Bovins/MHE: la zone de vaccination attendue incessamment, le sud-ouest déçu (syndicat)
Alors que Marc Fesneau a annoncé une commande publique de deux millions de doses de vaccin contre la maladie hémorragique épizootique (MHE), la liste des départements concernés par cette vaccination volontaire était attendue aujourd’hui au Bulletin officiel, a appris Agra Presse de source syndicale. À l’heure où ces lignes sont écrites, le texte n’était pas encore paru; contacté par Agra Presse, le ministère n’avait pas répondu. D’après Laurent Saint-Affre, membre du bureau de la FNSEA, «la DGAL a décidé, sur préconisation de l’Anses, de vacciner dans un bandeau autour de la zone régulée, afin d’empêcher l’extension de la maladie». «Du point de vue scientifique, la position est entendable», reconnaît l’élu de la FNSEA. «Mais nous demandons à l’État de commander plus de doses pour inciter le laboratoire à produire.» D’après lui, «500 000 doses sont disponibles sur le marché libre», en plus des deux millions réservés à la campagne publique. «Il semblerait que le laboratoire puisse produire trois millions de doses supplémentaires d’ici la fin de l’année.» En l’état des discussion, la vaccination publique se limiterait donc à une zone qui irait de la Normandie à la Côte-d’Azur, en passant par la Bourgogne. Ce qui exclurait le sud-ouest, pourtant durement touché par la MHE. Dans le Tarn, la FDSEA et les JA ont mené une action syndicale le 11 septembre au soir pour réclamer «le déblocage immédiat de doses de vaccin».
FCO: 40 eurodéputés demandent à Bruxelles de la vigilance sur les entraves au commerce en UE
L’eurodéputé belge centriste Benoit Cassart s’inquiète, dans une question écrite adressée à la commissaire européenne à la santé, «de l’absence de vigilance de la part de la Commission aux entraves au commerce intracommunautaire que la crise de la fièvre catarrhale ovine (FCO) est en train d’engendrer». Les animaux testés indemnes et désinsectisés devraient pouvoir circuler librement à l’échelle de l’UE et non seulement à l’intérieur de chaque État membre, estime-t-il. Dans cette interpellation, soutenue par une quarantaine de députés des groupes social-démocrate, centriste et PPE (droite) – notamment les Français Éric Sargiacomo, Valérie Hayer ou Céline Imart – l’élu belge déplore aussi que Bruxelles ne coordonne pas une stratégie vaccinale centralisée. Résultat: «Certains États membres et certaines régions remboursent le coût des vaccins, d’autres non, créant ainsi de la distorsion de concurrence entre les éleveurs européens».
Yaourts: General Mills vend ses activités nord-américaines à Lactalis et Sodiaal
Dans un communiqué paru le 12 septembre, l'américain General Mills (Häagen-Dazs) annonce qu'il vend ses activités de fabrication et de commercialisation de yaourts en Amérique du nord aux groupes français Sodiaal et Lactalis, pour un montant de 2,1 milliards de dollars (Md$). Une fois l'opération réalisée – à horizon 2025 selon les parties prenantes –, Sodiaal détiendrait les activités du Canada et Lactalis celle des États-Unis. L'activité concernée dégageait un chiffre de d'affaires de 1,5 Md$ en 2024, incluant l'exploitation de marques comme Yoplait et Liberté, ainsi que des usines aux États-Unis et au Canada. Fondateur de la marque Yoplait, vendue dans les années 2000 à un fonds d'investissement, Sodiaal avait déjà racheté en 2021 les marques Yoplait et Liberté au niveau mondial, ainsi que les activités de Yoplait en Europe. Créée en 1965 par une coopérative de l'Isère, l'entreprise Yoplait avait été cédée, pour moitié, en 2002, au fonds d'investissement PAI. En 2011, le groupe General Mills avait déboursé 800 millions d'euros pour prendre le contrôle de Yoplait, rachetant les parts du fonds d'investissement et une partie de celles de Sodiaal.
