Agra Business | InVivo, COC/Renaud, Auchan, Captages, Afaïa

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Céréales/coopératives : COC (Vienne) acquiert le négoce Renaud (Indre)

Le groupe coopératif COC (386 M€ de chiffre d’affaires, 550 000 t de collecte), basé dans la Vienne, annonce, le 21 mars, avoir acquis 85 % des parts des établissements Renaud (49 M€ de CA, 80 000 t de collecte, 800 clients) implantés dans l’Indre et le Loir-et-Cher. La famille Renaud, actuelle gérante de l’entreprise, reste détentrice des 15 autres %. Cette décision, qui prendra effet le 1er juin 2025, s’inscrit en vue du départ à la retraite, dans trois ans, de François Renaud, le dirigeant : d’ici là, celui-ci occupera la fonction de directeur général délégué du négoce. En l’absence de repreneur au sein de la famille, l’entreprise a fait le choix de se tourner vers COC pour assurer la continuité de l’activité et sécuriser l’emploi des 33 salariés. « Je suis satisfait de transmettre l’activité à un acteur agricole proche de notre territoire, avec qui nous partageons des valeurs communes, et qui affiche une solide structure financière », précise François Renaud. COC s’engage « à conserver l’identité des Ets Renaud, son équipe et sa stratégie ». Le maillage silos des deux entités est complémentaire. Celui des Ets Renaud, 8 sites pour une capacité de stockage de 55 000 t, est doté de petites cellules, « idéales pour mieux segmenter et valoriser les produits », reconnait COC qui possède 29 sites, répartis sur la Vienne, les Deux-Sèvres, l’Indre-et-Loire et l’Indre. (Anne Gilet)

Coopératives : InVivo souhaiterait céder 200 M€ d’actifs non stratégiques d’ici deux ans (presse)

Selon un article (payant) paru dans La Lettre le 18 mars, le groupe InVivo souhaiterait céder pour 200 millions d’euros (M€) d’actifs dits non stratégiques d’ici deux ans. Contacté par Agra Presse, le service communication a confirmé cette information, tout en rappelant qu’il s’agit « d’un objectif qui s’avère aléatoire, car tout dépendra de l’offre et de la demande ». La justification de ces cessions : le recentrage sur les filières blé et orge (malt) dans le cadre du plan stratégique 2030 du groupe, dans un contexte actuellement morose (instabilité géopolitique, baisse des prix des matières premières et météo défavorable). Alors que la vente de Bioline AgroSciences devrait rapporter 74 M€, d’après le média (confirmé par la communication d’InVivo), le groupe chercherait à se séparer d’AIT Ingrédients (selon un article payant de l’Informé du 12 mars dernier, également confirmé par InVivo), ainsi que des investisseurs pour sa filiale Neuhauser. En revanche, alors que La Lettre évoque une volonté de se séparer de Teract, InVivo dément l’information. « Il n’est pas question d’une mise en vente, il y a simplement actuellement une évolution de l’activité jardinerie vers un modèle de franchises, tout en restant propriétaires des enseignes Jardiland et Gamm vert », explique le groupe.

Guerre en Ukraine : le Kremlin cherche un accord sur ses produits agricoles et engrais

La réunion entre Ukrainiens et Américains sur une éventuelle trêve partielle dans la guerre avec la Russie a débuté le 23 mars à Ryad, à la veille de discussions que le Kremlin prévoit «difficiles» entre les délégations russe et américaine, également en Arabie saoudite. Washington et Kiev poussent pour, au minimum, un arrêt provisoire des frappes sur les sites énergétiques, largement endommagés côté ukrainien après plus de trois ans d'invasion russe. Le porte-parole du Kremlin Dmitri Peskov a affirmé le 23 mars que «le principal» sujet dans les pourparlers entre Russes et Américains serait «la reprise» de l'application de l'accord céréalier en mer Noire, omettant complètement de mentionner un éventuel engagement concernant la suspension des combats, limité ou sans conditions. Cet accord, en vigueur entre l'été 2022 et 2023, avait permis à l'Ukraine d'exporter ses céréales, vitales pour l'alimentation mondiale, malgré la présence de la flotte russe dans la zone. La Russie s'en était retirée après un an, déplorant que les Occidentaux ne respectent pas à ses yeux leurs engagements censés assouplir les sanctions sur les exportations russes de produits agricoles et d'engrais. «Nos négociateurs seront prêts à discuter des nuances autour de ce problème», a poursuivi M. Peskov. Steve Witkoff a pour sa part affirmé penser que «de vrais progrès» seraient fait lundi avec les Russes, «particulièrement en ce qui concerne la mer Noire».

