Agrafil du 12 décembre 2024

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Chambres d’agriculture/coopératives: en Coméco, les députés maintiennent le non-cumul

Les députés de la commission des Affaires économiques ont adopté, le 11 décembre, la proposition de loi (PPL) sur «l’exercice de la démocratie en agriculture», mais en rejetant son article 1, qui visait à autoriser les administrateurs des coopératives à participer aux bureaux des chambres d’agriculture. Le texte a été largement vidé de sa substance et a même changé de nom, après l’adoption de deux amendements socialistes. C’est le principe de séparation entre la vente et le conseil sur les pesticides, instauré par la première loi Egalim, qui interdit aux élus coopérateurs de participer aux instances de gouvernance des chambres. «Je porterai à nouveau l’ensemble de mes propositions en séance», a promis la rapporteure du texte, Nicole Le Peih (EPR, Morbihan). Elle y bénéficiera du soutien du groupe RN, qui a indiqué avoir voté contre l’article 1 par erreur, selon Frédéric Falcon – le député de l’Aude s’est défendu, à l’issue d’une suspension de séance, de tout «accord de couloir». Concernant les élections des délégués MSA, les articles 2 et 3 ont été adoptés, ainsi qu’un amendement écologiste améliorant la parité dans les listes de candidats, en prévoyant une alternance stricte entre hommes et femmes. Un «ordonnancement chabadada», selon les mots de son auteur Benoît Biteau, qui vise à «cesser l’hypocrisie» qui consiste à placer les candidates en queue de liste.

Volailles/porcs: le leader ukrainien MHP fait une offre sur l’espagnol Uvesa

MHP, le numéro un ukrainien de la volaille, a annoncé le 11 décembre avoir «soumis une offre ferme» pour acquérir le groupe espagnol Uvesa, présenté comme «un leader de l’industrie agroalimentaire en Espagne avec des opérations bien établies en volailles et en porcs». Pour MHP (2,72 Md€ de CA en 2023, 32 000 salariés), il s’agit d’une première incursion en Espagne, ainsi que dans le secteur du porc. L’offre, dont le montant n’est pas communiqué, prévoit que MHP atteigne au moins 50,01% du capital. Créé à la fin des années 60, le groupe Uvesa est basé sur un modèle d’intégration verticale qui va de la génétique (couvoirs) jusqu’à la transformation, en passant par l’élevage (plusieurs centaines de fermes intégrées) et l’alimentation animale. Un modèle qu’il partage avec MHP: outre l’élevage de volailles et leur transformation, le géant ukrainien revendique sur son site web l’exploitation de 360 000 ha de cultures en Ukraine pour l’alimentation animale (trois usines). La branche ukrainienne de MHP «exporte jusqu’à 60% de ses produits avicoles dans 70 pays dans le monde», notamment vers l’UE, où les volumes en provenance d’Ukraine ont augmenté depuis le début de la guerre avec la Russie, à la faveur de la suspension des droits de douane.

Lait: l’interprofession bloquée, le président du Cniel annule le conseil d’administration

Dans une lettre du 10 décembre, le président du Cniel Pascal Le Brun informe les administrateurs de l'interprofession laitière de sa décision d’annuler la réunion du conseil d’administration prévue le 17 décembre et appelle les élus «à prendre la mesure de cette décision» dans un contexte de blocage «qui paralyse les travaux interprofessionnels», d’après le document qu’Agra Presse a pu consulter. «Nous devons impérativement reprendre la dynamique interprofessionnelle pour avancer sur les chantiers qui fondent notre socle commun», affirme Pascal Le Brun. Le conseil d’administration devait notamment adopter le budget de l’interprofession pour l’année 2025. Dans l’attente de la prochaine réunion qui doit se tenir le 8 janvier, un «budget provisoire» sera établi, identique au budget rectificatif voté en septembre 2024 (à l’exception du budget dédié à l’organisation du Sommet de la Fil). Autre sujet à l’ordre du jour: «l’avancée des dix chantiers prioritaires» du Cniel, dont l’actualisation de la démarche France Terre de lait (RSE). Le 3 décembre, le collège des producteurs a suspendu ses travaux au sein du Cniel face au refus des laiteries privées de valider la publication d’un nouvel indicateur Ipampa. Malgré trois tentatives, le président du Cniel n’est pas parvenu à rétablir le dialogue, explique-t-il. 

