Sucre: accord du Parlement sur un nouvel alourdissement de la taxe soda
Dans le cadre de l'examen du projet de loi de financement de la Sécurité sociale pour 2025 (PLFSS), sénateurs et députés se sont entendus le 27 novembre en commission mixte paritaire pour maintenir le renforcement de la taxe sur les boissons sucrées, tel qu'il a été adopté le 21 novembre par les sénateurs, après avoir déjà été augmentée à l'Assemblée. Une hausse de taxe pour «donner un coup de pied dans l'industrie» alimentaire. C'est ainsi que la sénatrice Élisabeth Doineau, rapporteur général du budget de la Sécu, avait présenté ses amendements visant à relever la fiscalité sur les «boissons à sucres ajoutés». Propositions adoptées avec le soutien du gouvernement: il en coûtera donc 4 centimes par litre pour les breuvages les moins sucrés, et jusqu'à 35 centimes par litre pour les plus sucrés. Un barème sensiblement alourdi par rapport à celui voté par les députés, qui avaient fixé la première tranche à 3,5 centimes et la dernière à 28 centimes. Objet d'un large consensus à l'Assemblée, cette mesure avait été reprise par l'exécutif dans le texte transmis au Sénat, où son renforcement a de nouveau fait l'objet d'un large accord de droite à gauche. De même que la hausse de la taxe sur les «boissons édulcorées», votée contre l'avis du gouvernement.
Céréales: trois coopératives de l'Ouest fondent l'union de commercialisation Sitera
Comme annoncé en septembre lors du Space, les coopératives Garun Paysanne (Côtes-d'Armor), Sévépi (Eure) et Creully (Calvados) ont travaillé à la création d’une union de commercialisation, dont le nom est désormais connu. Il s’agit de Sitera, qui signifie «céréales» en grec. La présentation officielle de l’union a eu lieu lors des assemblées générales de Creully et Garun-Paysanne le 28 novembre. Il en sera de même pour Sévépi le 10 décembre. Le volume commercialisé par Sitera approchera le million de tonnes de grains en céréales, oléagineux et protéagineux. En attendant le 1er juillet 2025, date du lancement effectif de l’union, des synergies ont déjà été mises en œuvre entre les trois coopératives. À terme, c’est Sevépi qui pilotera Sitera. Si l’enjeu est de massifier et d’optimiser la collecte des trois structures pour répondre aux attentes de leurs clients historiques et conquérir de nouveaux marchés, chaque coopérative restera autonome dans la gestion de sa politique de collecte avec ses adhérents. (Anne Gilet)
Maïs: l'AGPM demande la régulation des semences ukrainiennes
L’AGPM (producteurs de maïs, FNSEA) a envoyé, le 28 novembre, un courrier de demande de clause de sauvegarde du maïs semence à la ministre de l'Agriculture Annie Genevard, ainsi qu'à Sophie Primas (Commerce extérieur) et Benjamin Haddad (Europe). En 2020, l’Ukraine a obtenu une équivalence lui permettant de commercialiser ses semences sur les marchés européens. L’objectif: alimenter l’Europe de l’est et, occasionnellement, l’Europe occidentale avec des variétés spécifiques. Or, les volumes importés en Europe, qui plafonnaient à 70 t/an avant l’équivalence, sont passés de 918 t lors de la campagne 2021/2022 à plus de 12 000 t en 2023/2024. «Leur coût de production est divisé par deux par rapport aux nôtres», s’insurge Franck Laborde, président de l’AGPM. Une concurrence directe pour la France, leader européen de la production de maïs semence et premier exportateur mondial. «L’UE dispose d’outils pour réguler ces semences», estime Franck Laborde, qui préside également la Confédération européenne des producteurs de maïs. «L’AGPM demande aux pouvoirs publics de s’en servir, voire de momentanément stopper les importations, le temps que les marchés et la géopolitique se stabilisent.» (Elena Blum)
Céréales: Axiane Meunerie lance une baguette issue de blé bas carbone
