Egalim 4 : Genevard veut «protéger en partie aussi la matière première industrielle»
La ministre de l'Agriculture Annie Genevard veut «ajuster» la loi Egalim, censée garantir une meilleure rémunération des agriculteurs en encadrant davantage les négociations entre les fabricants agroalimentaires et la grande distribution, a-t-elle déclaré à La Tribune Dimanche. Pour la ministre LR, la loi doit évoluer pour «corriger certains dysfonctionnements relationnels» avec la grande distribution : «certains exercent une pression déraisonnable sur les prix et, par les centrales d'achat européennes, cherchent à échapper aux lois Egalim», dit-elle dans cette interview. «Légiférer sert à ajuster le dispositif en fonction de la réalité», explique la ministre. La loi Egalim 2 a été promulguée fin 2021. Elle visait notamment à protéger les exploitants agricoles en «sanctuarisant la matière première agricole». La pratique est plus complexe et l'efficacité de la loi questionnée mais l'idée de la ministre serait «maintenant de protéger en partie aussi la matière première industrielle», à savoir les évolutions de prix subies par les fabricants sur l'énergie, le transport ou les emballages. Une idée récemment proposée par quatre députés de la commission des affaires économiques. Les négociations commerciales se tiennent actuellement et doivent se conclure d'ici au 1er mars. Leur tenue «inspirera les contours du projet de loi», qui pourrait être présenté d'ici l'été, ajoute Mme Genevard.
Fruits et légumes : nouvelle ligne maritime d'importation sur le port de Sète
L'armateur Mediterranean Shipping Company (MSC) a signé un accord avec le groupe Primever, leader français du transport de fruits et légumes, pour ouvrir une nouvelle ligne de fret maritime hebdomadaire vers le port de Sète (Hérault), annonce le transporteur sur son site le 10 février. Celui-ci gère le terminal fruitier du port d’Occitanie depuis 2023. A partir du 7 mars, la ligne maritime acheminera directement les importations de fruits et légumes depuis l’Afrique de l’Ouest à partir de Nouakchott (Mauritanie) et Dakar au Sénégal (bananes, mangues, ananas, avocats) pour redistribution vers les importateurs et la GMS européens. Intégrée aux hubs logistiques MSC à Las Palmas et à Valence, elle ouvrirait aussi des opportunités d’approvisionnement depuis l’Amérique du Sud et l’Afrique du Sud, voire à terme avec l’Egypte et le Maroc. Le terminal fruitier de Sète (24 000 m2), construit par l’exportateur israélien Agrexco (disparu en 2011) était sous exploité. «Depuis l'arrêt de la filière fruits et légumes il y a treize ans, le port de Sète travaillait sur un projet de ce type» souligne Philippe Malagola, président de port à La Tribune (article payant). «La relation de confiance que nous entretenons avec MSC, déjà présent à travers sa filiale GNV Ferry, et avec Primever, a joué en notre faveur». D’ici deux à trois ans, 200 000 palettes de fruits et légumes pourraient transiter par Sète.
Jus de fruits : leurs ventes déclinent, grevées par les prix des oranges (interprofession)
Entre 2019 et 2024, les ventes de jus de fruits, frais et ambiants, ont connu une diminution de 20 % des volumes au profit de boissons plates et gazeuses avec sucres ajoutés et additifs, indique l’Union nationale interprofessionnelle des jus de fruits (Unijus), dans un communiqué du 11 février, en citant une étude marketing de Nielsen IQ. D’ailleurs, leur vente a pour la première fois dépassé celle des jus de fruits en 2024. En cause : des prix qui s'envolent en raison d'aléas météorologiques provoqués par le réchauffement climatique, notamment dans la production d'orange. Unijus appelle les pouvoirs publics à créer une catégorie dédiée aux jus de fruits dans le prochain Programme national nutrition santé (PNNS) 2025-2030. Pour rappel, le dernier PNNS recommande de diminuer autant que possible les boissons sucrées, et ne distingue pas les jus de fruits des sodas et autres boissons sucrées. L’organisation professionnelle souhaite que les autorités reconnaissent des «bénéfices nutritionnels» aux jus de fruits dans le cadre d’une «consommation raisonnable et d’une alimentation équilibrée». Et de préciser que 100 ml de jus d’orange contient notamment 37 mg de vitamine C. À noter toutefois que le Haut conseil de la santé publique recommande, dans un avis de juin 2020, de ne pas dépasser la limite d’un demi-verre de jus de fruits avant 11 ans en raison de leur teneur en sucre. En outre, Unijus souhaite que les jus de fruits soient intégrés comme une portion parmi les «5 fruits et légumes par jour».
