Agrafil du 10 mars 2026

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Loi d'urgence agricole : le texte envoyé au Conseil d'Etat, élargi aux relations commerciales

Après avoir terminé son cycle de discussion avec les syndicats agricoles, le gouvernement a transmis, ce 9 mars, une première version du projet de loi d'urgence agricole au Conseil d'Etat. Comprenant une vingtaine d'articles, le texte a été élargi, comme annoncé, au foncier, mais également - c'est une surprise - aux relations commerciales, indiquent les professionnels. Deux d'entre eux ont compris, lors d'une présentation orale ces derniers jours, que le principe du «tunnel de prix», expérimenté en filière bovine depuis la loi Egalim 2 de 2021, pourrait être élargi à d'autres filières. Deux professionnels indiquent que des mesures viseront à renforcer le poids et le calcul des indicateurs de production. Pour l'un d'eux, une autre disposition vise à réduire la pression que pourraient exercer les industriels pour contraindre des producteurs à quitter leur organisation de producteurs (OP). Ce chapitre contiendra également des dispositions sur l'approvisionnement des cantines publiques, qui vise à donner corps à la promesse du Premier ministre de permettre d'inscrire la notion de localisme dans les appels d'offre. Selon un professionnel, le cabinet d'Annie Genevard serait toutefois réservé sur l'avis du Conseil d'Etat au regard du cadre réglementaire européen, et miserait sur une avancée, en parallèle, des discussions à l'échelon communautaire.

Loi d'urgence agricole : les arbitrages attendus pour l'eau et les moyens de production

Selon l'ensemble des professionnels interrogés, le projet de loi d'urgence agricole transmis au Conseil d'Etat ne contiendra pas de «grands principes», mais plutôt des mesures techniques ciblées. Exit donc les demandes de la FNSEA d'inscrire un «principe de non-régression de la production agricole», ou d'interdire les «surtranspositions». Sur l'eau, les professionnels s'accordent pour dire que le texte abordera la gouvernances des instances locales (Sage, Sdage, Cle). Un des professionnels a compris que le texte inclura un arbitrage sur les captages prioritaires, limitant la portée de la définition des points de prélèvement sensible. Sur les moyens de production, deux professionnels se contredisent : l'un a compris que le texte comprendra un article dédié aux pesticides, l'autre que le projet de loi n'abordera pas le sujet. Tous s'accordent pour confirmer que la question de l'acétamipride ne sera pas abordée. Sur la prédation, les mesures ne semblent pas encore abouties. De même, le gouvernement souhaiterait insérer des dispositions relatives à la santé animale, tirées des conclusions des Assises du sanitaire, qui ne sont pour l'instant pas achevées. Faute de temps, le gouvernement pourrait demander une habilitation à agir par ordonnance, indique un professionnel.

Loi d'urgence agricole : les mesures attendues pour le volet foncier

Selon tous les professionnels ayant participé aux dernières consultations autour du futur projet de loi d'urgence, la version envoyée le 9 mars au Conseil d'Etat contiendra bien un volet dédié au foncier. Selon deux d'entre eux, il abordera le phénomène de contournement du marché des mutations de droits de propriété par les baux emphytéotiques, que la FNSafer souhaiterait juguler ; la fédération demande dans un premier temps d'instaurer une obligation de déclaration préalable. Selon un professionnel, le projet de loi pourrait aussi intégrer les mesures contenues dans les propositions de loi de la députée Rouaux sur le démembrement de propriété et du député Dufau sur la préemption partielle. Deux professionnels indiquent que le projet de texte du gouvernement abordera les questions de compensations écologiques et agricole. Dans ses propositions, la FNSEA demande de «systématiser la compensation agricole» et de «limiter l’impact sur l’agriculture de la compensation écologique». Enfin, selon un professionnel, le gouvernement aurait accepté la demande de longue date de la FNSEA d'imposer que les nouvelles zones d'habitation intègrent elles-mêmes des zone de non-traitement (ZNT) aux pesticides, afin que ceux ne s'imposent pas aux terrains agricoles mitoyens.

