Agra Business | Vivescia, ForFarmers Team agrar, North Carolina Sweetpotato

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Coopératives/céréales : rentabilité «historique» chez Vivescia, chiffre d'affaires en baisse

Satisfecit du côté du groupe coopératif céréalier Vivescia, dont les résultats clôturés au 30 juin affichent un Ebitda (rentabilité opérationnelle) «historique» de 224 millions d'euros, en progression de 15% sur un an. Le chiffre d'affaire reculait pourtant de 4,6% sur la période, passant de 3 Md€ à 2,86 Md€, face à un «repli de la consommation et des marchés céréaliers à la baisse » - l'activité bière a notamment été confrontée à «un marché morose», rapporte le groupe dans un communiqué par le 10 décembre. La bonne performance est portée par Vivescia industries (malterie, meunerie - BVP, maïserie, nutrition animale, bioénergies) qui réalise 83% de l'Ebitda, et dont la rentabilité opérationnelle est en progression de 24% sur une année. C'est plus particulièrement l'activité de Boulangerie, Viennoiserie Pâtisserie surgelée (BVP) qui sort du lot, en doublant son Ebitda sur l'année. De leur côté, les activités agricoles «sont dans leurs objectifs», indique seulement la coopérative. Pour faire face à la moisson «décevante voire catastrophique» de cette année, la coopérative annonce avoir mis en place plusieurs dispositifs à destination des agriculteurs : des «mesures de trésorerie avec des taux aménagés» (17 millions d'euros), un «dispositif d'avances de trésorerie sur stockage ferme» (1,9 millions d'euros pour les associés coopérateurs), et un «soutien aux jeunes installés avec des taux à 0%» (495 000 euros).

Semences et plants : érosion des surfaces, restrictions russe et algérienne

A l'occasion d'une conférence de presse le 10 décembre, le président de l'interprofession des semences (Semae) Pierre Pagès a fait état d'une légère baisse des surfaces (-2%, à 374 000 hectares) cette année, sur fond de restrictions aux importations imposées par le gouvernement russe. Ce sont notamment les surfaces de maïs qui ont baissé en raison d'un «rééquilibrage du marché», mais aussi de colza et de tournesol, en lien avec la fermeture progressive du marché russe. En février, la Russie a mis en place des quotas à l'importation pour les entreprises implantées dans des pays dits hostiles, notamment pour le maïs et le tournesol, où elle vise l'autonomie à horizon 2030. Pour la France, les exportations de semences de tournesol sont ainsi passées de 50 M€ en 2023, à 10 M€ en 2024. «Cela risque d'être zéro ou très peu en 2025», craint Pierre Pagès. Situation similaire pour l'exportation de plants de pomme de terre vers Algérie depuis que la France s'est rangée, cet été, du côté du Maroc sur la question du Sahara occidental ; les importateurs algériens ne parviennent plus à obtenir de licences d'importations de la part de l'Etat. Résultats, les 15 000 tonnes de plants seront détruites ou destinées à l'alimentation animale. Certaines semences potagères sont aussi touchées. Malgré cela, la balance commerciale continuait de progresser en valeur sur l'année 2024, à 1,29 milliard d'euros.

Patate douce : chute de rendements aux Etats-Unis, premier exportateur mondial

La North Carolina Sweetpotato Commission (producteurs de patate douce, Caroline du Nord) annonce une récolte annuelle plus faible, malgré une légère augmentation de la superficie cultivée, dans un communiqué le 10 décembre. Après une saison de culture et de récolte difficile, elle estime que les rendements pourraient baisser de 20 à 30% aux Etats-Unis, premier exportateur mondial. «Les années 2023 et 2024 ont été des années difficiles pour l'agriculture en Caroline du Nord, obligeant les producteurs de patates douces à prendre des décisions difficiles pour stabiliser notre filière», explique Michelle Grainger, directrice exécutive, citée dans le communiqué. Cependant, les 300 producteurs réunis au sein de la structure savent que les fluctuations ne sont pas inhabituelles dans la production de patates douces, soumise à des contingences diverses: conditions météorologiques, marchés mondiaux, pandémie (ses répercussions perdurent sur le secteur de la restauration aux Etats-Unis), hausse continue des coûts de production et défis liés à la main-d'œuvre. Malgré cette récolte annoncée à la baisse, la Caroline du Sud devrait demeurer le premier exportateur de patates douces vers l’Union européenne, et singulièrement la France.

