Bayrou devient ainsi le premier chef de gouvernement de la Ve République à être renversé lors d'un vote de confiance. D’après un communiqué de l’Élysée, Emmanuel Macron « recevra demain (le 9 septembre, NDLR) le Premier ministre François Bayrou pour accepter la démission de son gouvernement », avant de nommer un nouveau locataire de Matignon « dans les tout prochains jours ». Dans le détail, la quasi-totalité des groupes macronistes, MoDem et Horizons ont voté pour la confiance. Seule exception, l'élue macroniste du Nord Violette Spillebout, qui s'est abstenue en raison de l'affaire Bétharram. Les députés Les Républicains, membres de la coalition gouvernementale, bénéficiaient d'une liberté de vote et se sont divisés : 27 ont voté pour la confiance, 13 contre, et 9 se sont abstenus. Les députés du Rassemblement national, leurs alliés ciottistes de l'UDR, les insoumis, les socialistes, les écologistes et le groupe des communistes et ultra-marins ont voté à l'unanimité contre. Le 25 août, François Bayrou avait annoncé qu'il engagerait le 8 septembre la « responsabilité du gouvernement » devant l'Assemblée nationale, pour trancher la « question centrale » de « la maîtrise de nos finances » et valider le principe de son plan d'économies budgétaires, selon l’AFP.
Machinisme : John Deere rachète les robots de pulvérisation Guss Automation (presse)
Selon un article paru dans le média AgFunderNew du 27 août, le géant américain du machinisme agricole John Deere a racheté l’entreprise californienne Guss Automation, spécialisée dans les machines de pulvérisation sans pilote dédiées aux cultures dites de haute valeur ajoutée (vergers, légumes, vigne, etc.). En 2022, les deux entreprises avaient créé une joint-venture, afin « de résoudre les problèmes d’efficacité et de main-d’œuvre » parmi les producteurs desdites cultures. Le montant de la transaction n’a pas filtré. « Rejoindre John Deere élargira l’accès à des clients potentiels pour Guss », a déclaré le directeur opérationnel de Guss, Gary Thompson. De son côté, John Deere a expliqué que le rachat apporte une expertise plus approfondie dans le domaine des cultures de haute valeur. Le média rappelle que la robotique agricole a le vent en poupe actuellement aux États-Unis. En juillet dernier, Tric Robotics avait annoncé de nouveaux financements qui lui permettront d’étendre ses activités aux champs de fraises de toute la Californie. Son concurrent Saga Robotics avait de son côté levé 11,2 M$ en août dernier pour développer sa flotte de robots équipés de lampes UV-C, utilisés pour lutter contre le mildiou dans les vignobles californiens.
Grandes cultures : Cyclair cherche des fonds pour ses robots de désherbage
La start-up Cyclair cherche à lever entre 4 à 5,5 M€ « pour poursuivre le développement technique et commercial, mais aussi industriel » de l’entreprise basée à Pressac (Vienne), explique Sébastien Gorry, président et cofondateur aux côtés de Camille Auger et Quentin Guillemot (lire l’article complet dans Agra Innovation). Depuis son lancement en 2019, Cyclair développe un robot autonome de désherbage des grandes cultures. Après une pré-série expérimentale pour valider les performances de sa technologie d’IA générative par neurones apprenants, la société lance son modèle commercial, le GW, ou Grillon Wide. Large de 7 mètres, il peut désherber plus de 1 ha/h de maïs, tournesol, betterave, colza, soja et pois chiches. Cyclair entend livrer sept unités en 2026, avant le passage à une production en série en 2027. « Notre produit fonctionne, souligne Sébastien Gorry. Maintenant, il faut le distribuer. » D’abord présent en Nouvelle-Aquitaine et dans le Grand Est, Cyclair va étendre son activité à toute la France à l’horizon 2027, avant de s’attaquer à l’Europe et à l’international. (Irina Lafitte, Agra Innovation)
Semences : les marques Deleplanque et Strube réunies sous la bannière RAGT à partir de 2026
À l’occasion d’une conférence de presse organisée le 2 septembre à la foire de Châlons-en-Champagne (Marne), Laurent Guerreiro, président du directoire de RAGT a dévoilé l’ambition du groupe « devenir le semencier n°1 en génétique chez les agriculteurs ». Pour cela, RAGT Semences (500 M€ de CA dans plus de 50 pays, 17 usines dont 7 en France) peut compter sur son portefeuille rassemblant près de 40 espèces et sur sa stratégie 2030 alliant « innovation variétale, solutions agronomiques, technologies de précision et accompagnement des agriculteurs ». À côté des céréales et du sorgho, la betterave sucrière devient une priorité stratégique pour RAGT : les investissements dans la recherche vont, dès cette année, être augmentés de 15 % pour cette espèce pour « accélérer le progrès génétique et développer des variétés plus tolérantes aux maladies et aux bioagresseurs », à commencer par la jaunisse. Le groupe franchit une autre étape majeure : les marques historiques Deleplanque et Strube, dont RAGT a fait l’acquisition en avril, évolueront en 2026 pour être rassemblées sous une identité unique, RAGT. « En unifiant nos marques, nous créons une entreprise RAGT plus forte, capable d’apporter des solutions durables et intégrées aux agriculteurs », conclut Laurent Guerreiro.
