Agra Business | Connecting Food, Perret/Alternative Collecte, Pledge, champagne et beaujolais

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Négoce: rapprochement entre Perret et Alternative Collecte

Le groupe Perret et le négoce Alternative Collecte ont annoncé le 12 février s’associer pour améliorer leur offre d’agrofourniture et de collecte à destination des agriculteurs de la région du Lauragais. Le site de Perret à Saint Agnan (Tarn) rejoint le groupe Alternative Collecte, et plus précisément sa filiale d’agrofourniture Nature & Développement, afin de dynamiser l’activité approvisionnement pour ce négoce spécialisé dans la collecte depuis plusieurs générations. En parallèle, Perret est entré au capital de Nature & Développement. «L'objectif est de développer l’activité approvisionnement, qui aujourd’hui représente entre 10 et 15% de notre chiffre d’affaires», explique Romain Zanatta, directeur d’Alternative Collecte, à Agra Business. L’entreprise se réjouit également d’accéder au catalogue et aux services de Perret: expertise technique, produits plus performants, nouvelles solutions en fertilisation et biostimulation, commerce digital, savoir-faire en irrigation, etc. Alternative Collecte compte une dizaine de salariés, collecte environ 50 000 t/an et a réalisé un chiffre d’affaires de 2,5 M€ lors de la dernière campagne. De son côté, le groupe Perret compte 674 salariés, 254 M€ de chiffre d’affaires, et collecte 58 000 t/an. (Elena Blum)

Numérique/blockchain: Connecting Food en procédure de sauvegarde

La société Connecting Food a été placée, le 10 décembre, en procédure de sauvegarde par le tribunal de commerce de Versailles. Cette société, fondée en 2016, développe un système reposant sur la blockchain, qui offre aux industriels de l'agroalimentaire une traçabilité de leurs opérations. Malgré plusieurs levées de fonds, pour un total de 7 millions d'euros (M€), la collaboration avec de grands groupes tels que Herta, Nestlé, Mondelez ou Axéréal, et une première place obtenue au EIT Digital Challenge (le concours du programme européen pour la recherche et l'innovation), Connecting Food affiche des difficultés financières depuis plusieurs années. Ainsi, l’entreprise enregistre des résultats en déficit, de -1,4 M€ à -2 M€, entre 2019 et 2022. Connecting Food, qui emploie 21 personnes, à Paris, a jusqu’au 19 février pour adresser ses déclarations des créances au mandataire judiciaire. De nombreuses entreprises de la foodtech sont aujourd’hui en difficultés financières, voire font face à des procédures collectives. (Elena Blum)

Pesticides/fruits: la justice suspend le non-renouvellement de l’AMM du Pledge

Le tribunal administratif de Lyon a suspendu, le 11 février, l’exécution de la décision de l’Anses du 6 décembre 2024 qui refusait le renouvellement de l’autorisation de mise sur le marché (AMM) du Pledge/Rami, un herbicide composé de flumioxazine. «Cette décision est un soulagement majeur pour la filière des fruits à pépins, qui faisait face à une menace directe sur ses exploitations», rapporte la Fédération nationale des producteurs de fruits (FNPF, FNSEA) dans un communiqué le 13 février. Selon l’organisation professionnelle, le tribunal administratif souligne que l’Anses n’a pas démontré que le produit Pledge/Rami présentait un «risque inacceptable pour la santé humaine ou animale ou pour l’environnement», mais a toutefois précisé que ce risque «ne pouvait être exclu». Pour rappel, dans sa décision du 6 décembre 2024, l’Anses avait pointé du doigt l’impossibilité d’exclure «un risque inacceptable pour les eaux souterraines, les mammifères, les organismes aquatiques et les plantes non-cibles». Jusqu’à ce que le tribunal administratif tranche sur la validité de la décision de l’Anses de retirer l’AMM du Pledge/Rami, ledit produit sera maintenu sur le marché dans les même conditions qu’avant, souligne Philagro France (fournisseur du Pledge/Rami en France) dans un communiqué le 12 février. Une prise de décision qui pourrait prendre entre 12 et 18 mois.