Nutrition animale : feu vert européen à la joint-venture allemande ForFarmers Team agrar

La Commission européenne a approuvé la création d’une joint-venture allemande appartenant à parts égales au fabricant néerlandais d’aliments pour animaux d’élevage ForFarmers (environ 8,4 millions de tonnes) et au négoce Team agrar appartenant au groupe coopératif danois DLG, géant européen des minéraux et de l’agribusiness. Cette société baptisée ForFarmers Team agrar unit les forces des deux entreprises mères dans la nutrition animale, selon la présentation qu’en fait le groupe DLG dans un communiqué en septembre dernier. Elle comprend huit sites de production d'aliments, trois terminaux et une entreprise commune située à Hambourg, HaBeMa, opérant dans les matières premières et les aliments; elle regroupe au total environ 500 salariés. Le CEO de For Farmers considère cette fondation comme stratégique sur le marché allemand, dans un commentaire sur les résultats du 3e trimestre de-2024. En expansion, la société néerlandaise s’est défaite de ses activités en Belgique mais a acquis une entreprise en Pologne, Piast, apprend-on dans le communiqué des résultats du 1er semestre. Elle a aussi acquis cette année un spécialiste néerlandais des coproduits végétaux, Van Triest Veevoeders, à des fins d’économie circulaire. (For Farmers : 3 milliards d’euros de chiffre d’affaires, 2 600 salariés ; DLG (dans l’agriculture, l’énergie et le bâtiment) : 8,8 milliards d’euros plus de 7 000 salariés) 

Ruminants : la filière de la nutrition animale a répertorié les solutions anti-méthane

Les solutions alimentaires permettant de réduire les émissions de méthane entérique des ruminants ont été répertoriées dans un « guide » par l’Afca-Cial, représentant les firmes-services, et les deux syndicats nationaux de fabricants que sont La Coopération agricole Nutrition animale et le Snia. Ces solutions reconnues actuellement peuvent contribuer, seules ou en combinaison, à réduire jusqu’à 30% les émissions de méthane des ruminants, selon cette synthèse bibliographique. Leurs modes opératoires, ainsi que leurs limites et les freins à leur mise en place sont présentés. Parmi les solutions présentées figure un seul additif reconnu et autorisé dans l’UE : le 3 NOP. Il fait partie du groupe des «substances qui ont un effet positif sur l'environnement» et est le seul évalué officiellement dans le sous-groupe «Réduction de la production entérique de méthane». Cet additif est autorisé dans l’UE pour les vaches laitières et vaches en reproduction à la date de publication du document. «Les solutions alimentaires ne représentent qu’un des leviers disponibles, en complément de leviers relevant de la technique d’élevage, ou encore de la sélection génétique d’animaux qui émettent moins de méthane», souligne le guide. Dans une étude parue au printemps, des chercheurs avaient noté une perte d'efficacité dans le temps du 3 NOP. Au même moment, le Danemark a commencé à subventionner son usage.

Pratiques commerciales Bruxelles présente ses propositions pour renforcer la position des agriculteurs

La Commission européenne a présenté le 10 décembre deux propositions visant à mieux protéger les agriculteurs au sein de la chaîne d’approvisionnement alimentaire une révision ciblée du l’OCM et un renforcement de la directive sur les pratiques commerciales déloyales. Ces dispositions avaient été annoncées suite aux manifestations agricoles du début d’année. L‘amendement du règlement OCM de la Pac va renforcer le pouvoir de négociation de agriculteurs vis-à-vis de leurs acheteurs. Bruxelles propose de rendre obligatoires les contrats écrits et d’améliorer la manière dont les contrats à long terme tiennent compte des fluctuations des coûts de production. Les États membres vont pouvoir accorder un soutien financier accru dans le cadre des interventions sectorielles de la Pac aux organisations de producteurs et leur reconnaissance juridique va être simplifiée. Parallèlement, la Commission européenne a aussi proposé un règlement permettant une application transfrontalière de la directive sur les pratiques commerciales déloyales. Un mécanisme d'assistance mutuelle va permettre aux autorités nationales chargées de faire appliquer la législation d'échanger des informations et de demander à une autorité d’un autre Etat membres de prendre des mesures en leur nom. Des actions coordonnées pourront être lancées «chaque fois qu'il existe des soupçons raisonnables de pratiques commerciales déloyales généralisées ayant une dimension transfrontalière».

