Agrafil du 11 juin 2024

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Élections européennes: les contours de la future Comagri

Si les noms des eurodéputés français qui pourraient siéger au sein de la future commission de l’Agriculture (Comagri) vont changer (lire ci-dessous), ce n’est pas forcément le cas pour tous les pays de l’UE. En Allemagne, les résultats assurent un siège à l’actuel président de la Comagri Norbert Lins (PPE). De même, en Italie, Herbert Dorfmann, coordinateur du groupe PPE sur les questions agricoles, valide sa place. D’autres élus du groupe devraient faire un nouveau mandat et postuleront à la Comagri: le Roumain Daniel Buda et l’agriculteur autrichien Alexander Bernhuber. L’Espagnole Esther Herranz Garcia, qui n’avait pas été réélue en 2019, va faire son retour au Parlement européen. Elle avait notamment été rapporteure sur le volet Plans stratégiques de la réforme de la Pac. Du côté des socialistes, le paysage est plus flou. L’Allemande Maria Noichl devrait faire un nouveau mandat, mais des remplaçants vont devoir être trouvés à l’Italien Paolo De Castro, à l’Espagnole Clara Aguilera et à la Portugaise Isabel Carvalhais, qui ne se représentaient pas. Au centre, le Tchèque Martin Hlaváček est réélu. Ce n’est pas le cas de l’ancien commissaire européen à l’Agriculture, le roumain Dacian Cioloș, dont la liste n’a pas obtenu suffisamment de voix. L’agricultrice allemande Christine Singer, nouvellement élue, devrait rejoindre la Comagri. Du côté des Verts, l'Allemand et chef de file de son groupe Martin Häusling à la Comagri rempile, de même que l’Autrichien Thomas Waitz. D’ici à la première plénière du Parlement européen qui se tiendra du 15 au 19 juillet, des négociations vont permettre de préciser le périmètre de la Comagri, qui pourrait évoluer, et de désigner celui ou celle qui en assurera la présidence.

Élections européennes: Jérémy Decerle devrait finalement perdre son siège

Après affinage des résultats, la liste centriste Renaissance ne recueillerait que 14,6% des voix, lui assurant finalement 13 élus. L’ancien président des Jeunes agriculteurs Jérémy Decerle, 14e de la liste, ne devrait donc pas retrouver son siège au Parlement européen. Alors que l’eurodéputée sortante Irène Tolleret ne se représentait pas, le groupe Renaissance se retrouve sans spécialiste des questions agricoles. Globalement, un perte d'influence française au Parlement européen sur les dossiers agricoles est à prévoir, beaucoup des élus français siégeant à la commission de l'Agriculture n'étant pas réélus: Benoit Biteau (Verts), Anne Sander (LR) ou encore Gilles Lebreton (RN), qui, lui, ne se représentait pas. Le seul à conserver son siège est le socialiste Christophe Clergeau. Les nouveaux eurodéputés français intéressés par les questions agricoles devraient donc être Gilles Pennelle et l’agricultrice Valérie Deloge pour le RN, Arash Saeidi pour LFI, et la céréalière Céline Imart pour LR. Selon les résultats définitifs, le RN a récolté 31,37% des voix, la liste de la majorité présidentielle 14,6%, le PS 13,83%, LFI 9,89%, LR 7,25%, EE-LV 5,5% et Reconquête 5,47%.

Législatives: Moreau y retourne, Besson-Moreau passe son tour, Pannier-Runacher «disponible»