Restauration de la nature : 2ème phase de consultation publique, jusqu’au 31 juillet

Le ministère de la Transition écologique a ouvert, le 2 mars, la deuxième étape de la consultation publique « Agir pour restaurer la nature ». Cette phase de concertation « continue » prendra fin le 31 juillet. L’objectif est de préparer le plan national de restauration de la nature à horizon 2050 que la France transmettra à la Commission en septembre. Les citoyens sont invités à lire les « orientations » proposées par le gouvernement dans le dossier de maîtrise d’ouvrage, puis à poster leur avis ou à envoyer leurs questions qui seront reprises dans la FAQ. Les personnes morales dont chambres d’agriculture, syndicats etc… pourront « prochainement » déposer sur la plateforme web leur « cahier d’acteur » afin d’exprimer leur « positionnement argumenté » sur les sujets de la concertation. Pour restaurer les écosystèmes agricoles et lutter contre le déclin des pollinisateurs, le gouvernement propose de « poursuivre » les politiques publiques pour « réduire l’usage des pesticides et engrais chimiques », « favoriser l’hétérogénéité des habitats, de la parcelle au paysage », et « conserver des habitats semi-naturels favorables ». Pour restaurer les écosystèmes aquatiques, il propose de poursuivre la restauration des rivières (enlever ou rendre franchissables les obstacles aux poissons, restaurer le lit naturel, bon fonctionnement du cycle de l’eau) et des zones humides (supprimer les drains des tourbières). 

Biodiversité/espèces nuisibles : leur destruction coûte plus cher que les dégâts (étude)

Une étude du Muséum national d’histoire naturelle (MNHN) publiée le 9 mars démontre que l'élimination massive des espèces d’animaux jugés nuisibles (Esod) ne réduit pas les pertes économiques qui leur sont attribuées. Chaque année en France, 1,7 million de renards, mustélidés et corvidés sont tués pour réduire les pertes économiques et les risques sanitaires. Mais ces mesures ont un coût « huit fois plus élevé que les déclarations de dégâts imputés à ces espèces », selon l'étude. De plus, en analysant les données publiques des déclarations de dégâts et du nombre d'animaux tués entre 2015 et 2022, les chercheurs ont constaté qu'une augmentation de l'élimination des Esod non seulement « ne réduit pas les dégâts, mais aussi qu'un arrêt des destructions (des espèces, NDLR) n'engendre pas d'augmentation des dégâts ». Ils ont calculé qu'éliminer ces animaux coûte 103 à 123 millions d'euros par an, quand le coût des dégâts déclarés est de huit à 23 millions d'euros. Enfin, en matière de régulation des espèces, les mesures mises en place échouent : en étudiant cinq espèces d'oiseaux de la liste Esod, les scientifiques ont constaté que les effectifs des populations nicheuses n'avaient pas diminué. Des études précédentes arrivaient au même constat pour le renard roux.

Pesticides/nitrates: des associations appellent à préserver le saumon des rivières

Dans un communiqué le 4 mars, trois associations de protection des rivières (Eau et rivières de Bretagne, Défense des milieux aquatiques, ANPER-TOS) alertent sur la disparition du saumon atlantique, poisson migrateur qui se reproduit dans les rivières françaises. Les associations saluent le projet de décret visant à interdire la pêche du saumon en eau douce, en consultation jusqu’au 16 mars, mais elles appellent l’Etat à faire davantage pour préserver l’espèce. « Il faut restaurer activement la continuité écologique, abandonner les projets d'équipement hydro-électrique en cours, s'engager dans une restauration du grand cycle naturel de l'eau, lutter efficacement contre les phénomènes de pollutions chimiques, agricoles et domestiques » demandent-elles. Elles requièrent « d’œuvrer à l’international pour protéger les zones de croissance océanique » et de lutter contre les captures dans les eaux côtières. « Aujourd’hui, les pêcheries nord-américaines, australienne, néo-zélandaises et norvégiennes ont validé l’éloignement des filets des zones littorales pour libérer les couloirs migratoires, la France pourrait s’en inspirer » estime Philippe Garcia de l’association Défense des Milieux Aquatiques, cité dans le communiqué. 