Prix du lait: Savencia augmente de 5€/1000l la valorisation de la matière première agricole

En ce début de période des négociations commerciales, le groupe laitier Savencia annonce une revalorisation de la matière première agricole dans la composante «PGC France» du prix du lait en 2025, à hauteur 5 euros/1000 litres, indique un communiqué du 11 décembre. À composition réelle, «le prix du lait PGC France sera de 506€/1000l à compter du 1er mars 2025», explique Savencia, en prenant en compte un prix de base 38/32 (hors prime carbone) fixé à 481€/1000l. L’industriel avait augmenté la valorisation de la matière première agricole de 50€/1000l en 2024. Le groupe fromager est entré en médiation privée avec l’association d’organisations de producteurs Sunlait (4 OP) pour négocier un accord-cadre, le précédent étant arrivé à échéance le 1er novembre. En attendant, le prix du lait est fixé par l’industriel, conformément à un avis du médiateur. Le prix doit être «non discriminatoire par rapport à celui dont bénéficient les autres producteurs de la laiterie placés dans des conditions d’exploitation équivalentes» en termes de zone géographique et de qualité du lait, est-il précisé dans l'avis. Dans le Sud-Ouest, 125 producteurs ex-Sunlait ont signé un accord de collecte avec Savencia. Les conditions de rémunération n’ont pas été précisées. 

Vin : le céréalier InVivo cherche un repreneur pour ses activités (presse)

Le céréalier InVivo est prêt à céder son pôle vin, affirme Les Echos dans son édition du 11 décembre (payant). Loin des résultats projetés à la création en 2015, le groupe coopératif cherche un partenaire pour l’activité, en vue d’une coentreprise où il est prêt à n’être que minoritaire, selon le journal. InVivo ambitionnait dans le vin un chiffre d’affaires de 1 Md€ en 2025 avec le rachat du négociant Cordier, il y a dix ans. L’activité a totalisé des ventes de seulement 227 M€ sur 2023-24, en chute de 29 % sur un an. L'acquisition en 2022 de Café de Paris, le vin effervescent de Pernod Ricard, la création d'une marque bio, Maris, et d'une marque de champagne, Dival Cotel, n'ont pas empêché Cordier de subir le marasme du secteur. «Il y a trop d'opérateurs sur le marché, trop de fournisseurs des enseignes de la distribution, trop de capacités de production. Il faut restructurer afin de redresser la situation de la filière», déclare à nos confrères le d.g. Thierry Blandinières. Cordier mène d’ailleurs une réorganisation de ses trois usines, décrit Les Echos. Le site de Saint-André de Cubezac est dédié à la production d'effervescent. Celui de Carcassonne sera entièrement affecté au «sans alcool». Une partie de la production a été transférée sur Béziers, d'où sortent les grandes séries.

Plan protéines: la filière veut prioriser les subsides vers la recherche génétique en pois protéagineux

À l'occasion des Rencontres OléoPro (filière oléoprotéagineuse) le 11 décembre, le président de Terres Univia (interprofession) Benjamin Lammert a demandé la poursuite du financement public du projet de recherche variétale Pea Forever, destiné au pois protéagineux, et lancé cette année avec un cofinancement des entreprises du secteur. Une première tranche de financement d'environ 5 millions d'euros (M€) est inscrite dans le projet de loi de finances (PLF) pour 2024, qui vise le premier des quatre projets de ce programme de cinq ans, dont le financement – estimé actuellement à 50 M€ – est attendu pour moitié des pouvoirs publics. La suite est encore incertaine dans le contexte de coupes budgétaires et de censure du gouvernement, indique-t-on à Terres Univia. Dans le cadre du PLF 2025 et de son volet plan protéines, la filière a communiqué au ministère de l'Agriculture ses priorités; elle ne demande plus que 17,25 M€, dont 15 M€ pour Pea Forever – soit bien moins que les 100 M€ prévus dans le texte initial du gouvernement Attal, que le gouvernement Barnier prévoyait de réduire dans sa partie dédiée à la Planification écologie. Pour l'interprofession, ce projet est jugé prioritaire, dans la mesure où il nécessite des financements immédiatement. D'autres dispositifs du plan protéines sont jugés moins urgents dans la mesure où ils méritent un temps d'analyse des résultats passés (aides à l'équipement agricole, ou aux investissements), ou bien que les équipes de recherche ont atteint des plafonds d'activités (agronomie).