En 2022, ils étaient plusieurs députés sortants de la majorité, spécialistes de l'agriculture, à avoir échoué à se reconduire au sein de l'Hémicycle. Parmi eux, Jean-Baptiste Moreau, qui s'était depuis reconverti dans le lobbying et dans le cercle de réflexion Agriculture stratégies (ex-Momagri), souhaite se représenter, a-t-il indiqué à Agra Presse: «J'y vais», annonce l'ancien éleveur, qui devrait affronter une députée sortante LFI. En revanche, le député Grégory Besson-Moreau, à l'origine de la loi Egalim 2, ne souhaite pas se représenter, préférant poursuivre sa reconversion dans la finance agricole, indique-t-il à Agra Presse. D'autres y réfléchissent: c'est le cas d'Olivier Damaisin. Devenu coordinateur national interministériel du plan de lutte contre le mal-être en agriculture, il est «en pleine réflexion et réorganisation», indique-t-il à Agra Presse. C'est dans sa circonscription que souhaite se représenter Jérôme Cahuzac, qui souhaiterait se faire élire sous l'étiquette centre gauche, face à une députée sortante RN, rapporte la presse généraliste. La candidature de l'ancienne secrétaire d'État à la Biodiversité Bérangère Abba est également «à l'étude», indique-t-elle à Agra Presse. Elle avait échoué en 2022 dans la Haute-Marne face à un candidat RN. Enfin la ministre délégué de l'Agriculture Agnès Pannier-Runacher, qui n'a jamais élue à l'Assemblée, s'est déclarée «disponible» pour le scrutin, lors d'un entretien sur BFM.

Egalim 4, LOA: FNSEA et JA s'inquiètent du devenir des chantiers législatifs

La FNSEA, les JA et la CR ont fait part ce 10 juin de leur craintes de voir «remis en question» par la dissolution de l'Assemblée les travaux engagés sur le projet de loi d'orientation agricole ou sur un renforcement du dispositif Egalim. «Egalim, simplification, loi d'orientation... Autant de chantiers obtenus par le travail de notre réseau et dont l'aboutissement est remis en question, car il est suspendu aux décisions du gouvernement en place après les élections» législatives, affirment dans un communiqué les Jeunes agriculteurs (JA). «Les décisions politiques vis-à-vis de l’agriculture française risquent de ne pas être tenues», s'inquiète de son côté la FNSEA dans un communiqué séparé. Et d'appeler «tous les partis politiques à mettre dans la feuille de route de leurs candidats aux élections législatives les propositions qu’elle a portées : dignité, revenu et simplification». L'inquiétude est partagée par la Coordination rurale: «On verra l'équipe de députés qui sera élue et ce qu'il sera décidé, on espère que tout ne sera pas mis à la poubelle», a affirmé à l'AFP sa présidente Véronique Le Floc'h, appelant à obtenir des réponses aux attentes des agriculteurs «le plus rapidement possible». La Coordination rurale ne regrettera pas le texte de loi d'orientation agricole tel qu'il était rédigé, car il omettait «la question des revenus» et «n'apportait pas les solutions pour un avenir meilleur de l'agriculture».

Egalim 4: presque terminé, le rapport fera l'objet d'un «point d'étape» en attendant les législatives

Conséquence de la dissolution de l'Assemblée nationale, les travaux des députés de la majorité Alexis Izard et Anne-Laure Babault sur les relations commerciales se sont arrêtés net, et leur reprise est suspendue à leur éventuelle réélection. Attendu «entre le 17 et le 19 juin», leur rapport était presque terminé, et d'ultimes réunions d'arbitrage étaient prévues cette semaine. Faute de pouvoir être remis officiellement au gouvernement, il « fera l'objet d'une note» et d'un «point d'étape», a indiqué la ministre déléguée à l'Agriculture Agnès Pannier-Runacher sur BFM le 10 juin. «Il restait à évaluer la question de l'origine d'un point de vue technique, et à arbitrer plus politiquement la question des dates butoirs», aussi bien en amont (entre agriculteur et premier acheteur) qu’en aval (entre transformateur et distributeur), indique-t-on dans l'entourage du député Alexis Izard (Renaissance). Sur le premier point, un rendez-vous était programmé avec la Commission européenne; sur le second, une réunion était calée avec le ministère de l'Agriculture. Si l'un des députés est réélu, le rapport pourra être transmis, mais à une date ultérieure, ce qui pourrait retarder l'entrée en application du texte (Egalim 4) qui devait en découler, alors que le syndicalisme majoritaire demandait sa mise en œuvre pour les prochaines négociations commerciales. S'ils n'était pas réélus, le député Izard «donnera son brouillon» aux suivants, indique son équipe.

