Agrafil du 07 janvier 2022

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Influenza aviaire: abattages préventifs imminents dans les Landes (préfecture)

La préfecture des Landes a annoncé le 6 janvier qu'une plateforme d'abattage sera «opérationnelle à partir de ce vendredi 7 janvier» en vue de procéder à des abattages préventifs de volailles pour «freiner la propagation» de l'influenza aviaire. Gérée par GT Logistics (prestataire sous contrat avec le ministère de l'Agriculture), la plateforme ne traitera que «les animaux testés négatifs au H5N1 avant transport». Par ailleurs, l'interdiction de mise en place de volailles dans un périmètre de 20 km autour des foyers, initialement prévue jusqu'au 7 janvier, «est maintenue jusqu’au 14 janvier». «Des dépeuplements préventifs apparaissent indispensables pour freiner la progression du virus», explique la préfecture dans un communiqué, «compte tenu de l’apparition de nouveaux foyers presque quotidiennement». Au 6 janvier, les autorités dénombrent 24 cas dans les Landes – et 46 dans l'ensemble de la France. «Les foyers se concentrent aujourd’hui dans une dizaine de communes reparties entre Cazalis et Samadet, dans un ensemble limitrophe des Pyrénées-Atlantiques et du Gers», précise la préfecture. Autour du premier foyer landais, découvert à Hastingues le 17 décembre, aucun nouveau cas n'a été observé «depuis une quinzaine de jours». Le ministre de l'Agriculture est attendu le 7 janvier après-midi pour une réunion avec les professionnels et les élus à la préfecture des Landes, à Mont-de-Marsan.

Risques climatiques: les députés de la Coméco accélèrent le calendrier de la réforme

Les députés de la commission des Affaires économiques (Coméco) ont adopté, le 6 janvier, une trentaine d’amendements modifiant le projet de loi (PJL) sur la gestion des risques climatiques en agriculture. Par deux sous-amendements du rapporteur Frédéric Descrozaille (LREM, Val-de-Marne), la commission a voté la réduction du délai octroyé au gouvernement pour prendre l’ordonnance prévue à l’article 7 du PJL. Ce délai passe de neuf à six mois pour définir les contours et missions du groupement d’assureurs (pool) et «les nouvelles missions confiées à la Caisse centrale de réassurance». Cette mesure découle de quatre amendements identiques, inspirés par la FNSEA, requérant que le délai soit rabaissé à trois mois. De plus, les députés souhaitent que la mise en œuvre du Comité chargé de l’orientation et du développement des assurances récoltes (Codar), prévue dans l’article 5 du PJL, puisse intervenir dès publication de la loi – au lieu du 1er janvier 2023. Cette disposition résulte là encore de quatre amendements identiques, inspirés par le syndicat majoritaire. Les autres amendements adoptés sont principalement rédactionnels. Le PJL sera discuté en plénière à l'Assemblée nationale le 12 janvier.

Négociations commerciales: les coopératives laitières «tirent la sonnette d’alarme»

Dans un communiqué du 6 janvier, la Coopération agricole laitière «tire la sonnette d’alarme» sur l’inflation des charges des producteurs et des transformateurs, et demande aux distributeurs de prendre en compte «les hausses de coûts, tant à l’amont qu’à l’aval de la filière» dans le cadre des négociations commerciales annuelles en cours. En un an, l’indice Ipampa lait de vache (coûts de production) a augmenté de 11%. Interrogé par Agra Presse, le président de la Coopération laitière Damien Lacombe alerte sur «l’essoufflement des producteurs qui connaissent toujours plus de tensions sur leur rémunération et leur charge de travail». Face à un niveau d’inflation «sans précédent», il estime la hausse de tarif nécessaire «entre 8 et 10%» sur les produits laitiers. «Il faut que cette hausse se répercute jusqu’aux consommateurs pour les marques nationales et les marques distributeurs, insiste-t-il. Cela ne représenterait qu’une inflation de quelques euros par an et par famille.» Avec la promulgation tardive de la loi Egalim 2, les négociations commerciales «ont pris du retard» et les distributeurs hésitent désormais à accepter les niveaux de revalorisation élevés demandés par les industriels, touchés par la hausse des prix de l’énergie et des emballages. «La situation n’a jamais été aussi complexe», s’inquiète Damien Lacombe.

