Agra Business | Certiphyto, Corteva, Soufflet, Sill, Beyond Green

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Pesticides : nouvelle prorogation d'un an de la durée de validité des certiphytos (JO)

Dans un décret paru au Journal officiel le 9 mars, le ministère de l’Agriculture a annoncé la prorogation pour un an de la durée de validité du certificat individuel de produits phytopharmaceutiques (Certiphyto). Le dispositif devait expirer le 2 mai 2025, et est désormais prolongé jusqu’au 1er mai 2026. Il s’agit de la deuxième prolongation consécutive. L’an dernier, les autorités justifiaient cette décision par le fait qu’elles ne voulaient pas engendrer « des situations de blocage qui empêcheraient les agriculteurs d’acheter et d’utiliser des produits de protection des cultures ». Depuis 2015, tous les professionnels utilisant des produits phytosanitaires doivent être détenteurs d’un certificat délivré par la Draaf au préalable. Mais un conseil stratégique sur les pesticides (CSP) avait été instauré par la loi Egalim, et rendu obligatoire au 1er janvier 2024, lors du renouvellement du Certiphyto. Face à l’échec du CSP, le Premier ministre d’alors, Gabriel Attal, avait annoncé sa suppression « dans sa forme actuelle » en février 2024.

Sulfoxaflor : Corteva va saisir le Conseil d’État pour rétablir ses AMM (presse)

Le fabricant de pesticides Corteva va faire appel de l’annulation des autorisations de mise en marché (AMM) de deux de ses produits, le Closer et le Transform , rapporte le média Contexte le 10 mars. La firme prévoit de saisir le Conseil d’État. « Le vrai sujet, c’est la remise en cause de la méthodologie de l’Anses », estime Corteva. Le 28 février, la Cour administrative d’appel de Marseille avait avait confirmé l'annulation d’AMM pour ces deux produits contenant la substance active sulfoxaflor, se réjouissait alors l’association de défense de l’environnement, Générations futures. La Cour d’appel a estimé que la procédure d’évaluation des effets des deux insecticides était « incomplète », selon l'ONG. Elle a aussi estimé que la méthodologie suivie par l’Anses « n’a pas permis d’établir de manière suffisamment concrète et précise » que leur utilisation « n’aurait pas d’effet inacceptable » sur les abeilles. Une décision de justice dont s’était réjouie l’Unaf (apiculteurs), car elle « remet clairement en cause la méthode d’évaluation théorique et lacunaire de la toxicité, communément admise par l’Anses ».

Intrants : Corteva veut doubler ses ventes de biosolutions et développer le « faible impact »

Corteva Agriscience nourrit de fortes ambitions pour son développement : la firme prévoit d’investir entre 8 et 9 milliards de dollars (Md$) d’ici 2030 dans des produits innovants. « Chaque année, nous investissons 1,4 Md$, dont la moitié pour les biosolutions », confie Sylvain Bedel, directeur général de Corteva France, à Agra Business. Les biostimulants et les produits de biocontrôle constituent une piste stratégique pour la firme, qui souhaite voir leur part doubler dans son chiffre d’affaires, alors qu’ils ne représentent aujourd’hui que 10 %. Pour les élaborer, Corteva compte explorer sa base de données de bactéries, héritée de Dow, DuPont et Pioneer. La firme se lance également sur le marché des phytosanitaires « à faible impact ». Dès la prochaine campagne, un herbicide betterave à moins d’un gramme de matière active par ha et par passage devrait être commercialisé. « Nous avons dans nos tuyaux quatre nouvelles molécules insecticides, deux herbicides, un fongicide et un nématicide, tous à bas impact », ajoute Sylvain Bedel. Enfin, Corteva espère une autorisation rapide des semences NBT en Europe, alors qu’elle a obtenu plusieurs homologations aux États-Unis, pour les semences de maïs et de tomates. (Elena Blum)

Pesticides : le chiffre d'affaires de l'industrie des adjuvants à la baisse sur un an

Lors d'une visioconférence le 10 mars, l'AFA (Association française des adjuvants) a annoncé une baisse du chiffre d’affaires de l’industrie de 4 % en 2023-2024, à 44 millions d’euros. La raison : le recul de l’usage des produits phytosanitaires, compte tenu des conditions climatiques difficiles (pluviométrie élevée), qui ont empêché des traitements, et provoqué un net repli des surfaces de céréales. Toutefois, l’organisation se réjouit de la résistance de l’activité. En effet, la baisse du chiffre d’affaires n’est que de 4 %, contre 11 % pour le secteur des produits phytosanitaires, expliquent les représentants. Par ailleurs, en tendance de fond, le chiffre d’affaires de l'industrie progresse de 21 % lors des cinq dernières années. Pour 2024-2025, les conditions de cultures de céréales sont pour le moment meilleures que l’an dernier à pareille époque, permettant une hausse de l’usage d’herbicides en automne, selon l’AFA. Toutefois, l’essentiel des adjuvants est utilisé au printemps en céréales, rappellent les représentants de l’association. Tout dépendra donc des conditions climatiques dans les prochains mois. « Des opportunités de croissance s’esquissent pour les années à venir. Les adjuvants sont des leviers d’optimisation des traitements agricoles simples à mettre en œuvre », conclut un communiqué.