Porc/maltraitance animale: enquête ouverte contre un élevage des Côtes-d'Armor
Une enquête préliminaire a été ouverte le 11 septembre à Saint-Brieuc à la suite d'une plainte de l'association L214 «pour maltraitance animale» visant un élevage porcin des Côtes-d'Armor, a appris l'AFP auprès du parquet. Dans un communiqué, l'association animaliste révèle des images filmées, selon elle, dans les locaux d'un élevage de porcs de Saint-Carreuc et montrant «des animaux qui ne sont ni soignés ni secourus». «Des porcelets sont claqués à mort et peuvent agoniser de longues minutes, et des cadavres sont laissés parmi les animaux vivants. Les cochons sont élevés sans accès à l'extérieur dans des bâtiments insalubres», détaille L214. La Direction départementale de la protection des populations (DDPP) et la compagnie de gendarmerie de Saint-Brieuc ont été co-saisies de l'enquête, a précisé à l'AFP le procureur de la République de Saint-Brieuc, Nicolas Heitz. Contactée par l'AFP, la préfecture n'a pas souhaité s'exprimer. Selon L214, qui milite à terme pour l'arrêt de l'élevage, les animaux de cette exploitation «sont abattus à l'abattoir E.Leclerc de Le Mené (Côtes-d'Armor), qui fournit les supermarchés E.Leclerc pour sa Marque Repère et les boucheries de ses magasins».
Déforestation importée: le Brésil demande à Bruxelles un report de sa législation
Comme d’autres pays avant lui, le Brésil a demandé, le 12 septembre, à la Commission européenne de reporter l'entrée en vigueur de sa nouvelle réglementation visant à lutter contre la déforestation importée. Dans un courrier transmis lors d'une réunion bilatérale au Brésil, Brasilia appelle l'Union européenne à «réexaminer de toute urgence» sa nouvelle loi, y voyant un «instrument unilatéral et punitif» et une menace pour ses exportations. Le gouvernement brésilien considère la nouvelle réglementation européenne comme contraire au « principe de souveraineté », jugeant qu'elle «discrimine les pays en touchant uniquement ceux qui possèdent des ressources forestières». Un report nécessiterait une nouvelle initiative législative de la part de Bruxelles. «C'est au Brésil d'interdire la déforestation, pas à l'UE de modifier ses règles!» , répond l’eurodéputé centriste Pascal Canfin. Mais dans l’UE aussi des industriels et plusieurs États membres poussent depuis des mois pour le report d’une année au moins de l’entrée en vigueur de ces nouvelles obligations qui doivent pleinement s’appliquer à partir du 30 décembre. Elles prévoient d’interdire l’importation d’huile de palme, de viande bovine, de soja, de café, de cacao, de bois et de caoutchouc ainsi que de plusieurs de leurs produits dérivés s’ils sont issus de terres ayant été déboisées.
Pesticides/soja: les eurodéputés veulent abaisser à zéro les LMR de plusieurs molécules interdites
Les eurodéputés de la commission de l’Environnement du Parlement européen ont adopté à une large majorité, le 12 septembre, deux objections à des règlements de la Commission européenne proposant de revoir les limites maximales de résidus (LMR) des pesticides interdits dans l’UE, notamment le carbendazim, le thiophanate-methyl et le cyproconazole. Le texte déposé par les parlementaires déplore que les limites maximales pour les molécules concernées ne soient pas ramenées à zéro. Mais pour la Commission européenne, la proposition est conforme aux objectifs de protection de la santé des consommateurs car elle abaisse largement les LMR autorisées. Autre argument avancé: le seuil de cyproconazole pour le soja a été maintenu à un niveau plus élevé pour ne pas pénaliser le secteur de l’alimentation animale qui risque de manquer de volume si celui-ci est ramené à zéro. Cette objection va désormais être soumise à un vote en plénière. Si la majorité absolue des députés est atteinte, la Commission européenne sera donc tenue de retirer sa proposition de règlement et d’en soumettre une nouvelle. Une situation qui s’est déjà produite ces derniers mois avec les résidus de tricyclazole sur le riz et ceux de thiaclopride.