Varenne: présentation des diagnostics territoriaux fin janvier (APCA)

Dans le cadre de la thématique 2 du Varenne de l'eau et du changement climatique, les chambres d’agriculture devraient dévoiler leurs diagnostics en matière d’adaptation par territoire lors d’une réunion autour du ministre fin janvier, apprend-on auprès de l’APCA. «Ce devait être un besoin: les gens ont répondu fin novembre et sans retard», se félicite Olivier Dauger, président de la chambre des Hauts-de-France, en charge du climat au sein du bureau de l’APCA. Ces synthèses détaille-t-il, sont «terre à terre», en se concentrant sur le sol, et les systèmes agronomiques en général. Une vision différente de celle des filières qui, dans les synthèses envoyées à la Rue de Varenne dès la fin octobre, ont plutôt misé sur les innovations en matière de génétique ou de robotique. Alors que les filières et les chambres devraient bientôt s’engager à définir des plans d’action précis courant 2022, un travail de coordination important sera nécessaire pour assurer le déploiement sur le terrain de l'ensemble des trajectoires, selon l’élu. «Ces éléments doivent aller jusqu’à l’agriculteur, avec une valorisation dans les filières, et sans contradiction entre les différents cahiers des charges qu’elles pourront élaborer», insiste Olivier Dauger.

Influenza: le Cifog veut que la vaccination soit à l'ordre du jour de la PFUE

Le dossier de la vaccination des volailles contre l'influenza aviaire «doit impérativement faire partie de la feuille de route de la présidence française de l’Union européenne» (PFUE), exige le Cifog (interprofession du foie gras) dans un communiqué le 6 janvier. La filière souhaite «faire évoluer le champ réglementaire européen et international pour que l'on puisse vacciner et exporter», précise la directrice du Cifog Marie-Pierre Pé, dans un entretien à Agra Presse. «Il faut poser ce débat, le contexte est réuni car tous les grands producteurs avicoles européens sont massivement touchés par l'influenza», explique-t-elle. Avec 46 cas en élevages au 6 janvier, la France fait face à une accélération de l'épizootie. Dans son communiqué, le Cifog formule plusieurs demandes aux pouvoirs publics: «renforcement des moyens humains» pour «accélérer les actions de dépeuplement», études épidémiologiques pour comprendre les causes de la diffusion dans la «zone évolutive» autour de Mant (Landes) et Malaussanne (Pyrénées-Atlantiques). Enfin, l'interprofession demande à l’administration de «verser les aides 2021/2022 en priorité aux exploitations à nouveau touchées par l’influenza aviaire et n’ayant pas encore reçu le solde des aides de l’épizootie 2020/2021».

Biofioul: nouvelle étape avec l’interdiction des chaudières au fioul 100% fossile

Le Journal officiel du 6 janvier publie un décret qui interdira à partir du 1er juillet 2022 l’installation de chaudières au fioul 100% fossile. Le critère est celui des émissions de CO2: ce décret permet aux ménages concernés d’installer de nouveaux équipements alimentés avec un biocombustible liquide dès lors que celui-ci respecte le plafond de 300 g de CO2 eq/kWh PCI. Dans un communiqué commun, sept organisations professionnelles* «saluent ce décret instituant la transition du fioul domestique vers le biofioul». Le biofioul est une énergie liquide sous forme d’ester méthylique de colza (EMC). Le choix du colza tient aux nombreux atouts de cette plante dont la France est l’un des premiers producteurs en Europe: 80 000 agriculteurs cultivent du colza sur l’ensemble du territoire, rappelle le communiqué.
* Dont la Fop (producteurs d’oléoprotéagineux, FNSEA), le syndicat des estérificateurs Estérifrance et la FF3C (Fédération des combustibles, carburants et chauffage).

