Agra Fil du 31 juillet 2026

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Forêts : en Gironde, un « cap » franchi dans la lutte contre le mégafeu

Un « cap » a été franchi le 30 juillet en Gironde à la faveur d’une météo plus clémente, et un « optimisme raisonnable » est désormais de mise chez les pompiers qui mènent depuis plus d’une semaine une lutte acharnée contre le mégafeu, toujours stabilisé autour de 42 000 ha de forêt ravagés. « Nous venons de passer un nouveau cap, une forme de bascule, puisqu’au moment où l’on parle, nous n’avons plus que trois points chauds sur l’ensemble du secteur de Saumos », s’est réjoui à la mi-journée Marc Vermeulen, patron du Sdis 33. « J’étais très inquiet mardi et mercredi, le dispositif a tenu, grâce à l’ensemble des forces mises à notre disposition » pour « couvrir cette surface gigantesque », a ajouté l’officier. Sur le terrain, 3 300 pompiers venus de toute la France, 1 500 militaires, 1 250 policiers et gendarmes, forestiers, agriculteurs et bénévoles venus en nombre conjuguent leurs efforts, épaulés par 24 moyens aériens, dont sept fournis via le mécanisme européen de solidarité. Après huit jours de lutte contre le plus grave incendie en France depuis 1949 – qui est «stabilisé » –, la solidarité règne toujours entre les pompiers et les volontaires : mots d’encouragement, grands sourires, coups de klaxon au passage des tracteurs.

Porc/volaille : un leader britannique de l'aliment va arrêter son activité outre-Manche

Selon la presse spécialisée, le groupe ABN, poids lourd britannique et européen de l’alimentation animale, a annoncé le 29 juillet qu’il allait arrêter la production d’aliments pour monogastriques (volailles, porcins) au Royaume-Uni. La décision a été prise par la maison-mère AB Agri, selon un communiqué. Elle juge les perspectives du secteur trop incertaines pour poursuivre l'activité. AB Agri ajoute que la décision « implique d’examiner différentes options, y compris une cession, pour nos usines ABN restantes ». Sans donner la date précise de la cessation de ses activités dans le domaine, le groupe assure qu'il va assurer, le temps de sa sortie, les livraisons à ses clients. Il ajoute que, « tout au long de ce processus, notre priorité sera de soutenir nos équipes, de communiquer ouvertement et de manière responsable, et d’apporter autant de certitude que possible ». L'annonce intervient alors que les autorités britanniques veulent réformer les productions de porcs et de volailles via sa nouvelle « stratégie pour le bien-être animal », présentée fin 2025. Ce plan prévoit notamment d’abolir les cases de mise-bas pour truies, en avance de phase avec l'Union européenne.

Loup : dans les Hautes-Alpes, trois personnes jugées en 2027 pour abattage illégal

Trois personnes seront jugées pour avoir abattu illégalement neuf loups dans les Hautes-Alpes, a annoncé la procureure de Gap 30 juillet, à l'issue d'une enquête de près d'un an. Les investigations avaient débuté en avril 2025 « à la suite d'un signalement d'atteintes à la faune sauvage » dans le nord du département, explique Marion Lozac'hmeur dans un communiqué sur ce « vaste coup de filet contre le braconnage des loups ». Selon l'AFP, des mesures de surveillance sont alors mises en place par l'OFB, qui permettent de découvrir « des dispositifs de captation d'images installés à proximité d'une habitation ». Presque un an plus tard, le 28 mars, au cours d'une de leurs observations sur ce site, les inspecteurs de l'environnement de l'OFB font des constatations leur laissant présumer qu'un loup vient d'être abattu « en dehors de tout cadre légal ». Le lendemain, l'OFB et les gendarmes découvrent lors de perquisitions un charnier d'animaux, vraisemblablement destiné à servir d'appâts pour le loup, ainsi que de « nombreuses » armes à feu et un cadavre de loup. Le 28 juillet, les enquêteurs ont procédé à l'interpellation de trois personnes, placées en garde à vue puis sous contrôle judiciaire dans l'attente d'un procès devant le tribunal correctionnel en janvier 2027. Elles devront répondre de « destruction et de complicité de destruction illégale d'espèce protégée ».