Pommes de terre : production européenne record, le NEPG inquiet pour la sole 2026
Dans un communiqué du 8 septembre, le NEPG (représentant européen des producteurs de pommes de terre) prévoit une production européenne 2025 record, à environ 27,3 Mt sur la zone Belgique, France, Allemagne, et Pays-Bas, en hausse de 2,65 Mt par rapport à 2024. Néanmoins, le syndicat craint un recul significatif de la sole sur la zone en 2026, après des années de hausse. Le marché s’avère très déséquilibré, avec une offre dépassant largement la demande, engendrant une chute des prix sur le marché libre. Le NEPG indique que, faute de débouchés traditionnels, des « dizaines de milliers de tonnes » ont dû être redirigées vers la méthanisation, le compostage ou la nutrition animale. Ensuite, l'organisation ne s’attend pas à ce que les coûts de production diminuent en 2026. Elle recommande le dialogue « tout au long de la chaîne d'approvisionnement », et de « produire de manière durable », en protégeant « les ressources ». Cette annonce intervient dans un contexte tendu en France entre producteurs et industriels. L’UNPT (producteurs, FNSEA) a dénoncé le comportement de certains transformateurs, les accusant de revenir unilatéralement sur leurs engagements contractuels. Ces derniers ont répondu qu’il n’y avait pas de recul de la contractualisation.
Viande : l’autorité brésilienne de la concurrence valide la fusion entre BRF et Marfrig
D’après un communiqué du 5 septembre, l’instance brésilienne en charge de la concurrence a approuvé « sans restrictions » la fusion des géants de la viande BRF et Marfrig. Le tribunal du Conseil administratif de défense économique (Cade) a estimé que l’opération « ne soulève pas de problèmes de concurrence » : les parts de marché cumulées des deux entreprises dans les segments où elles cohabitent sont « inférieures à 20 %, soit un pourcentage inférieur au seuil présumé de position dominante ». Par ailleurs, l’autorité rappelle que les activités de Marfrig sont « principalement bovines », tandis que BRF « est active dans l'élevage, la production et l'abattage de volailles et de porcs », ainsi que dans la transformation et la commercialisation. Le dossier avait été déposé en mai, mais « l'affaire a été réexaminée » à la demande de son concurrent Minerva Foods, qui partage un actionnaire avec Marfrig (la Saudi Agricultural and Livestock Investment Company). Marfrig et BRF donnent donc naissance à MBRF, géant mondial de la viande avec 152 milliards de reais (environ 23,8 Md€) « au cours des 12 derniers mois » et 130 00 employés, selon un communiqué.
Distribution : Intermarché renforce ses stocks avant le mouvement social du 10 septembre
Thierry Cotillard, le p.-d.g. des Mousquetaires (Intermarché, Netto, etc.) a déclaré avoir demandé aux membres de son groupement de stocker davantage de denrées alimentaires en prévision du mouvement « Bloquons tout » prévu le 10 septembre. Les industriels ont aussi été sollicités pour livrer plus de marchandises que d’habitude, a-t-il indiqué sur RMC/BFM le 8 septembre. « On est entre trois et dix jours de stockage selon les familles de produits. Ce qui permettrait, si le mouvement continue, de pouvoir quand même continuer à alimenter les Français », a-t-il détaillé. Thierry Cotillard a dénoncé par ailleurs les appels à des opérations dans les grandes surfaces nommées « chariots gratuits », consistant à sortir de force d’un magasin sans régler ses achats. « Quand la consigne des extrêmes, c'est de rentrer dans un supermarché, de sortir sans payer, ça s'appelle du vol. Donc j'en appelle vraiment au civisme des manifestants pour que ce genre d'incident ne se produise pas, puisque bien évidemment nous nous organiserons en fonction », a averti Thierry Cotillard. Des appels à la grève ont été lancés pour le 10 septembre par plusieurs syndicats. Des appels à bloquer les routes, ne pas utiliser sa carte bancaire ou à ne pas aller faire ses courses ont aussi été lancés.
