Sucre : Tereos projette de céder une de ses sucreries brésiliennes
Le sucrier français Tereos (Béghin Say, La Perruche) a annoncé le 30 janvier un projet de cession à l'entreprise brésilienne Viralcool d'une de ses usines au Brésil, « afin de renforcer sa compétitivité ». Le groupe coopératif, tombé dans le rouge au premier semestre de son exercice décalé face à la baisse des prix du sucre, souhaite réorganiser ses activités canne à sucre au Brésil autour de ses cinq autres usines, ce qui permettrait « une meilleure optimisation industrielle, agricole et logistique ainsi que le renforcement de sa structure de capital », explique-t-il dans un communiqué. L'usine – dont la cession reste soumise à l'approbation du Conseil administratif de défense économique (l’équivalent brésilien de l’Autorité de la concurrence) – serait le site d'Andrade (région de Ribeirão Preto, sud-est). Cette vente, dont le montant n'a pas été divulgué, serait accompagnée de la cession de 2 Mt de canne à sucre. Tereos, présent au Brésil depuis plus de 25 ans, indique y être le second producteur de sucre. Cette activité a représenté 40 % de son excédent brut d'exploitation (Ebitda) consolidé pour l’exercice 2024-2025, et est « l’un des piliers stratégiques de sa diversification », souligne le groupe. Tereos, qui compte 38 sites industriels (en incluant Andrade), est implanté dans 14 pays, principalement en France. Il compte plus de 10 000 coopérateurs.
Colza : Avril officialise le rachat de l'usine de trituration Champlor, près de Verdun
Dans un communiqué du 2 février, le groupe Avril, via son bras industriel Saipol, a confirmé le rachat de l’usine de trituration de graines de colza de Champlor, basée à Baleycourt, près de Verdun (Meuse), et appartenant au groupe Valtris. Le montant de la transaction n’a pas été dévoilé. Le site est doté d’une capacité annuelle de trituration d’environ 400 000 t de graines de colza, soit presque 10 % de la production française (4,6 Mt produites en 2025, selon Agreste). Il est également doté d’une installation de raffinage, permettant la production d’huile alimentaire et de biodiesel. Les 86 collaborateurs employés par l’installation seront tous conservés, précise le service communication du groupe Avril, contacté par Agra Presse. Pour rappel, un accord de rachat avait déjà été annoncé en juillet 2025. Restait à convaincre les autorités de la concurrence et les instances représentatives du personnel concerné. « Implantée au cœur de l'un des principaux bassins de culture du colza en France, cette unité permet à Avril de sécuriser et pérenniser la transformation des graines françaises dans leurs bassins de production », peut-on lire dans le communiqué.
Lait infantile : Popote et Vitagermine rappellent des lots après de nouveaux seuils de céréulide
Des lots de lait infantile premier âge des marques Popote et Babybio (Vitagermine) ont été rappelés par les fabricants le 2 février. Ces rappels sont la conséquence de la décision du ministère de l’Agriculture d’imposer un seuil limite plus strict pour la toxine céréulide à l’ensemble des fabricants français de lait infantile. La présence potentielle de cette toxine est responsable de rappels de boîtes de lait dans plus de 60 pays. Vitagermine précise avoir, durant le week-end, « mené des investigations pour s'assurer que l'ensemble des produits respectent ce nouveau seuil. Elles ont permis d'identifier trois lots de lait infantile premier âge » qui étaient « conformes à la norme en vigueur jusqu'à la semaine dernière », mais doivent désormais être retirés du marché. De son côté, l'Autorité européenne de sécurité des aliments (Efsa) a établi le 2 février des doses de référence maximum pour cette toxine. L'Efsa a indiqué qu'une concentration supérieure à 0,054 μg/l de céréulide dans les laits pour nourrissons ou supérieure à 0,1 μg dans les laits pour deuxième âge « pourrait entraîner un dépassement des niveaux de sécurité ».
Insectes : Ynsect a reçu 148 M€ de fonds publics depuis 2021 (presse)
Les financements publics au profit d’Ynsect, producteur d'insectes transformés en farines liquidé en décembre, ont atteint 148 millions d’euros (M€) depuis 2012, a appris l'AFP le 29 janvier auprès du ministère de l'Économie et des finances. Parmi ces subsides, « au titre du programme d'investissements d'avenir (PIA) et France 2030, environ 8 M€ de subventions et 76 M€ en fonds propres et obligations convertibles », précise cette source. « Le projet reposait sur une technologie de rupture, avec des risques techniques, industriels et financiers élevés dès le départ », dit cette source, plaidant que « le soutien public avait une logique stratégique claire : souveraineté alimentaire, innovation industrielle et transition écologique ». Pour expliquer l'échec du projet, le ministère cite des « difficultés techniques et industrielles », l'impact du Covid-19 ou de la flambée des coûts de l'énergie après l'invasion russe de l'Ukraine. Nicolas Dufourcq, directeur général de la banque publique d'investissement BPI France qui a participé au financement d’Ynsect, a estimé en décembre que la construction à Poulainville, dans la Somme, d'un important site industriel avait été une erreur. D’autres spécialistes du secteur estiment que les débouchés de la farine d'insectes ont été trop souvent surestimés.
Boissons : la famille Castel vote contre son d.g., la motion contestée
La famille Castel, en conflit avec le directeur général du géant du vin et des boissons, a annoncé le 2 février avoir voté sa révocation comme administrateur d'une des principales holdings du groupe, laquelle a aussitôt contesté la validité de cette décision. Le suisse Gregory Clerc, à la tête depuis 2023 de l'entreprise fondée par Pierre Castel (99 ans), a fait l'objet d'un vote visant à l'évincer du conseil d'administration d'Investment Beverage Business Management (IBBM) à Singapour, a appris l'AFP de source proche du dossier. La famille du fondateur a revendiqué dans un communiqué « la révocation de Gregory Clerc de son mandat d'administrateur » par un vote « à la majorité qualifiée », « première étape du processus de recomposition de la gouvernance ». Mais IBBM a immédiatement rejeté ce vote : « Aucune des motions proposées n'a été adoptée de manière valable. Il n'y a eu aucun changement du conseil d'administration », a réagi la société dans un communiqué transmis à l'AFP. Selon la source proche du dossier, l'assemblée générale extraordinaire d'IBBM a accouché d'une passe d'armes juridique autour de la validité des voix de Romy Castel, fille unique de Pierre Castel. Les administrateurs ne reconnaissant pas ces voix ont quitté l'assemblée générale sans signer le procès-verbal, a précisé cette source. La famille Castel, qui dénonce les manœuvres « dilatoires » du camp adverse, a annoncé qu'elle saisirait une juridiction dans les prochains jours à Singapour.