CR/violences sexuelles: Venteau promet une enquête, les salariés veulent des démissions

À la suite de la démission du vice-président de la chambre d’agriculture d’Indre-et-Loire Jérôme Lespagnol (Coordination rurale) « soupçonné d'agression sexuelle » au Salon de l'agriculture, le président national de la Coordination rurale, Bertrand Venteau, a annoncé, le 6 mars, à nos confrères de France 3 Nouvelle-Aquitaine, une « enquête interne pour voir s'il n'y a pas des faits qui existaient depuis plusieurs années ou des choses qui ont pu se passer ». Par ailleurs, le responsable syndical a annoncé qu'un « audit (…) va être fait avec un cabinet extérieur, pour voir le ressenti des salariés de la structure nationale, sur ce volet-là, et puis la restructuration qu'il va y avoir, qui peut inquiéter les salariés ». Dans un communiqué publié le 6 mars, le tout récent collectif de salariés de la CR nationale demande quant à lui « la démission du comité directeur » (constitué des élus nationaux) et de « la direction générale », qui ont « démontré leur incapacité à assurer la sécurité, le bon fonctionnement de l'organisation ». En plein projet de déménagement du siège social du syndicat de Gimont (Gers) à Agen (Lot-et-Garonne), prévu le 1er juin, ces salariés avaient dénoncé fin février « la dégradation préoccupante de nos conditions de travail et les conséquences directes sur notre santé physique et mentale ». Dans leur communiqué, le 6 mars, ils annoncent avoir entamé des procédures auprès des « instances compétentes ».

CR : la question du remplacement de Le Floc’h ne sera pas traitée avant juin

Après sa récente démission, la question du remplacement de Véronique le Floc’h au sein du comité directeur de la Coordination rurale (CR) ne se ferait pas avant « l’assemblée générale prévu au mois de juin », a indiqué à Agra presse son secrétaire général François Walraet. Il se pourrait même que la décision ne survienne qu’au mois de décembre, date du traditionnel congrès annuel. « Nous réfléchissons à ne faire qu’un seul évènement par an, soit une fusion de l’assemblée générale et du congrès. […] Mais rien n’est arrêté, car le fait de se voir deux fois par an tous ensemble a aussi des avantages », explique le secrétaire général. Reste à savoir si remplacement il y aura. Si personne ne se présente, Véronique Le Floc'h ne sera pas remplacée. « Le fait qu’il manque une seule personne au comité directeur ne nous empêche pas de travailler. Cela est déjà arrivé par le passé qu’il y ait un départ non remplacé ». Le ou les potentiels candidates/candidats au poste doivent se déclarer, pouvant venir de n’importe quelle région de France. Le secrétaire général du syndicat réfute par ailleurs les critiques selon lesquelles le Sud-Ouest serait surreprésenté au sein de l’actuel comité directeur. « C’est une légende urbaine. Le comité actuel est très équilibré : des personnes viennent du Centre-Val de Loire, de l’Est, de la région PACA, de la Vienne etc. ».

Huile de palme : l’Indonésie saisit l’OMC contre l’UE en vue de suspendre des concessions

Le ministre indonésien du Commerce, Budi Santoso, a annoncé, le 7 mars, solliciter l’organe de règlement des différends de l’OMC (ORD) afin de suspendre les concessions commerciales de l’UE. Le sujet devrait être à l'ordre du jour de la prochaine réunion, le 19 mars. Djakarta considère que l’UE n’a pas respecté le délai, fixé au 24 février, pour se mettre en conformité dans le cadre de leur différend lié aux mesures de l’UE concernant l’huile de palme et les biocarburants dérivés du palmier à huile (DS593). L’Indonésie reproche également à l’UE son absence d’indemnisation équitable pour le manquement à ses obligations envers l'OMC. « La suspension des concessions concernera principalement le secteur des marchandises, mais elle est ouverte à d'autres secteurs », a d'ores et déjà indiqué Budi Santoso. Et d’ajouter : « Nous veillerons à ce que les pertes soient calculées avec précision et que les cas soient traités efficacement, tout en maintenant les relations bilatérales avec l'UE ». Bruxelles et Djakarta ont conclu, en septembre, un accord de libre-échange contenant un protocole de coopération spécifique sur l’huile de palme et l’établissement d’une plateforme de dialogue sur les évolutions réglementaires pertinentes sur cette question, sujet récurrent de tensions entre les parties.

