Agrafil du 9 mars 2026

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Syndicalisme : un élu chambre CR soupçonné d’agression sexuelle pendant le Sia (presse)

Selon Ici Touraine (ex-France bleu), le vice-président de la chambre d’agriculture d’Indre-et-Loire Jérôme Lespagnol (Coordination rurale) a démissionné de ses fonctions et serait « soupçonné d'agression sexuelle ». Le média public affirme que les faits se sont déroulés le 22 février, sur le stand de la Coordination rurale au Salon de l’agriculture. Ici Touraine évoque « de nombreux SMS à caractère sexuel » envoyés à « une jeune salariée » de la CR du Centre-Val de Loire, ainsi que des « mains aux fesses ». Après ces faits, la jeune femme a été « prise d’un malaise » et évacuée par les pompiers. Interrogé par le média public, M. Lespagnol nie les faits au Sia, mais admet un échange « un peu déplacé ». Il indique avoir démissionné de la chambre « pour raisons personnelles et médicales ». Toujours selon Ici Touraine, cette affaire et le silence entretenu par le syndicat auraient « précipité la démission » de l’ancienne présidente nationale Véronique Le Floc’h du comité directeur de la CR. Également interrogé par Ici Touraine, le secrétaire général de la CR, François Walraet, estime qu’il est « hors de question de couvrir de tels actes », tout en confirmant qu'« aucune mesure n'a été prise, pour l'instant, à l'encontre de l'élu ».

Femmes en agriculture : la Conf’ présente son plan, regrette le silence de la Rue de Varenne

Dans un communiqué de presse publié le 5 mars, la Confédération paysanne dévoile son plan d’actions en faveur des femmes en agriculture, bâti avec la Fédération des associations pour le développement de l’emploi agricole et rural (Fadear). « Notre plan englobe l’ensemble des leviers à partir desquels tout plan national digne de ce nom devrait s’articuler.», y est-il expliqué. Le plan d’actions s’articule autour de six thématiques : reconnaissance et statut ; égalité des retraites ; installation ; répartition du pouvoir et gouvernance ; conditions de travail et santé ; vie professionnelle et personnelle. À l’occasion du dernier Salon de l’agriculture, le ministère avait présenté le plan gouvernemental pour « favoriser la place des femmes en agriculture ». À ce sujet, la Confédération paysanne trouve regrettable que « la ministre de l’Agriculture n’ait pas fait le choix d’intégrer les propositions de la Confédération paysanne, ni l’expérience de terrain du réseau Fadear ou d’autres organisations professionnelles telles que Réseau Civam. À ce stade, aucun engagement opérationnel pour la traduction de ce plan n’a d’ailleurs été annoncé par la ministre. »

Vin : le guichet de 130 M€ pour l’arrachage prolongé jusqu’au 11 mars

Initialement prévu jusqu’au 6 mars, le guichet de 130 M€ pour l’aide à l’arrachage définitif de vignes est prolongé jusqu’au mercredi 11 mars à 12h, selon une décision du directeur général de FranceAgriMer publiée le 4 mars au Bulletin officiel. « Cet AMI (appel à manifestation d‘intérêt, NDLR) est le seul vecteur pour pouvoir bénéficier du dispositif d’aide à venir », rappelle l’organisme public dans un communiqué. « Un viticulteur éligible qui n’aurait pas déclaré ses intentions d’arrachage dans ce cadre ne pourra pas bénéficier de l’aide mise en œuvre. » Alors que la viticulture traverse une grave crise de débouché, ce guichet d’aide – le second depuis fin 2024 – a été ouvert le 6 février. Selon l’AGPV (production viticole), le dispositif donne la priorité aux vignerons quittant le métier. Par ailleurs, le bénéficiaire « ne pourra pas demander d’autorisations de plantations nouvelles pendant les dix campagnes viticoles » suivantes. Lors de l’ouverture du guichet, FranceAgriMer a confirmé que l’aide représente un montant forfaitaire de 4 000 €/ha. Annie Genevard avait annoncé cette aide à l’arrachage le 24 novembre 2025, dans le cadre d’un plan plus large d’aide au secteur vinicole, comprenant des allègements de charges, des prêts garantis et des aides à la trésorerie.

