Agra Business | Believer Meats, Nestlé, Savencia, NégoA Ouest, COFCO et Carrefour

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Viande in vitro : aux États-Unis, Believer Meats cesse ses activités (presse)

Le producteur américain de viande in vitro Believer Meats a cessé ses activités, selon un article d’AgFunder News (AFN) citant un post LinkedIn d'Anne Schubert, responsable des ressources humaines. « Après deux ans de construction de quelque chose de vraiment audacieux et spécial, Believer Meats a pris la décision difficile la semaine dernière de cesser ses activités », écrit-elle. Cette annonce intervient après la révélation de difficultés financières de la part de Believer Meats. « L’entreprise est poursuivie par un fournisseur pour plus de 34 M$ en factures impayées », selon AFN. Believer Meats est née en Israël sous le nom de Future Meat Technologies, avant de s’installer aux États-Unis. Elle est la seule entreprise à disposer d’un site de production à grande échelle et d’une approbation réglementaire pour vendre ses produits outre-Atlantique. L'usine de Caroline du Nord a une capacité de production d’au moins 12 000 t/an. Pour le secteur de la viande in vitro, AFN constate un recul des financements privés et un climat politique devenu hostile sur des marchés clés comme les USA et certains pays d’Europe. Après avoir atteint des levées de fonds de 989 M$ en 2021, les sociétés de viande in vitro devraient mobiliser 65 M$ en 2025, selon AgFunder.

Lait infantile : Foodwatch dénonce un « risque inacceptable » après le rappel de produits Nestlé

L’ONG Foodwatch a dénoncé le 15 décembre un « risque inacceptable » après le rappel de lots de lait infantile en poudre de marque Guigoz, fabriqués par Nestlé. « Au vu du risque inacceptable pour les nouveaux nés, Foodwatch s’interroge sur l’ampleur et la gravité d’un rappel massif dans plusieurs pays européens », écrit l’ONG. Elle appelle « à un renforcement des contrôles de la part des autorités, de campagnes d’information massive et des sanctions exemplaires ». Le rappel est « volontaire », à l’initiative de l’industriel et sans arrêté préfectoral, comme le précise le site Rappel Conso le 11 décembre. Le lot est concerné par le risque de présence de Bacillus cereus identifié lors d’un autocontrôle. Foodwatch s’insurge du fait que le lot rappelé avait été commercialisé depuis le 22 octobre. Ce qui inquiète tout particulièrement Foodwatch est la fréquence des alertes sanitaires concernant dernièrement Nestlé. En novembre, « Nestlé avait rappelé en Belgique et au Luxembourg du lait en poudre pour bébés Nan Expert Pro sans lactose, en raison de la possible présence de Cronobacter spp », rappelle l’ONG. Et en avril, « huit gammes de plats complets pour bébés Nestlé ont été rappelés (en France, NDLR) pour un dépassement de limite réglementaire sur de l'ochratoxine A ».

Élevage : Innoval sur le point d’acquérir l’éditeur iCowsoft (logiciels pour éleveurs bovins)

Le groupe coopératif Innoval a annoncé le 15 décembre avoir signé quelques jours plus tôt un accord portant sur l’acquisition de l’éditeur de logiciels iCowsoft, qui développe des solutions innovantes de gestion de troupeau pour les élevages bovins laitiers et allaitants (lire l'article complet dans Agra Innovation). Cette acquisition, qui vient renforcer le pôle Smart Decision d’Innoval Développement, « s’inscrit dans la continuité du choix de distribuer auprès des éleveurs la solution iCownect qui regroupe l’ensemble des données d’élevage (EDE, monitoring, contrôle de performances, etc.) », explique le groupe dans son communiqué. iCowsoft aégalement développé la solution iCowdesk à destination des techniciens d’insémination et conseillers en élevage. Sébastien Roul, cofondateur d’iCowsoft avec Vincent Guitton et Régis Rupert, rejoint Innoval à la tête de l’entreprise pour travailler à son intégration au sein du pôle Smart Decision (Perrine Delfortrie, Agra Innovation).

