Agra Business | Bunge/Repsol, DSM Firmenich/Novonesis, Arkolia/BNP, Cavac

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Biodiesel : l’UE impose des droits antidumping définitifs sur les importations de Chine

Par un règlement d’exécution publié au Journal officiel de l’UE le 11 février, la Commission européenne institue un droit antidumping définitifs, compris entre 10% et 35,6%, sur les importations de biodiesel originaire de Chine. Ces dispositions entrent en vigueur le lendemain de leur publication. Sont concernés, le diesel renouvelable HVO (pour Hydrotreated Vegetable Oil), et FAME (pour Fatty Acid Methyl Ester). Les niveaux des droits antidumping définitifs sont, toutefois, inférieurs à ceux des mesures provisoires, en vigueur depuis le mois d’août. De son côté, l’European Biodiesel Board (EBB), à l’initiative de l’enquête ouverte en décembre 2023, se félicite de ses mesures. «Cela a été un long chemin depuis que l’EBB a commencé cette affaire, d’abord à travers l’affaire de contournement puis cette affaire antidumping», déclare Xavier Noyon, son secrétaire général. Toutefois, l’association européenne pointe encore le risque de contournement et regrette également le fait que le carburant d’aviation durable soit exclus des droits de douane.

Biocarburants: l'UE autorise un rachat d'actifs de Bunge en Espagne par Repsol

Dans un communiqué du 11 février, la Commission européenne indique avoir approuvé la cession par Bunge (négociant) d'une partie de ses activités espagnoles de trituration de graines oléagineuses au pétrolier espagnol Repsol, par l'instauration d'un contrôle conjoint de la filiale Bunge Iberica (Bisa). Le 26 mars 2024, les deux groupes avaient annoncé la prise de contrôle par Repsol de 40 % de trois usines de trituration de graines oléagineuses appartenant à Bisa, à des fins de production de biodiesel. Le montant de la transaction s'élève à 300 millions de dollars (M$), auxquels pourraient s'ajouter 40 M$, sous certaines conditions (non précisées). Après enquête, la Commission «a conclu que l'opération notifiée ne soulèverait pas de problèmes de concurrence, compte tenu des impacts limités des entreprises sur les marchés où elles sont actives», peut-on lire dans le communiqué. Les trois usines de Bisa sont basées à Barcelone, Bilbao et Carthagène, proches de sites de Repsol. Cette acquisition s'intègre dans la stratégie globale de Repsol de décarbonation de sa production d'énergie. Le pétrolier espagnol souhaite proposer du carburant 100 % renouvelable dans 1 900 de ses stations-services espagnoles à l'horizon 2027.

Nutrition animale: DSM-Firmenich cède sa participation dans Feed Enzymes Alliance à Novonesis

Le suisse DSM-Firmenich a annoncé, le 11 février, la cession de sa participation dans Feed Enzymes Alliance à son partenaire depuis 25 ans, le groupe Novonesis, un leader mondial des biosolutions animales (né en février 2024 du rapprochement des deux groupes danois, Chr Hansen et Novozymes). La transaction devrait permettre à DSM-Firmenich de «recevoir environ 1,4 Md€ nets en numéraire, hors coûts de transaction et impôt sur les plus-values», précise-t-il. Comme le rapporte Agra Innovation, Feed Enzymes Alliance sera dissoute et Novonesis reprendra ses activités de vente et de distribution, renforçant ainsi «sa présence sur l’ensemble de la chaine de valeur des biosolutions animales», explique le repreneur dans un communiqué distinct. Cette transaction devrait être finalisée dans le courant de l’année 2025. La cession des parts de DSM-Firmenich s’inscrit dans le cadre de son repositionnement stratégique annoncée il y a un an. «L'activité enzymes alimentaires fait actuellement partie de l'unité commerciale Nutrition et Santé animales, qui sera elle-même séparée du groupe pour opérer sous un nouvel actionnaire», rappelle ainsi le groupe suisse dans son dernier communiqué. (Perrine Delfortrie, Agra Innovation)

