Agra Business | Prosol/Apollo, Invivo/Advini, Bel/APBO, Scara

hero

Grande distribution : Prosol, maison mère de Grand Frais, acquis par l’américain Apollo

Apollo Funds a annoncé le 16 décembre qu’il allait acquérir le groupe Prosol, distributeur français de produits frais et maison mère de l’enseigne Grand Frais. Le fonds américain Apollo acquiert cette part majoritaire du capital auprès du fonds français Ardian. « Les actionnaires et l'équipe dirigeante actuels de Prosol réinvestiront aux côtés des Fonds Apollo », lit-on dans un communiqué. La transaction est soumise à la réalisation de certaines conditions suspensives, notamment l'obtention des autorisations réglementaires, et devrait être finalisée au deuxième trimestre 2026. Prosol exploite près de 450 magasins en France sous les enseignes principales Grand Frais (fruits, légumes, produits laitiers et poissons) et Fresh (une chaîne de magasins en propre vendant fruits, légumes, produits laitiers, poissons et viandes). Le portefeuille de marques de Prosol comprend également La Boulangerie du Marché, mon-marché.fr, BioFrais et Banco Fresco en Italie. Avec cet acquisition, Apollo complète son portefeuille d’actifs sous gestion qui atteint 908 Md$ dans le monde. En France, Apollo détient des participations en capital-investissement dans Constellium, Verallia et Vallourec.

UE-Mercosur : Coopérative U « n'achètera pas de produits d'Amérique du Sud » (p.-d.g.)

Les coopératives U « n’achèteront pas les produits » issus de l'accord commercial entre l'UE et les pays du Mercosur, a affirmé son p.-d.g. Dominique Schelcher le 16 décembre, qualifiant le Mercosur de « Shein de la concurrence déloyale ». « Nous n'achèterons pas ces produits s'ils devaient arriver en France », a-t-il déclaré sur RMC/BFMTV, « on n'achètera pas de produits d'Amérique du Sud à partir du moment où il y a les produits équivalents français ». « Le Mercosur c'est un peu le Shein de la concurrence déloyale », a-t-il dit, en référence au groupe asiatique controversé de mode éphémère. « Quand on oblige des agriculteurs à produire avec un certain nombre de normes, de contraintes qui sont lourdes, mais que des produits sont susceptibles d'arriver avec des contraintes moindres, c'est une forme de concurrence déloyale », a-t-il estimé. « Il faut se protéger », selon Dominique Schelcher, qui « espère que jeudi (18 décembre, NDLR), il y aura la prise en compte des demandes de la France pour protéger aussi notre agriculture ». La France plaide pour un report en 2026 du vote prévu cette semaine au Conseil européen. Ce traité favoriserait les exportations européennes de voitures, de machines, de vins et de spiritueux. En retour, il faciliterait l'entrée en Europe de viande, sucre, riz, miel ou soja sud-américains, ce qui alarme les filières.

Vin : InVivo en passe de céder des activités au négociant AdVini

Cordier, branche vin du groupe coopératif InVivo, et AdVini, leader français des vins de terroir, ont annoncé le 15 décembre être en « négociations exclusives » pour un « rapprochement de certaines de leurs activités ». L’opération, qui doit être finalisée « avant le 31 mars prochain », consiste en « un apport d’actifs de Cordier by InVivo et de ses filiales à AdVini », selon un communiqué commun. « InVivo deviendrait ainsi un actionnaire de référence d’AdVini, aux côtés de la famille Jeanjean et d’Antoine Leccia, président du conseil d’administration ». « Ces derniers conserveraient la majorité absolue » du négociant. Il y un an, InVivo avait déclaré aux Echos chercher un repreneur pour ses activités dans le vin (chiffres d’affaires : 227 M€ en 2024). AdVini entend ainsi « consolider sa présence dans le Bordelais avec la marque Cordier et entrer sur le marché des vins effervescents avec Café de Paris ». L’objectif est également de renforcer l’export grâce aux filiales de distribution et à la présence de Cordier aux Pays-Bas, en Belgique, aux États-Unis, au Canada, en Afrique du Sud et au Japon, poursuit le communiqué. « AdVini bénéficierait d’une part, d’un portefeuille de marques prestigieuses plus riche et plus diversifié, et d’autre part, d’un réseau de distribution plus puissant avec un chiffre d’affaires consolidé de plus de 320 M€, dont 65 % à l’international. »

