Agra Business | Comptes de l'agriculture, Cavac, Maïsadour, Euralis, vaccin influenza

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Comptes de l'agriculture: nouvelle baisse du «PIB agricole» attendue en 2024

À l’occasion de la réunion de la Commission des comptes de l’agriculture de la Nation (CCAN) le 12 décembre, l’Insee a publié ses chiffres prévisionnels provisoires pour l’année 2024, marquée par la baisse des charges, le reflux des prix agricoles, de mauvaises récoltes en céréales et viticulture, ainsi que des problèmes sanitaires en élevage bovin. L’Insee s'attend ainsi à une nouvelle baisse de 5,4% en euros courants de l’équivalent agricole du PIB (valeur ajoutée brute au coût des facteurs), après une baisse de 4,5% en 2023, et une hausse de 12,3% en 2022. Rapportée à l’actif, la baisse est identique. Le repli s'explique par un double mouvement de retombée des prix (-4,4%) et des volumes (-3,4%). Ce sont surtout les productions végétales qui fléchissent (-13%), par une diminution conjointe des prix (-6,8%) et des volumes (-6,8%). Les productions de vin (-20,5% en valeur) et de céréales (-20,4%) sont particulièrement touchées. En productions animales, le redressement des volumes est plus qu'effacé par la baisse des prix (-2,3%); le contraste est encore plus fort en volailles, avec un vrai rebond des volumes (post-influenza) de 7,5%, mais effacé par le reflux des prix (-8,5%). Côté charges, c'est la détente, avec une baisse des consommation intermédiaires de 8%, grâce à la baisse des prix (-10,2%), après une forte hausse l'an passé (+20,4%). C'est particulièrement vrai pour le prix des engrais et amendements (-35,1%), qui permet aux volumes de remonter (+7,4%).

Influenza aviaire: l'État va renouveler le financement à 70% de la vaccination

Le ministère de l’Agriculture va renouveler, jusqu’au 30 septembre 2025, le financement à 70% de la vaccination des canards contre l’influenza aviaire, a appris Agra Presse le 12 décembre. Un arrêté prolongeant la date de validité du financement actuel a été signé et devrait paraître au Journal officiel dans les jours à venir. Le montant de la prise en charge par les pouvoirs publics était un motif d’inquiétude pour la filière foie gras: la prise en charge par l'État, de 85% pour la première campagne de vaccination (du 1er octobre 2023 au 30 septembre 2024), avait été abaissée à 70% en août. À la suite de la censure du gouvernement, la filière craignait qu’aucune ligne ne soit dédiée à l’influenza aviaire dans la loi spéciale présentée mercredi 11 décembre. Le maintien de l’engagement de l'État est un signal rassurant, alors que les négociations commerciales avec la grande distribution sont en cours. Le vaccin coûte 1,5 € par canard, dont 32 centimes sont versés par la filière. Selon la plateforme Épidémiosurveillance en santé animale (ESA), au 11 décembre, 12 foyers de volailles, 3 foyers d’oiseaux captifs et 16 cas sauvages ont été déclarés en France depuis le début de la saison. (Elena Blum)

Canards à rôtir: forte concurrence du canard Pékin d'Europe de l'est

Lors de son assemblée générale le 13 décembre, la coopérative Cavac va présenter un bilan positif dans les filières animales, la faiblesse de l’offre ayant permis de réaliser un bel exercice en tirant les prix. Une exception notable: la filière d’élevage de canards de Barbarie, qui subit une très forte pression des importations. Après avoir souffert de l'influenza aviaire, les élevages ont pu bénéficier de la vaccination des animaux avec succès. Cependant, le marché a évolué pendant l’épizootie: «Le canard Pékin élevé dans les pays d’Europe de l’est a pris des places sur les marchés européens, comme l’Allemagne», rapporte Jacques Bourgeais le directeur de la coopérative. Dans le même temps, le canard de Barbarie fait également face à la concurrence de la viande de canard à foie gras meilleur marché. Selon le dirigeant, ces canards sont valorisés pour le foie gras, la viande peut donc être commercialisée à des prix plus bas. En septembre, le comité interprofessionnel du canard à rôtir, le Cicar, avait demandé le rachat public de stocks de filets surgelés pour sauver la filière. En 2024, la Cavac a fusionné avec la coopérative Val-de-Sèvre, spécialisée dans l’élevage de canards pour la production de foie gras. (Tanguy Dhelin) 

