Agra Business | Pepsico/Poppi, Sica Saint-Pol-de-Léon, Smithfield

hero

Sucre/boissons : Pepsico rachète la marque de soda américaine Poppi pour près de 2Md$

Le groupe Pepsico vient d'annoncer dans un communiqué le 17 mars qu'il rachète la marque américain de sodas moins sucrés Poppi pour 1,95 milliard de dollars (Md$) brut – la transaction comprend millions de dollars (300 M$) d'avantages fiscaux anticipés, pour un prix d'achat net de 1,65 Md$. Fondée en 2020 à Austin, au Texas, Poppi a connu une croissance éclair avec sa marque de soda « prébiotiques » (contenant des ingrédients favorables au développement du microbiote) à faible teneur en sucre, et sans ingrédients artificiels. Elle avait levé 13,5 M$ en 2021 avec le soutien de Cavu Ventures, rejoint par des personnalités du cinéma et du sport, selon nos confrères d'Agra Innovation. À cette époque, ses produits étaient déjà distribués dans plus de 7 500 points de vente aux États-Unis. Selon une étude de Spins de mars 2021, le soda fonctionnel était alors la catégorie de boisson qui enregistrait « la plus forte progression en un an », à +465 %.

Fruits et légumes : la Sica Saint-Pol-de-Léon va « continuer » sa diversification

À l'occasion de sa conférence de presse annuelle le 17 mars, la Sica Saint-Pol-de-Léon (légumes/fleurs) a indiqué qu'elle allait « continuer à diversifier ses moyens de mise en marché ». Annoncée en 2022, la production de myrtilles via Prince de Bretagne atteint un potentiel de 20 tonnes pour la deuxième année de culture, rapporte la Sica. Et, pour son endiverie ouverte fin 2023, elle prévoit de poursuivre le développement de la culture d'endives. Sur l'année 2024, le groupement a réalisé un chiffre d'affaires de 230 M€, en baisse de 2 %. Il augmente toutefois en légumes (+5 %) malgré une baisse des volumes (-6 %), après une saison favorable à la production marquée toutefois par la tempête Ciara qui a touché particulièrement les choux. L'activité a surtout baissé en horticulture, à l'image du marché des jardins grevé par la météo. À l'inverse, le marché du paysage a été dynamique. Par ailleurs, les légumiers bretons annoncent qu'ils travaillent sur des « solutions de mécanisation pour les exploitations » ; beaucoup de cultures maraîchères connaissent des impasses de traitement, notamment en herbicide (voir notre enquête sur le retour du désherbage manuel). La Sica indique qu'elle travaille aussi à « faciliter le recrutement » des saisonniers, avec la société FM Recrutement, et à « proposer des hébergements pour les saisonniers ». En 2023, le groupement s'était positionné sur l’achat d’un hôtel afin de loger les travailleurs saisonniers pendant les récoltes.

Légumes : la Sica Saint-Pol-de-Léon veut réduire ses émissions de GES de 2 % d'ici 2028

À l'occasion de sa conférence de presse annuelle le 17 mars, la Sica Saint-Pol-de-Léon, premier groupement français de producteurs de légumes et d'horticulteurs, a indiqué que, dans le cadre de son « plan d'action climat », elle comptait réduire ses émissions de gaz à effet de serre (GESE) de 2 % d'ici 2028. Pour ce faire, le groupement breton annonce plusieurs actions : l'«amélioration de la précision des émissions de GES issues des productions agricoles », la « réduction de l'impact du transport amont en utilisant des modèles prédictifs de récolte et en optimisant le chargement des camions », l'« électrification de 100 % du parc de matériel roulant dans les stations et de 50 % des véhicules d'entreprise », ainsi que « l'amélioration de la sobriété énergétique de la Sica en installant une gestion technique centralisée (GTC) sur les principales lignes de conditionnement ». En 2024, la Sica avait réalisé un premier bilan carbone, aboutissant à des émissions totales de 188 295 t, soit 836 kgCO2 par k€ de chiffre d'affaires. Deux tiers (66 %) sont à mettre sur le compte des « intrants », et un peu moins d'un sixième (15 %) du fret.

Relations commerciales : les députés prolongent le SRP+10 jusqu’en 2026, sanctions renforcées

La proposition de loi (PPL) visant à « renforcer la stabilité économique et la compétitivité du secteur agroalimentaire » a été adoptée par les députés le 17 mars en soirée, par 137 voix (sur 141 exprimées et 180 votants). Le texte de cette PPL portant surtout sur la prolongation du relèvement de dix points du seuil de revente à perte (SRP+10), adopté en commission des Affaires économiques le 11 mars, a connu plusieurs changements en séance publique. Les députés ont prolongé le SRP+10 jusqu'au 15 avril 2026, soit deux de moins que la date initialement prévue (15 avril 2028). Les distributeurs et les fournisseurs devront faire apparaître leurs marges dans les documents communiqués au ministère. En cas de non transmission des ces éléments, une amende de correspondant à 1 % du chiffre d’affaires hors taxes réalisé en France est prévue. La même sanction est prévue pour le non respect du SRP+10. C’est un durcissement par rapport à ce qui était prévu dans le texte adopté en commission des Affaires économiques (75 000 euros pour une personne physique et 375 000 euros pour une personne morale).

