Agra Business | Cofigeo, Maison Pommery, La Blottière, Delaferme, Amoeba/Syngenta

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Agroalimentaire : Cofigeo va fermer l’usine William Saurin de Seine-et-Marne

Cofigeo, propriétaire de William Saurin, a annoncé le 8 septembre un redéploiement de ses activités industrielles qui prévoit la fermeture mi-2027 de son usine de Lagny-sur-Marne (Seine-et-Marne). Un plan de sauvegarde de l’emploi prévoit de supprimer 142 postes. La société fait face depuis des années à une baisse de son activité (-17% depuis 2022 ce qui correspond au volume d'activité d'une de ses usines), a expliqué son président Mathieu Thomazeau. Cette baisse s'explique, selon lui, par une mutation et une fragmentation du marché entre un plus grand nombre d'acteurs et de produits (surgelés, traiteurs, déshydratés...) et l'inflation qui a pesé depuis 2022 sur la compétitivité du groupe. Si les crises récentes (guerre au Moyen-Orient et été catastrophique pour l'agriculture) n'ont pas influé sur ce plan de plus long terme, elles s'ajoutent aux difficultés du secteur agroalimentaire français, qui souffre d'une rentabilité faible et fait face à un mur d'investissement pour se moderniser. « L'intégralité des productions », que ce soit les produits William Saurin ou ceux de marques distributeurs, sera redéployée sur d'autres sites du groupe, à Capdenac (Aveyron) où seraient créés 41 emplois, et pour les activités à base de pomme de terre notamment à Pouilly-sur-Serre (Aisne), selon Mathieu Thomazeau.

Vin : Maison Pommery creuse ses pertes, mais les ventes de champagne reprennent

La maison de vins et champagne Maison Pommery, en difficulté financière, a triplé sa perte nette au premier semestre 2026, à 4 M€, mais a annoncé une nette reprise de ses ventes de champagne en Europe. Son chiffre d'affaires a baissé de 12 % à 96,2 M€. Le groupe attribue ce recul essentiellement à l'effet de la cession d'Heidsiek & Co Monopole, qui entraîne mécaniquement une baisse de l'ordre de 9,6 M€ des ventes sur le semestre, selon un communiqué le 7 septembre. A périmètre comparable, le chiffre d'affaires de Maison Pommery a progressé de 0,7 %, porté par une progression des volumes de ventes de champagne. En particulier, Champagne Pommery & Greno a vu ses ventes augmenter de 7%. Et les volumes de vente de champagne ont « fortement » progressé en Europe : +16,6 % sur un marché en progression de 8,3 %. Début juin, Maison Pommery et le groupe allemand de vin mousseux Henkell avaient indiqué que leurs négociations exclusives, qui auraient pu mener à la naissance d'un acteur mondial des vins effervescents, n'avaient pas abouti. Mais les deux sociétés ont précisé rester « ouvertes à la possibilité de reprendre les discussions à une date ultérieure ».

Pommes/poires : La Blottière se dote d’un outil inédit de pré-calibrage dans sa station rénovée

La Blottière inaugurera le 11 septembre sa nouvelle station fruitière, située à Saint-Georges-des-Gardes (Maine-et-Loire), après quatre années de travaux menés entre 2021 et 2025. L’agrandissement du site, qui passe de 20 000 m2 à 30 000 m2, doit permettre à l’entreprise d’augmenter ses capacités de conditionnement, avec un objectif de 30 000 tonnes d’ici 2032, contre 18 000 tonnes en 2021. Parmi les nouveaux équipements figure notamment un outil de pré-calibrage, qui permet de calibrer dans l’eau pommes et poires, quelles que soient les variétés, une première en France. « Cette capacité constitue un véritable levier de développement : elle permet à La Blottière d’accompagner la progression des volumes produits et de contribuer à proposer des poires origine France en rayon le plus longtemps possible dans l’année », souligne l’entreprise dans un communiqué. Pour mener à bien la transformation de son outil industriel, l’entreprise a investi 21 millions d’euros. Elle a également poursuivi ses investissements dans les vergers, avec notamment 103 hectares plantés depuis moins de cinq ans. Pour rappel, la Blottière exploite aujourd’hui 350 hectares de vergers en propre, auxquels s’ajoutent les vergers de ses 140 producteurs partenaires, pour un total de 1 000 hectares. 