Lin oléagineux : la production française de semences décroche, Semae inquiète

Selon un communiqué du Semae (interprofession des semences et plants) du 21 mars, la production hexagonale de semence de lin oléagineux s’est nettement effritée entre 2023 et 2024, passant de 15 238 quintaux à 12 393 quintaux, conséquence des conditions climatiques difficiles lors de la campagne culturale. En 2021, 21 334 quintaux étaient produits. Afin de répondre aux besoins du marché français, des importations de semences depuis la Hongrie, la Croatie et l’Angleterre ont été entreprises. La situation inquiète l’interprofession, qui explique dans le communiqué « qu’il est urgent de mobiliser rapidement de nouveaux agriculteurs multiplicateurs de semences ». La filière rappelle que l’objectif est de semer 50 000 ha de lin oléagineux d’ici 3 ans, contre 25 000 ha à 30 000 ha annuellement actuellement. La profession soulève que l'’intérêt pour la graine, que ce soit au niveau national (groupe Lesieur), ou mondial, est présent. Denis Burlaud, responsable technique en production de semences au sein de la Coopérative Lin 2000 (60), se veut néanmoins rassurant : « les semences de lin oléagineux ont toujours été au rendez-vous pour approvisionner le marché, et nous mettons tout en œuvre pour que cela continue en 2025 », déclare-t-il dans le communiqué.

Huile de palme: appel au boycott d'entreprises accusées d'«écocide» en Papouasie

Plus de 90 tribus papoues, organisations politiques et groupes religieux de Papouasie ont appelé le 20 mars au boycott de produits accusés d'être responsables d'un «écocide» dans cette province d'Indonésie, a indiqué le Mouvement uni pour la libération de la Papouasie occidentale (ULWMP) dans un communiqué. L'Indonésie maintient une forte présence militaire dans cette province riche en ressources mais sous-développée, pour réprimer une insurrection séparatiste implantée de longue date. Le groupe appelle à boycotter des entreprises dont les produits sont liés à l'huile de palme, l'un des facteurs de déforestation en Indonésie et qui provient de Papouasie, la qualifiant «d'écocide». Le communiqué cite les marques de grands groupes agroalimentaires dont les produits «contiennent de l'huile de palme et sont fabriqués par des sociétés mères qui s'approvisionnent directement en huile de palme de Papouasie occidentale. Faizal Ramadhani, chef d'une unité spéciale formée pour gérer la question des rebelles en Papouasie, a déclaré à l'AFP que l'appel au boycott était de la "propagande". Contacté par l'AFP, un porte-parole de la présidence indonésienne n'a pas réagi dans l'immédiat.

Bio/engrais: la définition d'«élevage industriel» confortée au Conseil d'Etat

Dans une décision rendue le 21 mars (télécharger), le Conseil d'Etat a décidé de maintenir la définition faite par l'Inao (Institut de l'origine et de la qualité) de l'« élevage industriel », dont ne peuvent provenir les engrais organiques utilisés en agriculture biologique. S'appuyant sur un jugement de la cour de justice européenne (CJUE) d'octobre, le rapporteur publique avait indiqué lors de l'audience que cette définition ne pouvait être confondue avec le seul « élevage hors sol », même si c'est ainsi que le règlement a été traduit dans certaines langues, autres que le français. Le Conseil d'Etat valide également les exclusions des exploitations en « système caillebotis », « grilles intégral », cages, ou dépassant les seuils mentionnés dans la directive 2011/92/UE ; la rapporteure les considérait comme valable au titre d'un « faisceau d'indices » permettant de définir « l'élevage industriel ». La CJUE a d'ailleurs indiqué que ces indices devaient « à tout le moins » se rapporter à trois thèmes : bien-être animal, biodiversité, climat. Or, soulignait au passage le rapporteur du Conseil d'État, la France n'a pas retenu de critère lié à la biodiversité, ce qui pourrait lui être reproché – mais tel n'était pas l'objet de la saisine de l'Afaïa. Ainsi, loin des distorsions de concurrence craintes par les fabricants, le rapporteur avait conclu, à l'inverse, que la définition choisie par l'Inao est « relativement souple » par rapport à celle retenue par la moyenne des autres États membres de l'UE.

Protection des captages : les grandes lignes de la stratégie, publiée vendredi

La ministre de la Transition écologique va présenter vendredi 28 mars la feuille de route du gouvernement pour améliorer la qualité de l'eau potable en France et compte réunir avant l'été les acteurs locaux pour de premières concertations, a-t-elle annoncé dans La Tribune Dimanche. Agnès Pannier-Runacher prévoit dans un premier temps de délimiter précisément et par arrêté les captages menacés et les parcelles sensibles puis de définir les actions susceptibles d'avoir le plus d'impact (assainissement, dépollution, réduction de l'utilisation de produits phytosanitaires...). «Aujourd'hui, sur 33.000 points de captage, seuls 1.500 ont été sécurisés. Je veux changer d'échelle et en sécuriser au moins 3.000 de plus», a ajouté la ministre. Selon elle, il reviendra aux acteurs locaux de trouver des solutions, «en mettant tout le monde autour de la table (opérateurs de stations d'assainissement, collectivités locales, agriculteurs, industriels)», a-t-elle dit:  «Les premières concertations seront lancées avant l'été» Interrogée sur d'éventuelles contraintes qui viendraient à peser sur les agriculteurs, elle a souligné que «les actions seront volontaires au départ. Mais lorsque le risque de ne plus pouvoir utiliser l'eau commence à se matérialiser, les préfets seront obligés d'imposer des mesures obligatoires». Quant aux moyens financiers, Agnès Pannier-Runacher évoque un financement via les agences de l'eau dans le cadre du milliard d'euros consacré à l'adaptation au changement climatique, mais aussi des «outils encore insuffisamment utilisés» comme les paiements pour services environnementaux. La ministre veut aussi compter sur les crédits biodiversité et l'enveloppe des "aqua prêts" de la Caisse des dépôts qui va être étendue à la protection des captages.

