Agrafil du 10 septembre 2024

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Glyphosate: des ONG françaises contestent la réautorisation devant la justice de l'UE

Les associations Agir pour l'Environnement, Criigen (Comité de recherche et d'information indépendantes sur le génie génétique) et le collectif des maires anti-pesticides ont saisi le 1er août la justice européenne contre la décision de la Commission européenne de reconduire jusqu'en 2033 l'autorisation dans l'UE du glyphosate, indique l’AFP le 9 septembre. Corinne Lepage, fondatrice du Criigen, dénonce «une non-application du principe de précaution». Une réponse de la Commission européenne est attendue d'ici la mi-octobre, avant une audience espérée en 2025. Par ailleurs, la Commission européenne a déjà rejeté, en juin, la demande formelle de l’ONG PAN Europe (Pesticides Action Network) et de cinq de ses ONG membres de réexaminer la réapprobation du glyphosate. Regrettant cette décision, PAN Europe va, elle aussi, tenter de contester l’autorisation de l’herbicide devant la justice de l’UE. Les deux plaintes devrait être jointes. À l’époque, PAN Europe pointait que «le processus d'approbation a ignoré des études montrant un risque élevé de cancer, un taux de mortalité alarmant parmi les insectes, et des impacts majeurs sur le cerveau résultant de l'utilisation du glyphosate». Fin novembre 2023, Bruxelles avait décidé de réautoriser le glyphosate, faute de majorité lors d'un vote des États membres et à la suite d'un rapport de l’Efsa estimant que le niveau de risque ne justifiait pas d'interdiction.

Agrivoltaïsme: un groupe de travail en cours de reconstitution à l’Assemblée

Un groupe de travail sur l’agrivoltaïsme est en cours de reconstitution à l’Assemblée nationale, a indiqué l’entourage du député Pascal Lecamp (Les Démocrates, Vienne)le 9 septembre à Agra Presse. «On est en train de relancer le sujet depuis la semaine dernière», précise la source. Fin mars, le député avait déjà lancé un groupe de travail sur le partage de valeur et la contractualisation dans l’agrivoltaïsme. Il était prévu d’aboutir à une proposition de loi avant la fin de la session parlementaire. Mais la dissolution de l’Assemblée nationale, déclenchée le 9 juin par le président Macron, a mis un coup d’arrêt à ce travail. «Un nouveau groupe de travail transpartisan va être reconstitué, sans le Rassemblement national», poursuit la source. «Comme le précédent», il devrait réunir des députés communistes (Gauche démocrate et républicaine), socialistes, écologistes, Ensemble pour la République, démocrates, Horizons et indépendants, Liot (Libertés, indépendants, Outre-mer et territoires), Droite républicaine. «Une première réunion est envisagée d’ici la fin du mois. L’objectif est de déposer une proposition de loi avant la fin octobre.»

Sucre: vers une prolongation de l'interdiction d'exportation de l'Inde (presse)

Dans un contexte déjà tendu sur les marchés mondiaux, l'Inde, confrontée à une mauvaise récolte, envisage pour la deuxième campagne successive de prolonger l'interdiction des exportations de sucre, selon l'agence Reuters, qui s'appuie sur des sources gouvernementales. New Delhi envisage également «d'augmenter le prix auquel les compagnies pétrolières achètent de l'éthanol aux sucreries dans le cadre des efforts visant à accroître l'offre de biocarburant», indique également Reuters, selon des sources proches du dossier. Le premier producteur mondial de sucre, et deuxième exportateur après le Brésil, avait déjà annoncé en 2022 qu'il plafonnerait les exportations de sucre à 10 Mt. L'année suivante, le gouvernement s'était résolu à annoncer une interdiction des exportations. Selon Reuters, New Delhi a autorisé les usines à exporter «seulement 6,1 millions de tonnes métriques de sucre au cours de la dernière saison, soit près de la moitié de la cargaison totale du pays en 2021-2022». Fin juillet, les cours du sucre étaient déjà remontés, poussés par les craintes sur la prochaine récolte brésilienne (à la suite d'une série d'incendies), dans un contexte de perspectives de pénuries d'approvisionnement mondial.