Produits laitiers : la Fromagerie de l’Ermitage engage 10 M€ pour la protection de l’eau

La Fromagerie de l’Ermitage, coopérative située dans les Vosges et rassemblant 400 éleveurs laitiers, a signé le 17 novembre un contrat industriel « Eau et Climat » avec l’Agence de l’eau Rhin-Meuse. Cet accord encadre sa stratégie d’investissement sur la période 2025-2028 et prévoit un programme de 32 projets répartis en quatre axes, pour un montant total estimé à 13 millions d’euros (M€) : 10 M€ d’investissements portés par la coopérative et 3 M€ d’aides de l’Agence de l’eau. La stratégie repose sur la sobriété hydrique, avec des investissements sur les sites industriels de production de fromages, visant à réduire le ratio de consommation d’eau par litre de lait transformé. Un deuxième volet concerne la modernisation des équipements de traitement des effluents, afin d’améliorer la qualité des rejets industriels. Le contrat intègre également un axe agricole : la Fromagerie de l’Ermitage s’engage à sensibiliser ses adhérents aux enjeux quantitatifs et qualitatifs liés à la gestion de la ressource hydrique. Enfin, un volet biodiversité est prévu, incluant notamment l’installation de panneaux photovoltaïques et la création d’une zone de rejet végétalisée. La coopérative laitière a dégagé en 2024 un chiffre d’affaires de 536 M€. (Elena Blum)

Lait : accord Savencia-France MilkBoard sur le prix et les volumes

Le groupe laitier Savencia et l’association d’organisations de producteurs (AOP) France MilkBoard (FMB) se sont mis d’accord sur une formule du prix du lait et sur une gestion « mutualisée et responsable » des volumes, selon un communiqué diffusé le 15 décembre. Le prix de base du lait et les volumes n’ont pas été précisés par les parties prenantes. L’accord prévoit aussi un volet dédié à l’installation de nouveaux éleveurs, comprenant « un soutien financier à l’installation ainsi qu’un accompagnement social, notamment par une aide au remplacement en cas d’absence », écrivent les deux signataires. « Un an après sa mise en place, 21 producteurs en ont déjà bénéficié dans les régions Bretagne, Normandie et Pays de la Loire. » Les producteurs de lait se sont également engagés dans une démarche environnementale visant à réduire l’empreinte carbone de leur activité grâce à « un diagnostic et la construction d’un plan d’actions spécifique à chaque exploitation ». Pour l’instant, 34 producteurs sont engagés dans cette démarche. L’AOP FMB regroupe l’OP FMB du bassin normand et l’OP FMB du bassin Grand ouest. La section Savencia de l’OP FMB compte actuellement 128 producteurs livrant 100 millions de litres de lait par an.

Négoce : nouveau président pour la fédération NégoA Ouest, qui pèse 2,4 Md€

Réunis en congrès le 11 décembre à Rennes, les 48 entreprises adhérentes à NégoA Ouest (Bretagne, Pays de la Loire et Normandie), représentant un chiffre d’affaires de 2,4 milliards d’euros (Md€), ont profité de ce temps d’échanges pour prendre un peu hauteur grâce à l’intervention de Sébastien Abis sur la géopolitique. « L’impact terrain de cette actualité internationale a également été évoqué au travers de deux témoignages de négociants, Pelé et Moisdon », confie Cyril Legris, délégué régional, interrogé par Agra Business. « La mise en place d’outils pour " dé-risquer " les marchés agricoles fait partie des sujets travaillés au sein de la fédération. » Autres dossiers suivis de près : le volet RSE et les conséquences, pour les engrais, du mécanisme d’ajustement carbone aux frontières (MACF). Si Cyril Legris ne souhaite pas faire de commentaire sur l’annonce du rapprochement entre deux coopératives voisines, Agrial et Terrena, il reconnait que les négoces suivent cette actualité de près. Côté organigramme, Loïc Morisseau partant en retraite, c’est Florian Baloche (négoce Appro-Vert, dans l’Orne) qui endosse la présidence de NégoA Ouest. Il est épaulé par Arthur Moisdon (négoce Moisdon, Ille-et-Villaine) qui devient référent pour la Bretagne et de Frédéric Tijou (négoce Tijour, Maine-et-Loire) pour les Pays de la Loire. (Anne Gilet)

Négoce : COFCO monte en puissance au Brésil avec son nouveau terminal portuaire de Santos

Le négociant chinois COFCO prévoit de quasiment doubler, dès l’an prochain, l’utilisation des capacités de son nouveau terminal portuaire à Santos, près de São Paulo (Brésil), inauguré en mars et d’où il a embarqué cette année près de 8 Mt de grains et de sucre, essentiellement à destination de la Chine. En 2026, le géant de l’agroalimentaire projette d’en exporter 14,5 Mt depuis ce seul terminal ouvert sur l’Atlantique, dans lequel il a investi 285 M$ depuis 2023. Ce terminal est voué à exporter environ 75 % des grains acquis par COFCO au Brésil. Le reste continuera de l’être via le Nord-est du Brésil, où COFCO loue les infrastructures du groupe Hidrovias do Brasil. En août, COFCO a annoncé l’acquisition de 979 wagons et de 23 locomotives opérés par le brésilien Rumo afin de transporter jusqu’à 4 Mt de grains par an depuis les principales zones de culture du Brésil vers son nouveau terminal portuaire. « Ce matériel roulant nous permettra de réduire de 80 % notre empreinte carbone lié au fret comparé à l’usage du camion », selon Fabrício Degani, le directeur logistique de COFCO Brésil. Par ailleurs, COFCO assure avoir déjà mis en place, au Brésil, ses filières d’approvisionnement de soja et de maïs non déforestant depuis la fin de cette d’année. La première cargaison de 64 000 t de soja brésilien non déforestant a été livrée par COFCO le 28 mai dernier, depuis le port de Santos, à la succursale de lait bio du groupe chinois Mengniu. (Marc-Henry André)