Céréales: l’Argentine va bénéficier de la guerre au Moyen-Orient, estime Milei

Le président argentin Javier Milei a estimé le 9 mars que le conflit au Moyen-Orient va engendrer pour l’Argentine une amélioration économique, en lien avec les prix des céréales qu’elle exporte. Cette amélioration constitue une « fenêtre » pour accumuler des réserves de change, sachant que le pays est également exportateur de pétrole. Cette déclaration intervient lors d’une interview accordée à la radio FM Now, depuis New York, où il participe à une « Argentina week », destinée à promouvoir les investissements dans son pays. « Tous les grains qu’exporte l’Argentine sont à la hausse : soja, maïs, tournesol », argue le président argentin. Le secteur agricole représente plus de 60 % des exportations nationales. À plus long terme, M. Milei projette qu’il « est probable que d’ici la seconde moitié de l’année, tous ces processus guerriers aient trouvé une fin, y compris la libération de Cuba. Dans ce contexte, il est très probable que les prix se réajustent », a-t-il prédit. Par conséquent, « il faut savoir profiter de la fenêtre actuelle ».

Biosolutions : liquidation judiciaire prononcée pour le français Axioma

Axioma Biologicals annonce, sur son compte LinkedIn, sa liquidation judiciaire : une décision prononcée par le tribunal de commerce de Brive-la-Gaillarde (Corrèze), le 6 mars 2026. L’entreprise spécialisée dans la conception et la fabrication de biostimulants et de produits de biocontrôle avait été placée en redressement judiciaire le 22 décembre, suite à une cessation des paiements quelques jours plus tôt. « Aucune offre de reprise n’ayant répondu pleinement aux attentes, aux délais et aux intérêts de la procédure, Axioma met ainsi fin à une aventure entrepreneuriale engagée en 2012 », précise son CEO Anthony Bugeat : « une réalité économique dans un contexte de financement devenu plus complexe ». Et d’ajouter que « dans les biotechnologies, les entreprises échouent peu au démarrage. Les difficultés apparaissent plus tard, lorsque les besoins de financement augmentent et que les enjeux de diffusion commerciale et de rentabilité deviennent déterminants. » La structuration de l’entreprise engagée en 2023, avec la mise en place d’une direction générale déléguée et l’arrivée d’investisseurs reconnus, supposait des moyens financiers importants en 2025 pour traverser cette phase de croissance. Ces moyens n’ont pas été réunis. (Anne Gilet)

Biostimulants : Le Gouessant entre au capital de Mycophyto

Le Gouessant confirme, le 9 mars, être entré au capital de l’entreprise Mycophyto, « pionnière dans le développement de solutions naturelles biostimulants à partir de champignons mycorhiziens » qui permettent de prolonger le système racinaire pour « améliorer l’accès à l’eau et aux nutriments ». Cette initiative s’inscrit dans la feuille de route RSE de la coopérative bretonne (777 M€ de chiffre d’affaires, 4300 adhérents, 880 salariés) avec l’objectif « d’explorer une voie complémentaire aux biostimulants foliaires ». Si Le Gouessant, contacté par Agra Business, ne souhaite pas dévoiler le montant de l’investissement, cette enveloppe fait partie des 16 M€ levés par Mycophyto en janvier 2026 (cf brève parue) pour soutenir sa croissance via, par exemple, la construction d’une première usine. Des formulations dédiées aux grandes cultures, notamment sur oléoprotéagineux, sont attendues d’ici 3 à 5 ans. Le Gouessant contribuera à cette phase par des essais au champ et des retours terrain afin, comme le précise Nicolas Crété, directeur de l’activité productions végétales pour la coopérative, « de renforcer notre veille agronomique et de codévelopper des solutions pertinentes adaptées aux sols du grand Ouest » pour proposer des solutions alternatives aux agriculteurs, « alignées sur les enjeux de maîtrise des intrants conventionnels ». (Anne Gilet) 