Séparation vente/conseil: la mission CGAAER «continue», indique la Rue de Varenne

Questionné à la suite de la dissolution de l'Assemblée sur le devenir des travaux relatifs au projet de texte visant à «adapter» la séparation de la vente et du conseil des pesticides, le cabinet d'Agnès Pannier-Runacher répond, sans précision: «La mission CGAAER continue». Ce projet de texte, dont on ne savait pas encore s'il allait s'agir d'une proposition ou d'un projet de loi, devait être présenté à l'été. Deux volets étaient annoncés: sur la séparation capitalistique, «certains points pourraient être à clarifier ou à adapter», avait annoncé l'entourage de la ministre déléguée de l'Agriculture il y a quelques semaines. Au Sénat, les sénateurs LR s'apprêtaient à mettre le sujet en débat dans le cadre de la loi d'orientation agricole (LOA), en demandant, par la voix des deux rapporteurs, la suppression pure et simple de la séparation (comme souhaité par la Coopération agricole). L'autre volet devait concerner la conseil stratégique, dont le caractère obligatoire devait être levé, et son périmètre élargi à d'autres intrants et thématiques, avait indiqué la Rue de Varenne. Enfin, il était attendu que le syndicalisme majoritaire pousse pour insérer dans le futur texte la fin de l’interdiction en France des néonicotinoïdes autorisés dans l’UE (acétamipride), ainsi que des molécules au mode d’action similaire (flupyradifurone, sulfoxaflor) – comme cela se dessinait déjà dans l'examen de la LOA au Sénat.

Mal-être agricole: la MSA crée, pour la première fois, une aide au répit administratif

La MSA annonce la création d’une aide au répit administratif, une première permettant de prévenir l’épuisement professionnel et le «burn-out administratif» des agriculteurs confrontés à une surcharge administrative exceptionnelle, dans un communiqué le 10 juin. Cette intervention à domicile est expérimentée dans quelques caisses du réseau, comme par exemple en Haute-Normandie; elle sera progressivement étendue dans les mois qui viennent. Elle entre dans le cadre d’un renforcement de l’action de prévention du mal-être agricole décidé par le conseil d’administration. Ce plan prévoit la consolidation du réseau des 5000 sentinelles, celle de la mise en œuvre du programme Inclusion & ruralité (accompagnement des structures d'insertion par l’activité économique en zone rurale dans le domaine de l’alimentation), l’accélération des programmes «Grandir en milieu rural» et «Bulle d’air» (service de répit à domicile pour les aidants de personnes âgées ou handicapées). Plus de 28 millions d’euros sont mobilisés en 2024 pour le fonds national d’action sanitaire et social et le fonds national de prévention de la Sécu agricole.

Chlordécone: renvoi de l'audience sur la contestation du non-lieu à l’automne

La cour d'appel de Paris a renvoyé au 22 octobre l'audience sur la contestation du non-lieu prononcé début 2023 dans l'enquête sur le scandale de la pollution à la chlordécone, indique l’AFP le 10 juin, citant des avocats des parties civiles. La chambre de l'instruction devait examiner lundi 10 juin matin les appels formés par ces dernières. Cependant, le dépôt de QPC (question prioritaire de constitutionnalité), des demandes de publicité, de nouvelles victimes et une durée accrue de l’audience ont incité la cour au renvoi. Certaines parties civiles ont exprimé des réserves sur ce report. «Je déplore qu'il soit tardif et qu'il conduise à un report», a indiqué devant la presse Me Harry Durimel, avocat des victimes du chlordécone et maire écologiste de Pointe-à-Pitre (Guadeloupe). L'audience du 22 octobre portera sur l'examen préalable de QPC. Le 24 avril, la procureure générale de Paris Marie-Suzanne Le Quéau avait annoncé dans un communiqué avoir demandé la confirmation de l'abandon des poursuites par les juges d’instruction du pôle santé publique de Paris, intervenu en janvier 2023. En mai, Nicolas Sansu, alors député communiste du Cher avait plaidé pour la création d’un fonds d’indemnisation spécifique pour les victimes de la chlordécone.