Séparation vente/conseil: Phyteis s’inquiète des conséquences de la réforme sur les OAD

Deux semaines après la présentation au Sénat de la proposition gouvernementale de suppression de la séparations de la vente et du conseil des pesticides, Yves Picquet, président de Phyteis (fabricants de pesticides) a fait part, lors d’une conférence de presse le 13 février, d’une certaine inquiétude quant à la possibilité ré-offerte «uniquement à la distribution et non pas à la société productrice de fournir des conseils». En effet, «toutes nos entreprises travaillent sur des outils d’aide à la décision (OAD)», a-t-il rappelé. Certains OAD alertent simplement sur la pression parasitaire et ne sont de ce fait pas assimilés à du conseil. D’autres peuvent donner plus de précisions: quel produit utiliser, quelle dose, etc. Dans ce dernier cas, ces outils pourraient être assimilés à du conseil, et donc considérés comme incompatibles avec la vente des produits phytopharmaceutiques par les entreprises. «Nous essaierons de travailler avec les autorités pour que, au travers des OAD, nous puissions donner conseil sur le traitement des parcelles», ajoute Yves Picquet. Présenté au Sénat lors de l'examen de la PPL Entraves, l'amendement du gouvernement propose une suppression de la séparation de la vente et du conseil, à l'exception des fabricants. Mais il prévoit qu'un décret précise le sort de certaines situations de «conflits d'intérêt», dont le contenu n'est pas encore connu.

Pesticides: légère baisse du chiffre d’affaires 2024 chez les adhérents de Phytéis

Lors d’une conférence de presse le 13 févier, les fabricants de pesticides de Phyteis (ex-UIPP) ont rapporté un chiffre d’affaires 2024 de 2,2 milliards d’euros (Md€) chez les adhérents de l'organisation, contre 2,4 Md€ l'année passée. «Le chiffre d’affaires varie en partie en fonction des conditions climatiques», précise Yves Picquet, le président. Certaines années, la météo favorise plus ou moins l’apparition de maladies, ravageurs ou adventices, requérant un usage plus ou moins important des pesticides. La tendance est plus stable et elle continue d'être à la baisse en matière de volumes vendus, notamment par effet de concentration et d'efficacité des matières actives. En 2023 (dernière année disponible), 48 491 t de substances actives ont été vendues aux distributeurs (coopératives, négoces), contre 64 898 t en 2022. En 1999, 120 502 t étaient commercialisées. Mais pour rappel, pour mesurer l'évolution de l'usage des pesticides, l’information la plus précise reste le nombre de doses unités (Nodu) agricoles, livrées par le ministère de l’Agriculture. Il est en baisse depuis 10 ans, mais stable sur quinze ans.

Chambres d’agricultures/coopératives: le Parlement vote la suppression du non-cumul

Après le vote du Sénat le 6 février, suivi d'une commission mixte paritaire, le Parlement a définitivement adopté le 13 février la proposition de loi (PPL) de Nicole Le Peih visant à prolonger une dérogation autorisant des responsables de coopératives agricoles à siéger aux bureaux des chambres d'agriculture, en pleine recomposition. Après les élections aux chambres d'agriculture qui viennent de se tenir (lire notre dossier), la constitution de leurs bureaux doit être achevée au plus tard début mars. Le Parlement a donc adopté dans l'urgence cette proposition de loi. Ce texte prolonge la possibilité de siéger aux bureaux de ces chambres pour les élus exerçant par ailleurs des activités de vente de produits phytosanitaires (pesticides), avec une obligation de déport sur ce sujet. Il s'agit ainsi de maintenir une dérogation à la loi Egalim de 2018, qui avait organisé la séparation des activités de conseil et de vente en matière de pesticides dans le but de prévenir les conflits d'intérêts. Sans ce texte, les administrateurs de coopératives ne pourraient plus siéger dans les bureaux des chambres. «Près du quart des actuels élus aux chambres d'agriculture» risquaient de se voir évincés, avait souligné la ministre de l'Agriculture Annie Genevard lors des discussions à l'Assemblée.

Chanvre: Planète Chanvre lève 15 M€ pour tripler sa production

Planète Chanvre, troisième entreprise chanvrière nationale, annonce avoir réalisé fin janvier une levée de fonds de 15 millions d’euros auprès de la Banque des territoires, dans le cadre du programme Territoires d’innovation de France 2030. À côté des investisseurs privés et institutionnels, Planète Chanvre bénéficie du soutien financier de la région Île-de-France, de BPI France et de l’Agence de l’eau Seine-Normandie. Créée en 2009 par un groupement d’agriculteurs de Seine-et-Marne, l’entreprise transforme 5000 t de paille de chanvre par an. Grâce à cette enveloppe, elle compte tripler sa capacité de production en investissant dans une nouvelle usine, dotée d’une ligne de transformation capable de recevoir plusieurs types de paille de chanvre. Peu gourmand en intrants, facile à cultiver, le chanvre possède de nombreux débouchés: béton et isolants pour la construction, matériaux pour l’automobile ou le jardinage, textile, plastiques, produits alimentaires, litière pour animaux, etc. Ces produits, distribués en France et à l’international, répondent aux besoins croissants des marchés, en quête de solutions durables et locales. (Anne Gilet)

