Charcuterie : Savencia devrait céder les rillettes Bordeau Chesnel à Alliance, propriétaire de Bahier
Le groupe Savencia informe, dans un communiqué du 7 septembre, de son projet de céder le fabricant de rillettes Luissier Bordeau Chesnel au groupe Alliance, « acteur industriel français reconnu de l’agroalimentaire, détenu par le groupement de producteurs bovins porcins des Hauts-de-France, Cobevial ». Le directeur de la holding Alliance, Hubert Parry, joint par Agra Presse, met en avant « le savoir-faire » du groupe dans le domaine des rillettes, à travers la marque Bahier, ainsi que « la part non négligeable » d’activités charcutières au sein du groupe. Il met en avant aussi la complémentarité entre les deux sociétés sarthoises, Bahier étant « en volume beaucoup plus axée sur les marques de distributeurs». Pour autant, Bahier perdurera, assure-t-il. Le d.g. d’Alliance précise que les sociétés sous la holding sont autonomes. À ce titre, Bordeau Chenel devra se doter de fonctions support, alors qu’elles dépendent aujourd’hui de Savencia, précise-t-il. Les deux sociétés réalisent des chiffres d’affaires comparables avec les rillettes, souligne-t-il : un peu plus de 50 M€ pour Bahier (qui réalise à peu près autant en boudins) et « un peu moins de 60 M€ » pour Luissier Bordeau Chesnel.
Bovins : Brittany Ferries sous pression irlandaise pour continuer le transport de veaux
Après avoir annoncé durant l’été qu’il allait arrêter le transport de veaux vivants depuis l’Irlande, le transporteur français Brittany Ferries est sous pression de la filière et de politiques locaux pour revenir sur sa décision. Les deux eurodéputés Michael Fitzmaurice et Ciaran Mullooly (indépendantistes) ont rencontré la direction de la compagnie à deux reprises – dont son président, le maraîcher Jean-Marc Roué, le 7 septembre. La décision de Brittany Ferries provoquera « des conséquences sérieuses » pour la filière irlandaise, déplore M. Mullooly. En 2025, l’Irlande a exporté presque 310 000 veaux, un nombre en hausse depuis deux ans. Plus de 215 000 veaux l’ont déjà été depuis le début 2026. Le retrait de Brittany Ferries laisserait Irish Ferries comme unique transporteur maritime sur ce marché. De son côté, le Beef Plan Movement (producteurs) a accusé Brittany Ferries de « discrimination contre le secteur de l’élevage irlandais ». Côté français, le transporteur breton a reçu le soutien de plusieurs associations de protection animale, qui lui demandent « une communication publique » afin de clarifier « les fondements et la portée de [sa] décision ». Les ONG réclament l’arrêt du transport de veaux depuis début 2025, en raison de notamment de la longueur du trajet.
Engrais : Yara inaugure la plus grande installation industrielle de captage de CO2 d'Europe
Le géant norvégien des engrais Yara a inauguré le 7 septembre ce qu'il présente comme la plus grande installation industrielle de captage de dioxyde de carbone (CO2) d'Europe, dans son usine de Sluiskil (Pays-Bas). Une technologie qui peine à trouver son modèle économique. Avec sa mise en service, le projet complète la première chaîne transfrontalière au monde de captage, transport et stockage permanent de CO2 à l'échelle industrielle. Jusqu'à 800 000 t/an de CO2 doivent être captées dans l'usine d'ammoniac et d'engrais de Sluiskil (sud-ouest des Pays-Bas), soit environ 0,5 % des émissions totales annuelles des Pays-Bas, selon Yara. Solution visant à enrayer le réchauffement climatique, le site a recours à la technologie du CCS (« carbon capture and storage »), qui consiste à capter le CO2 à la sortie de cheminées d'usine lors de l’extraction de l’hydrogène servant notamment à la production d’ammoniac, à le transporter après liquéfaction, puis à le séquestrer dans des réservoirs géologiques. L’hydrogène servant à produire l’ammoniac dans un premier temps, puis l’engrais azoté, est qualifié de « bleu » par les professionnels. Financé en grande partie par l'État norvégien, le projet a une capacité annuelle de stockage de 1,5 Mt de CO2, qui doit être portée à 5 Mt d'ici à la fin de la décennie.