Fruits rouges: acteur national de référence, Anjou Fruits Rouges en liquidation judiciaire (presse)

Anjou Fruits Rouges, un acteur national de référence dans la production de petits fruits rouges (framboises, myrtilles, mûres…) a été placée en liquidation judiciaire à la fin du mois de février 2026, rapporte Ouest France le 4 mars. Située à La Breille-les-Pins, dans le Maine-et-Loire, l’entreprise composée de deux sociétés de production (Anjou Framboises et Anjou Myrtilles) exploitait  55 hectares et employait plus de 500 saisonniers. Sa production était en moyenne de 800 tonnes par an. Créée il y a trente ans, l’exploitation approvisionnait le marché français et exportait ses fruits en Grande-Bretagne (Tesco, BerryWorld, Driscoll’s) et des distributeurs et en Europe. « C’était un acteur important à l’échelle nationale dans la production de myrtilles », reconnaît Côme Lapierre, secrétaire de l’Association des producteurs de myrtilles de France (APMF). Fin 2019, Anjou Framboises et Anjou Myrtilles ont été rachetés par une société d’investissement basée à Abou Dabi, aux Émirats arabes unis, E20 Investment LTD. « Ces cultures de fruits rouges, c’était l’image de La Breille-les-Pins. On n’avait pas grand-chose et ce qu’il restait… Eh bien ça se casse la figure ,» se désole la maire Armelle Poncet.

Fraises : l'AOPn ne s'avance pas sur la tenue de la saison, pic attendu après Pâques

Dans un communiqué de presse le 9 mars, l’AOPn Fraises et framboises de France fait le point sur la campagne qui débute, dans un contexte d’intempéries et d’inondations. Les producteurs français, notamment dans les principaux bassins de production de fraises, ont été affectés à l’instar de plusieurs autres pays européens. « Ils se sont mobilisés pour reprotéger rapidement leurs cultures et limiter les dégâts», veut-elle rassurer. De même sur les étiquettes en rayon : « Aucun impact sur les prix ne peut être anticipé en lien avec ces intempéries. Les prix de la fraise dépendent de l’équilibre entre l’offre et la demande et peuvent évoluer rapidement d’un jour à l’autre au fil de la saison » note l’AOPn. Cette dernière souligne aussi que la saison n’est pas particulièrement précoce cette année : « Si les premières Gariguettes ont pu être dégustées lors du Salon de l’Agriculture, les récoltes montent progressivement en puissance », précise l’AOPn Fraises et framboises de France. Les producteurs anticipent un pic de volumes après Pâques (le 5 avril), contrairement à l’an dernier où il était intervenu plus tôt. La production de fraises en 2025, estimée à 70 200 tonnes, a été en baisse de 2 % sur un an selon l’analyse des services du ministère de l’Agriculture (Agreste)

Serres chauffées : électrifier permettrait l’économie de 700 000 t de CO2 (Légumes de France)

A l’occasion des rencontres de l’industrie et de l’artisanat le 3 mars à Bercy, Légumes de France (FNSEA) a plaidé la cause des serristes dans le cadre de la présentation des avancées de l’électrification en France, rapporte sa newsletter Direct Légumes. Pour le syndicat, avec une consommation actuelle de 3,4 TWh de gaz (moitié pour le chauffage, moitié pour la production d’électricité), la production de légumes sous serres chaudes offre des possibilités de transfert d’usage des énergies carbonées vers celles décarbonées. L’électrification de la filière permettrait d’économiser 700 000 t d’équivalents CO2 par an, soit l’émission moyenne de 750 000 voitures, selon Légumes de France qui a présenté les deux freins principaux actuellement rencontrés par les opérateurs. D’une part, ceux-ci se heurtent à d’importants problèmes de raccordement. D’autre part, le niveau des droits d’accises sur l’électricité. Légumes de France prône un alignement sur «les autres activités industrielles énergo-intensives» (0,50 € du MWh) : «Ceci serait budgétairement neutre pour l’Etat, la fédération ayant obtenu récemment l’abaissement du droit d’accise gaz de 16,39 à 0,54 € du MWh pour l’ensemble des consommations de gaz maraichère ».