Coopératives/négoce : Soufflet (InVivo) cesse deux activités à Nogent-sur-Seine

Soufflet (groupe InVivo) a pris la décision de cesser l’activité du CRIS (Centre de recherche et d’innovation scientifique), son laboratoire dédié aux technologies agricoles, aux bioprocédés industriels, et à la formulation de produits. Ce service avait été créé en 2008 et employait 28 personnes. Le groupe se sépare également de son service des Travaux neufs, créé dans les années 1980, et qui comptait neuf salariés. Soufflet/InVivo met en avant ses difficultés financières pour justifier l’arrêt de ces deux activités, qui étaient situées au Moulin de Nogent-sur-Marne (Val-de-Marne). Le plan de sauvegarde de l’emploi prévoit des possibilités de reclassement des salariés sur des postes vacants au sein de Soufflet/InVivo. « Les postes ouverts par le groupe à Nogent-sur-Marne n’ont rien à voir avec les emplois perdus par ces salariés », nuance Yves Baron, salarié du groupe et délégué syndical central CGT. « Les chercheurs ont le choix entre des emplois tertiaires moins bien rémunérés, ou le fait de devoir déménager. » Alors que le groupe vient d’annoncer se séparer de Bioline Agroscience (acquis par Eurazeo), les syndicats craignent d’autres licenciements dans les années à venir. L’endettement net d’InVivo s’élève à 1,8 Md€, avec une hausse de 595 M€ lors de la dernière campagne. (Elena Blum)

Céréales : fusion d’opérateurs brésiliens pour gérer plus de 800 000 ha de terres

D'après un article du média brésilien Exame datant du 7 mars, un des leaders brésiliens de la production de grains (essentiellement soja, maïs et coton), SLC Agricola, a racheté son concurrent Sierentz Agro Brasil, pour un montant de 135 millions de dollars. SLC Agricola exploiterait actuellement environ 743 000 ha de terres, contre 96 000 ha du côté de Sierentz Agro Brasil. La transaction permettrait donc au premier de contrôler plus de 800 000 ha. Deux tiers de ces surfaces seraient louées, et un tiers seraient en possession propre du producteur. Les dirigeants de SLC Agricola ont expliqué que cette stratégie de location de terres permet d’assurer une croissance sans immobilisation majeure de capitaux. Ils ajoutent espérer dépasser 1 million d'ha exploités dans les années à venir. En plus de l’acquisition de Sierentz, SLC Agrícola a également élaboré une proposition de rachat de 33 000 ha gérés par un autre opérateur local, Terrus, qui appartenait à Sierentz Agro Brasil. Pour rappel, le Brésil constitue un des principaux producteurs et exportateurs de soja et de maïs.

Céréales/mycotoxines : l’agence européenne de l’environnement tire la sonnette d’alarme

La hausse des températures due au changement climatique accroît le risque d'exposition humaine aux mycotoxines, alerte l’agence européenne de l’environnement dans une analyse présentée le 10 mars. En effet, les événements météorologiques extrêmes, tels que les fortes pluies ou les sécheresses prolongées, augmentent le stress auquel les plantes sont exposées, rendant les céréales, en particulier le maïs, plus vulnérables aux infections fongiques, et donc à la contamination par les mycotoxines produites par des champignons. La principale source d'exposition aux mycotoxines est l'alimentation, principalement par la consommation d'aliments contaminés (en particulier les céréales et leurs dérivés). Un récent projet de recherche européen a montré que 14 % de la population adulte en Europe était exposée à des niveaux de mycotoxine déoxynivalénol (DON) considérés comme nocifs pour la santé humaine. L'Agence européenne de l'environnement recommande une approche européenne pour limiter cette exposition qui passe en particulier par la sélection de cultures résistantes aux infections fongiques, l’adoption de bonnes pratiques agricoles (rotation des cultures), ainsi que le recours à des méthodes de contrôle biologique et à des modèles prédictifs.