Vin: les coopératives de Vinay et de Mancy-Champagne Esterlin fusionnent

Les coopératives champenoises de Vinay et de Mancy-Champagne Esterlin ont voté leur fusion le 24 janvier, à l’occasion de leurs assemblées générales. La nouvelle entité sera nommée Coopérative Vinay Mancy, et entrera en fonctionnement le 1er août, date à laquelle sera nommé un bureau. Cette fusion intervient après huit ans de rapprochements, initiés dès 2017 avec la création d’Acces (pour «accompagnement coopératif des exploitants»), une filiale dédiée à la gestion des exploitations et aux certifications environnementales, détenue à 50% par chaque coopérative. Puis, à partir de 2018, les coopératives, situées sur les coteaux du sud d'Épernay, à 5 km l’une de l’autre, ont mis en commun des outils de production. La coopérative de Vinay rassemble 173 adhérents sur 95 ha de vignes, et a enregistré en 2023 un chiffre d’affaires de 7,92 M€. Mancy-Champagne Esterlin, de son côté, compte 228 adhérents pour 118 ha, et a réalisé un chiffre d’affaires de 14 M€. La Champagne compte environ 130 caves coopératives. (Elena Blum)

Vin: le beaujolais veut tripler sa production de blanc «d’ici cinq à dix ans»

Inter Beaujolais, l’interprofession des vins AOC du Beaujolais, a annoncé le 12 février un objectif de triplement de la production de blanc «d’ici cinq à dix ans», répondant à une tendance de consommation. «La production de beaujolais blanc est aujourd’hui confidentielle, entre 3 et 4% des volumes (20 000 à 25 000 hl sur un total de 400 000 à 500 000 hl dans le vignoble)», a indiqué le vice-président Sébastien Kargul. «C’est trop faible. Pour ouvrir de nouveaux marchés, il faut une certaine notoriété. L’ambition est donc de multiplier par trois la production de vin blanc à l’horizon de cinq à dix ans, en atteignant 75 000 à 80 000 hl.» Si l’interprofession vante la bonne adéquation du vignoble avec une tendance au rouge léger, fruité, gourmand, l’idée est donc de développer cette autre couleur, également prisée des consommateurs. «Il ne s’agit pas d’une démarche opportuniste: le Beaujolais a toujours produit du blanc», explique Sébastien Kargul préférant parler de «mise en adéquation d’un terroir avec la tendance de consommation». Inter Beaujolais compte sur un développement des surfaces en chardonnay dans le cadre de la restructuration du vignoble. Une journée technique «Beaujotech - Juste le blanc» a été lancée, le 21 janvier, pour viser l’«homogénéité qualitative» de la production.

Distribution: léger recul des ventes semestrielles de Teract (Gamm Vert)

Le groupe de distribution Teract (Gamm Vert, Jardiland, Boulangeries Louise), un temps intéressé par un rapprochement avec Casino, a vu ses ventes reculer légèrement au premier semestre de son exercice décalé, à 396,1 M€ (-0,3%), selon un communiqué diffusé le 13 février. Teract a vu ses ventes résister «grâce à la bonne performance du secteur jardinerie/animalerie», qui représente l'essentiel de son chiffre d'affaires, à 324,3 M€ d'euros (+0,2%). En revanche, les ventes dans l'alimentaire ont reculé de 2,6% à 71,8 M€ entre juillet et décembre 2024 par rapport à la même période un an auparavant. Pour l'ensemble de l'exercice, le groupe projette un chiffre d'affaires «de 900 à 950 M€, [conforme à] l'exercice écoulé», à condition qui n'y ait pas de «nouvelle dégradation de l'environnement» économique. Les mesures de réduction des coûts vont s'accentuer, indique Teract dans son communiqué, avec notamment un objectif de réduction des coûts de 15 M€ d'ici la fin du mois de juin, «dont plus de 65% déjà réalisés au 31 décembre 2024». Le groupe est majoritairement détenu par InVivo et est issu du rapprochement entre les activités de distribution de ce géant et un véhicule d'investissement financier, 2MX Organic, lancé par le trio Xavier Niel, Matthieu Pigasse et Moez-Alexandre Zouari.