Alimentation animale : le Snia vise une remontée à 20 millions de tonnes dès 2025
Le Snia (fabricants d’aliments pour animaux) juge possible et souhaitable de faire remonter dès l’an prochain le tonnage d’aliments composés produits à 20 millions de tonnes ; tel est la cible présentée à l’occasion de sa conférence de presse de rentrée ce 12 septembre. Les industriels misent en particulier sur la remontée de la consommation des élevages avicoles, se remettant des épisodes d’influenza aviaire. Croyant en l’efficacité de la vaccination et des mesures de biosécurité, ils tablent 19,6 millions de tonnes ou plus pour 2024 après une stabilisation (une régression de 0,7 %), puis 20 millions de tonnes pour 2025. Philippe Manry, vice-président, a mis en avant la nécessité de se placer dans la perspective des reprises de production dans toutes les filières, «pousser ce message d’optimisme», «jouer sur ce temps long», a-t-il exprimé. Le Snia s’inscrit notamment dans la ligne du comité interprofessionnel des œufs CNPO de voir se construire 300 nouveaux poulaillers d’ici 2030, et dans la démarche «Demain, le Porc» d’Inaporc visant à maintenir à horizon 2035 100% de l’auto-suffisance de la filière.
Vin : une AOP veut changer de délimitation à cause du changement climatique, une première
Le comité national des appellations d’origine viticoles de l’Inao s’est penché le 11 septembre sur «la première demande» de révision du zonage d’un bassin liée au changement climatique. L’ODG (organisme de défense et de gestion) de «l’AOP côte-roannaise vient de demander une révision de sa délimitation motivée par deux constats»: le changement climatique qui «rend plus difficile (…) l’élaboration de vins fruités et vifs» sur des parcelles de l’appellation» ; l’urbanisation qui ampute une partie des terrains actuellement classés en AOC (environ 137 ha), selon un communiqué de l'Inao. Des travaux de l’ODG montrent que «les sécheresses à répétition et épisodes de débourrement précoce compliquent de plus en plus la viticulture locale, les degrés naturels des vins sont plus élevés qu’auparavant», souligne l’Inao. La demande de révision du zonage de l’AOP côte-roannaise vise à «privilégier des situations plus fraîches en jouant sur l’orientation et l’altitude». Une commission d’enquête est chargée d’instruire le dossier. Par ailleurs, «le conseil scientifique et technique de la filière vitivinicole, piloté par l’IFV, a été saisi par l’Inao d’une demande d’expertise sur la problématique "délimitation et changement climatique" dont les conclusions sont attendues sous peu», ajoute le communiqué. L’AOP côte-roannaise concerne 1 825 ha délimités, 182 ha plantés, 6 300 hl produits.
Vin/risques climatiques : 2 Md€ d’aides d’Etat réclamées pour la prévention
Les Vignerons indépendants ont réclamé le 12 septembre des mesures d’«urgence» face à «une crise financière sans précédent». «Si rien n'est fait, de nombreuses entreprises viticoles devront cesser leur activité d'ici la fin de l'année», alerte le président Jean-Marie Fabre dans un communiqué. La première urgence, selon lui, est d’investir dans la prévention des risques climatiques. Une enveloppe de 2 Md€ sur trois ans est réclamée à l’Etat pour des mesures de protection contre le gel, la grêle, la sécheresse. La deuxième urgence est de renforcer le dispositif d’arrachage, juge le syndicat, pour qui le calibrage actuel de 150 M€ pour 37 000 ha risque d’être insuffisant. «Il y a encore quelques semaines, les estimations faisaient état de 20 000 à 60 000 ha de vignes à arracher. Mais la situation s'est largement aggravée», estiment les Vignerons indépendants. Enfin, la troisième urgence est d’obtenir une «année blanche» bancaire, à laquelle le ministre démissionnaire Marc Fesneau s’était dit «favorable» le 30 novembre au salon Sitevi. Selon le dernier observatoire économique des Vignerons Indépendants, plus de 45% des entreprises viticoles se déclarent en grande difficulté contre seulement 18% il y a quatre ans.
