Agra Business | Sumimoto/Philagro, Südzucker, Cristal Union, Heineken, Labeyrie

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Phytos: Sumitomo Chemicals désormais unique actionnaire de Philagro

Le japonais Sumitomo Chemicals annonce avoir acquis la totalité des actions de sa filiale Philagro, créée en 1993 et spécialisée dans la vente de produits de protection des cultures. Il en détenait déjà 60%, Nissan Chemical Industries et Nihon Nohyaku Company s’octroyant respectivement 30% et 10%. Sumitomo Chemicals précise également avoir adopté la même stratégie de rachat avec sa filiale espagnole Kenogard. L’enjeu pour le japonais: «accélérer ses efforts pour renforcer sa présence et son portefeuille de produits en Europe». L’objectif est clair: «plus que doubler le chiffre d’affaires de ses activités liées à la protection des cultures en Europe d’ici 2030». Les activités de Philagro seront intégrées à celles de Sumitomo Chemical Agro Europe, la branche du groupe supervisant les activités en Europe, au Moyen-Orient et en Afrique. La société n’exclut pas «d’explorer les opportunités de réorganisation commerciale et de fusions et acquisitions, pour développer davantage ses parts de marché». À côté des produits phytosanitaires «classiques» – dont plusieurs innovations sont attendues en fongicides – la firme mise aussi sur les «biorationnels», une dénomination qui regroupe toutes les substances dérivées d’origine biologique: bio-insecticides, biofongicides, bionématicides, mycorhizes, régulateurs de croissance, etc. (Anne Gilet)

Sucre : Südzucker table sur un rebond des prix européens en 2025-2026

Dans un communiqué du 11 février, le groupe sucrier Allemand Südzucker (leader européen) explique tabler sur un rebond «considérable» des prix du sucre sur le marché européen lors de la campagne commerciale 2025-2026, s'étalant sur la période octobre 2025-septembre 2026. La justification: les cours ont considérablement décroché depuis octobre 2024, amoindrissant la probabilité qu'ils régressent davantage. De plus, un rebond est observé en ce début d'année 2025. Pour rappel, les valeurs du contrat à terme de Londres étaient passées de 582,8 $/t en spot (première échéance de livraison) au 1er octobre 2024 à 466,4 $/t au 21 janvier 2025. Puis, elles ont progressé, atteignant 532,8 $/t au 11 février. Attention toutefois : le marché mondial semble bien approvisionné, selon plusieurs analystes privés. Südzucker se montre par ailleurs prudent, soulignant la forte volatilité des marchés, dans un contexte géopolitique instable (guerre en Ukraine). De plus, l'hypothétique rebond des cours en 2025-2026 ne sera pas suffisant pour faire réellement remonter son Ebitda, qu'il projette à 525-675 M€, contre 550-650 M€ en 2024-2025.

Sucre : Cristal Union confirme son prix au producteur, malgré le contexte difficile

Dans un communiqué du 12 février, le groupe sucrier français Cristal Union a confirmé son objectif de prix payé au producteur de 40 €/t de betterave pour la campagne commerciale 2024-2025, allant d’octobre 2024 à septembre 2025. Et ce dans un contexte jugé difficile par l’entité. «Dans un contexte de marchés en baisse, l’objectif de prix de 40€/t, que nous avions annoncé en assemblée générale en mai dernier, sera tenu», a déclaré Olivier le Bohan, le président, dans le communiqué. La campagne culturale a été marquée par un déficit d’ensoleillement et une forte pluviométrie. Ajoutons à cela le développement de maladies fongiques. Les rendements sont estimés par le groupe coopératif à une moyenne de 84 t/ha, «sous la moyenne 5 ans», avec de fortes variations selon les secteurs, précise le communiqué. Le taux de sucre moyen s’élève à 16,7%, «en baisse d’un point par rapport à l’an dernier». Néanmoins, Cristal Union juge que la culture s’est bien adaptée au contexte climatique adverse. Il indique par ailleurs que «les huit sucreries ont produit 1,5 Mt de sucre issu de betterave et les deux distilleries 2 Mhl d’alcool et de bioéthanol».