Céréales: Benoît Piétrement candidat à la présidence de l'interprofession

Le vice-président de l'AGPB (producteurs de blé, FNSEA), Benoît Piétrement, est bien parti pour être nommé à la présidence d'Intercéréales (interprofession) en remplacement de Jean-François Loiseau, récemment nommé à la tête de l'Ania (agroalimentaire). À l'occasion du conseil d'administration de l'interprofession du 19 septembre, M. Piétrement sera proposé comme candidat par les producteurs, indique-t-il à Agra Presse, confirmant une information de Contexte. Le collège des producteurs est statutairement le seul à pouvoir proposer un candidat à la présidence, rappelle-t-il. En tant que président de la coopérative Novagrain et du conseil spécialisé Grandes cultures de FranceAgriMer, Benoît Piétrement connait déjà bien la filière céréalière. «Nous allons être dans la continuité, promet le céréalier de la Marne. Le point majeur, c'est évidement la compétitivité de la filière, avec la récolte catastrophique de cette année, qui aura des répercussions sur toute la filière, y compris sur l'interprofession elle-même via les contributions volontaires obligatoires. Nous rencontrons aussi de graves problèmes de désherbage, avec de vraies inquiétudes sur le salissement des parcelles, face auxquelles nous allons demander de continuer d'avoir accès aux moyens de production.»

Grandes cultures/carbone: Vivescia étend son plan Transitions à 220 nouveaux agriculteurs

Un an après le lancement de son programme Transitions «Pour une agriculture régénérative, bas carbone et favorable aux sols et à la biodiversité», le groupe coopératif Vivescia a annoncé le 6 septembre l’étendre à 420 agriculteurs en tout. Après 200 adhérents en 2024, «l’engagement de 220 nouveaux agriculteurs» est prévu cet automne pour la récolte 2025, d’après un communiqué. Vivescia les aide à changer leurs pratiques culturales (assolements, engrais, cultures intermédiaires…) en leur offrant une rémunération «complémentaire» de 100 à 150 €/ha par an. Une «coalition de partenaires clients» contribue au financement. Saipol (Avril), Roquette, Tereos, rejoints par Etea Sédamyl, puis Heineken, soutiennent ainsi Transitions aux côtés d’entreprises de Vivescia Industries. L’extension du programme correspond à de nouveaux engagements côté aval. «Etea Sedamyl, Roquette et Tereos, parallèlement à Vivescia Industries avec les Grands Moulins de Paris et Malteurop, renforcent leurs engagements avec l’achat de volumes de grains additionnels», selon le communiqué. Par exemple, Tereos annonce «un doublement des volumes de blé Transitions achetés dès la récolte 2025». Lors du lancement, le groupe espérait convaincre 1000 agriculteurs d’ici 2026.

Victimes de pesticides: 137 accords aux Antilles depuis la création du FIVP en 2020

Depuis sa création en 2020, le Fonds d’indemnisation des victimes de pesticides (FIVP) a reçu «environ 181 dossiers» de demande d’indemnisation de Martinique et de Guadeloupe a indiqué, le 6 septembre, la coordinatrice du plan Chlordécone IV Edwige Duclay. Sur ces 181 dossiers, «137 ont abouti à un accord». Dans le détail, par territoire, au 3 juin 2024, «109 dossiers ont été déposés en Martinique», pour 72 en Guadeloupe. De plus, «85 ont abouti à un accord en Martinique», pour 52 en Guadeloupe. Il y a «une augmentation significative du nombre de dossiers déposés depuis 2020 avec: 11 en 2021, 45 en 2022 et 99 en 2023», s’est réjouie Edwige Duclay. Interrogée sur le détail des indemnisations par maladie professionnelle liée aux pesticides reconnue dans le régime agricole (maladie de Parkinson, hémopathie maligne, cancer de la prostate, NDLR), Mme Duclay a renvoyé vers le FIVP lui-même, lequel est géré par la MSA. «Je sais que les cancers de la prostate sont les maladies les plus retrouvées dans les indemnisations», a-t-elle précisé. Interrogée à ce sujet le 19 août, après la publication du rapport d’activité du FIVP, la MSA avait répondu ne pas disposer des données par pathologie par territoire, mais seulement à échelle nationale.