Betterave: Cristal Union s'attend à de bons rendements, environ 85 t/ha
La coopérative sucrière Cristal Union annonce, dans un communiqué paru le 12 septembre, le démarrage depuis une semaine de sa campagne betteravière, avec des rendements attendus à un bon niveau de 85 tonnes par hectare (t/ha) en moyenne «selon les premières prévisions». L'an passé, le rendement moyen des betteraviers français avait été de 83,6 t/ha, soit un niveau supérieur de 4,9% à la moyenne 2018-2022. «Après des semis tardifs et un printemps/été à la pluviométrie particulièrement abondante, les chaleurs du mois d’août ont soutenu la croissance des betteraves, assurant un bon potentiel de croissance pour la campagne 2024/25», retrace Cristal Union. De nouveau privés de néonicotinoïdes, les betteraviers ont subi un effet «modéré» de la jaunisse «au niveau national, à l’exception de quelques zones fortement touchées en Eure-et-Loir». Côté prix, ils restent soutenus. «Nous sommes en mesure de confirmer l’objectif de prix de 40 euros la tonne de betterave à 16° pour nos coopérateurs pour la campagne 2024, comme annoncé lors de nos assemblées», assure le président de Cristal Union, Olivier de Bohan, cité dans le communiqué. En juin, Cristal Union avait annoncé une rémunération «à un plus haut historique, à 51,42 € la tonne de betteraves en moyenne pour la campagne 2023 contre 43,40 € pour la campagne 2022».
Maïs/intempéries : l'Europe centrale se prépare aux pires inondations depuis des décennies
L'Europe centrale se prépare le 12 septembre à ce que les services météorologiques prévoient comme les pires inondations depuis des décennies, avec le passage du cyclone Boris attendu ce week-end. Selon les prévisionnistes tchèques et polonais, certaines zones de leurs pays pourraient enregistrer jusqu'à 400 litres d'eau par mètre carré au cours des quatre prochains jours, tandis que l'Autriche et la Slovaquie se préparent à en recevoir quelque 200 litres. Les précipitations risquent d'être plus importantes que celles qui avaient dévasté l'Europe centrale en 2013, pourtant considérées à l'époque comme uniques depuis mille ans, avertit le site de prévisions météorologiques slovaque imeteo.sk. Et l’agro-météorologue français Serge Zaka d’alerter sur son compte X (ex-Twitter): «Tous les éléments convergent vers une catastrophe climatique majeure ce week-end sur une surface incroyablement étendue de la Pologne à la Croatie, sur sept pays. Les potentiels dégâts agricoles sont vastes: maïs, tournesol, vigne, arboriculture, sorgho, bâtiments d'élevage inondés (...) et risquent d'être incroyablement étendus dans les basses plaines agricoles et reliefs de Prague à Bratislava en passant par Vienne.»
Céréales: un missile russe a touché un cargo de blé en mer Noire, dit Kiev
Un missile russe a touché en mer Noire un cargo transportant du blé à destination de l'Égypte, a annoncé le 12 septembre le
président Volodymyr Zelensky. La mer Noire est une voie commerciale cruciale pour l'Ukraine, un des plus gros producteurs et exportateurs de céréales du monde, mais elle est devenue un champ de bataille navale depuis le début de l'invasion russe de l'Ukraine en février 2022. «La Russie a lancé une frappe aujourd'hui contre un navire civil ordinaire en mer Noire, juste après qu'il eut quitté les eaux territoriales ukrainiennes», a accusé Volodymyr Zelensky sur les réseaux sociaux, tout en assurant que l'attaque n'avait pas fait de victimes. Les forces navales ukrainiennes ont déclaré de leur côté que la frappe avait eu lieu tard dans la soirée de mercredi touchant le cargo AYA (battant pavillon de Saint-Kitts-et-Nevis), qui avait quitté le port ukrainien de Tchornomorsk (région d'Odessa) et avait «subi d'importants dommages». Le président Zelensky a appelé la communauté internationale à condamner cette attaque. «Le blé et la sécurité alimentaire ne devraient jamais être la cible de missiles», a ajouté le chef de l'État, qui a diffusé des images du navire endommagé.