Lait bio : les fontaines à yaourt Delaferme lèvent des fonds

Le fonds Résilience alimentaire des territoires (Resalt), porté par Arkea Capital, a annoncé le 3 septembre avoir participé à la levée de fonds de Delaferme, société qui installe des micro-laiterie chez les éleveurs bio et commercialise du yaourt sous forme de poches et de fontaines. Delaferme a également obtenu une subvention au titre du programme France 2030, géré par Bpifrance. « Les fonds apportés par Resalt et Bpifrance représentent une opération de plusieurs millions d’euros », précise Christophe Audouin, président et cofondateur de Delaferme. Cet investissement est le premier réalisé par Resalt dont l’objectif est « d’investir sur l’ensemble de la chaîne de valeur agricole et alimentaire pour accélérer sa transition et renforcer la résilience des territoires. » Les fonds vont permettre à la société d’accompagner davantage d’éleveurs souhaitant s’équiper d’un outil de transformation à la ferme afin d’arriver à dix micro-laiteries fin 2027, contre quatre aujourd’hui. Il s’agit aussi d’installer 300 fontaines en 2027, contre 300 opérationnelles actuellement dans des restaurants collectifs. Delaferme a réalisé un chiffre d’affaires de 1,3 million d’euros en 2025, et devrait atteindre 2,4 millions d’euros en 2026, selon son président, à 90% grâce à la vente de yaourts distribués en fontaines.

Semis de colza : pour Limagrain, les surfaces pourraient baisser de 3 à 8 %

Interrogé sur l’avancée des semis de colza, François Jansseune, chef marché colza chez Limagrain Europe, constate que certaines régions accusent un fort retard sur les chantiers. « C’est le cas dans le sud de la région Centre où seulement 50 % des surfaces sont, au 8 septembre, semées. La situation est également critique en Lorraine. À l’échelle nationale, nous tablons sur un recul de la sole compris entre 3 et 8 % alors que les intentions de semis étaient, avant l’été, en nette hausse. J’espère me tromper mais les projections, en interne, font que nous nous préparons à réceptionner de nombreux retours de lots qui n’auront pas pu être semés. » Si en région Centre, les agriculteurs n’ont pas d’autres alternatives que de, finalement, implanter du colza - les terres sont prêtes, le retour de la pluie est annoncé et le cours du colza est plus porteur que d’autres cultures -, « il est sûr que ces semis tardifs partiront avec un handicap », souligne-t-il. Autre région qui inquiète : le Sud-Ouest. « Dans ces zones, les plantes souffrent. Les levées se sont faites dans le sec et les attaques de ravageurs – punaises, tenthrèdes, altises - sont massives. Même les fourmis occasionnent des dégâts ce qui est inhabituel dans le colza. »  Seuls les colzas des Hauts-de-France affichent, à date, une belle croissance : « L'eau est arrivée au bon moment et la douceur des températures stimule la pousse ». (Anne Gilet)

Betteraves : début de campagne chez Cristal Union, rendement en baisse de 25 %

Dans un communiqué paru le 8 septembre, Cristal Union a annoncé le lancement sa campagne betteravière 2026-2027, qui a débuté le 3 septembre. Ses premières estimations font état d’une baisse des rendements de 25 % en France, « avec de fortes disparités entre les parcelles », indique le groupe coopératif. Les secteurs « les plus touchés » sont le sud de Paris, l’Aube et le sud de la Marne. Quant à la Seine-Maritime, la Somme et les zones irriguées du Pithiverais, elles sont « moins affectées ». L’Association interprofessionnelle de la betterave et du sucre (AIBS), avait dressé le 25 août une première prévision concernant la récolte 2026. Les prélèvements réalisés mi-août laissaient entrevoir « une baisse de production nationale de plus de 20 % » par rapport à la moyenne quinquennale. Le lendemain, Tereos avait également annoncé des rendements de la betterave « en retrait de plus de 20 % par rapport à la campagne précédente (jusqu’à 50-60 % dans certains territoires) », et de 15 % par rapport à la moyenne quinquennale. Comme annoncé en août par Tereos, la campagne nationale 2026-2027 ne devrait pas dépasser 100 jours au niveau national.

Céréales: le géant Syngenta va distribuer le biofongicide de la greentech lyonnaise Amoéba

Un traitement d’origine biologique contre les champignons parasites des céréales, développé par la greentech française Amoéba, va être distribué par le géant des pesticides et des semences Syngenta, ont annoncé le 8 septembre les deux groupes dans un communiqué commun. Ce produit de biocontrôle, qui protège les céréales grâce à des mécanismes naturels, est un antifongique qui lutte contre deux grandes maladies du blé (septoriose du blé et rouille jaune) et d’autres maladies des céréales. Amoéba et Syngenta prévoient que les agriculteurs pourront utiliser ce fongicide de biocontrôle au printemps 2029 sur le blé, l’épeautre et le triticale (un hybride entre le blé et le seigle). Les deux entreprises, qui collaborent pour les programmes d’essais, comptent en effet obtenir les premières homologations commerciales au troisième trimestre 2028 afin d’effectuer les premières ventes fin 2028 sur les principaux marchés européens. L’accord exclusif de distribution qui les lie prévoit que Syngenta (groupe d’origine suisse et désormais chinois) commercialisera le biofongicide d’Amoéba pour toutes les céréales (à l’exception du maïs) dans l’Union européenne, au Royaume-Uni, en Ukraine et en Suisse.