Lait: la marque C’est qui le patron ?! en top des ventes de lait et de beurre

Après s’être hissée à la place de n°1 des ventes de lait en décembre, la marque C’est qui le patron?! (CQLP) prend la première place des ventes de beurre en grande distribution avec ses plaquettes de beurres bio doux et salé, révèle le classement du panéliste NielsenIQ le 6 janvier. Devant Lactel et Candia pour le lait, Président et Grand fermage pour le beurre, le succès des produits laitiers CQLP, produits selon un cahier des charges défini par les consommateurs, ne se dément pas. La marque avait été créée en 2016 par Nicolas Chabanne et Laurent Pasquier avec l’objectif de coller au mieux aux attentes des consommateurs tout en garantissant une meilleure rémunération aux éleveurs. Gérée sous la forme d’une société collective (SCIC) par les consommateurs sociétaires, C’est qui le patron?! avait pris l’engagement de reverser la totalité des bénéfices réalisés en 2021 aux producteurs et aux personnes en difficulté. La marque commercialise au total 21 produits dans les supermarchés français, et son modèle s’est exporté dans neuf autres pays, dont l’Allemagne, l’Italie, les États-Unis et le Maroc.

Semences: la coopérative Arterris investit 14 M€ dans ses usines

La coopérative Arterris investit 14 millions d'euros (M€) dans la modernisation et la diversification de ses usines de semences, a-t-elle annoncé le 4 décembre. Davantage de bio, de soja et légumes secs, moins de blé dur: la production des trois usines dans l’Aude et les Bouches-du-Rhône s’adapte aux évolutions du marché. Une première tranche de travaux vient d’être livrée, qui concerne principalement Castelnaudary (9,5 M€). Le site réserve un bâtiment au traitement et au stockage des semences bio hybrides. Une nouvelle ligne d’enrobage est installée, permettant l’utilisation de biostimulants. De nouvelles espèces, soja et hybrides bio, sont désormais traitées. La deuxième phase du projet (3,5 M€) à Castelnaudary doit s’achever en septembre. Elle comprend une nouvelle ligne de production bio, une autre pour le triage et calibrage des «graines fragiles» de colza, tournesol, soja, légumes secs. L’effort d’investissement est élevé, par rapport aux 80 M€ que pèse l’activité semences d’Arterris (chiffre d’affaires consolidé d'1 Mrd€). «À la clé, nos capacités augmentent: les semences de maïs, tournesol sont 100% disponibles fin février et non plus en mars», souligne le directeur d’activité Thierry Gestain. La production bio doit tripler en deux ans.

Influenza aviaire: rare cas de contamination humaine en Angleterre

Une personne a été contaminée par l'influenza aviaire dans le sud-ouest de l'Angleterre, a indiqué le 6 janvier l'agence de sécurité sanitaire britannique (UKHSA), soulignant que le risque restait «très faible» pour les humains malgré une forte épidémie chez les volatiles. Le Royaume-Uni est confronté depuis novembre à une flambée de grippe aviaire sans précédent, rappelle l'AFP. Des centaines de milliers d'oiseaux ont été abattus en raison de cette maladie virale propagée par des oiseaux migrateurs provenant du nord de la Russie et de l'est de l'Europe. Le cas de l'individu contaminé a été détecté après l'identification d'une épidémie de la souche H5N1 de la grippe aviaire parmi ses volatiles. «La personne a été contaminée à la suite de contacts très étroits et réguliers avec un grand nombre d'oiseaux infectés, qu'elle a gardés dans et autour de sa maison pendant une période prolongée», a expliqué l'UKHSA dans un communiqué. Le malade «se porte actuellement bien et reste à l'isolement». «Tous les contacts de l'individu, y compris ceux qui se sont rendus sur les lieux, ont été retrouvés et il n'y a aucune preuve d'une propagation de l'infection à quelqu'un d'autre», indique l'UKHSA.