Nutrition santé : le gouvernement fait de la réduction du sucre pour les enfants une priorité
En matière de santé nutritionnelle, les ministères du Travail, de l’Agriculture, de la Santé et du Commerce ont annoncé, dans un communiqué du 6 septembre, donner la priorité à la réduction de la teneur en sucres dans les produits qui en sont le plus contributeurs chez les enfants et les adolescents. Contacté, le ministère de l’Agriculture n’a pas précisé les échéances, ni les filières les plus concernées. Cette intention doit se concrétiser dans le cadre de nouveaux accords avec la filière agroalimentaire, que le ministère avait annoncé, en février, vouloir signer au rythme d'un par an. Dans son communiqué, le gouvernement fixe aussi un objectif général de diminution de 5 % de la teneur moyenne en sel, sucres et acides gras saturés dans les familles de produits les plus concernés, ou à l’inverse une augmentation de 5 % de leur teneur en fibres. Les entreprises impliquées dans les futurs accords devront également, sauf difficulté particulière justifiée, communiquer aux pouvoirs publics la part de leurs achats consacrés à des produits « durables et de qualité », dont le bio, pour les catégories concernées. L’élaboration et la mise en œuvre de ces accords bénéficieront d’un accompagnement des pouvoirs publics, selon un calendrier d’engagements s’étalant sur cinq ans, avec une vigilance particulière portée à la prévention des risques d’entente anticoncurrentielle.
Emballages professionels : la REP des emballages industriels et commerciaux mise en consultation
Le ministère de la Transition écologique a mis en consultation pour trois semaines le 3 septembre deux projets d’arrêtés déterminant la filière REP (Responsabilité élargie des producteurs) des emballages industriels et commerciaux servant à commercialiser des produits consommés ou utilisés par des professionnels. L’un établit le cahier des charges des éco-organismes (et organismes coordinateurs) et l’autre désigne les emballages qui seront concernés dès 2026 par cette REP, et qui comprennent ceux de l’actuelle REP Restauration. Questionné sur la nature et les échéances de cette REP, Benoît Le Dreff, responsable des opérations de Twiice, un des éco-organismes candidats, souligne qu’elle vise à répondre en particulier à l’enjeu des emballages professionnels en plastique. Concrètement, les entreprises conditionnant des produits afin de les expédier et livrer à des professionnels (dont la restauration, les IAA, les distributeurs) s’acquitteront d’une éco-contribution prévisionnelle en échange de services de tri et de collecte, dans l’attente d’une régularisation en 2027. Nathalie Fussler, directrice environnement de la CGF (grossistes), craint des confusions dans la détermination des emballages concernés.
Confiseries : les Cachous Lajaunie disparaissent sans explication des points de vente
Une pétition pour « sauver » les Cachous Lajaunie, minuscules pastilles de réglisse nées en 1880 à Toulouse, a recueilli plus de 4 500 signatures le 5 septembre, après leur disparition sans explication des points de vente. « Nous consommateurs, amoureux de cette pastille unique, demandons la reprise de la production des Cachous Lajaunie selon la recette historique », peut-on lire dans la pétition sur Change.org. En cette fin de semaine à Toulouse, les Cachous Lajaunie avaient disparu de plusieurs points de vente visités par l’AFP dans le centre de la Ville rose, confirmant l’information diffusée par la pétition en ligne. « Elles font partie intégrante du patrimoine gustatif et affectif français, et plus encore de l’identité toulousaine », selon la pétition. D’après plusieurs témoignages, écrivent les auteurs du texte, « un changement de recette aurait provoqué un rejet massif du produit, entraînant des retours en masse et l’arrêt de la production par le nouveau propriétaire de la marque, le groupe Perfetti Van Melle, détenteur des marques Mentos ou Chupa Chups ». Sur son site, ce groupe italo-néerlandais affichait encore le 5 septembre la marque Cachou Lajaunie sans autre détail ni explication. Contacté par l’AFP, il n’avait pas réagi vendredi en fin d’après-midi. « Ne laissons pas une multinationale étrangère rayer d’un trait plus de 140 ans d’histoire », peut-on aussi lire dans la pétition.