Porc: l’interprofession espagnole en visite en Chine cette semaine

L’interprofession porcine d’Espagne Interporc doit participer à une conférence officielle à Shangaï ce 10 septembre dans le cadre de la visite en Chine, cette semaine, du président espagnol Pedro Sánchez. En amont du voyage, souligne un communiqué d’Interporc, l’interprofession a échangé avec la secrétaire d’État au Commerce Amparo López Senovilla, qui l’a assurée du soutien gouvernemental à la filière porcine. Interporc sera représentée par son président Manuel Garcia (du groupe Vall Companys), son directeur général et son directeur international. S’exprimant dans le communiqué, Manuel Garcia vante les «excellentes relations» de l’interprofession avec les entreprises et autorités chinoises, et se félicite du «modèle de collaboration et de bénéfices mutuels» établi entre les filières porcines des deux pays. Ces échanges diplomatiques interviennent dans un contexte de différends commerciaux entre l’UE et la Chine, conduisant cette dernière à rechercher des preuves de dumping parmi les industriels européens du porc, dont Litera Meat (Pini Group) en Espagne. Interporc rappelle dans son communiqué que l’Espagne est le principal exportateur de viande porcine en Chine, avec 560 488 t et 1,2 Md€ en 2023 (soit 20,33% du volume des exportations espagnoles et 13,7% de la valeur des importations de Chine).

Circuits courts: l’ouverture de magasins Bienvenue à la ferme s’accélère

Le réseau de magasins Bienvenue à la ferme annonce, dans un communiqué le 9 septembre, cinq ouvertures cet été, tout en proposant à des magasins existants de passer sous l’enseigne soutenue par les chambres d’agriculture. Ces ouvertures font presque doubler le réseau lancé en 2021, selon son communiqué. Celui-ci réaffirme son ambition de devenir la première enseigne de magasins en circuits courts d’ici 2027 et «d’étendre au maximum son maillage territorial », notamment par la conversion de magasins existants (c'est le cas, indique le communiqué, de la moitié des ouvertures de 2024). «Dès leur intégration dans le réseau, les magasins peuvent afficher des progressions de chiffre d'affaires supérieures à 35%», indique-t-il. Les magasins sous enseigne bénéficient de l'accompagnement de Fermes and Co (société ad hoc créée par les chambres) lors de leur création et dans leur gestion quotidienne. Ils distribuent des produits issus des fermes alentour. Les cinq nouveaux magasins ouverts sont situés à Rédéné (Finistère), Briançon (Hautes-Alpes), Ambon (Morbihan), Urrugne (Pyrénées-Atlantiques) et Embrun (Hautes-Alpes).

Légumes: les leviers pour assurer la pérennité des légumeries territoriales

Une récente publication de la chaire Unesco suggère que les légumeries de territoire requièrent de nouveaux modèles économiques pour assurer leur pérennité. Le document synthétise quatre mémoires de fin d’études, dans lesquels 27 légumeries, 13 structures amont, 7 structures aval et 9 collectivités ont été interrogées. Elle souligne particulièrement la méconnaissance qu’ont certains porteurs de projet de leur territoire d’implantation: lacunes de production que la re-territorialisation cherche à combler, capacité des producteurs à fournir les matières premières, leur motivation en fonction des prix et des volumes proposés et les éventuelles contraintes. Plusieurs pistes d’amélioration sont proposées: détermination des éléments cruciaux (acteurs et motivations, volumes et flux) lors de la définition du projet initial, choix techniques correspondant au diagnostic, gouvernance partagée et reposant sur des liens de confiance durables. «Ces recommandations rappellent le caractère territorial des légumeries: il s’agit de réduire les externalités négatives, sociales et environnementales des systèmes alimentaires. Une planification prudente et évolutive permet la stabilisation progressive du modèle économique et l’adaptation de l’activité des légumeries. On peut donc interroger l’injonction à la rentabilité (souvent évoquée)», conclut la publication.

Présidence d'Interfel: Jean-Michel Delannoy se présente aussi comme «candidat de l'amont»

Le 24 septembre, il y aura bien deux candidats issus de la famille amont pour l’élection du nouveau président de l’interprofession fruits et légumes: Daniel Sauvaitre (ANPP) et Jean-Michel Delannoy (ancien président de Felcoop) qui se présente aussi comme «candidat de l’amont». «Je n’ai jamais communiqué à l’amont que je me retirais», a indiqué Jean-Michel Delannoy à Agra Presse le 9 septembre, ajoutant, dans sa lettre de candidature, qu’«une belle et transparente élection démocratique ne peut qu'être positive et vivifiante». En juillet, Daniel Sauvaitre avait publié sur son blog sa lettre de candidature à la présidence, indiquant que Jean-Michel Delannoy, ancien président de Felcoop (coopératives), s'était retiré après un vote des familles de l’amont (FNPFruits, Légumes de France, Gefel, Felcoop) dont le résultat lui avait été légèrement défavorable. Le 24 septembre, l’élection du nouveau président – qui proviendra statutairement du collège amont, en raison du caractère tournant de la présidence – devrait se dérouler en deux temps: un premier tour déterminera le candidat de l'amont, à travers le vote de ses familles, le vainqueur devant rassembler deux tiers des votes. Ensuite, un second tour, concernant l’ensemble des 15 familles de l’interprofession, désignera le nouveau président. Au cas où les deux candidats se retrouvent à égalité à l’issue du premier tour (au collège amont), ils pourraient tous deux se présenter au second.

