Egalim 4 : pas de loi avant l’été, selon Annie Genevard (presse)
La ministre de l’Agriculture Annie Genevard a écarté l’idée de pouvoir faire voter une loi Egalim 4 avant l’été, selon une déclaration faite à nos confrères des Echos (article payant). « Il faut s'assurer que nous ayons de quoi aboutir » avant de proposer une nouvelle loi au Parlement, explique-t-elle au quotidien économique, sachant qu’un « encombrement législatif magistral » crée une impossibilité d’avancer rapidement sur un calendrier. « Je pense que, sur ces questions, il faut continuer de se réunir. Il faut mener davantage de discussions avec les parlementaires et les principaux intéressés à la fois de la production, de la consommation et de la distribution », explique Annie Genevard. Elle a toutefois identifié plusieurs sujets, comme les négociations commerciales – qu’elle veut « simplifier et raccourcir » – et le contournement de la législation française grâce aux centrales d’achat européennes. La locataire de la Rue de Varenne souhaite aussi « favoriser le regroupement et éviter le contournement des organisations de producteurs ». L'examen de la PPL (proposition de loi) sur le SRP+10 (seuil de revente à perte +10 points) portée par Stéphane Travert a montré que le parcours législatif d’un texte soutenu par le gouvernement pouvait subir de nombreux changements au gré des amendements apportés par les députés et les sénateurs. Une expérience qui n’incite sans doute pas la ministre à se lancer dans un texte de grande ampleur, auquel le soutien des professionnels n’est en outre pas acquis.
Protéines alternatives : Olga lance ses premiers fromages végétaux en GMS
Le groupe familial Olga (ex-Triballat-Noyal) a annoncé le 14 avril le lancement en grande distribution de sa première gamme d’alternatives végétales conventionnelles au fromage. Sous la nouvelle marque Les Veilleurs, il s’agit de trois produits : le Moelleux, le Fruité et la Fraîche, des alternatives aux fromages à pâte molle, à pâte dure et aux fromages frais. Ils sont élaborés à partir d’ingrédients fermentés tels que la noix de cajou du Vietnam ou le soja issu de l’agriculture française, et fabriqués puis affinés par Olga sur son site de Noyal-sur-Vilaine (Ille-et-Vilaine) dans un atelier spécifique. Olga possède déjà la marque Tomm'Pousse composée de fromages végétaux biologiques distribués dans les magasins bio. En proposant des alternatives aux fromages de plateau (affinés), ces produits veulent être complémentaires de l’offre actuelle de fromages végétaux en GMS, où l’on trouve surtout des produits de type tranché, râpé et tartinable. Le marché des alternatives végétales au fromage en GMS est encore modeste (10 M€ de chiffre d’affaires par an), mais en croissance soutenue avec +11 % en volume par an à fin mars 2025. Chez Olga, une dizaine de personnes travaillent dans l’atelier pour fabriquer ces produits. L'entreprise se donne un peu de temps pour tester le marché en s’appuyant sur Carrefour, où la gamme est en exclusivité jusqu’en septembre, avant de s’adresser à d’autres enseignes et étoffer sa gamme.