Maïs: hausse des exportations et baisse des stocks aux États-Unis (USDA)

Le ministère américain de l'Agriculture (USDA) a revu en baisse le 10 décembre ses estimations de stocks de fin de campagne pour le maïs aux États-Unis, notamment grâce à une révision à la hausse des exportations. L'USDA prévoit désormais que les réserves américaines de maïs à l'issue de la campagne 2024-2025 seront de 44,15 millions de tonnes (Mt) en décembre, contre 49,23 Mt en novembre, selon le rapport mensuel WASDE (World agricultural supply and demand estimates). Ce repli s'explique notamment par une révision à la hausse des exportations de grain jaune par les États-Unis, prévues désormais à 62,87 Mt pour la campagne 2024-2025, soit près de 4 Mt de plus qu'annoncé lors de sa précédente projection publiée en novembre. Côté importations, la demande estimée pour le maïs est «plus élevée pour le Bangladesh, l'Union européenne, l'Iran et le Mexique», selon le rapport de l'USDA. Dans la foulée de la publication du rapport, les cours du maïs ont bondi. Le maïs «aide indirectement le marché du blé et du soja», selon M. Le Molgat. Les deux cours évoluaient dans le vert le 10 décembre.

Glyphosate: PAN Europe saisit la Cour de justice de l’UE

L’ONG Pesticide Action Network (PAN) Europe et ses cinq de ses membres (ClientEarth, Générations Futures…) a annoncé le 11 décembre contester devant la Cour de justice de l’UE (CJUE) la récente réautorisation pour dix ans du glyphosate. L’ONG dénonce les «graves lacunes» de l’évaluation des risques du glyphosate ayant ouvert la voie à son approbation jusqu’en 2033. La Commission européenne avait rejeté, fin juin, la demande formelle de l’ONG de réexaminer la réapprobation du glyphosate. Celle-ci se tourne donc maintenant vers la justice européenne. Selon l’analyse de PAN Europe, Bruxelles et les agences scientifiques de l’UE ont soit exclu soit minimisé les résultats «des études scientifiques critiques faisant état d’effets indésirables causés par le glyphosate, en utilisant des arguments scientifiquement peu solides» et ce faisant ont violé leurs propres lignes directrices et les protocoles internationaux. En outre, les ONG montrent comment l’évaluation de l’UE ne tient pas compte des impacts du glyphosate sur la biodiversité et le microbiome et des implications sanitaires qui en découlent. La PAN Europe s’attend à une longue procédure avec une audience espérée fin 2026.

Fruits et légumes : revalorisation des salaires dans les coopératives et Sica (syndicat)

Dans un communiqué, le 3 décembre. la CFDT Agri-Agro annonce avoir négocié et signé un accord sur les salaires pour les employés de la branche Felcoop (coopératives et Sica fruits et légumes). Ainsi, le coefficient 250 progresse de 5,65% et le reste de la grille des salaires, de 5,5%. Si le syndicat se félicite de ces revalorisations qui sont effectives au 1er janvier 2025, «obtenues dans un contexte extrêmement compliqué», il déplore cependant «la position rigide des employeurs sur le coefficient 200 entrée de grille». Selon la CFDT Agro AGri, ils auraient déclaré qu’il est «hors de question de donner plus que le Smic aux 200». Le syndicat estime que «cette attitude n’est pas en cohérence avec la nécessaire reconnaissance des salariés et ne contribue pas au renforcement de l’attractivité de la filière». Felcoop regroupe environ 200 coopératives et Sica de la filière fruits et légumes. Celles-ci emploient 40 000 salariés dans les exploitations agricoles et 8500 dans les structures elles-mêmes. Le secteur représente un chiffre d’affaires consolidé de 6 milliards d’euros. 