Salades: au Royaume-Uni, une étude relie E. Coli et dérèglement climatique

Une étude publiée dans Eurosurveillance sur une épidémie d'E. Coli au Royaume-Uni en 2022 a identifié une laitue contaminée comme la source la plus probable de l'infection. Elle a déterminé que de fortes pluies pourraient avoir transporté la bactérie des excréments d'animaux aux cultures de laitue. Au travers d’une enquête à l'échelle nationale (questionnaire aux victimes), de l’étude des données des cartes de fidélité et des enquêtes sur la chaîne d'approvisionnement, l’étude révèle qu'un seul producteur était directement ou indirectement lié à tous les établissements de restauration ou détaillants touchés par cette épidémie. L'analyse épidémiologique et météorologique (analyse géospatiale, évaluation des risques d'inondation) et celle de l’utilisation des terres et des populations d’élevage dans la zone de production de ce maraîcher ont ensuite permis aux chercheurs d'établir une chronologie des événements, qui souligne un fort événement pluvieux juste avant la récolte des laitues incriminées. «Alors que les inondations et les fortes pluies devraient augmenter avec le changement climatique, cette approche pourrait améliorer la compréhension de l’impact du changement climatique sur la santé publique et éclairer les efforts d’adaptation climatique à l’avenir», est-il expliqué.

Administration: après le cabinet de Fesneau, Hadrien Jaquet directeur de l’ENSV-FVI

Auparavant conseiller de Marc Fesneau aux filières animales et à la santé animale, Hadrien Jaquet a été nommé directeur de l’École nationale des services vétérinaires (ENSV-FVI), a-t-il annoncé sur LinkedIn. L’ENSV est «l’école d’application du corps des inspecteurs de santé publique vétérinaire» (ISPV). En 2020, elle a fusionné avec le GIP France vétérinaire international, organisme «dédié à la coopération et à l’influence» créé par les pouvoirs publics. L’ENSV-FVI étant une «école interne» à VetAgroSup, M. Jaquet devient à ce titre directeur adjoint de l’école d’ingénieurs. Deux institutions dans lesquelles il a été formé. Après des expériences à la DDPP de l’Oise (préfecture) et à la DGAL (ministère de l’Agriculture), Hadrien Jaquet était entré au cabinet de Marc Fesneau en septembre 2022.

FNSEA: nouveau directeur de la communication, passé en cabinet ministériel (presse)

Guillaume Papin est le nouveau directeur de la communication de la FNSEA depuis le 5 septembre, indiquent plusieurs médias. Sa dernière expérience: conseiller communication et presse au cabinet de la ministre du Travail Catherine Vautrin, de février à avril 2024. Avant cela, ce diplômé de l’Essec a été directeur de la communication et des affaires publiques du Barreau de Paris (2016-2018), puis de la Fédération hospitalière de France (2018-2024), selon sa page LinkedIn. M. Papin remplace Christine Claudon, qui a quitté la FNSEA.

Négoce: décès de Michel Soufflet, à 94 ans

Michel Soufflet, le fondateur du négoce éponyme, est décédé le 8 septembre 2024 à l’âge de 94 ans. Patriarche de cette entreprise familiale devenue, au fil des décennies, une multinationale aux 4,5 Md€ de chiffre d’affaires, Michel Soufflet est salué unanimement par la profession pour son talent d’entrepreneur et de visionnaire. En 2001, c’est son fils Jean-Michel qui avait pris les rênes du négoce. Mais lui n’était jamais loin. Il continuait, même après la revente du groupe à InVivo en décembre 2021, de se rendre quasi quotidiennement au siège de l’entreprise, à Nogent-sur Seine, dans l’Aube, sa ville natale. (Anne Gilet)