Vin: policiers et vignerons commémorent ensemble un drame de la «guerre du vin»

Cinquante ans après une fusillade qui avait fait un mort chez les vignerons et un autre parmi les CRS à Montredon-des-Corbières (Aude), viticulteurs et forces de l’ordre ont commémoré ensemble le 8 mars ce drame, «tournant» des luttes viticoles dans la région (voir notre dossier sur l'histoire des modes d'action syndicaux). Le 4 mars 1976, tandis que l’ouverture des frontières voulue par la construction européenne provoquait une mévente des vins du Languedoc en raison de la concurrence italienne, plusieurs milliers de manifestants avaient bloqué le pont de Montredon et la voie ferrée en contrebas. Des incidents avaient alors éclaté, et dans des échanges de coups de feu, le vigneron Émile Pouytès et le commandant de CRS Joël Le Goff avaient été tués. Vignerons et membres des forces de l’ordre avaient déjà l’habitude de se recueillir chaque année devant les stèles des deux hommes, mais à des moments différents. Mais cette année, pour la première fois, ils ont décidé de commémorer ces victimes ensemble. Une cérémonie religieuse au cours de laquelle l’évêque de Carcassonne, Bruno Valentin, a lu un message du pape Léon XIV écrit pour l’occasion, les a d’abord réunis, avant qu’ils ne marchent vers les stèles, drapeaux français et occitan en tête, aux côtés d’élus de tous bords.

UE-Mercosur : le Sénat paraguayen valide l’accord commercial intérimaire

Le Sénat du Paraguay a approuvé à l’unanimité (38 voix), le 4 mars, le projet de loi accompagnant l’accord commercial intérimaire entre l’UE et les pays du Mercosur. Ce projet de texte doit à présent être soumis à la Chambre des députés. Après la finalisation du processus de ratification de l’Uruguay et de l’Argentine le 26 février, puis du Brésil le 4 mars, le Paraguay est le dernier pays signataire du bloc sudaméricain à ne pas avoir encore entériné le traité commercial signé le 17 janvier à Asuncion (Paraguay). En amont du vote, le ministre paraguayen de l'Industrie et du commerce, Marco Riquelme, a souligné les avantages spécifiques pour le Paraguay, notamment dans le secteur agricole avec des quotas supplémentaires pour la viande porcine, les biocarburants et le sucre biologique. De son côté, la Commission européenne a décidé, le 27 février en plein Salon de l’agriculture à Paris, de procéder à l'application provisoire de l’accord UE-Mercosur, sans attendre l’aval du Parlement européen, qui a sollicité l’avis de la Cour de Justice de l’UE en janvier sur la compatibilité du texte avec les traités européens.

Engrais : le Copa-Cogeca dévoile ses exigences concernant le futur plan d’action de Bruxelles

Les organisations et coopératives agricoles de l’UE (Copa-Cogeca) ont publié, le 6 mars, un papier de position concernant le futur plan d’action sur les engrais que la Commission européenne doit présenter dans les prochains mois. Le document du Copa-Cogeca contient des propositions à court, moyen et long terme afin « d’apporter un soulagement » et de « rétablir la stabilité du marché ». Comme attendu, les organisations plaident pour la suspension immédiate du MACF (mécanisme d’ajustement carbone aux frontières) pour les engrais, mais aussi pour la suspension des droits de la nation la plus favorisée (NPF) et des mesures anti-dumping sur les importations d’engrais pour sécuriser l’approvisionnement. Elles souhaitent, en outre, des modifications ciblées, « sans délai », de la directive Nitrates, afin d’obtenir une plus grande flexibilité dans l’utilisation du fumier et d’autoriser l’usage du digestat au-delà des seuils actuels. Elles préconisent aussi l’harmonisation des règles pour développer à grande échelle les nutriments organiques et recyclés. Le Copa-Cogeca conclut en indiquant que « ces mesures représentent le minimum nécessaire pour répondre à une crise que les agriculteurs dénoncent depuis des années ».