Fruits et légumes: en Italie, «coup de mou» des produits sous Siqo (rapport)

Dans un rapport présenté début décembre, l’institut italien Ismea sur l'économie des produits alimentaires italiens sous signe de qualité, constate un «coup de mou» de la filière fruits et légumes en 2023. Après les bons résultats de 2022, les tonnages se sont contractés de 12,7% à 502 919 tonnes l’an passé. Pour l’Ismea, la situation est «en partie imputable aux événements météorologiques qui ont affecté certaines zones de production». La baisse de la valeur de la production a été plus légère, de -2%, à 379 millions d'euros. La valeur est cependant nettement marquée à la baisse pour les fruits d'été (-26%), les noix (-24%) et les tomates (-9%). En revanche, une hausse a été enregistrée pour les agrumes (+22%), les pommes de terre (+14%) et les pommes (+6%). La dépense des consommateurs transalpins s’est établie à environ un milliard d’euros, soit une baisse de 3,9%. L’exportation de fruits et légumes sous Siqo a aussi souffert l’année dernière : elle accuse un recul de 3,4% sur la période pour une facturation totale de156 millions d'euros. La situation du secteur fruits légumes se distingue dans le monde des Siqo italien en 2023, qui a réalisé des ventes d'une valeur de 20 milliards d’euros, stable pour l’année, mais en progression de 52% sur dix ans.

Tomate : la France, plateforme d’entrée en UE du produit marocain (FranceAgriMer)

Dans son bilan des importations et des exportations françaises de fruits et légumes frais paru le 9 décembre, FraneAgriMer souligne la place prise par la France comme plateforme d’entrée et de redistribution des tomates marocaines sur le marché européen. En 2023, les importations françaises de tomates se sont élevées à 530 000 tonnes. Elles permettent de couvrir les achats des ménages en hors saison (de novembre à février), soit environ 15% des achats en volume, et également d’alimenter un courant de réexportations vers les pays européens voisins à la France. Depuis 20 ans, les exportations tricolores de tomates ont fortement progressé : +225 % par rapport à 2003, atteignant 319 000 tonnes en 2023. Six pays absorbent 80% des envois (Allemagne, Pays-Bas, Espagne, Italie, Pologne, Suède). «On estime qu’environ 68 % des volumes exportés par la France correspondent à des tomates précédemment importés. Ceci confirme le rôle le rôle de la France comme plateforme d’entrée et de redistribution de tomates en Europe, essentiellement en provenance du Maroc», concluent les auteurs de l’étude. En effet, sur 20 ans, les importations de tomates en provenance du Maroc augmentent (+139 % vs 2003) quand les importations de tomates d’Espagne ont été en baisse (- 57 % vs 2003)», précise l’établissement public. 

Manifestation: la mobilisation des agriculteurs fléchit sur le terrain, selon les autorités

Les autorités ont recensé le 11 décembre au matin huit actions dans autant de départements mobilisant plus de 400 agriculteurs avec une centaine de tracteurs. Une participation bien éloignée de celles des premiers jours de la mobilisation à la mi-novembre, quand l'alliance majoritaire FNSEA-Jeunes agriculteurs (JA) avait organisé des actions dans la plupart des départements. «A l'approche des fêtes de fin d'année, les mobilisations agricoles se poursuivent avec une baisse des actions et de la participation dans les territoires et une grande difficulté pour les organisations syndicales à mobiliser sur le terrain», ont constaté les autorités. Mercredi encore, des dizaines de tracteurs ont bloqué le centre de Dijon en signe de protestation contre la censure du gouvernement et contre l'accord entre l'UE et des pays latino-américains du Mercosur. Des bennes chargées de vieux pneus, paille et lisier ont déversé leur chargement devant la Maison de l'Europe. Un important dispositif policier les a empêchés de faire de même devant la préfecture, sans provoquer de troubles. «On continuera à avoir des actions fortes et massives», a promis le président de la FDSEA (syndicat majoritaire) de Côte-d'Or, Jacques de Loisy, sous les coups de klaxon des engins agricoles.