Titres restaurant: l’usage au supermarché pourrait s’arrêter fin 2024 (ministre)

La secrétaire d'Etat démissionnaire à la consommation Laurence Garnier a émis des doutes sur la possibilité de prolonger au-delà du 31 décembre la dérogation permettant de faire ses courses avec des titres restaurant. Sur France Bleu, elle a indiqué que la prolongation de deux ans de la dérogation le permettant, votée par l’Assemblée nationale, doit encore passer par le Sénat. Or, selon la ministre, la Commission des affaires sociales du Sénat n'a prévu d'examiner cette prolongation mercredi qu'à la condition qu'un gouvernement ait été nommé à cette date ; et le calendrier est trop serré. Cette dérogation porte sur les produits non directement consommables, comme les sachets de pâtes, les bouteilles d’huile ou de la viande crue. Elle ne concerne ni les fruits et légumes ni les salades, plats à réchauffer ou sandwiches, que les consommateurs pourront continuer d’acheter avec des titres restaurants, tickets ou carte. Le syndicat de la restauration GHR voit l’effet de la dérogation dans le fait que la part des recettes en titres-restaurant dans la grande distribution ait progressé de 22,4% fin 2022 à 30,1% mi-2024. 

Restauration collective : second bilan de l'atteinte des objectifs Egalim, repérer les bons élèves

Le ministère de l'Agriculture vient de faire paraître le bilan des achats Egalim, récemment remis au Parlement, et qui permettra aux fournisseurs de la restauration collective de collecter de nombreuses informations sur la segmentation de ce marché, en particulier sur les «sous-secteurs» qui réalisent les meilleurs taux d’achats en produits de qualité, durables et bio. Parmi les «bons élèves» des règles Egalim, on retrouve les suivants: restauration dans l’enseignement primaire, les restaurants administratifs des collectivités territoriales et de l’Etat, la restauration des armées, de la police et de la gendarmerie ainsi que celle des crèches. En outre, le rapport établit, dans les achats par repas en 2023, les parts respectives de surcoût qui reviennent à l’inflation (de 0,14 à 0,42 euros) et à Egalim (0,17 à 0,25 euros). Le rapport permet aussi d’évaluer les parts d’achats Egalim en viandes et poisson, même si les télédéclarations des achats 2023 sur le site internet MaCantine ne représentent que 21% des sites de restauration - avec une risque de sur-déclaration chez les restaurateurs les plus proches des objectifs gouvernementaux. Certaines régions où le taux de déclaration est relativement élevé donnent un taux plus fiable du faible niveau global des achats Egalim. Ainsi en Bretagne, le rapport compte en moyenne 25,6% d’achats totaux Egalim dont 12,5% d’achats en bio.

Forêts: le commerce mondial du bois et papier a reculé de 12% en 2023, selon la FAO

Le commerce mondial des produits du bois et du papier a reculé de 12% en 2023 par rapport à 2022, les exportations atteignant 482 milliards de dollars, selon un rapport de la FAO publié le 10 décembre. Selon l'organisation des Nations unies pour l'alimentation et l'agriculture (FAO), 2023 a été marquée par une baisse de production des produits forestiers (pâte à papier, papier recyclé...), des bois ronds industriels (utilisés pour tout autre usage que l'énergie). Seuls les panneaux à base de bois ont enregistré une hausse marginale de leur production. La chute, plus importante en valeur qu'en volume, des échanges pour la plupart des produits traduit une baisse du prix des produits de la forêt, selon la FAO. La production de papier a décliné en Europe et en Amérique du Nord, a stagné en Afrique, Amérique latine et dans les Caraïbes, et n'a crû que dans la région Asie-Pacifique, essentiellement portée par la Chine. Au niveau mondial, la production de papier et de carton s'est contractée entre 2019 et 2023, passant de 404 à 401 millions de tonnes, notamment en raison du recul de la presse papier au profit des supports numériques, note la FAO. Parmi les autres enseignements du rapport, le fait que la Chine, de loin le plus grand producteur et consommateur de papier et de panneaux à base de bois, a vu à la fois croître sa production et sa consommation de produits de la forêt.