Agra Business | Euralis/Maïsadour, Intact, Biocoop, Pepsi

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Coopératives : Euralis et Maïsadour travaillent à un projet de fusion

Dans un communiqué commun du 27 mars, les coopératives Euralis et Maïsadour annoncent avoir « engagé des discussions sur un projet de rapprochement par voie de fusion ». Les deux géantes polyvalentes du Sud-Ouest affichent l’ambition de créer un acteur coopératif capable de « mieux soutenir et promouvoir les filières agricoles régionales ». Elles avertissent que ce projet est suspendu à l’autorisation par les autorités de concurrence, à son financement et à l’approbation finale par les assemblées générales. Rappelons qu’en 2023 l’autorité de la concurrence avait dissuadé les coopératives de rapprocher leurs activités dans le foie gras. Le nouveau projet est « un pôle coopératif doté d’une taille nouvelle et de ressources combinées », selon le communiqué. Celui-ci développera en amont « une agriculture à forte valeur ajoutée, durable et génératrice de rémunérations attractives pour les filières végétales et animales en y associant le développement des énergies renouvelables » par « l’accompagnement au plus proche » et « le renforcement des services ». Christophe Congues et Daniel Peyraube, respectivement président d’Euralis et de Maïsadour, expriment dans le communiqué leurs espoirs l’agriculture du Sud-Ouest.

Légumineuses/ingrédients : l’industriel Intact lève 70 M€ supplémentaires

Dans un communiqué du 27 mars, la société Intact, producteur d’ingrédients alimentaires à partir de légumineuses et d’alcools dits neutres (issus de la valorisation des co-produits des protéines de légumineuses) a annoncé la levée de 70 millions d’euros (M€) supplémentaires. Ces fonds serviront à financer les activités de son futur site de production à Baule (Loiret), dont l’inauguration est prévue durant le second semestre 2025. Concrètement, cette levée de fonds se traduit par l’entrée au capital de la Banque des Territoires au sein de la filiale immobilière d’Intact, dénommée Intact Invest. Intact reste actionnaire majoritaire à hauteur de 54 %, pendant que la Banque des Territoires détient les 46 % restant. Par ailleurs, le communiqué précise que les deux entités ont finalisé « concomitamment 20,5 M€ d’emprunts long terme auprès de partenaires bancaires : Banque Populaire Val de France, Caisse d’Épargne Loire Centre, BRED, BNP Paribas, Société générale, Arkéa et La Banque postale ». Pour rappel, un partenariat entre Intact et Rémy Cointreau avait été conclu le 14 novembre dernier sur l’approvisionnement en alcool neutre.

Maïs doux : l'AGPM craint une chute de 15 % de la sole française en 2025, sous les 20 000 ha

Contacté par Agra Presse, Sébastien Méry, secrétaire général de l'AGPM (producteurs de maïs, FNSEA) et producteur dans le Loiret, a expliqué « craindre une nouvelle baisse des assolements de maïs doux en France en 2025 ». Plus en détail, la sole nationale pourrait décrocher de 15 % annuellement, et passer sous la barre des 20 000 ha, s’inquiète l’association. La raison de cette préoccupation, selon lui : la concurrence déloyale chinoise, qui a fortement augmenté ses exportations vers l'Hexagone et l'UE depuis quelques années, pénalisant les productions locales. « Les producteurs chinois ont des coûts de production bien plus faibles et des normes bien moins exigeantes, leur permettant d'être très compétitifs », alerte le secrétaire général de l'AGPM. Le syndicat réclame une protection du marché européen, via l'instauration de droits de douanes dissuasifs sur les imports chinois. Pour rappel, l’exécutif européen a décidé d’ouvrir une enquête antidumping en décembre 2024 à la suite du dépôt de plainte, le 25 octobre, de l’Association européenne des transformateurs de maïs doux (AETMD). De premières réponses sont attendues en juillet sur d’éventuels droits de douane provisoires.