Meunerie : FranceAgriMer lance une nouvelle appli de gestion des contingents

Dans un communiqué du 11 décembre, diffusé sur le réseau social LinkedIn, FranceAgriMer annonce le lancement de son application « Mon Moulin » dédiée à la gestion des contingents de meunerie et des droits de mouture. Plus en détail, l’application permet d’enregistrer en ligne les demandes de mouvements (cessions, locations de moulins…), de suivre l’avancement des dossiers en temps réel, de générer immédiatement les attestations de plafond d’écrasement, et de sécuriser les démarches « grâce à un système d’habilitation entre meuniers et mandataires ». Pour rappel, les meuniers ont l’obligation de déclarer les volumes de céréales écrasées et de détenir un contingent. Seuls ceux broyant moins de 350 quintaux par an bénéficient d’une dispense de détention dudit contingent. Néanmoins, ces derniers doivent tout de même se déclarer. L’ANMF (meuniers) effectue d’ailleurs actuellement un travail de pédagogie auprès des plus petites structures afin qu’elles se déclarent, permettant de respecter la réglementation en vigueur et d’avoir une meilleure visibilité sur l’industrie meunière française.

Agroéquipement : Néo Tech distribuera les robots de FarmDroid en France

Dans un communiqué du 11 décembre, la société Néo Tech (filiale d’Agriviti) a annoncé qu’il est désormais le distributeur officiel des robots agricoles du danois FarmDroid dans 28 départements français. L’un des objectifs pour l’entreprise française sera notamment de valoriser le FD20 de la société danoise, un robot autonome et fonctionnant intégralement à l’électricité, dédié aux semis et au désherbage de précision. « Ayant travaillé avec ce produit depuis 2020, nous connaissons ses atouts et la valeur qu’il apporte aux agriculteurs », déclare dans le communiqué Stéphane Lebegue, responsable de la division Néo Tech chez Agritivi. Le groupe hexagonal précise par ailleurs que l’opération survient quelque mois après le lancement par FarmDroid de son système de semis +Seed 14 mm, « compatible avec le FD20 ». « Celui-ci permet de semer, désherber et pulvériser sur des cultures très demandées par les producteurs français, notamment les haricots verts et le maïs ». L’entreprise danoise a enfin indiqué avoir ajusté le prix de vente de son robot FD20, afin de le rendre plus accessible aux exploitations, « qu’elles soient conventionnelles ou biologiques ».

Agri-agrotech : Even s’allie au fonds 3AT pour accélérer les transitions

Le groupe agroalimentaire coopératif Even rejoint le fonds Ambition Agri Agro Tech (3AT), créé par le Crédit agricole et Supernova Invest, d’après un communiqué le 25 juin. Selon Les Echos du 15 décembre (article payant), le prochain closing – attendu d'ici à la fin de l'année – devrait porter à environ 80 M€ la capacité d'investissement du fonds de capital innovation. Objectif : accompagner les transitions à l’œuvre dans les filières agricoles et agroalimentaires. Le fonds est structuré « comme un fonds paneuropéen destiné à connecter les meilleurs écosystèmes de l’agri-agrotech (France, Allemagne, Danemark, Espagne, Belgique…) aux besoins opérationnels des agriculteurs et des industriels », expliquent Even et Supernova Invest. « Dans un contexte marqué par la raréfaction de la main-d’œuvre, l’impératif de décarbonation, la pression sur les ressources et l’évolution rapide des attentes des consommateurs, le fonds 3AT oriente ses investissements vers des start-up capables de répondre à ces enjeux. » Le fonds a notamment accompagné Seederal, une société finistérienne qui développe un tracteur agricole 100 % électrique adapté aux grandes cultures. Ou encore le belge Fyteko et son biostimulant, le danois Enduro et sa solution génétique pour optimiser la biofermentation et réduire la consommation énergétique.