Bière : baisse du bénéfice d'Heineken en 2024, malgré un rebond des volumes

Le brasseur néerlandais Heineken a fait état le 12 février d'une baisse de 1,2% de son chiffre d'affaires en 2024, en raison de l'impact des taux de change, malgré une augmentation des volumes de bière vendus. Le chiffre d'affaires du groupe s'est établi à 36 milliards d'euros, contre 36,4 milliards en 2023, a indiqué Heineken dans un communiqué. Le volume global de bière a en revanche augmenté de 1,6%, contre une baisse de 4,7% en 2023. Son bénéfice net a chuté de son côté de 57,6% à 978 millions d'euros contre 2,3 milliards en 2023, plombé par une dépréciation de sa participation dans le principal producteur de bière chinois qui a chuté en Bourse. Cette dépréciation avait été annoncée lors des résultats du premier semestre. «Notre volume de bière a augmenté (...) à la fois sur les marchés développés et émergents», a commenté le p.-d.g. du groupe, Dolf van den Brink. Le deuxième brasseur mondial, après AB InBev, a dit anticiper une «croissance continue des volumes et des revenus» cette année malgré les défis économiques actuels, citant notamment «la faiblesse du moral des consommateurs en Europe», «les pressions inflationnistes» ou «les fluctuations géopolitiques». 

Céréales : les stocks mondiaux de maïs moins élevés que prévu (USDA)

Les stocks mondiaux de maïs devraient être moins élevés qu'anticipé en fin de campagne, selon des chiffres publiés le 11 février par le ministère américain de l'Agriculture (USDA), qui relève aussi une baisse de la production de soja. L'USDA prévoit désormais que les réserves mondiales de maïs, à l'issue de la campagne 2024-25, atteignent 290,31 Mt, en baisse de 1,03% par rapport aux estimations du mois précédent. «C'est inférieur aux attentes des opérateurs», a signalé à l'AFP Gautier Le Molgat, PDG d'Argus Media France. Ce repli s'explique par la baisse de la demande chinoise, qui passe «d'importations d'environ 13 Mt à 10 Mt», a noté M. Le Molgat. Le ministère américain de l'Agriculture a aussi révisé en baisse (-1 Mt par pays) le potentiel de production de maïs en Argentine et au Brésil «en raison d'une baisse des rendements». Dans le même temps, les estimations mondiales de production de soja ont été rabotées de 4 Mt, à 420,76 Mt. «On constate une révision en baisse en Argentine de 3 Mt du potentiel de production (...) liée au temps chaud», a relevé M. Le Molgat.

Fruits et légumes : les exportations françaises vers l'Espagne en hausse en 2024

Les importations de fruits et légumes frais en provenance de France, principal fournisseur du marché espagnol, ont augmenté de 20% en 2024 (de janvier à novembre) par rapport à la même période en 2023 indique la Fepex (exportateurs espagnols)dans un communication le  12 février. Elles frôlent le million de tonnes ( 989 263 tonnes) sur la période. Le deuxième fournisseur est le Maroc, d'où ont été importées 398 826 tonnes, soit 1% de plus. Le Portugal a également enregistré une croissance de 20%, avec 379 151 tonnes, ce qui en fait le troisième fournisseur du marché espagnol. D’une manière générale, l’Espagne a importé 12% de fruits et légumes européens de plus qu’en 2023, pour atteindre 1,9 million de tonnes. L’ensemble des importations de fruits et légumes ont augmenté de 6% pour atteindre 3,9 millions de tonnes. Cela reflète une tendance régulière : depuis 2020, les importations en provenance de l’Union européenne ont progressé de 27%. En parallèle, et celles des pays tiers ont gagné 25% entre 2020 et 2024. Les fruits et légumes non espagnols sont plutôt bien valorisés sur le marché espagnols : le prix moyen en novembre s'est établi à 1,16 euro/kilo, ce qui représente une croissance de 5,3% par rapport à novembre 2023, qui était de 1,10 euro/kilo.

Fruits : la dénomination Melon de Cavaillon enregistrée au registre des IGP

La Commission européenne a validé, le 12 février, l’enregistrement de la dénomination «Melon de Cavaillon» au registre des indications géographiques protégées (IGP). Bruxelles précise que le «Melon de Cavaillon» est un melon de type charentais jaune, cultivé en France, dans les Alpes-de-Haute-Provence, les Bouches-du-Rhône, le Var et Vaucluse. Selon l’exécutif européen, le «Melon de Cavaillon» se caractérise par «la couleur orange soutenue de sa chair, l’homogénéité de la couleur de la robe à maturité optimale, un taux de sucre optimal». «Cette certification vient récompenser le savoir-faire des producteurs locaux et la qualité exceptionnelle de ce melon au goût sucré et raffiné», indique le Syndicat des Maîtres Melonniers de Cavaillon dans un message posté sur ses réseaux sociaux. Cette nouvelle appellation vient s’ajouter à la liste des 3.646 produits déjà protégés par l’UE.