Phosphates: la justice tunisienne rejette une plainte en référé contre GCT

La justice tunisienne a rejeté, le 26 février, une plainte en référé qui demandait la suspension temporaire de la production de Groupe chimique tunisien (GCT), entreprise publique qui fabrique des engrais phosphatés et de l’acide phosphorique. La justice a estimé que les accusations de contamination étaient infondées. Le Forum tunisien pour les droits économiques et sociaux (FTDES), l'une des ONG les plus engagées de Tunisie, a vivement critiqué cette décision, la qualifiant de « recul grave dans le traitement du dossier de pollution environnementale le plus lourd du pays ». « La pollution émanant des unités du groupe n'est pas une allégation : elle est attestée par des rapports officiels », affirme le FTDES. Cette affaire a été marquée par des dizaines de cas d’intoxications signalés en septembre et octobre, notamment chez des écoliers, ravivant le débat public sur la pollution industrielle. En signe de protestation, des milliers d'habitants étaient descendus dans les rues de Gabès pour réclamer la fermeture de l'usine. Inauguré en 1972 en bord de mer, GTC utilise de l’acide sulfurique et de l’ammoniac pour fabriquer des engrais à base de phosphates et rejette les résidus gazeux et solides en pleine nature. Le tribunal doit encore se prononcer sur le fond du dossier, et les plaignants prévoient de faire appel. 

Fromages : le résultat 2025 de Savencia pénalisé par la hausse des prix du lait

Le groupe Savencia Fromage & Dairy (marques Cœur de Lion, St Môret, Tartare, Caprice des Dieux) a annoncé le 5 mars un bénéfice net en recul de 30 % en 2025, affecté notamment par la hausse des prix du lait, dans un contexte de consommation « fragile » notamment en Europe. L'entreprise, deuxième groupe fromager français, a réalisé un bénéfice net de 74,7 M€. Elle évoque, dans un communiqué, « la flambée record des prix du lait », ainsi que des dépréciations d’actifs et des coûts liés à des projets d’optimisation. Le chiffre d'affaires annuel, de 6,96 Md€, a reculé de 2,6 %, du fait d'un effet de change défavorable, mais est en croissance de 1,6 % hors effets de change et de périmètre, souligne Savencia. Savencia Fromage & Dairy confirme en outre son rapprochement avec Savencia Gourmet, avec l'acquisition de ses activités chocolat (dont le chiffre d'affaires s'est élevé à environ 800 M€ en 2025). Pour 2026, les perspectives « demeurent marquées par un environnement incertain et volatil », avec un contexte de consommation toujours « fragile notamment en Europe », des « tensions géopolitiques et changements de paradigmes économiques entraînant un ralentissement de la croissance mondiale », des évolutions sur les taxes à l’international, énumère le groupe.

Porc: comment la Cooperl a réduit les GES de 20% pour son jambon «impact climat réduit»

La récupération du méthane issu des effluents d’élevage est le principal levier de décarbonation du jambon Madrange « jambon « impact climat réduit – 20% de CO2 ». lancé à la fin février, a expliqué Michaël Bérard, chargé d’études environnementales de Cooperl, à Agra Business. Les éleveurs fournissant cette filière méthanisent, individuellement ou collectivement, a indiqué l’ingénieur, réduisant ainsi de plus de 10% les émissions de leurs élevages. L’autre levier est la nutrition des porcs. Ceux de Cooperl étant non castrés, ils valorisent mieux l’alimentation. L’analyse de cycle de vie (ACV) de aliment économisé par ces porcs représente une moindre émission carbone de 8,6% par rapport au standard, une donnée enregistrée au titre du « porc bien-être de Cooperl » dans Agribalise, a souligné Michaël Bérard. Pour atteindre avec dix ans d’avance l’objectif de décarbonation agricole de 46% en 2050 (au titre des Accords de Paris, par rapport à 2015), soit dès 2040, Cooperl prévoit de méthaniser plus de 90% du lisier des élevages. Selon Michaël Bérard, moins de 10% des éleveurs de la coopérative méthanisent aujourd’hui. Cooperl a aussi engagé des travaux de R&D sur le mode de production des céréales servant à nourrir les porcs. 