Lait : en Vendée, la coopérative centenaire ULVV placée en liquidation

Après 133 ans d’existence, l’Union laitière de la Venise verte (ULVV) vient d’annoncer sa liquidation, avec poursuite d’activité jusqu’au 10 avril. « Après l’affaire du lait contaminé de Lactalis, la réglementation est devenue plus drastique », explique Lauriane Turgné, directrice générale. En 2017 et 2018 nous avons engagé des travaux de rénovation importants. « Puis le Covid est arrivé, et nous avons perdu plusieurs débouchés, en France et à l’international. » De 13 M€ avant la crise sanitaire, le chiffre d’affaires est tombé à 9 M€. L’entreprise a accumulé 2,6 M€ de dettes, et s’est lancée en 2023 dans une procédure de sauvegarde, puis en 2024 dans une recherche de repreneur. Si l’un des concurrents de ULVV s’est montré intéressé, son dossier n’a pas été considéré comme suffisamment sérieux par les banques. La liquidation de la coopérative, avec maintien de l’activité pour écouler les stocks et rembourser en partie les dettes, a été acceptée par le tribunal de commerce le 6 mars. Les 22 salariés seront licenciés économiques ; quant aux 44 adhérents, répartis sur 21 points de collecte, ils ont d’ores et déjà des pistes pour poursuivre leur activité. « Nous avons organisé une réunion avec différents collecteurs du secteur, et signé aux éleveurs des autorisations pour être collectés par d’autres entités », précise Lauriane Turgné. (Elena Blum)

Lait : le groupe Sill rachète les skyrs Puffy’s

Le groupe agroalimentaire Sill entreprises (Malo, Le Petit Basque, Le Gall, etc.) a annoncé le 10 mars l’acquisition de Puffy’s, société spécialiste des skyrs biologiques créée à Lyon en 2019. Les deux associés fondateurs de Puffy’s, Gabriel Gutmann et Olivier Gautreau, et les deux salariés quittent la société dont le siège est transféré à la Laiterie Saint-Malo, détenue par Sill (650 M€ de chiffre d’affaires en 2024). Les deux entreprises avaient déjà commencé à se rapprocher, puisque Sill avait acquis 18 % du capital de Puffy’s au cours de l’été 2024. « Cette nouvelle acquisition vient enrichir notre portefeuille produits avec une offre élargie de skyr au lait de vache et de brebis, notamment à destination des magasins spécialisés bio », indique Michel Guigo, directeur du développement du pôle laitier frais de Sill, qui compte conserver et développer les marques Puffy's (desserts) et Artik Skyr (tartinables pour l’apéritif). Actuellement, Puffy’s réalise 30 % de son chiffre d'affaires en grandes et moyennes surfaces et 70% en magasins bio. Le groupe agroalimentaire projette de diversifier ses canaux de distribution en développant les segments B2B (industriels) et restauration hors foyer.

Influenza aviaire : les Pays-Bas lancent un « projet pilote » pour vacciner les volailles

Le gouvernement néerlandais et la filière avicole ont lancé le 10 mars un « projet pilote » de vaccination contre l’influenza aviaire, d’après un communiqué de presse. Avant d’envisager de déployer cette mesure dans tout le pays, le vaccin sera utilisé dans un seul élevage de poules pondeuses, « avec une possibilité d'extension à plusieurs exploitations ». Le projet durera « jusqu'au début de l'année 2027 ». Une « approche progressive » qui vise deux objectifs : « étudier comment le marché réagit à la commercialisation des produits » et « acquérir de l'expérience dans la mise en œuvre du programme de surveillance ». Alors que la filière hollandaise est très orientée vers l’export, les pouvoirs publics marchent sur des œufs : la mise en place de la vaccination peut provoquer la fermeture de débouchés, certains pays tiers s’inquiétant du risque d’introduction de la maladie. Les œufs des poules vaccinées dans le cadre du projet pilote « seront vendus exclusivement aux Pays-Bas », précise d’ailleurs le ministère hollandais de l’Agriculture. Aujourd’hui, un seul pays exportateur a mis en place une vaccination massive : la France, qui vaccine tous ses canards depuis octobre 2023. Avec à la clé plusieurs embargos, dont certains sont levés ou en passe de l’être.

Vin no-low : le distributeur Richard se lance avec le négociant Chavin

Richard Vins & Spiritueux, distributeur pour la restauration et l’hôtellerie, lance une première gamme de vins désalcoolisés avec le négociant Chavin, ont-ils annoncé le 10 mars. Son catalogue intègre « Chavin zéro Vin de France », une offre comprenant un sauvignon blanc, un rosé et un assemblage de cabernet et merlot, selon le communiqué commun. Le groupe francilien dit constater « un véritable engouement des professionnels pour des solutions sans alcool de qualité ». « L'arrivée de Chavin dans le portefeuille de Richard Vins & Spiritueux confirme l'intérêt croissant des professionnels de la restauration pour des alternatives premium sans alcool », affirme Mathilde Boulachin, fondatrice et présidente de la Maison Chavin. Pour elle, le réseau CHR (cafés, hôtels, restaurants) est « la voie de prédilection de distribution des sans alcool », qui ont « besoin de [la] pédagogie du sommelier ». Richard Vins & Spiritueux a dégagé en 2023 un chiffre d’affaires supérieur à 100 millions d’euros. La Maison Chavin, spécialiste des vins sans alcool (2,5 millions  d’unités commercialisées), pèse plus de 10 millions d’euros de ventes.