Manifestations : plus de 30 permanences parlementaires dégradées, Braun-Pivet condamne

En une semaine, plus de 30 députés ont vu leur permanence parlementaire en régions dégradée par des agriculteurs qui protestaient contre les conséquences de la censure du gouvernement, a déploré le 11 décembre la présidente de l'Assemblée nationale Yaël Braun-Pivet. «La détresse et les inquiétudes, aussi légitimes qu'elles soient, ne sauraient s'exprimer par l'intimidation à l'endroit de représentants démocratiquement élus», a affirmé dans un communiqué Mme Braun-Pivet, qui «condamne fermement» ces dégradations. La présidente «veillera à ce que chaque député victime de ces dégradations soit accompagné par les services de l'Assemblée nationale dans le processus de dépôt de plainte et puisse bénéficier de la protection fonctionnelle quand cela s'avère nécessaire», a-t-elle ajouté. Permanences murées, peinturlurées ou recouvertes de fumier ou de déchets: ces actions de protestation, le plus souvent revendiquées par la FNSEA, ont surtout visé des députés du Nouveau front populaire (NFP) et du Rassemblement national (RN), qui ont voté la censure du gouvernement la semaine dernière.

Manifestations: des membres de la CR en garde à vue dans la Creuse

Quatre agriculteurs membres de la Coordination rurale (CR) ont été placés en garde à vue le 11 décembre à Guéret, dans la Creuse, pour des dégradations commises lors de manifestations fin novembre, a-t-on appris auprès du syndicat agricole. «Ils sont venus les chercher comme des malpropres dans leurs fermes ce (mercredi) midi pour les placer en garde à vue», a indiqué Florian Tournade, président de la CR 23, confirmant une information du quotidien régional La Montagne. Selon le ministère de l'Intérieur, ces interpellations font suite à deux plaintes pour dégradations et menaces déposées par l'Office français de la biodiversité (OFB) après une action dans ses locaux menée par ce syndicat agricole le 19 novembre, au cours de laquelle une porte avait été brisée et plusieurs pièces saccagées. Une vingtaine d'agriculteurs étaient présents mercredi après-midi devant le commissariat de Guéret «pour soutenir les collègues, pas pour casser», selon le syndicat. «Ce sont des éleveurs, qui se lèvent tôt tous les matins pour aller bosser. On a toujours répondu quand on a été auditionnés, mais là ils viennent les chercher comme des terroristes», a déploré M. Tournade.

Manifestations/OFB: le SNE-FSU dénonce «les actes terroristes» de la Coordination rurale

Le SNE-FSU, syndicat des agents publics œuvrant dans le domaine de l’environnement, dénonce, dans un communiqué le 21 novembre, une «chasse aux sorcières» contre le personnel de l’Office français de la biodiversité (OFB). Par la même occasion, il annonce qu’à partir de cette date, il «se portera partie civile contre toutes les agressions faites aux agents chargés du contrôle». Le syndicat a en ligne de mire la Coordination rurale qui s’en est pris plusieurs fois à la sécurité physique d’agents de l’OFB. Et de lister: «le mercredi 20 novembre, un tracteur a foncé dans un véhicule de service occupé par 2 agents» ; «le mardi 19 novembre, les locaux d’un service départemental étaient attaqués à coup de hache» ; et «l’attaque d’un véhicule de service mettant en péril la vie d’un agent le 8 octobre». «Jusqu’où ira ce syndicat et leurs actes terroristes ? Faudra-t-il un drame pour que le gouvernement tape du poing sur la table ?» s’indigne le Sne-FSU. «Opposer agriculture et protection de la nature est une erreur. La coopération entre agriculture et biodiversité est une nécessité évidente», estime le syndicat en soulignant son opposition au traité Mercosur. 