Fruits et légumes : le sarthois Halles du Verger reprend le breton Ets Le Roux

Le réseau de grossistes-producteurs sarthois Halles du Verger annonce avoir repris l’activité d’un confrère breton, les Établissements Le Roux, rapporte le site CFnews le 11 décembre. Implantée à Vannes (Morbihan) depuis 1979, les Ets Le Roux sont spécialisés dans la distribution de fruits et légumes et de produits élaborés à destination des marchés publics, collectivités, restauration gastronomique et restauration traditionnelle. Créées fin 2023 avec deux familles d’agriculteurs, les Halles du Verger fournissent la grande distribution, les primeurs et la restauration collective depuis leur entrepôt situé à Allones (Sarthe). Cette opération devrait permettre d’assurer la continuité et le renforcement du positionnement des Établissements Le Roux sur le marché régional, tout en offrant au repreneur l’opportunité d’étendre sa présence sur la distribution professionnelle, en complément de ses activités de production. « La qualité de l’entreprise, son ancrage territorial et la complémentarité avec Les Halles du Verger créent une dynamique forte pour la suite de son développement », indique Walid Benmostefa, de Crowe Rsa Corporate Finance, qui a accompagné les Établissements Le Roux dans l’opération.

Simili-chocolat : la tablette sans cacao ChoViva arrive chez Carrefour

La chocolaterie alsacienne Abtey lance chez Carrefour la tablette ChoViva, une alternative au chocolat, peut-on lire dans Les Echos du 12 décembre (article payant). ChoViva est une innovation de la start-up allemande Planet A Foods, qui imite le chocolat au lait, grâce notamment à des pépins de raisin et des graines de tournesol torréfiées, permettant ainsi de se passer de cacao. Le produit est disponible en exclusivité dans tous les magasins Carrefour, au prix de 1,99 € la tablette de 100 g, selon le journal. Un prix compétitif dans le rayon, qui a souffert de l'envolée des prix du cacao. À Pâques, Abtey avait réussi un coup en réalisant les premiers moulages en chocolat sans cacao, suscitant l'intérêt de tous les distributeurs.

Grande distribution : l'enseigne Carrefour s'implante au Ghana

Le distributeur Carrefour a annoncé le 15 décembre un accord de franchise avec Brands For All pour déployer son enseigne au Ghana. Concrètement, les sept hypermarchés qui portaient l’enseigne sud-africaine Shoprite vont devenir des Carrefour, après le retrait de ce distributeur du Ghana annoncé en août. « À horizon 2028, nous prévoyons l’ouverture de cinq nouveaux points de vente », indique Patrick Lasfargues, directeur exécutif de Carrefour Partenariat International. Brands For All se consacre à l'implantation et au développement d’enseignes en franchise, telles que Decathlon, Optimum Nutrition, Yves Rocher, Adidas, Babolat et Adopt. L’implantation du distributeur au Ghana s’inscrit dans le cadre du développement de la franchise Carrefour à l’échelle internationale, qui se fait en collaboration avec des groupes locaux qui adoptent l’enseigne française. « L'entité Carrefour Partenariat International gère l'ensemble des partenaires franchisés du groupe Carrefour dans le monde, actifs dans plus de 30 pays avec plus de 3 000 magasins », selon un communiqué. Carrefour a annoncé en février une « revue stratégique » de ses actifs, ce qui pourrait se concrétiser par la vente de magasins Carrefour dans des pays où le distributeur opère directement. Fin juillet, Carrefour a ainsi cédé ses activités en Italie à NewPrinces Group.

Coopératives : Anthony Héline élu président de COC

Alors qu’Emmanuel Massicot a confirmé, lors de l’assemblée générale du 5 décembre, ne pas souhaiter se représenter à la présidence du groupe COC (333 M€ de chiffre d’affaires), le conseil d’administration s’est rassemblé le 11 décembre pour élire son nouveau président. Anthony Héline, précédemment vice-président, endosse donc cette nouvelle fonction à 49 ans. Agriculteur à Vouzailles dans la Vienne, il constituera donc avec Guillaume Dumiot, le nouveau directeur général qui arrivera mi-février, le nouveau binôme à la tête du groupe. (Anne Gilet)

Coopératives : Pierre-Antoine Ferru passe de la Cal à la CAPL

Pierre-Antoine Ferru sera, à compter de janvier 2026, le nouveau directeur général de la Coopérative agricole du Pays de Loire (CAPL). Il remplacera Jérôme Lemasson qui avait annoncé son départ dès cet été ; dans le groupe depuis 2007, il occupait ce poste depuis février 2024. Quant à Pierre-Antoine Ferru, nous annoncions la semaine passée son départ de la Coopérative agricole lorraine (Cal) pour la fin du mois : il en était le directeur général depuis avril 2022. (Anne Gilet)