Finance: 14% du portefeuille agricole français de BPCE est «durable»

Troisième acteur bancaire sur le marché agricole français, le groupe BPCE vient d'annoncer, dans un communiqué le 6 janvier, qu'il est le premier établissement européen à voir émis des «obligations vertes» dédiées à l'agriculture. Un emprunt obligataire (non bancaire) de 750 millions d'euros a été émis, souscrit par 78% d'investisseurs spécialisés dans la finance verte, précise-t-on chez BPCE. Ces fonds visent à refinancer des crédits déjà alloués à des exploitations françaises pratiquant une «agriculture durable», dont 40% en bio et 60% «en transition vers une agriculture durable». Pour définir ce qu'est l'«agriculture durable», le groupe BPCE a édité une «note méthodologique», notamment avec le concours des Banques populaires du Sud et d'Occitanie. Cette définition recouvre un peu moins de 14% des encours agricoles français de BPCE, indique-t-on. Elle inclut notamment les exploitations bio, HVE et Agri Confiance.

Ovins: Peta lance une campagne contre la laine et la viande dans le métro parisien

«Pas des tricots, ni des gigots. Go vegan.» L’association Peta France (pour «People for the ethical treatment of animals») annonce le 6 janvier le lancement d’une campagne incitant à arrêter toute consommation de laine et de viande ovine sur près de 200 panneaux d’affichage dans le métro parisien. Misant sur les bonnes résolutions de début d’année, ainsi que sur le Veganuary («janvier vegan»), l’association veut convaincre les Parisiens «de s’engager à laisser ces individus sensibles hors de nos assiettes et de nos garde-robes». Depuis 2014, l’association a filmé 14 vidéos dans une centaine d’exploitations en Australie, en Argentine, aux États-Unis, ou au Chili, pour dénoncer «des maltraitances abjectes envers des agneaux et des moutons» lors des tontes. Une autre enquête menée dans un élevage d’alpagas aux États-Unis avait par ailleurs conduit plusieurs grandes marques, dont Uniqlo, Mark & Spencers et Valentino, à éliminer l’alpaga de leurs collections. Autant de dénonciations qui visent à rappeler les positions de Peta: «Il n’y a tout simplement aucune manière éthique d’exploiter des animaux pour des intérêts humains.»

Agroalimentaire: le député Mickaël Nogal nommé directeur général de l’Ania

Le député LREM de la Haute-Garonne Mickaël Nogal a été nommé directeur général de l’Ania (industries agroalimentaires), a annoncé l’association nationale dans un communiqué du 5 janvier. Il succède à Gilles Rouvière, qui a assuré l’intérim après le départ de Catherine Chapalain. Le communiqué précise qu'il prendra ses fonctions le 1er mars, après la fin de la session parlementaire. Ancien responsable des relations institutionnelles chez Orangina Suntory France, Mickaël Nogal a été élu député en 2017. À 31 ans, il occupe un poste de vice-président de la commission des Affaires économiques à l’Assemblée, ainsi que la présidence du Conseil national de l’habitat. Il a notamment été rapporteur du projet de loi Climat.

Agenda de la semaine agricole du 10 janvier

Vendredi 7 janvier
Vœux à la presse de Yannick Jadot (candidat écologiste à la présidentielle)
Déplacement du ministre de l'Agriculture dans les Landes sur l'influenza aviaire

Lundi 10 janvier
Lancement de la marque «Nous autrement» par trois coopératives de Bourgogne-Franche-Comté
Les députés examinent en séance publique le projet de loi sur les travailleurs indépendants (comprenant l'assurance chômage pour les agriculteurs), jusqu'au 11 janvier

Mardi 11 janvier
Vœux à la presse de la FNSEA (propositions pour la présidentielle)

Mercredi 12 janvier
Conférence de presse de la Coopération agricole sur la présidence française de l'UE (PFUE)
Vœux à la presse de la Coordination rurale (propositions pour la présidentielle)
Conseil spécialisé Grandes cultures de FranceAgriMer
Les députés de la commission des Affaires étrangères auditionnent le secrétaire d'État Clément Beaune sur la PFUE
Examen en séance publique du projet de loi portant sur la gestion des risques (Assemblée nationale)

Jeudi 13 janvier
Vœux de l'AGPB (producteurs de céréales, FNSEA)
Visio-conférence de Limagrain (nouveau président)
À l'Assemblée, examen en séance publique de deux propositions de loi des Insoumis (blocage des prix, interdiction du glyphosate)
Visio-conférence de Solagro et de l'Inrae sur l'analyse du cycle de vie du biométhane