Asperges : en Alsace, bon potentiel à un mois du démarrage de la récolte

Dans un communiqué de presse le 9 mars, l’Association pour la promotion de l’asperge d’Alsace (APAA) livrent de premiers indicateurs positifs au niveau de la production, à moins de 4 semaines du démarrage de la récolte. Après un hiver pluvieux satisfaisant, des gels mesurés et des amplitudes thermiques sans rupture brutale, les conditions agronomiques sont réunies pour espérer une saison de qualité. « Les producteurs abordent cette campagne avec sérieux et confiance. L’hiver a été globalement favorable : la recharge hydrique est satisfaisante, les gels ont été présents sans excès, et la structure des sols est bonne », se félicite Geoffrey Andna, président de l’APAA. Cependant, les mois de mars et début avril seront décisifs. Les coûts de production demeurent sous tension, en particulier avec les aléas énergétiques dus au contexte géopolitique, mais les producteurs entendent conserver des prix relativement contenus, notamment en vente directe. « En catégorie 1, le prix moyen constaté à la ferme se situe autour de 15 euros le kilo, au début de la récolte », explique l’association. L’Association pour la promotion de l’asperge d’Alsace fédère 44 producteurs et représente environ 350 hectares en production, soit près de 75 % du volume alsacien (1600 tonnes)

Poulet/guerre au Moyen orient : un quart des exportations brésiliennes entravées (étude)

Selon une analyse publiée le 6 mars par le centre d’études brésilien Cepea sur les produits agricoles, les hostilités guerrières en cours au Moyen-Orient et la fermeture du détroit d’Ormuz entravent ou suspendent les exportations de poulet, sur des marchés, principalement les Emirats arabes unis et l’Arabie saoudite. Cette région a représenté en 2025 le quart des tonnages expédiés. Les analystes constatent que les possibilités de détournement vers d’autres régions sont réduites, notamment du fait que les produits exportés vers ces pays sont essentiellement des pièces entières. En février, de source ABPA (secteur des viandes blanches et œufs) le Brésil a vendu pour 44 000 tonnes de viandes de poulet (tous produits confondus), soit 13,4% de plus qu’en février 2025) et pour 33 800 tonnes en Arabie Saoudite, soit 7,3% en plus. La Chine, principal client en tonnage, en a reçu 49 400 tonnes, un tonnage en légère régression de 0,4% par rapport à février 2025. L’Union européenne, qui a repris ses importations du Brésil après l’épisode d’influenza aviaire, en a reçu pour 30 100 tonnes, soit 46,3 de plus qu’un an auparavant. Les autres destinations principales ont été le Japon (38 200 t), l’Afrique du Sud (31 300 t), les Philippines (30 000 t), la Corée du Sud (18 500 t) , le Mexique (15 800 t) et Singapour (15 400 t). 

Dénomination de viandes : les fabricants d'alternatives mitigés, les bouchers satisfaits

Accro et HappyVore, deux fabricants français de produits végétaux alternatifs à la viande, ont exprimé un avis mitigé au sujet de l’accord européen du 5 mars réservant certains termes comme « steak » et « foie » aux produits carnés, au total 31 mots, sans inclure des termes comme « saucisse », « burger » ou « nuggets ». « Pour HappyVore, leader français du secteur, ce dénouement est une victoire en demi-teinte », indique la société. Mais l’accord « pourrait créer une cascade de questions juridiques et commerciales qu’il faudra rapidement clarifier » et ne renforcera pas « la position des agriculteurs dans la chaîne d'approvisionnement. » Même son de cloche du côté d’Accro qui regrette cet accord. « Le temps passé à débattre de dénominations est du temps perdu pour nos agriculteurs, nos entreprises et nos consommateurs », selon Renaud Saïsset, directeur général d'Accro. A l’opposé, la Confédération française de la boucherie, boucherie-charcuterie, traiteurs (CFBCT) salue « une victoire historique pour l’ensemble des professionnels de la filière viande française et les 18 000 artisans bouchers-charcutiers » pour que cesse enfin cette « usurpation d’identité ». Elle suivra toutefois avec la plus grande attention la suite du processus au sein des instances européennes.