Fleurs: la reconquête du marché intérieur au centre de la 1ère Journée de la fleur coupée
Le salon du Végétal d’Angers a accueilli le 11 septembre, la première édition de la journée de la fleur coupée française, organisée par Valhor et la profession. L’occasion de faire le point sur une filière qui connait un certain regain de la part des consommateurs, mais qui peine à pouvoir y répondre. «La crise du Covid a entrainé une plus forte demande de fleurs locales, vertueuses, de proximité. Où est la fleur française ?» s’est ainsi interrogée Marie Levaux, présidente de Verdir (Fédération nationale des producteurs de l'horticulture et des pépinières). De fait, la production s’est étiolée depuis plusieurs décennies. Et cela continuait encore récemment. Selon FranceAgriMer et Valhor, une diminution de 19% du nombre d’exploitations spécialisées en fleurs coupées a été observée entre 2019 et 2021, désormais surtout concentrée en régions Paca, Pays de la Loire, Ile de France. Le produit français ne représente plus que 15% du marché. Les participants plaident pour une meilleure connaissance du secteur et à la structuration de la filière. Une nécessité alors qu’après avoir augmenté entre 2020 et 2021, les achats de fleurs coupées ont régressé en 2022.
Fleurs : le fret maritime appelé à se développer pour la rose du Kenya
Selon un rapport récent de RaboResearch (une branche de la banque néerlandaise Rabobank), le fret maritime jouera un rôle plus important dans le transport des roses coupées du Kenya vers l’Europe. La voie maritime représente aujourd’hui 5% des volumes et devrait atteindre les 19% d’ici 2030. Ce changement serait motivé par les réglementations européennes en matière de durabilité, une plus grande attention de la filière à l’empreinte carbone, des économies de coûts et des progrès dans la gestion post-récolte. «Un transport fiable, stable et plus court – tant pour le fret terrestre que maritime – sera crucial pour que les volumes de roses coupées transportées par voie maritime prennent de l’ampleur. Jusqu’à présent, cela reste le principal obstacle à son adoption», souligne Lambert van Horen, analyste principal à RaboResearch. Cependant, ce développement sera aussi lié à l’évolution de la situation du transport maritime dans la mer Rouge, actuellement perturbé par les troubles dans la région. Le Kenya est le premier producteur de roses au monde. Elles représentent 80% de ses exportations de fleurs. Sur le marché français, la rose kenyane a représenté 3,3 millions d’euros de ventes en 2020 (dernier chiffre disponible).
Concurrence: un État ne peut pas réglementer les prix et les volumes (CJUE)
Réglementer les prix de certains produits agricoles et obliger les distributeurs à proposer à la vente une quantité déterminée de ces produits est contraire au règlement OCM de la Pac, conclut la Cour de justice de l’UE (CJUE) dans un arrêt du 12 septembre. Elle se prononce sur le cas d’un règlement mis en place par la Hongrie pour lutter contre l’inflation au moment suite à la pandémie de Covid-19. En février 2022, le gouvernement hongrois avait réglementé par un décret la commercialisation de six produits de base (certains types de sucre, farine de blé, huile de tournesol, viande de porc et volaille, ainsi que de lait), puis à partir de novembre 2022, en raison de la guerre en Ukraine, l'avait étendu aux œufs et aux pommes de terre. Mais pour la CJUE, ces obligations «portent atteinte au libre jeu de la concurrence, une composante fondamentale du règlement OCM» en empêchant les distributeurs de fixer librement leurs prix et les quantités qu’ils souhaitent vendre. «Les États membres peuvent uniquement adopter ou maintenir des dispositions nationales supplémentaires pour des produits bénéficiant d’une norme de commercialisation de l’UE si ces dispositions respectent le droit de l’Union, notamment le principe de la libre circulation des marchandises», rappelle la Cour.