Ours : la justice suspend un arrêté d’effarouchement renforcé dans une estive d’Ariège

Lors d’une audience le 25 juillet, le juge des référés du tribunal administratif de Toulouse a suspendu un arrêté préfectoral autorisant des tirs d’effarouchement renforcé contre les ours dans l’estive d’Arréou (Ariège), rapporte France 3 Occitanie. La justice avait été saisie par plusieurs environnementales*. « Le tribunal a retenu l’intégralité de nos arguments », souligne Ferus, l’une des associations requérantes, dans un communiqué le 30 juillet : état de conservation « défavorable » de l’espèce, risques d’« effets négatifs, notamment sur les femelles suitées ». « Mais le point crucial qui a fait basculer la balance, c'est l'absence d'alternative aux tirs d'effarouchement » qui a été observée dans l’estive, analyse France 3 Occitanie. L’effarouchement ne doit être utilisé « qu'en dernier recours », rappelle Me Julie Rover, l’avocate des associations, citée par le média local. Gérée par le groupement pastoral d’Arreau, l’estive d’Arréou compte 1 900 brebis, protégée par six chiens et un gardien de nuit. « Ce dispositif n'apparaît pas proportionné » à la taille du troupeau, selon l’avocate. Le juge a considéré que les éleveurs auraient dû installer des clôtures électrifiées, avant de demander des tirs d’effarouchement renforcé en cas d’échec. * Ferus, Pays de l’Ours - Adet, Comité écologique ariégeois, Animal Cross, SNPN, FIEP

Élevage : 28 Md$ pour diviser par deux les antibiotiques facteurs de croissance (étude)

D’après un rapport de l’Organisation des Nations unies pour l’alimentation et l’agriculture (FAO), investir 28,4 milliards de dollars (Md$) au niveau mondial permettrait de diviser par deux l’usage des antibiotiques comme facteurs de croissance. Cet investissement correspond à la somme « requise pour absorber le coût économique de la transition », autrement dit compenser les pertes des éleveurs en matière de productivité et d’efficacité alimentaire. En se basant sur cinq études publiées par ses experts, la FAO a comparé l’impact économique de la réduction des antimicrobiens et celui de l’antibiorésistance, ainsi que leur évolution d’ici 2040. Les deux s’avèrent sans commune mesure : les pertes globales causées par la réduction des facteurs de croissance atteindraient 53 Md$ en 2040, contre 318 Md$ pour l’antibiorésistance. Les deux courbes se croisent en 2028, après quoi l’antibiorésistance devient « le facteur dominant des pertes de production à long terme ». Selon l’organisation onusienne, « supprimer progressivement les antibiotiques facteurs de croissance provoque des coûts d’ajustement immédiats et visibles, mais ces effets diminuent au fur et à mesure que les producteurs s’adaptent ». L’antibiorésistance, elle, « suit le chemin inverse ».

Blé tendre : Arvalis table sur un rendement de 70 q/ha en France, légèrement sous la moyenne

Dans un communiqué du 30 juillet, l’AGPB (producteurs de blé, FNSEA) a livré les premières estimations de rendements français 2026 d’Arvalis de blés et d’orges. En blé tendre, ils atteindraient 70 q/ha, soit un repli de 3 % par rapport à la moyenne quinquennale. Dans son rapport du 16 juillet, le ministère de l’Agriculture (Agreste) tablait sur 69,3 q/ha, soit une récolte d’environ 32 Mt. Sur une surface de 4,616 Mha, un rendement de 70 q/ha donnerait 32,3 Mt environ. D’autres analystes sont plus pessimistes. Courant juillet, Argus Media tablait sur 30,8 Mt, tandis que Soufflet Agriculture annonçait une fourchette de 31,5 à 32 Mt. En blé dur, Arvalis table pour le moment sur 51 q/ha (51,7 q/ha, selon Agreste), en repli de 4 % par rapport à la moyenne sur cinq ans. Sur 210 000 ha, les volumes attendraient 1,07 Mt. En orge d’hiver, la productivité moyenne est estimée à 63 q/ha, « proche de la moyenne ». Celle des orges de printemps atteindrait 53 q/ha, « un niveau globalement inférieur aux références habituelles ». La baisse des rendements incite l’AGPB à réclamer des « mesures rapides de la part du gouvernement à intégrer d’urgence dans le prochain budget de l’État », spécialement concernant les zones intermédiaires.