Lait : accord Bel-APBO à 500 €/1000 litres pour 2026, +15€ vs 2025

L'Association des producteurs Bel de l'Ouest (APBO) et le groupe Bel ont annoncé s’être mis d’accord pour un prix du lait conventionnel à 500 €/1 000 l pour l’année 2026, en hausse de 15 € par rapport à 2025. Il se décompose ainsi : 483 €/1 000 l, incluant la prime de 17 €/1 000 l, touchée par 100 % des éleveurs, relative à l’alimentation sans OGM (<0,9 %) et l'accès des vaches aux pâturages, ainsi qu’une prime estimée en moyenne à 17 €/1 000 l liée au programme Mon BB Lait Durable (cahier des charges valorisant les efforts de décarbonation des exploitations). Pour le lait bio, le prix est de 570 €/1 000 l, en hausse de 20 € par rapport à 2025. Les volumes à livrer augmentent aussi, pour atteindre 400 millions de litres, soit 9 millions de litres de plus qu’en 2025. Une hausse qui concerne le lait conventionnel, mais pas le lait bio, dont le volume à livrer stagnera en 2026. « L'accord 2026 se caractérise par plusieurs avancées significatives », parmi lesquelles « une meilleure prise en compte de l’évolution des charges de production via l’Ipampa, (…) une revalorisation de la part de la main-d'œuvre (…) et une prime conjoncturelle (…) face aux difficultés climatiques et sanitaires », indiquent l’OP et Bel.

Volailles : en Vendée, Éleveurs de Challans maintient sa production malgré le dépeuplement

A l'occasion de son assemblée générale le 5 décembre, le groupement Éleveurs de Challans a indiqué que la large zone réglementées anti-influenza aviaire mise en place en Vendée n’empêchera pas de produire autant de volailles festives (poulets noirs, dindes, canettes et cailles) que prévu pour la fin d’année. Cette zone de dépeuplement, où les mises en place sont impossibles, recouvre 80 % de son parc, apprend-on sur le site internet de Réussir. Cité dans un article, son responsable Pierre Dupont a assuré que les abattages se passaient normalement, bien que « parfois un peu plus tôt que prévu ». Par ailleurs, la Cavac prend en charge la troisième injection de vaccin anti-influenza des canards les plus âgés, afin de prolonger leur immunité jusqu’à l’âge d’abattage requis. En 2024-2025, le groupement a commercialisé cinq millions de volailles de chair (+15 %), dont 2,15 millions de poulets Label rouge (+3 %), 1,35 million de cailles Label rouge (+5 %), 308 000 volailles bio (+37 %), ainsi que 505 000 volailles standard (+121 %), 317 000 poulets Bleu-Blanc-Cœur (+51 %) et 287 000 cailles standard (+85 %).

Coopératives : campagne 2024-2025 sous tension pour Scara, mais des investissements à venir

La coopérative auboise Scara clôt l’exercice 2024-2025 avec un chiffre d’affaires de 85 M€, en net recul par rapport à la campagne précédente (101,8 M€ en 2023-2024), conséquence directe d’une moisson fortement dégradée. Malgré ce contexte, la coopérative dégage un résultat net positif de 1,1 M€ (contre 1,6 M€ pour le précédent exercice). La campagne a été marquée par des conditions météorologiques défavorables, avec orages répétés, fenêtres de récolte courtes et rendements en forte baisse. La collecte atteint 185 500 t (-22 % environ par rapport à 2023-2024). Le blé recule de 24 %, les orges de printemps de 22 %, les escourgeons de 19 %, mais le colza fait figure d’exception avec une légère hausse de 1 %. Dans ce contexte, la Scara s'est appuyée sur la sécurisation des débouchés : 79 % des volumes ont été commercialisés sous contrats de filière. La coopérative a annoncé le lancement d’un label intitulé « Scara Graines d’innovation » fédérant ses différentes démarches de durabilité, la poursuite des rénovations de silos (avec notamment la réfection et le désamiantage des magasins engrais d’Arcis et de Vinets) et le remplacement progressif des groupes froid de tous les sites du groupe. Céline Gillet, directrice générale, a aussi évoqué le renforcement des démarches bas carbone, avec un financement de l’Ademe qui permettra d’établir un diagnostic carbone dans 283 exploitations, en complément des 80 diagnostics déjà effectués par la Scara. (Elena Blum)

Agroalimentaire : Steve Cahillane, ex-Kellanova, nommé DG de Kraft Heinz

Kraft Heinz a choisi comme nouveau directeur général l'ancien patron de Kellanova, Steve Cahillane, a-t-il indiqué le 16 décembre. Le dirigeant, qui était à la tête du groupe Kellanova (chips Pringles, produits Kellogg's) jusqu'à sa récente acquisition par Mars, prendra les rênes de l'entreprise à compter du 1er janvier 2026, précise Kraft Heinz dans un communiqué. Kraft Heinz avait annoncé en septembre sa scission en deux entités, opération qui devrait être finalisée au second semestre 2026. La première entité - baptisée temporairement Global Taste Elevation - doit regrouper sauces, produits à tartiner, assaisonnements et condiments - y compris les marques Heinz et Philadelphia. La seconde - North American Grocery - doit réunir les marques Oscar Meyer - notamment connue pour ses saucisses -, Maxwell House, CapriSun et des produits de snacking Kraft. Steve Cahillane rejoindra le conseil d'administration de l'entreprise et dirigera l'entité des sauces et produits à tartiner une fois la scission achevée, précise le communiqué.