Porc : le plus important site américain de Smithfield reprend ses ventes au Canada

L’américain Smithfield Foods a diffusé un communiqué le 14 mars annonçant que sa principale usine, située en Caroline du Nord, est de nouveau autorisée à expédier des viandes au Canada. Le numéro un du porc aux États-Unis a expliqué qu'Ottawa avait suspendu la semaine précédente l’importation de ces viandes en raison de problèmes de non-conformité portant sur un nombre limité de cargaisons d’abats. « Nous sommes reconnaissants à l’USDA (ministère américain de l'Agriculture, NDLR) et à l’Agence de la sûreté alimentaire du Canada de la rapide résolution de cette affaire », remercie Smithfield dans ce communiqué. La suspension n’aura duré que du 6 au 12 mars, selon une dépêche Reuters. Cet incident avait pris du relief dans la presse américaine en raison du conflit sur les droits de douanes entre Ottawa et Washington. Pour rappel, le Canada a récemment répondu à l'annonce de la taxation de 25 % sur les produits importés par des droits de douanes du même montant s’appliquant notamment dès le 4 mars à 5,5 Md$ de produits issus de l’agriculture, selon l’USDA. Le président Trump a finalement décidé d’exempter de taxation pour un mois le Canada et le Mexique.

Alimentation animale : la filière française atteint 84,4 % de soja non déforestant

Un communiqué commun du Snia (fabricants « privés » d'alimentation animale) et de la Coopération agricole Nutrition animale (coopératives) annonce le dépassement de l’objectif pour 2024 de 75 % de soja « durable » utilisé dans les usines. En effet, les signataires du manifeste des fabricants d’aliments pour la non-déforestation et la non-conversion d’écosystèmes – qui représentent la quasi-totalité de la production française – ont utilisé 84,4 % de ce soja « durable » l’an dernier, selon les deux syndicats. Le communiqué rappelle que l’objectif pour 2025 est de 100 % d’approvisionnements présentant des garanties de non-déforestation et de non-conversion. La filière française s’est ainsi engagée alors que l’application de la règlementation européenne de lutte contre la déforestation et la conversion d’écosystèmes a été reportée d’un an par les institutions européennes, soit au 30 décembre 2025. Elle s’appuie, précise le communiqué, sur des origines de soja « à faible risque » et respecte des « critères précis de traçabilité et de durabilité » compatibles avec les lignes directrices « soja responsable » de la fédération européenne de la nutrition animale (Fefac).

Agtech/foodtech : la chute des investissements dans les start-up a ralenti en 2024 (rapport)

Dans un rapport paru le 6 mars, les analystes américains d'AgFunder estiment que le montant des investissements placés à travers le monde dans les start-up de l'agtech et de la foodtech (nouvelles technologies appliquées à l'agriculture et l'agroalimentaire) serait en baisse de 4 % sur un an, à 16 milliards de dollars (Md$), soit un ralentissement des chutes observées en 2022 (-38 %) et 2023 (-51 %) après le pic de 2021, à 56,3 Md$. « Les chiffres suggèrent un ralentissement – mais pas nécessairement un arrêt complet – de la chute libre », estiment les analystes. « La hausse des investissements sur les marchés développés, tels que les États-Unis et les Pays-Bas, et dans les pays en développement, tels que l'Inde, laisse présager des jours meilleurs. Cependant, nous ne sommes pas encore sortis de l'auberge : certains marchés ont encore connu une baisse significative, notamment la Chine, le Royaume-Uni et l'Espagne. » Les deux secteurs les plus à la peine sont « bioénergie/biomatériaux » et « Novel farming systems » (agriculture verticale), sur lesquels les investissements déclinent de plus de 50 %. À l'inverse, le e-commerce alimentaire connaît un regain d'intérêt.

Marché du jardin : crise immobilière et météo font reculer les ventes en 2024

L’association Promojardin-Promanimal, qui regroupe les professionnels du marché du jardin en France, a annoncé, dans un communiqué de presse le 12 mars, une baisse des ventes de 6 % en 2024, avec un chiffre d’affaires de 7,7 milliards d’euros. Les volumes sont aussi orientés à la baisse, de 4 %, mais de façon moins marquée qu’en 2023 (-7 %). La météo capricieuse et un marché immobilier en berne (moins d’aménagements de jardins) expliquent ce résultat, la pression inflationniste s’étant relâchée. Les fréquentes pluies et le manque d’ensoleillement ont poussé à l’entretien plutôt qu’aux plantations et aux travaux de jardinage. Ce qui se reflète dans les performances des gammes de produits : si les végétaux d’intérieur et d’extérieur résistent avec un recul limité de 1 % et de 3 %, les secteurs de l’aménagement extérieur et des équipements ont beaucoup plus souffert (-10 % et -14 % respectivement). Malgré ces conditions difficiles, les Français ne semblent pas avoir abandonné leur jardin : 85 % des possesseurs d’un espace extérieur s’en sont occupés en 2024, un chiffre stable par rapport à 2023. « L’envie de jardiner reste bien ancrée chez les Français. Si la météo est plus clémente et que le marché immobilier redémarre, le secteur pourrait retrouver des couleurs en 2025 », espère Hanan Abdesselem, secrétaire générale de Promojardin-Promanimal.