Vin/spiritueux : LVMH voit des « signes de reprise pour le champagne et le cognac »

Dans un communiqué du 27 juillet, le groupe de luxe LVMH a publié ses résultats semestriels, marqués par une progression des ventes de vins et de spiritueux, grâce à de premiers « signes de reprise pour le champagne et le cognac ». Au premier semestre, le groupe a vendu pour 2,6 milliards d’euros (M€) de vins et spiritueux, soit une croissance organique de 5 % sur un an. La branche dégage un résultat opérationnel courant en hausse de 11 %, à 582 M€, notamment en raison de la « poursuite de la maîtrise des coûts ». L’activité champagne (Moët & Chandon, Veuve Cliquot, Dom Pérignon, Krug, Ruinart, etc.) « montre des signes encourageants, notamment pour les cuvées de prestige », souligne l’entreprise. Quant au cognac Hennessy, il « voit la poursuite en Chine de la bonne dynamique amorcée lors du Nouvel An chinois ». Aux États-Unis, la marque de cognac a récemment lancé une gamme de cocktails prêts à servir. Enfin, les rosés de Provence (Minuty, Château d’Esclans) « poursuivent leur bonne progression ». Au premier semestre 2026, l’activité Vins et spiritueux a représenté 6,7 % des ventes et du résultat du groupe LVMH.

Vin/céréales : le négoce Perret structure une filiale dédiée à l'agrofourniture viticole

Dans un communiqué paru le 30 juillet, le négoce Perret annonce la création d'une filiale dédiée aux « professionnels de la filière viticole », intitulée Perret solution vin. Elle réunira, à partir du 1er août, les équipes de Perret SA dédiées à la gamme vin et celles de Viséa Couturier. La filiale sera implantée sur les sites de Violès et Beaumes-de-Venise dans le Vaucluse, de Pézenas dans l’Hérault et de Pignans dans le Var, ce qui lui offrira « un ancrage territorial fort en Vallée du Rhône, en Provence et en Languedoc-Roussillon », indique le groupe dans son communiqué. L'offre du groupe comprendra des « produits œnologiques et produits d’hygiène » ; « consommables vinicoles, matières sèches et packaging » ; « matériels et équipements de cave » ; « études techniques, accompagnement des projets et service après-vente ». Pour rappel, en janvier, Perret était entré en négociation exclusive pour la reprise des activités de Soufflet Vigne dans les régions Côtes du Rhône, Provence et Languedoc. Soufflet Vigne distribue des intrants, du conseil et du matériel à destination des viticulteurs et des caves, pour un chiffre d'affaires de 101 M€, au travers de 30 points de vente. En 2020, Perret avait racheté le groupe Couturier Viséa.

Spiritueux : Armagnac Castarède rejoint le groupe Maisons & Manufactures

Un peu plus d'un an après la disparition de sa dirigeante, Armagnac Castarède, plus ancienne maison de négoce d'armagnac, a été rachetée, le 15 juillet, par le groupe Maisons & Manufactures, rapporte le média spécialisé VS News. Fondé par Hugues Souparis, ce groupe rassemble des sociétés de produits très haut de gamme (montres, ceintures, spiritueux). Il détient déjà Maison Brana, société de vins et spiritueux du Sud-Ouest, basée dans le Pays basque.

Agenda de la semaine agricole du 3 août 2026

Mercredi 5 août
Prévisions mondiales de production de pommes et de poires, au salon Prognosfruit (Allemagne)

À nos abonnés: possible ralentissement des parutions en période estivale

En raison du ralentissement de l'actualité en période estivale, l'Agrafil, Agra Business, et les Agra Lives pourront être diffusés à un rythme légèrement moins soutenu jusqu'à la fin du mois d'août. En vous remerciant de votre compréhension.