Fruits et légumes: la relocalisation par le climat sera «limitée et ciblée» (rapport)

Dans un rapport sur la «Relocalisation en France de certaines productions de fruits et légumes» paru le 21 mars (télécharger), le CGAAER (ministère de l'Agriculture) reste prudent, estimant que le phénomène devrait se limiter à des marchés de niche. «Si la France ambitionne de relocaliser certaines productions agricoles, il est toutefois important de noter que cela ne pourra se faire que de manière limitée et ciblée», estiment les auteurs, qui citent l’olivier, l’amande ou encore les agrumes, «à condition de viser un marché de niche à haute valeur ajoutée». En effet, «bien que le changement climatique mette sous tension leurs ressources en eau, les principaux pays concurrents de la France dans la production de fruits et légumes – le Maroc, l’Espagne et l’Italie – n’envisagent pas de réduction significative de leurs volumes de production. Ces pays ont engagé des stratégies d’adaptation robustes, notamment en matière de gestion de l’eau», estime le CGAAER. Et de souligner les investissements «conséquents dans les technologies de dessalement d’eau de mer, qui permettent d'augmenter les réserves disponibles pour l’agriculture» et des «initiatives visant à moderniser les systèmes d’irrigation». Pour les auteurs, ces solutions, «bien que coûteuses, démontrent la capacité de ces pays à maintenir leur compétitivité sur le marché des fruits et légumes, malgré les contraintes climatiques croissantes».

Distribution : Auchan autorisé a posteriori à racheter 98 magasins Casino, sous conditions

Le distributeur alimentaire Auchan a été autorisé a posteriori à racheter 98 magasins grand format de son concurrent Casino, sous réserve notamment de revendre un point de vente dans la zone d'Aubagne, près de Marseille, a annoncé l'Autorité de la concurrence le 21 mars. L'autre condition fixée par l'instance dans sa décision est de « transférer l'exploitation d'une partie de la surface de vente de l'hypermarché Auchan du centre commercial La Valentine », à Marseille, « à deux concurrents ». Auchan avait racheté courant 2024 cette centaine de magasins, notamment situés sur le pourtour méditerranéen. Cette condition doit permettre d’« éliminer les risques d'atteinte à la concurrence dans la zone de Marseille en maintenant un dynamisme suffisant de la concurrence ainsi qu'en enrichissant l'offre de produits alimentaires pour les consommateurs ». Cette décision de l’Autorité de la concurrence est la dernière qui était attendue dans le cadre du spectaculaire transfert de magasins Casino qui avait eu lieu fin 2023 et en 2024, en raison des grandes difficultés financières de l'ancien fleuron stéphanois. Englué dans l'endettement contracté par son ancienne direction, il avait dû céder la quasi-totalité de ses magasins grand format, super et hypermarchés, à ses concurrents Intermarché, Auchan et Carrefour.

Elections chambres: la CR ne pourra perturber les interprofessions où elle est absente

Malgré un bond spectaculaire en six ans, atteignant 29,85 %,, la Coordination rurale (CR) n'est pas parvenue au seuil de 33,3%, qui lui aurait permis de perturber le fonctionnement des interprofessions où elle est absente, et indirectement y imposer sa présence. C'est l'une des conclusions qu'il fallait tirer des récents jugements du Conseil d'Etat concernant les interprofessions apicole et betteravière. S'il sera très difficile à un syndicat de s'attaquer à la reconnaissance elle-même d'une interprofession tant que celle-ci représente une fraction «significative» de la production - un concept très souple -, il pourrait plus facilement faire invalider des extensions d'accords interprofessionnels s'il peut prouver qu'il représente au moins un tiers des opérateurs ou du chiffre d'affaires de la filière, ou à défaut deux tiers des votes aux élections des chambres d'agriculture. Et s'imposer ainsi indirectement dans ces structures. Mi-mars, la Coordination rurale a de nouveau échoué à faire annuler l'arrêté du 27 mars 2023 portant extension d’un accord interprofessionnel de l’AIBS (betteraves à sucre) relatif aux cotisations volontaires obligatoires (CVO) pour 2022 et 2023. Rendez-vous est pris en 2031. Pour rappel, dans les céréales, la CR est déjà membre de l’interprofession (Intercéréales) via son association spécialisée France Grandes Cultures. La CR est aussi membre de Semae (semences) depuis 2021. Elle a plusieurs fois demandée son intégration à l'interprofession betteravière, en vain jusqu'ici.