Pommes de terre : le GIPT affine sa prévision de surface à la hausse

Lors de l’assemblée générale de la FFSCM (syndicats de courtiers en marchandises) le 22 mars, Philippe Quennemet, président du GIPT (interprofession de la pomme de terre) a indiqué que « la surface française de pommes de terre de conservation devrait progresser de l’ordre de 10 % en 2025 ». Pour rappel, les services statistiques du ministère de l’Agriculture (Agreste) estimaient en 2024 la sole nationale de pommes de terre de conservation et de demi-saison à plus de 170 000 ha. Les travaux de plantation sont actuellement en cours, susceptibles de faire évoluer la prévision. Un analyste souhaitant conserver l’anonymat précise que les conditions météorologiques sont actuellement favorables aux semis. La hausse prévue des surfaces s’explique par la croissance de la demande, que ce soit au niveau national ou international, offrant des prix plus rémunérateurs aux producteurs. Des usines sont en cours de construction dans l’Hexagone. Toutefois, la concurrence s’accroît sur le marché international de la pomme de terre transformée, alerte le président du GIPT, avec « l’émergence de l’Inde et de la Chine » notamment. « Dans ce contexte, la contractualisation est plus que jamais une sécurité pour le producteur », précise-t-il.

Pâtes : le cahier des charges IGP « raviole du Dauphiné » passe au 100 % origine France

Le cahier des charges de l'indication géographique protégée (IGP) « raviole du Dauphiné » a été modifié par un arrêté paru au Journal officiel le 26 mars. Les modifications portent essentiellement sur l'obligation pour les producteurs de ravioles de n'utiliser que des ingrédients présents sur le territoire français, et en particulier les matières grasses. Contacté par Agra Presse, Bruno Gil, administrateur de l'association de défense de la véritable raviole du Dauphiné et directeur marketing de Saint Jean (fabricant de ravioles), explique qu'il était auparavant possible d'élaborer des ravioles du Dauphiné « avec de l'huile de coprah ou de l’huile de palme, par manque de clarté du cahier des charges. Aujourd'hui, ces matières premières d’origine « exotique » sont interdites, et le cahier des charges se recentre sur des ingrédients comme de l'huile de colza, de tournesol ou le beurre. » Bruno Gil s'est donc réjoui de cette publication : « Il s'agit du résultat d'un travail de deux ans en collaboration avec les autorités françaises et européennes. Nous sommes satisfaits d'avoir été entendus dans notre demande. » Autre nouveauté : le cahier des charges impose désormais l'usage d'œufs de poules élevées en plein air.

FCO : l’Italie allège à son tour les restrictions sur les importations d’animaux (syndicat)

Dans un communiqué du 27 mars, la FNB (éleveurs de bovins viande, FNSEA) annonce un « assouplissement des conditions sanitaires pour l’exportation de bovins vers l’Italie », première destination des broutards français. En particulier, « il n’est plus exigé de vaccination contre la fièvre catarrhale ovine (FCO) ni d’analyse PCR négative pour ces animaux », explique le syndicat. L’Espagne, deuxième débouché français, a récemment pris une décision similaire. Dans le détail, ces assouplissements concernent les « animaux exportés vers les régions non indemnes de FCO en Italie (à l’exception de deux toutes petites régions autonomes : Bolzano et Frioul-Vénétie Julienne) ». La FNB se félicite d’une « avancée sans précédent pour les éleveurs, permettant de fluidifier les échanges ». Par ailleurs, cet assouplissement « permet également de libérer des vaccins FCO pour vacciner nos cheptels », dans un contexte de tensions sur la disponibilité des vaccins. En revanche, les conditions sanitaires liées à la maladie hémorragique épizootique (MHE) sont « inchangées » (vaccination ou désinsectisation et test PCR négatif), selon l’association spécialisée de la FNSEA. Selon l’Idele, en 2024, la France a envoyé 778 000 animaux (mâles et femelles) vers l’Italie, soit 83 % du total.