Travail saisonnier: pas d’exception prévue dans la réforme de l’assurance chômage

Un temps envisagée par la ministre du Travail Catherine Vautrin, la possible exception des travailleurs saisonniers à la réforme de l’assurance chômage n’aurait plus lieu d’être, croit savoir le journal Les Echos, d'après un article publié le 8 juin. Ces salariés devront justifier de huit mois d'activité (176 jours) sur les 20 derniers mois pour être indemnisés. Le quotidien évoque une étude de l’Unedic à paraître sur les saisonniers ayant ouvert des droits à l'assurance-chômage avec au moins un contrat saisonnier en 2022. La durée moyenne prise en compte était de 83 jours. «Sauf qu'un grand nombre de saisonniers complètent leurs revenus avec d'autres contrats de travail, leur permettant potentiellement de justifier des 176 jours», soulignerait l’Unedic. Un rapport du CGAAER (ministère de l’agriculture) paru en 2023 avait détecté des impacts potentiels sur l’accès à la main-d’œuvre, et plus généralement sur l’attractivité du secteur. Ses auteurs avaient estimé qu’environ 100 000 travailleurs saisonniers en agriculture avaient «souffert» de la dernière réforme de l’assurance chômage «à durée d’activité équivalente». Le gouvernement entendait prendre un décret le 1er juillet (entre les deux tours des élections législatives annoncées le 9 juin) pour une entrée en vigueur de la réforme au 1er décembre.

Porc: le Marché du porc breton (MPB) devient le Marché du porc français (MPF)

À l’occasion de son assemblée générale le 6 juin, le Marché du porc breton (MPB) est devenu le Marché du porc français (MPF). «Quoi de plus normal, me direz-vous, quand on sait que le prix affiché en fin de séances de vente sert de référence à toute la filière française?», a lancé son président François Pot dans son discours. Basé à Plérin (Côtes-d’Armor), le MPB tient deux séances par semaine (lundi et jeudi), au cours desquelles la cotation est fixée par des enchères dégressives. Son élargissement fait suite à l’arrivée des trois premiers abattoirs hors Bretagne: Vallégrain (Sarthe) et Tradival (Loiret) à l’automne dernier, puis Holvia (Mayenne). L’année 2023 a également été marquée par le départ des deux premiers acteurs français du porc, Bigard et la Cooperl. «J’invite les éleveurs des autres régions de France à présenter leurs porcs sur le catalogue», a exhorté François Pot, tout en promettant que, par la suite, «les lignes [du marché] bougeront encore pour s’adapter». Selon son rapport annuel, l’activité du MPB a été fortement influencée par la décapitalisation porcine en 2023, avec un offre réduite de 1,5% par rapport à 2022 (à 1,34 million de porcs charcutiers) et un prix de base moyen de 2,115 €/kg (+22,6%), un plus haut historique.

Machinisme: le marché à -4,1% au 1er trimestre, retour à la croissance prévu en 2026

Le marché des agroéquipements, qui avait connu une année «record» en 2023, subit un recul de 4,1% en valeur au premier trimestre, a indiqué le 10 juin Axema (industriels). «Après six bonnes années, nous entrons dans un cycle de marché baissier», a déclaré le directeur des affaires économiques David Targy. Les ventes de matériel neuf sont projetées à 7,75 Md€ en 2024 (-15 ), puis à 7,36 Md€ (-5%) en 2025. «Cela va se retourner au cours de l’année prochaine, d’après lui. Le secteur renouera avec la croissance en 2026.» Pour l’heure, les prises de commandes sont en berne. Elles affichent -11% en volume de janvier à avril (-41% par rapport à la même période en 2022), selon l’index Axema. Dans le détail, les tracteurs standards (-13%), presses à balles rondes (-12%) et les matériels de fenaison (-8 %) sont en baisse, tandis que les ensileuses automotrices (+27%) et presses à balles carrées (+23%) sont en hausse. Axema réfute l’idée d’une crise. À la fois car les difficultés ne sont pas généralisées – la situation est notamment «plutôt sereine» pour les matériels de transport –, et parce que le moral des dirigeants est partagé entre optimisme et pessimisme (50-50).