Spiritueux : l’Inde devrait baisser ses droits sur les importations de bourbon
Le gouvernement indien a annoncé, dans une notification tarifaire le 13 février, l’abaissement des droits de douane sur les importations de bourbon. Concrètement, l’Inde compte imposer un droit de douane de base sur le bourbon de 50 %, auquel s’ajoutera un prélèvement supplémentaire de 50 %. Les droits passeront donc à 100 %, au lieu de 150 % à l’origine. Ce changement intervient au même moment que l’annonce par Donald Trump de l’application d’une politique de droits de douane réciproque. « Cette mesure profitera principalement aux importations en provenance des États-Unis », indique Pratik Jain, associé chez PwC India, à Reuters. « Elle indique que le gouvernement indien est prêt à envisager des modifications des droits de douane pour les pays partenaires stratégiques », a-t-il ajouté. L’Inde reste un marché complexe pour les importateurs, puisqu’en plus des droits de douane, son territoire comprend 29 États qui disposent de pouvoirs réglementaires propres sur les boissons alcoolisées. SpiritsEUROPE rapporte que, malgré une augmentation de 210 % des exportations de spiritueux de l’UE au cours de la dernière décennie, seulement 1 % de la consommation en Inde est constituée de spiritueux importés.
Vin: le Bordelais connaît sa plus faible récolte depuis 1991
Le vignoble de Bordeaux, premier vignoble AOC de France, a connu en 2024 sa plus faible récolte depuis 1991 en raison de l'arrachage subventionné de parcelles et de faibles rendements liés aux conditions météorologiques, a-t-on appris vendredi auprès de l'interprofession. Selon les chiffres publiés par l'administration des douanes, les vignerons bordelais ont produit 3,3 millions d'hectolitres l'an dernier, contre 3,8 millions en 2023, soit une chute de 14% de la production. Cette forte baisse s'explique notamment par le rétrécissement de 103.000 à 95.000 hectares du vignoble, via deux plans d'arrachage successifs qui ont ramené la surface cultivée à son plus faible niveau depuis 1985, loin des 125.000 hectares cultivés au début des années 2000. Il y a eu aussi l'impact du gel, du mildiou, un champignon ravageur causé par les précipitations abondantes du printemps, ou encore de la coulure, maladie qui entrave la fécondation des fleurs apparue avec les pluies de juin. Ces conditions ont affecté le rendement des vignes, à 35,1 hectolitres à l'hectare contre 37,2 en 2023.
Céréales/Nutri-Score : le propriétaire de Gerblé change 150 recettes (presse)
Le groupe Nutrition et Santé (Gerblé, Gerlinéa, Céréal Bio) va baisser la teneur en sucre de ses produits pour anticiper les changements du Nutri-Score, rapporte un article publié par le quotidien Les Échos le 13 février. L’objectif étant notamment de diminuer le sucre et d’augmenter les fibres et/ou les protéines afin de garder une bonne notation. La mise en place du nouveau Nutri-Score, toujours débattue en France, est pour l’entreprise un nouveau défi, puisque la notation de ses produits risque d’en pâtir. «Aujourd’hui, 93 % de notre offre est notée A, B ou C. Demain, avec la refonte, nous voulons maintenir ce taux à 85 %», précise Claire Marsal Guez, directrice RSE de Nutrition et Santé, aux Échos. D’où la volonté affichée du groupe de retravailler la formulations de 150 de ses recettes. «La difficulté, c’est (…) de ne pas perdre le goût», souligne Luis Uribe, président du groupe Nutrition et Santé. Ces nouveautés devraient être lancées d’ici fin 2026. Mais cela se traduira par des hausses de prix, prévient d’ores et déjà M. Uribe. En 2024, l’entreprise a vu ses ventes en volume croître de 4,7 % pour un chiffre d’affaires de 412 millions d’euros (+ 3,2 %), et malgré les contraintes sur le pouvoir d’achat. De bons résultats qui s'expliquent, selon M. Uribe, par le succès de ses biscuits Gerblé, qui contiennent 48 % moins de sucre que la moyenne du marché.
Riz : face à la hausse des prix, le Japon ouvre ses réserves stratégiques
Le ministre de l’Agriculture japonais, Taku Eto, a annoncé, le 14 février, que le gouvernement nippon allait débloquer ses réserves stratégiques de riz, en raison de l’envolée des prix. Dans le détail, le Japon va mettre sur le marché 210.000 tonnes de riz (sur des réserves d’environ un million de tonnes) représentant environ 3% de la consommation nationale annuel. Alors que ces réserves existent depuis 1995, c’est la première fois que le pays du soleil levant les débloque en raison de tensions sur les prix et de perturbations dans la distribution. Depuis l'été 2024, le prix du riz n’a cessé de croitre depuis en raison d’une demande plus forte et d'importantes perturbations des circuits commerciaux. « Le prix de détail moyen d'un sac de cinq kilos était fin janvier de 3.688 yens (23 euros) selon une enquête gouvernementale, contre 2.023 yens un an auparavant (12,6 euros) soit une hausse de 82% », précise l’Afp. Il s’agit d’un fardeau supplémentaire pour les consommateurs qui sont, par ailleurs, déjà confrontés à une inflation persistante (+3% en décembre hors produits frais).