Influenza aviaire : aux États-Unis, le besoin d’œufs importés va s'accentuer en avril

Les fêtes de Pâques chrétienne et juive vont accentuer la demande en œufs en avril aux États-Unis, alors que la production restera pénalisée par l’influenza aviaire, estime Michael Fisher, data scientist du cabinet d’expertise sur les matières premières TradingPedia, dans un communiqué du 24 mars. Selon lui, la demande en œufs de consommation devrait se situer en avril entre 8,2 et 8,4 milliards d’œufs en avril, contre 8 milliards en avril 2024 ; de son côté, l’offre se situerait entre 7,5 et 7,6 milliards, en recul de 4 à 6 % pour cause d’influenza aviaire. Il faudra donc selon l’expert que les États-Unis importent au moins 800 millions d’œufs pour avril. D’après un article publié par Reuters le 24 mars, les États-Unis ont presque doublé leurs importations d’œufs du Brésil. De source Reuters également, le media Tradingview informe que l’Indonésie est capable de vendre aux USA jusqu’à 1,6 millions d’œufs par mois. Selon la presse internationale, la Turquie a commencé à expédier des œufs, tandis que dans l’UE, la Pologne, la Lituanie, le Danemark et la Finlande ont été sollicités par l’administration américaine. Toutefois, les opérateurs européens sont retenus par les exigences sanitaires et formalités administratives nécessaires, et la demande du marché européen.

Bio/distribution : Biocoop profite de la reprise du marché

Le distributeur coopératif Biocoop a annoncé le 27 mars des ventes atteignant 1,79 milliard d’euros en 2024, en hausse de 7,5% par rapport à 2023. « Il s’agit d’une croissance saine portée par une hausse de la fréquentation en magasins », note Franck Poncet, le d.g. de Biocoop, leader de la distribution spécialisée biologique (DSB) avec 45,6 % de parts de marché. Parmi les facteurs explicatifs, il note une probable arrivée de nouveaux clients qui se détourneraient de la grande distribution, qui a réduit son offre de produits biologiques. Biocoop, qui a ouvert dix nouveaux magasins au cours de 2024 (pour un total de 740 points de vente), va amplifier cette dynamique en 2025 en prévoyant 15 nouveaux magasins. Les ventes de début d’année restent dynamiques, Franck Poncet se montrant « optimiste mais prudent pour 2025 ». Biocoop estime que la crise du bio, née après la crise sanitaire, est dernière lui, mais craint pour cette année des pénuries dans plusieurs filières, dont le lait de vache. Le réseau compte sur plusieurs leviers habituels pour attirer les clients, parmi lesquels une marque Biocoop (15 % du chiffre d’affaires), qui affichera dans sa totalité d’ici la fin 2025 les logos Origin’Info, Planet Score et Nutri Score (de deuxième génération). Autre levier : une baisse de prix de 7 % en moyenne sur 400 références à marque Biocoop et nationale à compter du 8 avril, en baissant uniquement la marge du distributeur.

Sodas : Pepsi devrait échapper partiellement à la surtaxe (presse)

« PepsiCo France ne va pas subir la surtaxe votée récemment par le Parlement pour lutter contre l'obésité », analyse le journal Les Echos, le 26 mars. Pour rappel, la loi de financement de la Sécurité sociale pour 2025 impose un nouveau barème pour la taxe sur les boissons sucrées, dite « taxe soda ». Cette révision « élargit la liste » des produits taxés, résume le ministère de l’Economie sur son site, et « simplifie le barème qui passe de 16 tranches à trois ». Résultat : 4 € par hectolitre en dessous de 5 kg de sucre par hectolitre (contre 3,79 € jusqu’à présent)  ; 21 €/hl entre 5 et 8 kg (contre 7,30 €, soit un quasi-triplement) ; 35 €/hl au-delà de 8kg (contre 17,70 €, soit un quasi-doublement). Or chez PepsiCo, « une partie des boissons du groupe - dont son produit iconique - restent au niveau du premier palier », expliquent Les Echos. Pour rappel, lors du vote de la nouvelle taxe, les industriels avaient annoncé, vent debout, un risque d’augmentation de 10% des prix des sodas. Du côté de PepsiCo France, les efforts seraient en tout cas récompensés, la marque ayant « réduit les quantités moyennes de sucres ajoutés dans ses boissons de 48% entre 2006 et 2020 » (source : rapport RSE 2020).