Renouvellement agricole: les exploitations méridionales plus à risque d’être démantelées

Une étude du CNRS et de l’université de Caen Normandie, présentée au colloque de la Sfer les 6 et 7 juin, apporte un éclairage sur les perspectives de renouvellement agricole selon les formes d’organisation du travail. Parmi les exploitants de 52 à 62 ans, 34% travaillent seuls à temps complet sur leur ferme en 2020, d'après les résultats issus du dernier recensement. Ce profil apparaît comme «le plus vulnérable du point de vue des perspectives de renouvellement» : «De moins en moins de jeunes recherchent la reprise individuelle d’une exploitation, l’organisation du travail y étant plus contraignante en comparaison des structures sociétaires», affirme l’auteur. L’étude dresse leur répartition géographique, via une typologie des cantons selon les formes de collectif de travail pour des exploitants âgés de 52 ans et plus en 2020. La partie méridionale du territoire (à l’exception d’une grande partie du Massif central et des Alpes) montre «une surreprésentation des exploitations individuelles à temps complet et à temps partiel dans les cessions d’activité à venir d’ici 2030». Conclusion de l'auteur: «Le risque est grand de voir ces exploitations individuelles partir à l’agrandissement.»

Bio: une étude de l’Itab confirme les effets positifs sur le sol et la biodiversité

Une étude de l’Institut de l’agriculture et de l’alimentation biologiques (Itab), présentée le 10 juin au ministère de la Transition écologique, confirme les externalités positives de l’agriculture biologique (AB) sur les sols et la biodiversité. D’après cette étude, qui réalise la mise à jour d’une revue de littérature scientifique réalisée en 2016, les sols menés en bio ont une teneur en carbone organique supérieure de 35% à ceux menés en agriculture conventionnelle. Les indicateurs de la biologie des sols sont plus favorables dans 70% des cas, de «de façon nette pour les micro-organismes» en grandes cultures, arboriculture et viticulture. «De façon générale, on constate une amélioration de la disponibilité de l’eau pour les plantes», a ajouté la chargée de projet Sol, Êva Lacarce. Concernant la biodiversité, l’AB a un effet «positif et significatif» sur le nombre d’espèces (+23%) et le nombre d’individus (+32%) présents dans les parcelles, a indiqué le chargé de projet durabilité Bastien Dellaporta. Les espaces semi-naturels (prairies naturelles, haies, bande enherbées) «hébergent près de 50% des espèces présentes à l’échelle des fermes», et «près de 25% des espèces» sont observées à la fois dans ces habitats et les parcelles cultivées.

Vin/emballages: les fabricants de caisses en bois se regroupent en association

Des fabricants de caisses en bois dédiées à l'emballage et au transport des bouteilles de vins et spiritueux ont lancé le 10 juin une alliance pour défendre leur filière, en difficulté ces dernières années, notamment face aux emballages en carton. Neuf PME, revendiquant 90% du marché de la caisserie estimée à 45 M€, ont créé l'association «Alliance France Caisse Bois» pour défendre leur «savoir-faire» menacé, selon elles, par des «arguments tronqués» et «des méthodologies biaisées» à propos de leur empreinte carbone, leur produit ne se recyclant pas. «Quand on entend que certains châteaux ou exploitants nous délaissent pour du carton, car cela les pénalise dans le bilan carbone, ça nous alerte parce que c'est faux», défend la présidente Camille Lebrun. La filière, qui constate un recul de 20% de ses ventes depuis deux ans, appelle les pouvoirs publics à reconnaître la «revalorisation» de ses produits, issus des forêts des Landes et de Galice (Espagne), «au même titre» que le principe de recyclage. Avec environ 1% des parts de marché de l'emballage des bouteilles de vins et de spiritueux, la filière des caisseries françaises met en garde contre «des initiatives qui n'auraient d'autres résultats que de mettre en péril un secteur économique».