Pomme de terre: le NEPG (producteurs européens) s’inquiète d’une hausse de la sole

Dans un communiqué du 12 février, le NEPG, groupe des producteurs de pommes de terre du nord-ouest de l’Europe (France, Allemagne, Pays-Bas, Belgique) estime qu’il est «très probable» que les agriculteurs augmenteront leurs surfaces entre 2024 et 2025. Cette inquiétude fait écho aux récentes alertes des syndicats français (l’UNPT, partie prenante du groupe, et le CNIPT) ces dernières semaines, appelant les producteurs hexagonaux à suivre la demande des industriels, et non la précéder. Le NEPG juge très «surprenant» le récent renchérissement des cours, passant de 12,5 €/100 kg durant la période octobre-novembre 2024 à 30 €/100 kg en février 2025 ; pour le groupe, cette hausse masque en réalité un marché très incertain, qui pourrait se retourner en cas de choc de l’offre. Le groupe rappelle que la récolte dans les quatre principaux pays producteurs européens a progressé entre 2023 et 2024 de 6,9 %, à 24,7 Mt. D’un autre côté, les coûts de production augmentent, pendant que les rendements s’inscrivent dans une tendance de fond baissière. Enfin, la concurrence internationale sur le marché des frites se renforce, avec de nouveaux acteurs : l’Inde, la Chine, la Turquie, etc.

Œufs: l’Italie est devenue la première destination des œufs ukrainiens (presse)

Les importations italiennes d’œufs et d’ovoproduits en provenance d’Ukraine ont bondi d’environ 50% en 2023, puis de 30% en 2024, faisant de l’Italie «le principal point d’entrée des œufs ukrainiens en Europe», constate Mohamed Bouzidi, chargé d’étude économiques de l’Itavi, cité dans un article des Marchés. Le média établit qu’en augmentant ses importations, l’Italie peut déployer ses exportations d’œufs coquille, grâce à un effet de substitution, tout en améliorant la compétitivité de ses ovoproduits. Alors que l’Italie a augmenté de 34% ses importations totales d’œufs coquille (essentiellement d’Ukraine et de France) au cours des 10 premiers mois de l’année 2024, elle a augmenté de 50% ses exportations d’œufs et d’ovoproduits sur la même période. Selon le chargé d’études de l’Itavi, les œufs importés sont probablement destinés aux casseries, qui les transforment en ovoproduits. Celui-ci suppose que les œufs importés de Roumanie ou d’Ukraine sont produits dans des cages non-aménagées. Il note aussi que «certains ovoproduits ne sont pas exportés sous ces codes douaniers, mais sous ceux correspondants aux "préparations alimentaires" et sont donc intraçables».

Santé animale/bovins lait: Obione se lance dans la distribution de médicaments

Initialement spécialisée dans les compléments alimentaires et les outils d’aide à la décision pour le bien-être animal, Obione «franchit le pas de la distribution de médicaments», d’après un communiqué publié le 20 janvier. D’ici mai-juin, l’entreprise basée à Mâcon (Saône-et-Loire) proposera en exclusivité des produits destinés aux vaches laitières, par ailleurs déjà vendus dans d’autres pays européens. Il s’agira notamment d’hormones visant à faciliter la reproduction et la mise-bas (gonadolibérine, prostaglandine, analogue de l’ocytocine, dénavérine). Dans le domaine de la santé de la mamelle, Obione distribuera un antibiotique, la novociline; «une molécule assez simple qui ne rentre pas en compétition avec la résistance en santé humaine», précise son fondateur Lionel Reisdorffer à Agra Presse. Proposer des médicaments permettra à l’entreprise de «boucler [sa] démarche», aujourd’hui surtout basée sur la prévention. L’activité de vente de médicaments pourrait représenter «un quart de notre chiffre d’affaires sous deux ou trois ans», espère M. Reisdorffer, ce qui permettrait à son entreprise de «changer d’échelle». Dans son communiqué, Obione (30 salariés) indique viser un chiffre d’affaires «avoisinant les 8 M€» en 2026, contre 6,5 M€ en 2024.

Agenda de la semaine agricole du 17 février 2025

Vendredi 14 février
Visioconférence Idele/Inrae sur l'évaluation génétique des petits ruminants

Lundi 17 février
Conférence de presse sur la présence de l'Inrae au Salon de l'agriculture

Mardi 18 février
Conférence de presse France Gaz sur la méthanisation
Conférence de presse de Générations futures sur les PFAS
Conférence de presse sur les résultats d'Oxyane (coopérative)
Conférence de presse Anvol (interprofession des volailles de chair)

Mercredi 19 février
Présentation par la Commission européenne de la Vision sur l'agriculture et l'alimentation
Présentation du Déméter 2025
Visioconférence du réseau Haies sur la viticulture et l'agroforesterie
Présentation de la proposition de résolution Droit à l’alimentation à l’Assemblée
Publication d'un rapport sur l'élevage et le climat par le Réseau action climat

Jeudi 20 février
Conférence de presse d'Inaporc

Samedi 22 février
Inauguration du Salon de l'agriculture