Vin : les ventes de crémant ont continué de grimper en 2024, tendance « favorable » en 2025

En hausse depuis près de dix ans, les ventes de crémant ont continué de grimper en volume l’an dernier, et la tendance pour 2025 s’annonce « favorable », a indiqué le 10 mars la FNPEC (producteurs et élaborateurs). Elles atteignent 114,5 millions de bouteilles en 2024 (contre 108,1 millions l’année précédente), selon un communiqué. « Hors parenthèse du Covid, la croissance des ventes de crémant se montre régulière dans la durée avec une progression de l’ordre de 5 à 7 % par an depuis près de dix ans », souligne la fédération. En France comme à l’export, la dynamique est la même, avec un ratio « relativement stable » de 60 % et 40 %. Tous les circuits dans l’Hexagone progressent, y compris en grande distribution. À l’export, « la tendance devrait rester favorable en 2025, avec des opportunités notamment dans l’espace rhénan, au Royaume-Uni ou en Australie », selon le communiqué s’appuyant sur un rapport de Business France. Une ombre au tableau est la production de crémant qui a baissé en 2024, à près de 888 000 hl (-15 %). Ce repli apparaît toutefois moins marqué par rapport à celui de l’ensemble de la vendange (-23 %), touchée par de multiples aléas climatiques.

Agroalimentaire/agroécologie : Beyond Green lève 1,5 M€ pour se développer

Beyond Green, groupe agroalimentaire dédié à la transition agricole et à l’alimentation durable, annonce une nouvelle levée de fonds de 1,5 millions d’euros (M€) dans un communiqué diffusé le 10 mars. « Cette opération stratégique vise à soutenir la croissance du groupe et à atteindre la rentabilité d'ici 18 mois », précise le groupe fondé en 2019, qui détient les marques Pour demain (magasins bio), Transition (RHD et GMS) et Vivants (GMS). Les fonds ont été levés auprès d’investisseurs « historiques » tels le Finorpa (fonds d‘investissement des entreprises des Hauts-de-France) et la plateforme de financement participatif Lita.co. Le groupe Laiterie de Saint-Denis-de-l'Hôtel (LSDH), spécialiste des produits laitiers et boissons, « entre au capital ». Grâce à cette nouvelle levée de fonds, Beyond Green veut distribuer ses trois marques « dans plus de 12 000 magasins » d’ici 2027. « L’objectif est de développer nos ventes et de franchir le cap des 15 millions d’euros de chiffre d’affaires d’ici trois ans, tout en installant durablement nos marques comme des références incontournables pour les consommateurs » indique Maxime Durand, cofondateur de Beyond Green, cité dans le communiqué.

Agroalimentaire : affaiblissement de la compétitivité des IAA bretonnes

« L’industrie agroalimentaire poursuit son érosion et la Bretagne s’inscrit nettement dans cette tendance » : voici le constat dressé par l’ABEA (entreprises agroalimentaires bretonnes) dans sa dernière note de conjoncture au sujet d’un panorama économique des IAA bretonnes réalisé par la Banque de France, à la demande de la région Bretagne. D’après cette étude réalisée auprès de 606 entreprises, « l’évolution de la valeur ajoutée des IAA bretonnes n’est que de +2,4 % entre 2022 et 2023, alors qu’elle est de +6,4 % pour les IAA au national sur la même période. La Bretagne a donc quatre points de retard par rapport à la moyenne des IAA françaises », relève l’ABEA. Elle explique cette situation par le poids plus important des matières premières pour les industriels bretons, comparé à l’échelle nationale. Autre indicateur : le taux de marge brute d’exploitation, qui se replie pour les IAA bretonnes entre 2020 et 2023 (de 4,2 % à 3,9 %), alors qu’il reste stable au niveau national (5,2 %). Autant de signes qui témoignent « d’une dégradation structurelle », témoigne Marie Kieffer, déléguée générale de l’ABEA, citée par Les Marchés.

Erratum sur le président du conseil spécialisé Viandes blanches de FranceAgriMer

Contrairement à ce qui a été indiqué par erreur dans l'Agrafil daté du 10 mars, Xavier Van Den Bossche est nommé président du collège des représentants de la production agricole dans le conseil spécialisé FranceAgriMer Viandes blanches - et non président du conseil spécialisé lui-même. Il remplace François Valy, nommé président de ce conseil en octobre.