Biodiversité: un nouveau fonds en Nouvelle-Aquitaine ouvert à l’agriculture

La région Nouvelle-Aquitaine et la Fondation du patrimoine annoncent, dans un communiqué le 9 décembre, la création d’un «fonds pour le patrimoine naturel et la biodiversité». Il sera doté d’un «montant de départ de 200 000 euros» abondé «à parité» par les deux entités, afin de créer un «effet levier» auprès de mécènes «privés». «L’ambition est ainsi de lever des fonds privés, avec pour objectif de doubler à minima les montants apportés par la Région et la Fondation du patrimoine chaque année», indique le communiqué. Ce fonds permettra de financer des «actions concrètes en faveur de la biodiversité en lien direct ou indirect avec l’impact des entreprises». Interrogée pour plus de précisions, la région indique que «l'agriculture n’est pas le sujet central du Fonds Nature» mais que le milieu agricole pourrait y trouver un intérêt. «Il existe (...) de nombreuses passerelles entre agriculture et biodiversité ce qui fait que des acteurs du monde agricole pourraient être intéressés par le mécénat et d’autres pourraient être des porteurs de projets potentiels pour l’AAP du fonds», indique-t-on à Agra Presse. La signature de la convention de création du fonds Nature est prévue le 16 décembre. 

Transition écologique: les agriculteurs mettent en avant le frein du marché (sondage)

Quelques jours après la parution de son rapport sur la décarbonation de l'agriculture, l'association The Shift Project, fondée par Jean-Marc Jancovici, publie le 12 décembre les résultats de son sondage en ligne, intitulé La Grande consultation des agriculteurs (7800 répondants de juin à octobre), dans lequel les exploitants mettent le plus souvent en avant le marché comme frein à la transition écologique, devant les problématiques de technique ou de connaissance. Quand on leur demande «Quels sont les principaux freins qui vous empêchent d’adopter de nouvelles pratiques agricoles durables?», ils répondent le plus souvent les «pratiques trop coûteuses / pas assez valorisées» (53%) et le «risque financier trop important» (50%), loin devant les «connaissances/compétences insuffisantes» (22%). De même, lorsqu'ils sont interrogés sur les conditions acceptables pour engager ou accélérer les transitions, ils répondent en premier la «rémunération pour services environnementaux» (53%), puis une «politique sécurisant des débouchés et des prix rentables» (51%), loin devant la «formation et l'accompagnement technique» (33%). Toutefois, lorsqu'il leur est demandé de classer le niveau de soutien attendu selon les acteurs de leur écosystème, il est aussi fort en provenance du ministère de l'Agriculture (64% répondent plus de 5/10) que des groupements d'agriculteurs (62%).

Gestion de l'eau : le «keyline design», technique méconnue mis en avant par le Shift project

Dans son rapport sur la décarbonation de l’agriculture publié le 28 novembre, le cercle de réflexion The Shift project présente une méthode méconnue d’aménagement des espaces agricoles liée à l'écoulement naturel de l'eau. Baptisée «keyline design», la technique, précurseur de l’«hydrologie régénérative», a été imaginée en 1954, dans le contexte australien de régimes de pluies très aléatoires. Jusqu’à présent peu connue en Europe, elle consiste à aménager et organiser le terrain selon des «lignes clés» (keyline) parallèles aux courbes de niveau du terrain, et ce à partir d’une lecture précise de la topographie locale. L’objectif est d’optimiser la circulation de l’eau, de favoriser son infiltration, notamment sur les crêtes les plus sèches, et de limiter le ruissellement. Pour ce faire, la méthode fait par exemple appel au travail du sol «sans bouleverser les horizons» grâce à une sous-soleuse mais aussi aux techniques de pâturage tournant intensif de façon à agrader les sols. En outre, il s’agit de reconnecter les différents éléments d’un écosystème, notamment en redonnant toute sa place à l’arbre. «Plus simple à concevoir dans le contexte de plantations pérennes ou de prairies permanentes, il peut s’appliquer aussi aux paysages de grandes cultures, particulièrement concernés par la prévention des phénomènes d’érosion du sol», souligne The Shift project.