Axiane Meunerie, filiale du groupe Axéréal, propose désormais à ses clients boulangers une farine, la Croquise, issue de blé bas carbone. Cette farine, élaborée depuis 1995, a toujours été mise en avant par le groupe dans ses démarches de durabilité. «Il est donc naturel qu’elle soit notre première farine proposée aux artisans boulangers qui soutiennent une agriculture décarbonée», explique Florent Simonneau, directeur commercial de la branche boulangerie artisanale. Concrètement, les agriculteurs fournissant le blé pour la fabrication de la Croquise doivent mettre en place des pratiques pour réduire l’empreinte carbone de leurs cultures d’au moins 30%. Comment? En suivant une soixantaine de pratiques vertueuses, parmi lesquelles l’ajout ou l’augmentation de surfaces dédiées aux légumineuses et aux couverts végétaux ou l’implantation de prairies temporaires et de haies. Cette démarche s’intègre dans celle, plus large, d’Axiane Meunerie de réduire de 30% son empreinte carbone d’ici à 2030. «L’approvisionnement en matières premières agricoles, dont le blé tendre, représente la majorité de notre impact carbone, précise Sarah Menard», responsable RSE. «Favoriser l’agriculture régénérative décarbonée, c’est donc contribuer à réduire les émissions du secteur agricole et celles des industries agroalimentaires comme la nôtre.» (Anne Gilet)
Pesticides: les députés de la Coméco adoptent la proposition de loi sur l'épandage par drone
Les députés de la commission des Affaires économiques ont adopté, le 27 novembre, la proposition de loi du député Renaissance Jean-Luc Fugit visant à autoriser l'épandage par drone de pesticides autorisés en bio, ainsi que de produits de biocontrôle ou «à faible risque», sur fortes pentes, bananeraies et vignes mères de porte-greffes. En début de séance, les députés LFI, écologistes et PCF se sont prononcés contre le texte. La députée Manon Meunier (LFI) a critiqué un texte «loufoque et décalé» dans le contexte des manifestations agricoles, promouvant des machines destinées «à remplacer» les agriculteurs et favorisant «l'agro-industrie». Le PS a qualifié le texte de «gadget» et conditionné son vote à ce que l'autorisation soit requalifiée en prolongation de l'expérimentation. Jean-Luc Fugit a régulièrement défendu l'objectif de «réduction de la pénibilité» de son texte. Le vote de chaque député n'est pas connu, le scrutin n'étant pas public. Lors de l'examen, les députés ont apporté plusieurs modifications. L'angle minimum des pentes ouvrant l'autorisation de l'épandage par drone a été réduit à 20%, contre 30% dans le texte initial. L'épandage a été exclu à moins de 250 m des zones attenantes à des bâtiments habités ou régulièrement occupés. Et l'autorisation par arrêté des programmes d'application a été liée à un avis préalable de l'Anses.
Solaire: TSE lève 65 M€ et vise la place de leader français de l’agrivoltaïsme
TSE, développeur et producteur d’énergie solaire, a annoncé le 28 novembre lever 65 M€ auprès du fonds Eiffel Investment Group. L’opération «renforce sa structure de financement» avec l’émission d’«une dette obligataire pour un montant de 65 M€» auprès du gestionnaire d’actifs, selon un communiqué. Elle intervient après la levée de 130 M€ de fonds propres auprès d’Eurazeo, de Crédit agricole et de BPI France en 2023. «Le groupe poursuit son développement pour atteindre plus de 1 gigawatt d’actifs en construction et en exploitation à horizon 2027», souligne TSE. Les 65 M€ d’émission obligataire visent à financer ses investissements dans le cadre «du développement et de la construction de nouvelles centrales photovoltaïques, pour une capacité cumulée de l’ordre de 800 mégawatts, soit la consommation annuelle de 450 000 habitants». Créé en 2016, le groupe ambitionne de devenir le principal producteur indépendant d’énergie agrivoltaïque français. «TSE dispose des ressources lui permettant de mener à bien son développement selon son modèle, basé sur la qualité, le long terme, l’engagement territorial auprès du monde agricole et des industriels, sans oublier notre attention faite à l’environnement», déclare le président Mathieu Debonnet.