Lait infantile : la toxine céréulide présente dans le lait Guigoz consommé par un bébé décédé

La toxine céréulide a été retrouvée dans un lait infantile consommé par un nourrisson décédé à Angers en décembre, a indiqué le 6 mars le procureur de la République d'Angers Eric Bouillard. Le rapport d'analyse ne fait toutefois pas état, selon lui, d'un taux « anormalement élevé de la toxine car « il n'y a pas de norme ». « Aujourd'hui, le lien de causalité entre la céréulide et le décès de l'enfant n'est pas établi », a précisé le procureur, qui attend les résultats d'autres analyses, notamment celles portant sur les selles de l'enfant. Selon un communiqué des avocats de la famille du bébé, le nourrisson avait consommé ce lait infantile Guigoz (Nestlé) « dans les heures précédant son décès brutal ». En revanche, dans le cas du bébé mort près de Bordeaux début janvier, « en l'état des investigations, le décès du nourrisson n'apparaît (...) pas en lien avec le lait artificiel qui a servi à son alimentation », a indiqué Renaud Gaudeul, procureur de la République de Bordeaux. Le bébé avait consommé du lait Guigoz ayant fait l'objet d'un rappel. L'affaire des laits infantiles dure depuis la mi-décembre. Après un premier rappel par Nestlé de dizaines de lots de laits infantiles, une cascade de rappels similaires a eu lieu dans le monde.

Fromages : l'italien Dalterfood acquiert le distributeur français For Food France

L’italien Dalterfood Group a annoncé le 3 mars l’acquisition For Food France, distributeur de fromages italiens sur le marché français basé en Moselle. Avec cette acquisition, Dalterfood Group assoit sa « stratégie de croissance ciblée visant à renforcer la présence de DalterFood Group en France en tant que partenaire de référence pour la grande distribution, l’industrie agroalimentaire et les circuits spécialisés », indique un communiqué. For Food France devient à cette occasion la filiale commerciale en France du groupe italien, ce qui « renforce sa présence sur les principaux marchés européens, en reproduisant en France le modèle de réussite déjà mis en place au Royaume-Uni et en Allemagne ». Mauro Zuliani, fondateur de For Food France, prend la tête de la nouvelle filiale. Dalterfood Group, société spécialisée dans la découpe, le conditionnement et la distribution des fromages italiens, a réalisé un chiffre d’affaires de 200 millions d’euros en 2025. Elle exporte vers 29 pays et détient des filiales en Allemagne, au Royaume-Uni et une participation dans la société de découpe et d’emballage de fromage et de charcuterie brésilienne CMC.

Coopératives: David Gonin remplace Jean-François Loiseau à la présidence d'Axéréal

Dans un communiqué paru le 9 mars, le groupe coopératif Axéréal annonce que Jean-François Loiseau, 65 ans, est remplacé par David Gonin à la présidence. Jusqu'alors vice-président du groupe, David Gonin est agriculteur dans l'Indre. Vincent Michelet devient premier vice-président délégué. Romain Gallas et Jean-Luc Gitton sont nommés vice-présidents. Cette nouvelle gouvernance «une étape importante pour donner à Axéréal un nouvel élan indispensable», indique le groupe. La nouvelle équipe «a pour première mission d’évaluer les forces et les points de progression du groupe Axéréal et de définir une stratégie renouvelée pour les années qui viennent», ainsi que «conduire l’amélioration des résultats financiers. En 2024, Jean-François Loiseau est devenu président de l'Ania (agroalimentaire).