Prix plancher: un dispositif «efficace» pour certaines filières, dont le lait, selon une étude

Selon une note de l’Institut des politiques publiques (IPP), publiée le 11 décembre, un prix plancher sur la matière première agricole «peut être source d’efficacité dans les filières où les agriculteurs font face à des acheteurs ayant du pouvoir de monopsone, c’est-à-dire étant capables de peser négativement sur les prix», comme la filière laitière. Les économistes imaginent des prix plancher différents de ceux mis en place dans le cadre de la PAC des années 1970 et 1980. Ainsi, un prix plancher tel qu’évoqué dans la note serait «indexé sur les cours internationaux des denrées agricoles». Cette condition permettrait de «conduire à une meilleure rémunération des agriculteurs sans nécessairement nuire aux consommateurs». En revanche, il impliquerait une réduction des marges des industriels à l’achat de matière première. Plus encore, les auteurs estiment que le prix plancher peut «améliorer l’efficacité des politiques de soutien de l’offre agricole». Une analyse de la situation de la filière laitière les amène à conclure que le lait pourrait faire l’objet d’un prix plancher, étant donné la concentration des acteurs de l’aval et leur capacité à peser sur les prix à la baisse. À noter que l’étude porte sur des données de la période 2003-2018, donc avant les lois Egalim. 

Royaume-Uni : les manifestations agricoles contre la taxe sur la succession se poursuivent

Après une première mobilisation le 19 novembre, les agriculteurs britanniques ont de nouveau manifesté devant le Parlement à Londres le 11 décembre. La taxe sur la succession des propriétés agricoles, annoncée le 30 octobre par le gouvernement travailliste de Keir Starmer, reste au cœur de leurs inquiétudes. À compter d’avril 2026, l’exonération des droits de succession dont bénéficient les exploitations ne s’appliquera plus à celles valant plus d’un million de livres (1,20 M€) qui seront désormais soumises à une imposition de 20 %, soit la moitié du taux habituel des droits de succession. S’appuyant sur des données du ministère des Affaires rurales, les organisations agricoles affirment que 66 % des entreprises agricoles valent plus d’un million de livres. Le gouvernement travailliste, lui, réfute ces données. Dans une interview le matin même à la chaîne de télévision Sky news, Shabana Mahmood, ministre de la Justice, indiquait que «la grande majorité des exploitations familiales ne seront pas touchées». Et d’ajouter : «Nous nous attendons à ce qu’environ 500 d’entre elles seulement le soient».

Coopératives: elles atteignent près de 50% de l'industrie agroalimentaire (presse)

Dans un article paru le 11 décembre, le journal Les Echos dévoile les dernières estimations de la part du chiffre d'affaires des coopératives dans l'industrie agroalimentaire, que devrait présenter le Haut conseil de la coopération agricole (HCCA) lors du prochain congrès de la Coopération agricole. Selon le quotidien, cette part devrait «approcher les 50 % en 2024», après être passée de 40 % en 2020 à 45 % en 2023. Dans le détail, leur activité aurait atteint 118 milliards d'euros en 2023. Selon Dominique Chargé, président de la Coopération agricole interrogé par nos confrères, «l'inflation y a contribué mais l'essentiel de la prise de poids s'explique par des opérations de croissance externe très significatives dans l'industrie privée». Et de rappeler les dernières opérations intervenues dans le secteur, notamment les acquisitions de l'union de coopératives Invivo (Soufflet, puis United Malt), ou encore le rachat des activités canadiennes de Yoplait par Sodiaal à l'américain Général Mills, et le rachat de Tipiak par Terrena.

Coopératives: Thierry Dupont cède la main à Étienne Grodet à la présidence d'Agora

À la suite de l’assemblée générale du groupe coopératif Agora le 10 décembre, Étienne Grodet a été élu président à l’unanimité par le conseil d’administration. Il succède à Thierry Dupont, qui a occupé cette fonction durant dix années. Agriculteur depuis 2006 à Reuil-sur-Brèche dans l’Oise, Étienne Grodet a intégré le conseil d’administration en 2008 et le bureau en 2021. La transition entre les deux hommes se veut «fluide» et «dans la continuité».

Erratum sur les aides de minimis

Contrairement à ce qui est indiqué dans l'Agrafil daté du 11 décembre, la Commission européenne a bien « adopté » la modification du plafond des aides de minimis et non « proposé » comme indiqué dans le titre. Le reste du texte, lui, ne fait l’objet d'aucune modification.