Coopératives: Maïsadour progresse en rentabilité, malgré l’influenza aviaire

Le groupe coopératif Maïsadour a amélioré son EBE de 14% au cours de l’exercice 2023-2024; grâce notamment aux bonnes performances en semences, en nutrition animale et accouvage, a-t-il indiqué en conférence de presse ce 12 décembre. L’exercice a été «satisfaisant», a jugé le directeur général Christophe Bonno, au vu de la baisse des cours des céréales et du manque de volumes en volailles de chair et en canards à foie gras en raison de l’influenza aviaire. Le groupe qui réalise 1,385 Md€ de chiffre d’affaires (hors flux internes), a consacré 29 M€ aux investissements, notamment dans les systèmes d’information, la pisciculture et les innovations avicoles. Un effort qu’il prévoit de poursuivre à hauteur de 30 M€ en 2025. L’accouvage fait partie des investissements clés de Maïsadour, qui inaugurera cet hiver son robot de sexage in-ovo des canetons à foie gras au couvoir d’Aignan (Gers). Cet outil permettant de sélectionner dans l’œuf les canetons mâles représente un investissement de 4 M€, selon le rapport d’activité. (Groupe Maïsadour: 1,385 Md€ de CA (hors flux internes) dont 54% provenant du pôle agricole, 5000 adhérents, 4300 salariés).

Coopératives: activité en hausse à la Cavac avec l'intégration de Cosset, résultat stable

Lors d’un point presse le 9 décembre préalable à son assemblée générale, le groupe vendéen Cavac a présenté un chiffre d'affaires de 1,4 Md€ pour l’exercice 2023/2024, en hausse de 180 M€ sur un an, notamment grâce à l’intégration du négoce Cosset. Le résultat se chiffre à 8,7 M€, soit l'équivalent de celui de l’année précédente en y ajoutant les 4 M€ d’aides directes destinées aux adhérents. Ces aides ont été distribuées en deux phases: une première tranche de 2 M€ a été versée aux adhérents des zones les plus touchées – notamment le bocage – au printemps; puis, à l’automne, une seconde enveloppe de 2 M€ a ciblé les adhérents pouvant justifier d’une récolte 2024 inférieure à 2023. La coopérative, qui avait passé la barre symbolique de 1 Mt collectées en 2023, n’atteint cette année que 840 000 t, avec un décrochage important sur les récoltes d’été. Tous les engagements en blé CRC n’ont pas pu être honorés, selon la direction. Côté récolte d’automne, «il reste encore 40 000 t de maïs à ramasser avec des taux d’humidité jamais vus», énumère Jacques Bourgeais, directeur général de la coopérative. Un tiers des surfaces de tournesol et 200 ha de légumineuse sont restés au champ. (Tanguy Dhelin)

Légumes secs: bilan 2024 contrasté pour Euralis, mais la dynamique est lancée

La filière légumes secs d’Euralis, créée il y a deux ans avec Bonduelle (OP Protéines végétales, la seule à ce jour opérant en France) dresse un bilan contrasté, mais relativement satisfaisant au global de la récolte 2024, dans un communiqué du 12 décembre. La récolte de toutes les variétés (pois chiches, lentilles, haricots secs) est terminée et le volume avoisine, au global, 1800 tonnes. Concernant le pois chiche, la campagne a été très satisfaisante, avec des rendements excellents. «On commence à rentrer en maîtrise technique et agronomique de production», précise Cédric Brana, responsable de l’OP Fruits et légumes du pôle agricole d’Euralis. En revanche, pour les haricots secs et les lentilles, le bilan est un peu plus mitigé. En cause: de mauvaises conditions météorologiques : «Nous avons été dans l’obligation d’abandonner des hectares. Les pluies à répétition – on n’a pas eu plus de trois jours d’affilée sans averses au moment de la récolte - ont eu des effets négatifs sur la qualité des productions avec, pour les haricots secs en particulier, un pourrissement du grain dans les gousses», poursuit-il. La dynamique est néanmoins lancée: les plans de production ont augmenté de 41% par rapport à l’an dernier (1274 ha en 2024, contre 900 en 2023) et le nombre de producteurs est passé de 118 à 142 (43 en pois chiches, 41 en lentilles et 58 en haricots secs) répartis sur l’ensemble du territoire coopératif (Nord Aquitaine, Sud Aquitaine et Occitanie).

