Dans une série d’enquêtes parue le 20 octobre, le média Vakita révèle les «ravages» causés par la production d’un phosphate d'ammonium, le DAP 18-46, à Gabès (Tunisie). Depuis cinquante ans, le Groupe chimique tunisien (GCT) y produit de l’acide phosphorique nécessaire à la fabrication d’engrais. Or la fabrication d’une tonne de cet acide engendre cinq tonnes de phosphogypse. À Gabès, ce gypse non naturel, «saturé en métaux lourds» et «naturellement radioactif» est directement «jeté dans la mer Méditerranée», selon Radio France qui a collaboré avec Vakita, selon qui l’entreprise Phosphea (groupe Roullier) a aussi «des intérêts économiques» au sein du complexe industriel de Gabès. Elle achète de l’acide phosphorique au GCT et l’utilise pour fabriquer sur place des compléments alimentaires pour animaux. Interrogée par Vakita et Radio France, Phosphea se défend de polluer en Tunisie: «Si la question du phosphogypse est un véritable problème environnemental à Gabès, (…) nous ne produisons, ni n’utilisons, ni ne stockons de phosphogypse». Également sollicité, le ministre de l’Agriculture Marc Fesneau a affirmé qu’il allait «regarder cela avec [ses] partenaires tunisiens afin d’apporter une réponse dans les prochaines semaines». Plusieurs semaines se sont depuis écoulées, sans que le ministre n’apporte d’informations, précise Radio France.
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