Carbone: LCA Nouvelle Aquitaine aide neuf entreprises à construire leurs stratégies
Dans le cadre de sa démarche de décarbonation, la Coopération Agricole Nouvelle-Aquitaine annonce avoir, fin janvier, lancé le programme Merci, pour «MEsurer, Réduire, Compenser, Informer», en partenariat avec l’Area. L’objectif : accompagner neuf coopératives agricoles et PME régionales (Agrotec, Coop de Mansle, La Tricherie, Les Vignerons Landais, Mendikoa, Sogen, Soham, Terre de Vignerons et Uni-Médoc) pour identifier et financer la mise en place de stratégies bas-carbone. Toutes vont bénéficier d’un accompagnement individuel et collectif de la part du cabinet Greenflex, autour de trois objectifs principaux : établir un plan simplifié de leurs émissions de gaz à effet de serre, monter en compétence sur le sujet via des ateliers collectifs et construire un plan d’actions de décarbonation personnalisé pour réduire leurs propres émissions. À l’issue de ce travail d’un an, un guide de bonnes pratiques, rassemblant des témoignages, sera édité et un colloque sera organisé, pour partager les bonnes pratiques. La moitié du financement du projet est pris en charge par la région Nouvelle-Aquitaine (Anne Gilet)
«Résilience alimentaires»: le CNRA propose un guide de bonnes pratiques
Le CNRA (Conseil national de la résilience alimentaire) a fait appel à l’Afnor pour élaborer un guide de bonnes pratiques intitulé «Résilience alimentaire des territoires», qu’il présentera au SIA le 24 février et mettra en ligne le même jour. Son président, l’agriculteur Bernard Ader, a expliqué en visio-conférence de presse le 13 février que la méthodologie de l’agence avait permis de formaliser un «très long travail collaboratif» d’un an et demi sous la forme de «155 bonnes pratiques concrètes» validées par des conseils d’experts. Ce guide s’adresse aux collectivités, agriculteurs, entreprises et citoyens. Sandrine Espeillac, responsable du pôle Agro de l’Afnor, a insisté sur la fait que ce guide n’imposait aucune norme mais qu’il proposait «des solutions à des problématiques», lesquelles sont de trois types : solutions de résistance, d’adaptation ou de transformation. Elles répondent aux défis climatiques, sanitaires et économiques en cinq chapitres (ressources, systèmes agricoles, bassin de vie, économie circulaire et ingénierie). L’Afnor et le CNRA recommandent un usage sur internet de ce guide afin d’accéder à de nombreux exemples et contacts par lien hypertexte.
Gaspillage alimentaire: la start-up Stokelp se diversifie dans le courtage en ligne
La plateforme numérique Stokelp, initialement spécialisée dans la revalorisation des surstocks de denrées, a investi dans l’intelligence artificielle pour permettre aux industriels de commander directement auprès de fournisseurs européens. Interrogé sur cette diversification, son cofondateur Tanguy de Cottignies confie qu’elle a presque atteint 60% du volume d’affaires sur la plateforme en décembre 2024. Pour autant, Stokelp continue de promouvoir auprès des industriels la pratique consistant à récupérer des matières premières pour répondre à leurs besoins tout en les sauvant du gaspillage. La start-up vante la fidélité à ce principe du confiturier Lucien Georgelin dans un communiqué faisant état de l’achat de 45 tonnes de fruit surgelé en 2024 et 44 t rien qu’en janvier 2025. Stokelp met en avant «cette collaboration [ayant] permis d’éviter l’émission de 96 t de CO2». Contacté, l’acheteur de Lucien Georgelin, Cédric Banelli, se félicite de pouvoir ainsi «répondre de manière écoresponsable à des besoins ponctuels de son entreprise, sans jamais faire de concession sur la qualité». Tanguy de Cottignies précise que les principaux produits échangés sur la plateforme sont des surgelés de fruits et légumes ainsi que de produits de la mer, deux filières caractérisées par un grand nombre d’acteurs.
Addendum à l'agenda de la semaine
Lundi 17 février
Colloque au Sénat sur l'agriculture biologique
Mardi 18 février
Conférence de presse du Cniel (interprofession laitière)
Conférence de presse du collectif Nourrir, sur la LOA