Porc: les exportations de charcuteries restent insuffisantes, selon la Fict
La fédération des charcutiers et traiteurs industriels (Fict) réclame des soutiens publics à l’export des charcuteries de porc, même si les exportations se sont redressées depuis les années 2000, d’environ 30% selon la présentation faite lors des Assises du syndicat ce 26 novembre. «Les charcuteries espagnoles et italiennes bénéficient de soutiens publics substantiels pour promouvoir leurs exportations», a considéré la présidente Christiane Lambert devant la presse. Ces deux origines sont largement responsables de la multiplication par quatre des importations au cours de la même période, qui a fait sombrer la balance commerciale depuis 2000 jusqu’à -900 M€ en 2023, ont considéré les industriels (444 M€ d’exportations pour 1,3 Md€ d’importations). Les pays émergents, notamment en Asie, sont visés par les exportateurs français, entre autres pour les saucissons et jambons secs. L’export représente pour le secteur 8,7% d’un chiffre d’affaires de 9 Md€, selon l’étude de la Banque de France, soit un peu moins de 800 M€. La Fict met en avant les «résultats nettement supérieurs» de l’Espagne (1,8 Md d’euros), de l’Italie (plus de 2,2 Md d’euros) et de l’Allemagne pour les produits transformés à base de porc et de volaille.
Cuir: sous l’effet de la décapitalisation, les exportations de peaux brutes reculent
Les exportations françaises de peaux brutes sont attendues en baisse de 5% pour l’ensemble de l’année 2024, une «conséquence mécanique» de la décapitalisation et du recul des abattages de bovins, a estimé Christophe Dehard, président de l’Alliance France cuir (interprofession), lors d’une conférence de presse le 28 novembre. En raison d’une demande en berne, les abattoirs vendent les peaux «en moyenne 40% moins cher qu’en 2018, malgré des charges qui, elles, ont augmenté», estime M. Dehard, cité dans le dossier économique 2024 de la filière. Récemment élu la tête de l’interprofession, il note que «le profil des animaux abattus a changé». Le développement de la consommation de viande hachée pousse à abattre davantage de vaches laitières, dont les peaux «ne trouvent que très peu preneur en Europe». Pour l’ensemble de la filière cuir (matières premières et produits finis), les exportations françaises se stabilisent en 2024 (+1%, à 19,2 Md€), alors qu’elles avaient fortement augmenté après le Covid (+46% entre 2019 et 2023). Quatrième exportateur mondial de produits en cuir, la France prévoit un excédent commercial de 5,5 Md€ dans ce secteur en 2024. Mais «2025 s’annonce difficile», prévient Philippe Gilbert, d’Alliance France cuir, en raison de l’incertitude sur la demande chez les deux premiers débouchés français: la Chine et les États-Unis.
Distribution: un second feu vert à la reprise de magasins Casino par Intermarché
Ce 28 novembre, l’Autorité de la concurrence a annoncé avoir accepté la demande d’Intermarché pour la reprise de 200 magasins Casino, le distributeur s’étant engagé à céder un magasin dans 11 communes où l'autorité a estimé que la concurrence deviendrait insuffisante. Ces 200 magasins sont déjà dans le giron d’Intermarché du fait d’une «dérogation à l’effet suspensif du contrôle des concentrations» accordée en début d’année et justifiée par la «situation économique difficile» de ces magasins Casino. Il s’agit de la deuxième autorisation de ce type à l’égard d’Intermarché, le distributeur ayant été autorisé en janvier à reprendre 61 points de vente sous enseigne du groupe Casino sous condition de céder un magasin dans trois communes. L’Autorité explique avoir étudié les effets de ces reprises sur l’offre de détail et l’approvisionnement en tenant compte du statut de producteur des Mousquetaires, à travers sa filiale Agromousquetaires. Dans la foulée de ces reprises, le groupement Les Mousquetaires s’est rebaptisé Groupement Mousquetaire et a redéfini sa signature: celle-ci est devenue «Ensemble, proches de vous», l'enseigne affirmant avoir un magasin tous les 10 km en France.