E-commerce agricole: Arterris se branche sur la plateforme Aladin (InVivo)

Lancée en 2019, la plateforme de commerce en ligne agricole Aladin, développée par l'union de coopératives InVivo, pourra être utilisée d'ici l'été 2025 par les adhérents de la coopérative du sud de la France Arterris, qui rejoint seize coopératives utilisatrices. Un partenariat a été signé entre les deux parties, annoncent-elles dans un communiqué paru le 12 décembre. Arterris annonce vouloir faire d'Aladin son canal de vente d'approvisionnement «exclusif, avec 100% des commandes passées en ligné souhaité d'ici 2028». Ainsi, le service Aladin couvrira «tout le territoire du Sud-Ouest, des Landes à la Provence», estime InVivo. Plusieurs coopératives ont déjà rejoint le service dans la région: Vivadour, Maïsadour (avec ses deux négoces Agralia et Inovitis), Val de Gascogne et Coopazur. En France, ce sont 16 groupes coopératifs qui proposent à leur agriculteurs de passer par la plateforme, où elles auraient réalisé 290 M€ de chiffre d'affaires sur 2023-2024. Le concurrent indépendant Agriconomie revendiquait avoir franchi la barre de 100 M€ de chiffre d'affaires en 2023.

Engrais: Timac Agro inaugure sa troisième chaudière biomasse, à Saint-Malo

Dans un communiqué paru le 12 décembre, le fabricant français d'engrais Timac Agro (groupe Roullier) indique qu'il a inauguré sa troisième chaudière biomasse, pour couvrir 80% des besoins thermiques de son site de Saint-Malo, en remplacement d'anciennes installations au gaz. L'installation a couté 3,4 M€ et a bénéficié d'un financement de l'Ademe pour près de 700 000 €. En juin, le groupe Roullier s'est fixé pour objectif de diminuer ses émissions de 15% d'ici 2030 et de 30% d'ici 2040. Ces derniers mois, le groupe a été épinglé pour des pollutions en France et à l'étranger. Dans une enquête parue en juillet, le média Vakita révélait la présence d’une forte concentration de métaux lourds dans des prélèvements d’eau et de sédiments effectués aux abords d’une usine d’engrais de Timac Agro, située à Tonnay-Charente (Charente-Maritime). En février, Timac Agro avait été condamné par le tribunal judiciaire de Brest pour pollution à l’ammoniac à Saint-Malo. En octobre 2023, le média Vakita avait révélé les «ravages» causés par la production d’un phosphate d'ammonium à Gabès (Tunisie) où l’entreprise Phosphea (groupe Roullier) a «des intérêts économiques» dans un complexe industriel.

Négoce: la FNA édite un guide RSE pour épauler ses adhérents

La Fédération du négoce agricole (FNA) vient de publier un guide pratique sur la RSE, destiné à ses adhérents, quels que soient leur taille et leur stade d’avancement dans ce dossier. «Cet outil s’inscrit dans une démarche collective pour relever les enjeux de durabilité, d’équité et d’adaptation aux attentes sociales», précise un communiqué du 12 décembre. Cet accompagnement, décliné notamment au travers de 11 fiches techniques pratiques, se veut «clair et rassurant» pour «encourager et structurer» les actions des négoces. (Anne Gilet)

Pêches/abricots: la filière souhaite conclure un contrat de progrès avec la distribution

L’AOP Pêches et abricots de France a annoncé vouloir créer un contrat de progrès entre producteurs et distributeurs, à l’occasion de la douzième édition des Rendez-vous de l’arbo le 10 décembre. L’objectif étant de valoriser les pêches et abricots français labellisés «Vergers écoresponsables» auprès des consommateurs, souligne Raphaël Martinez, directeur de l’AOP auprès d'Agra Presse le 12 décembre. «Aujourd’hui, le label bénéficie d’un taux de notoriété assistée de 50% auprès des consommateurs», précise M. Martinez, pour qui il s’agit de «continuer à travailler sur la question malgré une part du travail déjà effectuée». Concrètement, le projet «en construction» enjoint les distributeurs à partager les thématiques sur lesquelles ils souhaitent travailler avec les producteurs de pêches et d’abricots. Évoquant la récente annonce du groupement Les Mousquetaires de stopper l’approvisionnement national de ses magasins en fraises et cerises pour les fêtes de fin d’année, Raphaël Martinez se réjouit que la période soit propice à la discussion. Parmi les possibles sujets sur lesquels travailler «main dans la main» avec la distribution figurent notamment la formation des agréeurs ou encore celle de la maturité des fruits. Un autre point de discussion pourrait concerner l’élargissement des références en magasin, notamment pour l’abricot, généralement proposé avec seulement deux variétés.