Coopératives : pour Terrena, 5,6 Md€ de CA en 2024, mais une rentabilité en baisse
Le 14 avril, Éric Forin, directeur général du groupe Terrena (18 000 adhérents, 13 000 salariés dont 400 technico-commerciaux) a, en conférence de presse, fait le point sur l’exercice passé. « Avec un chiffre d’affaires de 5,6 milliards d’euros en 2024, contre 5,5 Md€ en 2023, notre résultat est en légère progression, malgré une météo qui a impacté la collecte (1,5 Mt, -30 %) », confiait-il. Dans le détail, selon un communiqué de presse, le pôle Agricultures et filières enregistre un chiffre d’affaires de 2,199 Md€, l’activité « carné » 1,251 Md€, la volaille 985 M€, les alliances 825 M€ et les autres filières 320 M€. 89 % du chiffre d’affaires est réalisé en France et 30 %, grâce aux « belles marques du groupe », comme Père Dodu, La Nouvelle Agriculture, Douce France ou Nature de France. Le 3 juin, lors de l’assemblée générale, le conseil d’administration proposera de reverser 7,9 M€ aux adhérents. En 2024, l’Ebitda du groupe atteint 160 M€, contre 166 M€ en 2023, et le résultat net, 29,6 M€ comparés aux 31,4 M€ de 2023. Des chiffres qui permettent au groupe de continuer à investir : 170 M€ pour 2025 (113 M€ en 2024), notamment dans la rénovation des silos (180 M€ sur huit ans) ou la modernisation des bâtiments d’élevage de poules pondeuses. Pour l’avenir du bio, Terrena se veut « confiant » et a, pour l’heure, débloqué 5 M€ sur trois ans pour soutenir ses adhérents. (Anne Gilet)
Coopératives : Terrena veut continuer à saisir les opportunités
Après avoir fait, en 2024, plusieurs acquisitions dont celles de Tipiak et de 100 % du capital d’Ovalis (œufs), Olivier Chaillou, président de Terrena, a fait part le 14 avril de la volonté du groupe de continuer à saisir les opportunités même si, pour l’heure, aucun nouveau dossier de rachat n’est dans les tuyaux. Trois axes stratégiques ont été définis : soutenir la transmission, l‘installation et le développement des exploitations agricoles ; faire du changement climatique une source de résilience et de développement ; et gagner en compétitivité pour construire des filières agricoles durables. Sur ce dernier point, le président a précisé que la marque « La Nouvelle agriculture », lancée il y a dix ans a, en 2024, généré un chiffre d’affaires de 99 M€, en hausse de 37 %. Sur le volet installation, en 2024, 200 exploitations ont été accompagnées – dont 140 projets portés par des jeunes – dans toutes les filières. Pour s’adapter au changement climatique, 170 techniciens vont être formés en 2025 à l’agriculture de régénération, « un sujet qui passionne nos adhérents », précise-t-il. L’enjeu est d’atteindre 100 diagnostics d’exploitation en 2025, en partenariat avec PADV (Pour une agriculture du vivant) et 1 000 d’ici à 2028. (Anne Gilet)
Nutri-Score : une PPL pour exempter les produits du terroir d’une éventuelle obligation
Une proposition de loi visant à protéger les produits sous signes officiels de qualité, les produits fermiers et les produits traditionnels d’une éventuelle obligation d'apposition du Nutri-Score a été déposée le 2 avril au Sénat par Jean-Claude Anglars (Aveyron, LR) et Jean-François Longeot (Doubs, Union centriste). Comme l'indique l’exposé des motifs, « alors que l'Union européenne n'a pas entériné le retrait définitif d'une obligation du Nutri-Score ou d'un étiquetage nutritionnel uniformisé, il est de la responsabilité de la France de garantir un cadre législatif conforme aux intérêts de ses producteurs, de ses consommateurs et de son patrimoine gastronomique ». Cet abandon avait été révélé fin février par une enquête de Radio France. Selon la PPL, seraient exemptés : les produits alimentaires sous signe officiel de qualité – AOP, AOC, IGP, STG (spécialités traditionnelles garanties), Label rouge – et ceux dotés d'une mention valorisante « produit fermier », « produits de la ferme » ou « produit à la ferme », ainsi que les produits bruts au sens du règlement européen et les « denrées alimentaires présentant des caractéristiques traditionnelles » reconnues par l'UE. En France, la nouvelle version du Nutri-Score a récemment été validée.
Taxes américaines : Bruxelles négocie avec Washington, mais se prépare en cas d’échec
La Commission européenne a adopté, le 14 avril, l'acte juridique instituant ses contre-mesures en réponse aux surtaxes annoncées par les États-Unis. Mais ces derniers ayant décidé de les suspendre pendant 90 jours, Bruxelles a adopté le même jour un second acte suspendant toutes ces mesures européennes jusqu’au 14 juillet. La Commission européenne espère ainsi négocier dans l’intervalle un accord acceptable, tout en se préparant dans le cas où ces négociations devaient échouer. Le commissaire européen Maros Sefcovic était à Washington le 14 avril pour entamer ces pourparlers avec ses homologues américains. Les États-Unis imposent des droits de douane de 25 % sur les importations d’acier, d’aluminium et de produits dérivés et menacent le reste des importations en provenance de l’UE de taxes à hauteur de 20 %. Au total, les contre-mesures, en suspens, de l’UE couvriraient, elles, 21 Md€ d’exportations américaines. Des produits agricoles, comme la volaille, les œufs, la viande bovine, les tomates, le miel, les agrumes, les céréales, le maïs, le sucre, ou encore le soja et les amandes, seraient progressivement taxés à hauteur de 25 %.