Assurance récolte : légère baisse des hectares assurés chez Groupama en 2024

En conférence de presse le 12 février, Groupama a annoncé une charge totale de l’assurance récolte de 255 millions d’euros (M€) en 2024, essentiellement en raison de trois principaux aléas: l’excès d’eau, la grêle et le gel. «Les aléas climatiques deviennent la norme, avec des sinistres agricoles moins intenses mais plus fréquents», précise Gwénaël Simon, directeur assurances de Groupama. Et d’ajouter qu’en 2024, un hectare sur deux a été déclaré sinistré, avec des précipitations quasi ininterrompues dans la majorité du territoire représentant 137 M€ redistribués, devant la grêle (59 M€) et le gel (15 M€). À noter que les grandes cultures ont été les plus touchées (94 %) par l’excès d’eau, devant la viticulture (6 %) et l’arboriculture (1 %). Après la réforme de l’assurance récolte en 2022, Groupama a observé une forte augmentation de ses hectares assurés en 2023 (+37% de croissance), suivie d’une année plutôt en retrait en 2024 (- 4%). Au niveau national, l’objectif est d’arriver à 60% de surfaces agricoles assurées d’ici 2030, contre 23% en 2023. Pour «absorber la sinistralité de la Ferme France», la constitution d’un groupement de co-réassurance est prévue par la réforme de l’assurance récolte. D’ici l’été, l’autorité de la concurrence devrait rendre une décision à son propos, souligne Pascal Viné, directeur des relations institutionnelles de Groupama.

Foie gras/commerce équitable : le canard Labeyrie va intégrer Agri-Ethique

La filière canard à foie gras de la marque Labeyrie Fine Foods a obtenu le label Agri-Ethique France, annonce le label de commerce équitable en France. A ce titre, Stanislas Giraud, directeur général de Labeyrie Fine Foods Premium, participera à la conférence de presse que donnera le Agri-Ethique France au Salon international de l’agriculture le 24 février. «Pour Labeyrie Fine Foods et sa marque iconique Labeyrie, c’est un nouvel engagement qui intervient naturellement à la suite de plusieurs partenariats, toujours dans l’objectif de garantir un prix rémunérateur équitable et stable à ses agriculteurs français», souligne l’invitation à la presse. Agri-Éthique s’y présente comme «le seul label à s'engager auprès des filières dans leur entièreté (de l'agriculteur au distributeur)» qui «labellise des marques capables de garantir un prix rémunérateur aux producteurs, pour leur apporter plus de sécurité et de sérénité sur le long terme». 

Emballages : Citeo lance une bouteille réemployable standard à large goulot

L’éco-organisme Citeo et le distributeur-livreur Le Fourgon annoncent le lancement de la bouteille «R-Cœur», appelée à servir de conditionnement réemployable de lait ou de soupe à l’échelon national. Le Fourgon livrera dans un premier temps du lait ainsi conditionné dans les Hauts-de-France, puis dans l'Est et toute la France. C’est, affirme Citeo dans son communiqué, le premier standard national pour ce type de bouteille à large goulot. L’éco-organisme informe que cette bouteille tournera dans les boucles de réemploi expérimentales organisées dès ce printemps auprès des grandes et moyennes surfaces des quatre régions Pays-de-la-Loire, Bretagne, Normandie et Hauts-de-France. Dans son interview par Citeo diffusée sur son site internet, Charles Christory, fondateur et CEO de Le Fourgon, dit espérer le réemploi d’au moins 150 000 bouteilles «R-Cœur» d'ici l'été.

Lait/Siqo: Cécile Podeur nommée déléguée générale du Cnaol (AOP laitières)

Dans un communiqué du 12 février, le Cnaol (AOP laitières) annonce la nomination de Cécile Podeur au poste de déléguée générale. La nouvelle responsable est «forte de près de 20 ans d’expérience au sein de l’AOP pélardon» (fromage de chèvre), rappelle l’organisation. A partir du 1er mars, elle succèdera à Sébastien Breton, qui, «après dix années consacrées au Cnaol, a décidé de se tourner vers de nouveaux projets professionnels». Créé en 2002, le Conseil national des appellations d’origine laitière assure la défense et la promotion de 51 AOC laitières (46 fromages, trois beurres, deux crèmes).

Coopératives : Bruno Colin réélu président du pôle animal de La Coopération Agricole

Les présidents des quatre sections du pôle animal de La Coopération Agricole ont réélu ce 11 février Bruno Colin à la présidence du pôle, pour une 3e mandat, annonce un communiqué. Lui-même président de la section bovine, Bruno Colin énonce dans le communiqué deux objectifs transversaux majeurs pour 2025 : «défendre les intérêts des coopératives dans le cadre de la révision du règlement européen sur la protection animale lors du transport» et «donner une nouvelle impulsion aux actions de prévention et d’anticipation lors les Assises du sanitaire». Polyculteur-éleveur de bovins laitiers et viande dans la Meurthe-et-Moselle, vice-président du groupe CAL, Bruno Colin est par ailleurs vice-président de la Coopérative Agricole de Lorraine.