Réseaux sociaux : TikTok devient un canal majeur des « influenceurs » agricoles

Dans une étude publiée en février (à télécharger ici) sur l'activité des 42 principaux « influenceurs » agricoles français (comptant au moins 8 000 abonnés, actifs sur TikTok, YouTube, Instagram, Facebook ou X), le cabinet de conseil Visibrain estime que le réseau social chinois TikTok est devenu un canal majeur. 38 « influenceurs » y sont présents, aux comptes desquels 2,2 millions de personnes sont abonnées. C'est comparable à YouTube, qui rassemble 16 « influenceurs », suivis par 1,65 millions de personnes, ou encore à Instagram (28 « influenceurs » pour 774 000 abonnés), loin devant Facebook (neuf « influenceurs », 340 000 abonnés) et X (six « influenceurs », 97 000 abonnés). Les éleveurs sont les plus représentés (18 « influenceurs »), devant la polyculture-élevage (12 « influenceurs »), et les grandes cultures (12 « influenceurs »). Dans l'ordre, les sujets abordés rassemblent « la vie quotidienne à la ferme », la « formation et la vulgarisation du métier agricole », le « machinisme agricole et les nouvelles technologies », le « soutien à la féminisation » et, en dernier, un « engagement politique timide ». Les analystes remarquent que « les grandes figures de l’agri-influence restent prudentes face aux mobilisations agricoles ».

Agenda de la semaine agricole du 31 mars 2025

Vendredi 28 mars
La Commission européenne présente un paquet de mesures pour le secteur vitivinicole
Agnès Pannier-Runacher lance la feuille de route sur les captages (qualité de l'eau)
Les députés poursuivent l’examen du PJL Simplification en commission spéciale, jusqu’au 1er avril

Lundi 31 mars
Journées Export agro de Business France, jusqu’au 4 avril
Conseil de planification écologique, à l’Élysée
Auditions de la mission d'information flash sur la valorisation des algues vertes, à l’Assemblée

Mardi 1er avril
Conférence de presse de Générations futures sur les rejets de PFAS
Conférence de presse d’Inter Rhône (vin), à Avignon
Débat sur les pesticides organisé par l'Institut Veblen et le BASIC
Les sénateurs examinent la PPL SRP+10 en Coméco, puis en séance publique
L’Idele présente les résultats du projet Harpagon (alimentation de précision des vaches laitières)
Les députés examinent la PPL Agrivoltaïsme (partage de la valeur) en séance publique, jusqu’au 2 avril

Mercredi 2 avril
Conférence de presse de Soignon (fromages)
Réunion du groupe de contact France-Espagne-Italie sur l’ail, dans la Drôme
Salon Snack Show, jusqu’au 3 avril
Forum annuel de l’Agores (restauration collective publique), à Dole, jusqu’au 4 avril
Salon Probio Ouest, à Rennes
Conférence sur la bioéconomie territoriale, par Agridées et l’ACDV (chimie du végétal)
Les sénateur examinent en commission la PPL Chlordécone (responsabilité de l'État)

Jeudi 3 avril
Journée Grand angle lait de l’Idele, à Paris
Journée Orge de brasserie d’Arvalis, à Orléans
Convention nationale des agroéquipements et des espaces verts (Axema, Sedima), à La Baule, jusqu’au 4 avril
Assemblée générale de l‘Itepmai (institut technique des PPAM)
Audience de l'affaire Grataloup contre Monsanto
Séminaire Acta-Inrae sur les projets Parsada, à Paris, jusqu’au 4 avril
Réunion de l’Opecst (Parlement) sur l’agriculture et le réchauffement climatique et la biodiversité