Amandes californiennes : la COAG (Espagne) demande des droits de douane immédiats
Le syndicat agricole espagnol COAG a mis en garde contre « une avalanche d'importations et une chute des prix si l'UE retarde les droits de douane sur les amandes californiennes jusqu'en décembre 2025 », le 9 avril dans un communiqué. « Nous saluons les droits de douane de 25 %, écrivent-ils, mais ils doivent entrer en vigueur maintenant. » Ce jour-là, l’UE a adopté ses ripostes aux surtaxes de 25 % de Donald Trump sur l’acier et l’aluminium européens en les échelonnant dans le temps (lire notre enquête) ; le lendemain, elle a suspendu ses contre-mesures afin de donner une chance aux négociations, alors que Washington venait de décider d’une mini-trêve. « Les amandes peuvent être stockées et importées toute l'année, précise la COAG, et c'est précisément en décembre qu'il y a le moins d'importations. » Javier Fatás, membre du comité exécutif du syndicat, prévient dans le même communiqué que cette annonce pour décembre « encouragera les importateurs à avancer leurs achats d'amandes californiennes, provoquant un sentiment d'offre excédentaire sur le marché intérieur, qui servira de terreau à la spéculation et exercera une pression à la baisse sur les prix perçus par nos producteurs ». Pour la COAG, il est aussi nécessaire « d'envisager d'éventuels droits de douane sur des produits tels que la pistache ou la noix ».
Plastique/agrofournitures : Adivalor élargit sa collecte à de nouveaux intrants
L’organisme de valorisation des déchets d’agrofourniture Adivalor va élargir son activité à de nouveaux intrants agricoles. Depuis « début avril », Adivalor collecte de nouveaux emballages de produits de nutrition animale et de désinfection, indique son directeur général Ronan Vanot. Un gisement annuel estimé à « une centaine de tonnes ». « Historiquement, on avait déjà les gros types d’emballages – bidons, fûts, seaux, big bag, sacs plastique, sacs papier. Là, on intègre aussi les octabin – qui sont des énormes cartons –, les sacs qui intègrent de l’aluminium, des sachets alumisés, des boîtes en polystyrène ». Au-delà, Adivalor espère inclure d’autres emballages à partir du 1er avril 2026 : les gaines semi-rigides, dont le gisement représente « autour de 2 000 t » ; les filets anti-insectes et climatiques, pour un gisement « de l’ordre a priori d’un millier de tonnes » ; les emballages de semences potagères (« moins d’une centaine de tonnes ») ; et les emballages des plastiques agricoles, dont l’étude de gisements n’est pas finie. En 2024, Adivalor a collecté « autour de 114 000 t de plastiques agricoles et 25 000 t d’emballages ».
Agriculture urbaine : en Angleterre, chute du premier producteur de salades et de basilic
L’entreprise anglaise d’agriculture verticale Jones Food Company (JFC), basée à Lydney (Gloucestershire), a été placée sous administration judiciaire, selon les informations exclusives du Fresh Produce Journal. L'entreprise, qui a fermé ses portes le 7 avril, gérait deux établissements produisant une gamme de salades et d’herbes aromatiques. Le premier, situé à Scunthorpe (Lincolnshire), fournissait environ 30 % du basilic coupé du Royaume-Uni. La seconde unité avait ouvert l’an dernier à Lydney et prévoyait une production de 1 000 tonnes par an. JFC vendait sa production sous ses propres marques : Home Grown chez le distributeur Asda et Lēaf sur le site internet Ocado, son principal actionnaire. Ce dernier avait investi 3,65 millions de livres sterling supplémentaires (4,05 M€) dans l'entreprise en avril 2023. Les dirigeants de JFC avaient identifié la nécessité d'un financement additionnel pour soutenir les plans de l'entreprise pour 2023 et 2024, y compris 4,5 millions de livres sterling (5,2 M€) de financement lié aux actifs. JFC s’ajoute à la longue série d'entreprises agricoles verticales à faire faillite outre-Manche comme Eider VF, dans le Worcestershire, ou Future Crops Cooperative.