Restauration: Burger King et KFC communiquent ensemble avec leur «collab' du siècle»
Les deux chaînes de restauration rapide Burger King et KFC font une campagne de communication commune, qu'elles présentent comme la «collab' du siècle» en offrant jusqu’à la mi-décembre un burger «Best friends forever» (meilleurs amis pour toujours) après avoir échangé des gobelets et autres sets de table à leur enseigne respective. «En s'associant, ces deux géants du fast-food sortent des sentiers battus et surprennent», commente l’enseignant Kevin Salomon à Rennes School of Business, interrogé par l’agence MadameMonsieur, qui promeut des écoles de commerce. Pour un autre enseignant, Olivier Kovarski, «spécialiste du Buzz Marketing et des stratégies de bouche-à-oreille» à l’EM Normandie, «cette collaboration est une excellente stratégie de communication pour deux marques challengers, qui cherchent à modifier les habitudes de consommation dans un marché dominé par McDonald’s». Ce dernier précise les parts de marchés: 64,5% pour McDonald's, contre 22,7 % pour Burger King et 8,3 % pour KFC. «La co-création d’un produit commun renforce l’expérience client et favorise une image de marque plus positive», analyse pour sa part Hajer Bachouche, enseignante-chercheuse en marketing à TBS Education.
Agenda de la semaine agricole du 2 décembre 2024
Dimanche 1er décembre
Entrée en fonction de la Commission européenne
Lundi 2 décembre
Conférence des Z'Homnivores (filière viande) sur l'ingérence économique étrangère dans la production alimentaire
Examen en plénière de la PPL Fugit sur l’épandage par drone, à l’Assemblée
Début de la Cop contre la désertification en Arabie Saoudite, jusqu’au 13
Assises territoriales de la transition agroécologique et de l’alimentation durable à Montpellier jusqu’au 3
Assemblée générale de Lorca (coopérative)
Mardi 3 décembre
Commission du Commerce international du Parlement européen (débat sur l'accord UE/Mercosur)
Décision de la Convention de Berne sur le statut de protection du loup
Journée d’informations de la filière porcine, par l’Ifip, à Paris
Congrès national de l’UMIH (hôtellerie, restauration) à Lyon, jusqu'au 5
Séminaire sur le projet Made in AB, par l’Itab (bio)
Conférence de presse Vivadour (coopérative)
Conférence de presse Inter Rhône (vin)
Conférence de presse de Bel et de l'APBO (lait)
Assemblée générale d'Intercéréales
Mercredi 4 décembre
Examen en commission de la PPL sur les entraves au Sénat
La FNSEA et les JA lancent leur campagne pour les élections des chambres, en Dordogne
Congrès des conservatoires d’espaces naturels à Nancy, jusqu’au 7
Congrès scientifique 3R (recherche sur les ruminants), jusqu'au 5
Conférence de presse Millésime bio (salon des vins bio)
Conférence de presse de la CGB (betteraviers, FNSEA)
Assemblée générale de Natup, à Rouen
Assemblée générale de la FN3PT (plants de pommes de terre)
Jeudi 5 décembre
64e Bourse de commerce européenne (grains)
Conférence sur des projets de biocontrôle de l'ITB (betteraves)
Assemblée générale de Centre Ouest Céréales (coopérative)
Vendredi 6 décembre
Le Sénat examine la mission Agriculture du projet de loi de finances
Assemblée générale du GIPT (valorisation de la pomme de terre)