Distribution : Carrefour rouvre un magasin en Inde, douze ans après avoir quitté le pays
Carrefour a ouvert fin août son premier magasin en Inde, à Noida, près de la capitale New Delhi. Il s’agit d’un magasin de 3 500 m2 de vente (sur 5 000 m2 au total), dont l’assortiment est composé de 100 % de produits locaux pour l’instant, sans boucherie ni poissonnerie, afin de s’adapter aux habitudes alimentaires indiennes. Carrefour ne s’implante pas en Inde directement, mais par l’intermédiaire d’Apperl, franchisé émirati présent de longue date en Inde dans la distribution. « Apparel Group, fondé en 1996 et basé à Dubaï, est un acteur majeur de la vente au détail de vêtements et de produits alimentaires et boissons, avec plus de 2 300 magasins dans 14 pays, dont 250 en Inde, répartis dans plus de 35 villes et 15 États », indiquait Carrefour en septembre 2024 dans un communiqué annonçant son implantation à venir en Inde. « Avec ce magasin, Carrefour signe son grand retour en Inde, douze ans après avoir quitté le pays. En 2014, le géant français avait dû se résoudre à fermer boutique après les performances décevantes de ses cinq magasins de cash and carry », écrivent les Echos. Cette implantation coïncide avec l’entrée en vigueur prochaine de l’accord de libre-échange avec l’Union européenne, qui va permettre de diversifier l’approvisionnent des magasins. Carrefour prévoit également de faire fabriquer des produits en Inde, pour ensuite les exporter au Moyen-Orient et dans d'autres pays d'Asie.
Boissons : la Brasserie parallèle lance une gamme de kéfirs pasteurisés pour les CHR
La Brasserie parallèle, spécialisée dans les boissons biologiques et sans alcool, a annoncé le 3 septembre le lancement d’une gamme de kéfirs de fruits pasteurisés destinée au marché des cafés, hôtels et restaurants (CHR), rapporte le média spécialisé Process alimentaire. Jusqu’à présent, la version non pasteurisée des kéfirs de fruits imposait une conservation en chaîne du froid, une contrainte pour de nombreux professionnels de la restauration disposant de capacités limitées en chambre froide. La pasteurisation de cette nouvelle gamme permet le stockage à température ambiante avant ouverture, facilitant ainsi la gestion des stocks et leur distribution dans les établissements de restauration. Ce lancement intervient que la Brasserie parallèle entre dans une nouvelle phase de développement. L’entreprise a ainsi réalisé récemment une levée de fonds de 500 000 € afin d’accompagner sa croissance dans les CHR. Fondée en 2019 à Bordeaux, l’entreprise s’est positionnée sur le marché en croissance des solutions de remplacement aux boissons alcoolisées. Outre ses kéfirs de fruits, elle propose également des bières sans alcool.
Agtech : l’incubateur argentin Innventure a lancé un 2e fonds de 30 M$ basé à Toronto
L’incubateur argentin Innventure Food Tech a annoncé le mois dernier la création d’un fonds de 30 millions de dollars (M$) en vue d’accompagner 35 start-up issues du secteur agricole américain. Cette annonce a constitué l’évènement-phare du dernier congrès de l’association argentine des producteurs en semis direct (Aapresid), tenu à Rosario, le 5 août. Il s’agit du deuxième fonds créé par le leader de l’agtech argentin, qui compte 19 start-up dans son portefeuille. Ses associés sont pour la plupart des céréaliers argentins membres d’Aapresid ou de l’association argentine de coopératives (ACA). Le siège fiscal de ce nouveau fonds sera à Toronto. « Il soutiendra des start-up en phase initiale ou série A, basées en Argentine, au Brésil ou aux États-Unis », indique son directeur, Maycon Mansilla. « Les deux plus grands défis de l’agtech sud-américaine sont le manque de financements et la faible adoption des nouvelles technologies. Or, notre structure provient de l’amont agricole et nous avons aussi une patte agro-industrielle parmi notre actionnariat. Le taux de mortalité des start-up que nous accompagnons depuis cinq ans (Deep Agro, Sensify, Cattler, entre autres, NDLR) est nul », a-t-il souligné à Rosario. (Marc-Henry André)