Défaillances d’entreprises : l’agriculture en hausse de 14,5 % au premier trimestre (Altares)
Le groupe Altares a dévoilé, le 10 avril, les chiffres des défaillances d’entreprises agricoles en France pour le premier trimestre 2025 : elles progressent de 14,5 %, comparé aux trois premiers mois de 2024. Ainsi, 396 structures (activités de culture, d’élevage, de chasse, pêche et forêt) sont en défaillance, sur un total de 17 845 tous secteurs confondus (+4,4 %). Dans le détail, selon l'étude, pour le secteur agricole, 191 sont en redressement judiciaire, 187 en liquidation et 18 en procédure de sauvegarde. Selon Altares, les activités de cultures résistent plutôt bien (+3 %) en dépit de tensions toujours très fortes en viticulture (+75 %). L’élevage est sévèrement touché (+29 %), notamment les exploitations de vaches laitières (+53 %). Pour le secteur de l’industrie agroalimentaire, bonne nouvelle en revanche : si 432 entreprises sont en défaillance au cours du premier trimestre (271 liquidations judiciaires, 154 redressements et 7 procédures de sauvegarde), ce chiffre recule de 7,7 % en un an. Autre fait marquant : une forte disparité régionale. Toutes activités confondues, la Corse et les Pays de la Loire sont les plus touchées, contrairement à la région Grand Est, à la Bourgogne-Franche-Comté, à Paca et au Centre-Val de Loire, qui voient le nombre de défaillances reculer ou au moins, se stabiliser.
Durabilité des entreprises : les institutions européennes conviennent d'un report des directives
Les négociateurs du Parlement européen et du Conseil de l’UE se sont mis d’accord le 14 avril pour reporter de deux ans l’application de la directive concernant la publication d’informations en matière de durabilité des entreprises (CSRD) et d’un an la mise en œuvre de la directive sur le devoir de vigilance des entreprises en matière de durabilité (CSDDD). Les deux institutions avaient déjà validé, chacune de leur côté, cette proposition faite au mois de février par la Commission européenne. Durant ce nouveau délai accordé aux entreprises, les institutions européennes vont se pencher sur une révision ciblée des législations en question. Il s’agira notamment pour la CSRD de réduire son champ d’application. Seules les entreprises de plus de 1 000 salariés et qui ont soit un chiffre d’affaires supérieur à 50 M€ soit un bilan supérieur à 25 M€ y seront soumises (contre 250 salariés et 50 M€ de chiffre d’affaires ou 25 M€ de bilan initialement prévus) ; 80 % des entreprises initialement concernées devraient donc y échapper.
Grippe aviaire : la HAS propose une stratégie vaccinale pour les professionnels exposés
La Haute autorité de santé (HAS) recommande, sur saisine du ministère de la Santé, de vacciner contre la grippe aviaire les personnes au contact de volailles dans un scénario réunissant deux conditions : l’augmentation du nombre de foyers en élevages et celle du nombre de cas humains sévères. Le vaccin qu’elle recommande est le Zoonotic influenza vaccine contre le virus H5N8 de l'influenza aviaire (laboratoire Seqirus). C’est, justifie-t-elle dans un communiqué le 8 avril, le seul vaccin pré-pandémique autorisé dans l’UE et il « entraîne une réponse immunitaire croisée vis à vis des souches H5N1 circulant dans le monde ». La HAS désigne les groupes exposés qu’il s’agirait de vacciner afin d’éviter avant tout le développement de formes sévères : éleveurs de volailles (et de bovins, le cas échéant), techniciens et vétérinaires avicoles et personnel d’abattage d’urgence, personnels de laboratoires exposés au virus. Par ailleurs, la HAS réitère sa recommandation de vacciner contre la grippe saisonnière les professionnels exposés aux virus influenza porcins et aviaires, afin de réduire le risque de co-infection avec des virus influenza humains.