Biogaz/photovoltaïque: feu vert de Bruxelles au rachat d’Arkolia par BNP et Mirova

La Commission européenne a approuvé le 11 février, en vertu du règlement européen sur les concentrations, l'acquisition de l’entreprise d’énergies renouvelables Arkolia Energies par BNP Paribas Asset Management Europe et Mirova Energy Transition, toutes les trois basées en France. Arkolia Énergies est une société française spécialisée dans les installations de production d'énergie renouvelable notamment de hangars agricoles photovoltaïques, de serres photovoltaïques et d’installations de méthanisation agricole. Selon Bruxelles la transaction ne soulève pas de problème de concurrence, compte tenu de la position de marché limitée des entreprises concernées.

UE/Etats-Unis: Trump déclare la guerre commerciale, l’UE promet une réponse ferme

Le président américain Donald Trump a annoncé, le 10 février, une nouvelle salve de droits de douane sur les importations d’acier et d’aluminium. «Aujourd'hui je simplifie nos droits de douane sur l'acier et l'aluminium afin que tout le monde comprenne ce que cela signifie. C'est 25%, sans exception ou exemption. Et c'est tous les pays», a déclaré le locataire de la Maison Blanche. De son côté, la Commission européenne a immédiatement réagi. Dans une déclaration publiée le 11 février, la présidente von der Leyen affirme regretter «profondément la décision des États-Unis d’imposer des droits de douane sur les exportations européennes d’acier et d’aluminium». Et d’ajouter que l’UE ne restera pas sans réponse. «[Ces droits] déclencheront des contre-mesures fermes et proportionnées», affirme-t-elle. Une situation qui n’est pas sans rappeler le premier mandat de Donald Trump et ses taxes sur l’acier et l’aluminium de 2018. A cette époque, l’UE avait alors rapidement réagi en dressant une liste de rétorsions, qui incluaient des produits agroalimentaires comme le bourbon, le maïs doux ou le jus d’orange, pour un montant de 2,8 milliards d’euros. Les ministres du Commerce doivent se réunir le 12 février pour aborder le sujet.

Vins et spiritueux : les exportations françaises à -4 % en 2024, plombées par la Chine

Les exportations de vins et spiritueux français se sont repliées de 4 % en valeur en 2024, plombées par un fort recul des ventes vers la Chine, même si les volumes se sont au global stabilisés sur un an. Elles ont totalisé 15,6 Md€, soit une baisse de 4% en valeur et de 0,1% en volume, a indiqué le 11 février la FEVS (exportateurs). «Ce chiffre marque un nouveau fléchissement par rapport à 2023 mais avec une stabilisation des volumes» – au prix d'une réduction de la valeur – «dans un contexte toujours marqué par des tensions économiques et géopolitiques.» Dans les détails, l'an dernier les ventes à l'export d'alcools français ont progressé de 5% vers les Etats-Unis - premier marché à l'international. Mais elles se sont effondrées de 20,2 % en direction de la Chine, leur troisième marché, passant sous la barre du milliard d'euros. La fédération évoque notamment «la crise immobilière et le chômage» en Chine. Par catégories, du côté des vins, les exportations (en valeur) se replient de 3% «dans un environnement sous tension et face aux changements de comportement de consommation», notamment une tendance générale à la baisse des achats de vin. Pour leur part, les spiritueux ont vu leurs exportations reculer de 6,5%, subissant «le recul du marché chinois, la baisse du revenu disponible des ménages et les ajustements de stocks des importateurs».