Fruits à pépins/pesticides: les producteurs européens souhaitent une étude d’impact avant tout retrait

Les pays producteurs européens du groupe de contact «Fruits à pépins» (Espagne, Portugal, Italie, France), réunis les 6 et 7 juin à Lérida (Espagne), souhaitent qu'une étude d'impact économique par filière soit effectuée avant tout retrait de matière active, rapporte l’Association nationale Pomme poire (ANPP) sur LinkedIn le 8 juin. Cela permettrait que «l’évaluation bénéfice/risque prenne en compte toutes les dimensions, explique-t-elle. La disparition progressive des matières actives "socles" pour la filière européenne est un souci partagé par les quatre pays (au même titre que l’accès à l’eau et le renouvellement des générations).» Mais en France, on constate que la pression est encore supérieure à celle des trois autres pays, notamment en raison d'une surenchère de normes et d'interdictions», soulignent les producteurs français. Le groupe de contact entend aussi orienter ses travaux sur un principe de reconnaissance mutuelle automatique, «pour qu’un produit utilisé dans un pays de l’Europe puisse être automatiquement autorisé dans les mêmes conditions dans un autre pays producteur de la même zone». L’ANNP ne cache pas son inquiétude: «Sans solution sur ces points, la filière européenne peut disparaître», augure-t-elle.

Carottes: une offre globalement stable malgré la météo en 2023-2024

La campagne 2023-2024  en carottes pour le marché du frais est estimée à 333 600 t, des volumes en hausse de 1% sur un an, mais en baisse de 2% par rapport à la moyenne 2018-2022, selon une note des services du ministère de l’Agriculture (Agreste). La campagne a été perturbée par les fortes précipitations de l’hiver dernier. Dans le Sud-Ouest, les fortes pluies et des températures douces depuis l’automne ont favorisé le développement de champignons au sein des cultures. Des attaques qui ont fortement pesé sur la production de carotte de conservation, avec des pertes estimées entre 20% et 30%. En revanche, de bons rendements ont été observés pour la carotte primeur au début de la campagne. Dans le bassin Ouest, la pluviométrie conséquente a fortement pénalisé l’accès aux parcelles pendant l’hiver, induisant un travail accru en atelier, des lots abimés, voire des pertes au champ. Dès janvier et février, «la tension sur les approvisionnements induite par la forte pluviométrie a contribué à la hausse des cours», note Agreste. En mars, les prix ont continué à progresser (+10% par rapport à mars 2023), compte tenu d’une offre sur le déclin avec une fin de saison plus précoce dans le Sud-Ouest. Les cours sont ensuite restés à un haut niveau en avril, à la fin de saison (-6% sur un an, mais +35% par rapport à la moyenne quinquennale).

Didier Guillaume nommé chef du gouvernement de la principauté de Monaco

L’ancien ministre de l’Agriculture Didier Guillaume a été nommé ministre d’État de Monaco, une fonction qui correspond à celle de chef du gouvernement, a annoncé la principauté dans un communiqué le 10 juin. Ministre de l’Agriculture (2018-2020) dans le gouvernement d’Édouard Philippe, Didier Guillaume a aussi été sénateur sous l’étiquette socialiste (2008-2018), président du conseil général de la Drôme (2004-2015) et maire de Bourg-de-Péage (1995-2004). Comme le rappelle Le Monde, le poste de ministre d’État de la principauté de Monaco est «dévolu traditionnellement à un haut fonctionnaire français». M. Guillaume succède à l’ancien préfet Pierre Dartout.