Lait : Bruxelles valide le rachat du belge DFG par le néerlandais A-ware
En vertu du règlement européen sur les concentrations, la Commission européenne a annoncé, le 15 avril, avoir autorisé le rachat du fabricant belge de produits laitiers Dairy Food Group (DFG) par le néerlandais A-Ware Dairy & Cream B.V. (A-ware). L'opération notifiée a été examinée dans le cadre de la procédure normale d'examen des concentrations. Cette acquisition comprend la collecte quotidienne de lait par la BMC (Belgian Milk Company) et les sociétés Eurodesserts, Limelco, Incopack et Incorock. L’exécutif européen précise que « l'opération notifiée ne pose pas de problèmes de concurrence, étant donné son incidence limitée sur la concurrence sur les marchés où les entreprises sont présentes ». Ce projet de rachat avait été annoncé par A-ware en juillet 2024. L’entreprise néerlandaise avait alors indiqué que cette opération s’inscrivait dans sa stratégie visant à développer ses activités laitières en Belgique, mais aussi à y renforcer ses positions. DFG a réalisé en 2023 un chiffre d'affaires de 300 M€ et emploie plus de 300 personnes, alors qu’A-ware, de son côté a réalisé sur la même période un chiffre d'affaires de 3,3 Md€ avec plus de 4 000 employés.
Céréales : l'américain Bunge cède ses minoteries de maïs en Amérique du Nord
Le géant américain du négoce agricole Bunge cède ses usines de farine de maïs en Amérique du Nord à Grain Craft, l’un des plus grands minotiers indépendants aux États-Unis, a-t-il annoncé le 15 avril. L’opération porte sur six unités de production américaines à Danville (Illinois), Worthington (Indiana), Crete (Nebraska), Red Oak (Iowa), Muleshoe (Texas), Atchison (Kansas), ainsi qu'une autre au Mexique à Querétaro, selon un communiqué. Cette cession est motivée par le souhait de se « concentrer sur d'autres secteurs de notre activité principale, plus étroitement liés à nos chaînes de valeur mondiales », explique le coprésident de l'agribusiness Julio Garros, cité dans le document. La finalisation de la vente reste soumise à l’approbation des autorités de la concurrence, précise le groupe. En 2024, Bunge avait annoncé la cession d'une partie de ses activités espagnoles de trituration de graines oléagineuses au pétrolier espagnol Repsol, par l'instauration d'un contrôle conjoint de la filiale Bunge Iberica (Bisa).
Grandes cultures : baisse des surfaces en betterave, le pois au plus bas depuis dix ans
Le service de statistique du ministère de l’Agriculture a publié le 15 avril ses premières estimations de surfaces pour la récolte 2025 de betterave sucrière, en baisse à hauteur du « niveau bas de 2023 », et de pois protéagineux qui marque un « point bas décennal ». « Les surfaces cultivées de betteraves industrielles en 2025 sont estimées (à 391 000 ha), en repli de 4,9 % par rapport à 2024, retrouvant ainsi le niveau bas de 2023 », selon une note. « Elles seraient inférieures de près de 3 % à la moyenne 2020-2024. » Ce recul reste « à confirmer », car des surfaces restent à emblaver, précise le ministère. En pois protéagineux, « la baisse des surfaces continue en 2025 (-4,6 %), après le fort recul de 2024 (-19 %) », pour tomber à 159 000 ha. « Avec les fèves et le lupin doux, les surfaces de protéagineux seraient stables sur un an, mais en recul de 13 % sur la moyenne 2020-2024 ; la hausse des surfaces ensemencées en Nouvelle-Aquitaine (+8 % sur un an) compenserait le recul prévu dans les Hauts-de-France (-8 % sur un an) ». Côté pommes de terre de conservation et demi-saison, le ministère table sur 169 000 ha, soit une sole qui « serait en très légère baisse » (-1,4 %) par rapport à 2024, et « resterait nettement supérieure à la moyenne 2020-2024 ».
Taxes américaines : Bruxelles confirme l’exclusion des normes sanitaires des discussions
« Pour parvenir à un accord, un effort conjoint important sera nécessaire de la part des deux parties », a déclaré le 15 avril le commissaire européen au Commerce Maros Sefcovic à l’issue de sa rencontre avec ses homologues américains, évoquant la possibilité de mener des « travaux sur les barrières non tarifaires ». Mais une chose est sûre du côté du Vieux continent : ses normes sanitaires et agroalimentaires de qualité sont une « ligne rouge », comme l’a rappelé, le 15 avril en conférence de presse, Olof Gill, porte-parole de la Commission européenne en charge du commerce international. Et d’ajouter : « Cela ne fait pas partie de la négociation ». Après la suspension pour 90 jours des contre-mesures en réponse aux surtaxes annoncées par les États-Unis (adoptée le 14 avril), l’objectif de la visite du Slovaque à Washington (États-Unis) était de mener un exercice de cadrage avec le secrétaire au Commerce, Howard Lutnick, et le représentant au Commerce, Jamieson Greer, en vue d'entamer des négociations plus formelles. À présent, les discussions vont se poursuivre au niveau technique. « Nous ne sommes qu’au deuxième jour de notre fenêtre de 90 jours, donc un peu de patience », a indiqué Olof Gill.
Numérique : Bruxelles ouvre un appel à projets de 15 M€ pour le secteur agricole
La Commission européenne a ouvert, le 15 avril et jusqu’au 12 septembre, quatre nouveaux appels à propositions dans le domaine des technologies numériques et de l’intelligence artificielle, d'un montant de 140 millions d'euros (M€), dont 15 M€ spécifiquement consacrés au secteur agroalimentaire. Bruxelles souhaite avec cet appel soutenir un « projet multi-pays » qui serait chargé de « développer et mettre en place une infrastructure numérique permettant l’échange, l’accès et l’analyse des données agroalimentaires à l’échelle européenne » en garantissant leur interopérabilité. Une initiative qui complètera le développement en cours de l'Espace européen commun de données agricoles (CEADS). Grâce aux technologies de pointe, notamment l’intelligence artificielle, la Commission européenne espère que la proposition retenue améliorera le partage et la réutilisation des données afin d'appuyer la prise de décision, de réduire les charges administratives et de favoriser l'émergence de solutions innovantes au sein du secteur.
Foodtech : les investissements dans les start-up européennes se stabilisent en 2024
Dans son huitième rapport annuel sur la situation de la foodtech en Europe en 2024, publié le 15 mars, DigitalFoodLab relève une quasi-stabilisation du montant total des levées de fonds dans le secteur des nouvelles technologies appliquées à l'agroalimentaire. Après deux années de forte baisse, les start-up européennes ont levé un total de 4,1 Md€ en 2024, en recul de seulement 2 % par rapport à 2023, peut-on lire dans Agra Innovation. En 2024, la foodtech européenne a reçu 28 % des fonds alloués au secteur dans le monde, « renforçant la position de pôle leader » de l’Europe, selon les auteurs du rapport. À contre-courant des tendances mondiales de recul, DigialFoodLab a aussi observé une augmentation de « 20% des investissements dans les nouvelles protéines (végétales ou in vitro) » en Europe. Contrairement à d’autres pays comme l’Allemagne et les Pays-Bas, les start-up françaises ont connu une année 2024 en net recul, avec une baisse de 60 % en volume et 37 % en valeur, pour atteindre 450 M€. Les défaillances des spécialistes de l’élevage d’insectes Ynsect et Agronutris ont accentué la frilosité des investisseurs. (Irina Lafitte, Agra Innovation)