Kiwis: les producteurs néo-zélandais favorables à l’expansion de la production de SunGold

Les producteurs de kiwis néo-zélandais du groupe Zespri ont voté l’attribution de 420 ha supplémentaires de kiwis SunGold par an, pour une durée de six ans, en Corée du Sud, en France, en Grèce, en Italie et au Japon, rapporte un communiqué de presse le 10 décembre. Ce résultat intervient à la suite d’une «longue période de discussions» entre Zespri et la filière néo-zélandaise, précise le communiqué. «Le résultat de ce vote est crucial dans la mesure où nous continuons à travailler à un approvisionnement de douze mois pour des clients clés sur des marchés clés, en répondant à une demande accrue et en soutenant les revenus des producteurs de Zespri à l'avenir», souligne Jason Te Brake, p.-d.g. de Zespri. En vertu de la réglementation sur l’exportation des kiwis, le vote d’un producteur doit être soutenu par au moins 75% des voix et des volumes de fruits pour aboutir. La résolution a été soutenue par 90,6% des votes et 93,29 % des volumes. «En plus de ce soutien, nous avons eu un taux de participation des producteurs de 72%, ce qui montre à quel point les producteurs se sont engagés dans ce processus», se réjouit M. Te Blake. Le résultat du vote intervient à la suite d’une saison solide pour Zespri, marquée par un volume de récolte record de 190 millions de plateaux livrés.

Fruits rouges: en Espagne, des surfaces en hausse pour la campagne 2025

La superficie cultivée de fruits rouges pour la campagne 2025 à Huelva, principale région productrice en Espagne, devrait augmenter de 4% par rapport à l'année précédente, selon les estimations de l'Association des producteurs et exportateurs de fraises de Huelva (Freshuelva), rapporte la Fepex sur son site internet. Elle devrait dépasser les 12 000 ha. Cette augmentation serait portée par la croissance des hectares de fraises (+2%), de myrtilles (+4%) et de mûres (+18%), tandis que les framboises retrouvent les niveaux de 2022. Pour la plupart des fruits considérés, la diversification variétale permet aux producteurs d’optimiser leur culture: démarrage des récoltes de myrtilles en décembre, introduction de nouvelles variétés de mûres largement acceptées sur les marchés européens, rentabilité maximalisée en framboises grâce à une double récolte (automne et printemps). La filière doit cependant faire face à plusieurs problèmes, tels que le manque de solutions pour la désinfection des sols dans les pépinières, qui «a entraîné une mortalité élevée des plantes après la plantation initiale», comme le souligne Freshuelva. «Cela a obligé à replanter entre 15 et 20% de la récolte, dans certains cas, prolongeant ce processus jusqu'à fin novembre», précise l'association.

Agenda de la semaine agricole du 16 décembre 2024

Vendredi 13 décembre
Adoption du programme de travail 2025 pour la promotion agricole de l'UE

Lundi 16 décembre
Discussion du projet de loi de finances spéciale à l'Assemblée nationale
Réunion du groupe à haut niveau de l'UE sur le vin (adoption des conclusions)
Visioconférence sur la précarité alimentaire de la chaire «Alimentation du monde» de l’Unesco
Conférence de l’Agence française de développement autour des organisations de producteurs
«Carrefour de l'agrivoltaïsme» du syndicat Enerplan
Conférence de presse de Dijon Céréales et TotalEnergies sur l'agrivoltaïsme

Mardi 17 décembre
Publication de deux rapports sur la biodiversité par l’IPBES, jusqu’au 18
Conférence de presse de Maison Chavin (vin): présentation d'une étude sur le Dry January
Point presse de Générations futures sur les résidus de pesticides

Mercredi 18 décembre
Congrès des coopératives agricoles, jusqu'au 19
Discussion du projet de loi de finances spéciale au Sénat
Communication des députés Chassaigne et Le Peih sur les PSN (Pac)
Colloque sur les protéines des GIS Grandes cultures et Avenir élevages
Visioconférence sur les filières fruits et légumes transformés (FranceAgriMer)
Visioconférence du CTIFL sur les cultures légumières et le changement climatique
Les députés auditionnent la DGS (ministère de la Santé) sur la prévention de l’obésité à l'école

Jeudi 19 décembre
Délibéré au tribunal de Brest sur un cas de cancer du rein chez un maraîcher

Vendredi 20 décembre
Journée de défense des abattoirs publics pyrénéens, par la Confédération paysanne