Coopératives/grains: la Cavac investit dans le stockage dans les Deux-Sèvres

Très présente en Vendée où est établi son siège, la Cavac (1,2 Md€ de CA, 716 000 t de collecte, 4700 adhérents) l’est un peu moins dans le département voisin des Deux-Sèvres. Pour remédier à cela et accroître ses capacités de stockage dans cette zone, des travaux sont en cours sur le site de Cerizay. «Aux huit cellules de stockage déjà existantes, en sont ajoutées six: ce qui fait passer la capacité totale du site à 30 000 tonnes, contre 20 000 tonnes précédemment», précise Nelly Lemasson, en charge de la communication pour le groupe coopératif vendéen. «L’objectif est aussi de pouvoir accueillir les volumes des filières locales, de plus en plus diversifiées et, ainsi, de limiter les trajets vers les autres silos.» L’investissement de six millions d’euros inclut également la construction d’une tour séchoir, destinée notamment aux cultures d’automne, à commencer par le maïs et le tournesol. (Anne Gilet)

Blé dur d'hiver : le ministère abaisse encore son estimation de sole française

Dans leur rapport mensuel du 11 février, les services statistiques du ministère de l'agriculture (Agreste) ont revu à la baisse leurs estimations de surface française de blé dur d'hiver, tablant désormais sur 198 000 ha, contre 206 000 ha lors de l'édition de décembre dernier. En 2024, elles atteignaient encore 210 000 ha. Reste encore à connaître les assolements de printemps. Pour rappel, Arvalis table sur une sole hexagonale (variétés d'hiver et de printemps confondues) à 227 000 ha. L'an dernier, des parcelles avaient été semées très tardivement, jusqu'au mois d'avril. Les conditions climatiques encore très humides cette année compliquent grandement les travaux d'emblavement. Les sols ont en effet du mal à ressuyer dans de nombreux secteurs. Les régions Midi Pyrénées et Centre Val de Loire connaissent les replis annuels les plus importants, de respectivement 21 % et 9 %. Autre changement majeur : les assolements de colza tomberaient à 1,272 Mha, contre 1,335 Mha en décembre dernier, et 1,326 Mha l'an dernier. Les régions constatant les baisses les plus significatives d'un an sur l'autre sont les Hauts de France (-20 %)  et la Bretagne (-18 %). En revanche, la Bourgogne connaît une hausse de 14 % et le Midi-Pyrénées de 10 %. 

Semences/guerre en Ukraine: cinq scénarios pour les entreprises européennes

Le chercheur Sébastien Abis (Iris), l'analyste Arthur Portier (Argus Média) et l’économiste Thierry Pouch (Chambres d'agriculture France) ont publié, en janvier, une étude explorant cinq scénarios pour l'avenir des entreprises semencières européennes en Russie et en Ukraine. Si la guerre entre les deux pays se poursuit, cela impliquerait «un inconfort stratégique grandissant pour les semenciers, faute de clarté sur les horizons politiques et diplomatiques». Priver la Russie de semences, dans le cadre de sanctions, pourrait signifier «accentuer l’insécurité des marchés céréaliers mondiaux», la Russie n’étant pas autonome. Si l'Ukraine perdait la guerre, la Russie pourrait pousser les semenciers, via des «conditions incitatives» à mener leur recherche et toute leur production sur le sol russe, en leur interdisant d’être présents en Ukraine. Une intégration de l’Ukraine dans l’UE «plus tôt que prévu» pourrait entraîner un arrêt de la présence des semenciers en Russie, avec perte de ressources humaines, logistiques, génétiques et de recherche. Un rapprochement de l’Ukraine et de la Russie ménagerait un avenir compliqué pour les semenciers européens dans ces pays avec la nécessité pour l’Europe de «revoir son modèle agricole». Enfin, les auteurs imaginent une Russie devenue indépendante des semences européennes, ayant réussi à «développer à domicile ses propres forces vives», catalysées par les sanctions européennes. (Anne Gilet)