Bio : Naturalia affiche +8,3% de chiffre d’affaires en 2025

L’enseigne bio Naturalia (groupe Casino) voit son chiffre d’affaire (CA) augmenter de 8,3% en 2025, à périmètre constant, selon un article du média spécialisé Bio Linéaires. Chez le numéro 3 des distributeurs bio (derrière Biocoop et La Vie claire), le chiffres d’affaires HT s’établit à 310 millions d’euros (M€). Le trafic clients affiche une croissance similaire, de +8,2% sur un an. Sur le quatrième trimestre, le segment alimentaire est en hausse de 9%, et les ventes en ligne bondissent de 25%. De manière générale, la consommation de bio a connu une embellie en 2025. La consommation de produits à domicile a augmenté de 3,5 % en valeur, selon les données provisoires présentées par l'Agence bio le 26 février. Le 3 mars, La Vie claire annonçait une croissance de 7,4% de son CA en 2025, pour atteindre 348 M€, à périmètre constant.

Eau: pour la Charente, le projet de réalimenter son fleuve en puisant en Corrèze est «inaccessible»

Le projet pharaonique consistant à puiser de l’eau en Corrèze pour approvisionner le fleuve Charente, via la Vienne, à l’étude depuis un an, est financièrement «inaccessible», a estimé le 4 mars le président du département de la Charente. «Vu notre situation financière, c’est inaccessible», a indiqué Jérôme Sourisseau, le président du département de la Charente, à l’occasion d’une conférence de presse à Tulle avec ses homologues de Corrèze et Charente-Maritime. Dans un communiqué, les départements de la Charente-Maritime et de la Charente, à travers l’EPTB Charente, l’établissement public de bassin, disent «prendre acte» des conclusions des travaux et «souhaitent s’inscrire dans une dynamique recentrée sur les sujets propres à leur périmètre de compétence». En avril 2025, le président de la région Nouvelle-Aquitaine, Alain Rousset, avait estimé que ce projet, soutenu par le président du département de la Corrèze Pascal Coste, «serait un échec». «On va regarder des solutions plus proches de nous», traduit Mickaël Villéger, président de Charente Eaux et vice-président au département, en charge de ces questions. Une des pistes consiste à rehausser la Touvre, un affluent de la Charente, avec des digues amovibles afin de mieux soutenir l’étiage, ou encore de désenvaser le lac de Lavaud, qui sert de retenue d’eau à la Charente afin de gagner de précieux millions de m3 d’eau, à moindre coût.

Distribution : Michel Biero va rejoindre le groupe Prosol (presse)

L’ancien vice-président de Lidl Michel Biero, qui avait quitté le distributeur allemand début 2025, va rejoindre le groupe Prosol (Grand Frais), apprend-on le 5 mars dans la presse spécialisée. Comme le précise LSA (article payant), il sera à la tête de la branche « fruits et légumes », qui « représente plus de 50 % de l’activité de Prosol » (4,3 Md€ de chiffre d’affaires en tout). Le secteur fruits et légumes – central pour le groupe en termes notamment d’attrait des consommateurs – « occupe une bonne partie de ses effectifs aussi bien en entrepôts qu’en magasins », souligne le média spécialisé. Il comprend aussi des « unités de production, dont deux murisseries, un atelier de découpe et une unité d'ensachage ». En passe d’être racheté par l’américain Apollo Funds, le groupe Prosol nourrit d’importantes ambitions de croissance pour les prochaines années. Au cours de ses 25 années passées chez Lidl, Michel Biero avait notamment œuvré pour rapprocher le distributeur du monde agricole.

Addendum à l'agenda de la semaine agricole du 9 mars 2026

Mercredi 11 mars
Le Haut Conseil pour le climat présente son avis sur la SNBC (stratégie nationale bas carbone)