Bovins viande: Bovineo (Cavac) reverse 300 000 € à ses éleveurs de jeunes bovins

Le groupement Bovineo va reverser 300 000 euros, issus de sa caisse de sécurisation, à une partie de ses éleveurs de jeunes bovins (JB) afin de les aider dans la gestion de leurs ressources fourragères, indique la Cavac (maison-mère) dans un communiqué le 11 février. Les producteurs soutenus seront «les plus engagés avec le groupement (hors contrat de production à marge garantie)», soit «332 éleveurs» parmi les 2150 que revendique Bovineo (122 000 bovins); le montant moyen atteindra 903 € par éleveur. Cette enveloppe viendra «en soutien de la trésorerie des systèmes de production en polyculture-élevage, dans un contexte où la gestion des ressources fourragères devient plus complexe à la suite des aléas pédoclimatiques». Avec les incessantes pluies de 2024, la production des prairies a été abondante presque partout en France. Mais «l’herbe n’a pas été facile à exploiter», en pâturage comme en fauche, rappelle l’Institut de l’élevage dans son bilan agroclimatique de l’année dernière. Quant au maïs, toujours selon l’Idele, «des coups de vent localisés ont couché certaines parcelles, notamment en Vendée», berceau de la Cavac. Partout en France, 2024 «a permis de faire beaucoup de stocks mais comparé à une année normale, ceux-ci sont moins riches, plus encombrants et moins appétents».

Négociations commerciales/lait: la Fnil dénonce un «contournement manifeste» d’Egalim

«Certains directeurs commerciaux [de la grande distribution] demandent à mes adhérents de revenir sur la sanctuarisation de la matière première agricole», a dénoncé le p.-d.g. de la Fnil (laiteries privées) François-Xavier Huard le 11 février. Des pratiques «totalement illégales et à l’inverse des discours promus sur les plateaux télé» par les dirigeants des enseignes, a-t-il martelé en conférence de presse. Ce «contournement manifeste de la loi Egalim», selon ses mots, est rendu possible par le recours aux centrales d’achat européennes, un sujet «qui n’est toujours pas réglé». Dans le cadre des négociations commerciales annuelles, qui se terminent le 1er mars, les acheteurs de la grande distribution demandent à leurs fournisseurs de produits laitiers «des baisses significatives de l’ordre de 5%, voire plus». Et le patron de la Fnil de pointer «des ententes assez convergentes», assurant que des industriels «ont reçu des demandes à -5% un lundi, puis à -4,9% le mardi de la part d’un autre distributeur». «La DGCCRF a écrit à la FCD» sur ce sujet, affirme-t-il. Les industriels, eux, «arrivent avec des demandes plutôt en hausse», vu l’augmentation de leurs coûts de production: +6% en 2024 pour le prix du lait (plus de la moitié du coût de revient), +30% pour le gaz, +1,2% pour les emballages cartons.

Miel: le conditionneur Famille Michaud fait son retour dans l’interprofession apicole

Famille Michaud Apiculteurs, premier conditionneur de miel français, est revenu dans l’interprofession des produits de la ruche (Interapi), apprend-on le 11 février. «Cette réintégration est effective depuis le 1er janvier 2025», a confirmé Famille Michaud à Agra Presse. Le poids lourd du miel sur le marché français effectue son retour dans le collège aval de l’interprofession en rejoignant le Syndicat français du miel (SFM, conditionneurs). Une structure qu’il avait quitté en 2020 selon une archive de l’Unaf (syndicat d’apiculteurs), «suite à des divergences de positions sur le décret étiquetage des miels», précise un rapport du CGAAER consacré à la gouvernance d’Interapi et daté de novembre 2023. Par ce retour, Famille Michaud Apiculteurs «entend jouer un rôle collaboratif dans la structuration et la pérennisation de la filière», dans le contexte de «mise en place de la nouvelle Directive Européenne Miel à horizon de juin 2026». Le conditionneur souhaite aussi «une meilleure visibilité sur les volumes disponibles, des prix plus justes, des négociations équilibrées et des contrôles renforcés» pour «une commercialisation plus dynamique du miel français». 

Erratum sur le versement des aides liées aux programmes opérationnels

Contrairement à ce qui est sous-entendu par erreur dans l'Agrafil daté du 11 février, les secteurs des fourrages séchés, de la floriculture et des veaux sous la mère n’ont pas encore bénéficié d’une aide au titre des programmes opérationnels (PO). Les demandes d’aides 2024 sont en cours de dépôt (jusqu’au 15 février) et seront payées en 2025.