Relations commerciales: l’Ania juge la date butoir entre producteurs et industriels «risquée»
Le président de l’Ania Jean-François Loiseau, nommé en juin, a estimé que l’instauration d’une date butoir pour les négociations entre les agriculteurs et les industriels serait «risquée pour les entreprises», dans une interview au journal Les Echos, le 12 septembre. La construction en marche avant du prix, principe des lois Egalim, «ne fonctionne pas dans toutes les filières», explique-t-il. «Si ce système devient obligatoire, cela va poser un vrai problème», déclare Jean-François Loiseau, en s’opposant à la proposition faite par la FNSEA. Le syndicat agricole majoritaire s’est positionné en faveur d’une obligation pour les industriels de signer avec les producteurs avant de négocier avec la grande distribution. «Se mettre d'accord un 14 décembre pour des mois sur un prix quand l'entreprise est directement exposée à la volatilité des prix des matières premières, comme le cacao, le café ou les céréales, c'est extrêmement dangereux», affirme Jean-François Loiseau, également président de la coopérative Axéreal. Le nouveau président de l’Ania a partagé son ambition de travailler «auprès des politiques sur des questions bien plus larges que les négociations avec la distribution et tout à fait fondamentales comme le rôle des PME dans la nutrition, l'innovation, la durabilité, l'international».
Biocarburants avancés: l'usine de Tartas dans les Landes démarre, basée sur la filière bois
Du pin maritime transformé en carburant automobile: à Tartas dans les Landes, une bioraffinerie du groupe américain Rayonier Advanced Materials (Ryam), spécialisé dans la chimie du bois, a démarré la production de bioéthanol deuxième génération, une première en France. L'usine landaise compte produire 21 millions de tonnes de bioéthanol d'ici trois ans pour approvisionner le marché régional en carburant E5, E10 et E85. «Soit la consommation de 2.500 véhicules pendant un an», précise Ludovic Berdinel, directeur de la bioraffinerie, qui a nécessité un investissement de 37 millions d'euros. Le carburant sera vendu par son partenaire commercial Esso, filiale française du géant pétrolier américain ExxonMobil. La bioraffinerie fabriquait déjà de la cellulose à partir de résineux locaux pour diverses applications industrielles (cosmétiques, pharmaceutiques, produits d'hygiène et montures de lunettes notamment), à partir des pins landais, mais sans en récupérer les sucres, désormais transformés en bioéthanol, après un processus de fermentation, distillation et déshydratation.
Erratum sur les chiffres de Lanson (Champagne)
Merci de lire dans la brève dédiée à l'entreprise Lanson (champagne), de l'Agrafil du 12 septembre, qu'il s'agissait des ventes semestrielles et non annuelles comme indiqué par erreur.
Agenda de la semaine agricole du 16 septembre 2024
Lundi 16 septembre
Lancement du recours de Corinne Lepage pour les riverains des zones d’épandage
Lancement du partenariat entre Eureden et l’AAMB (méthanisation)
Visite d'une ferme prédatée dans la Drôme, organisée par la FNSEA et les JA
Mardi 17 septembre
Annonce de la composition de la nouvelle Commission européenne
Ouverture du Space (salon de l'élevage), à Rennes, jusqu'au 19
Conférence de presse du Crédit agricole, au Space
Point presse de l’UGPVB (groupements d'éleveurs), au Space
Lancement officiel de la GT4E (gestion des effluents toutes filières), au Space
Mercredi 18 septembre
Assises nationales de la biodiversité à La Rochelle, jusqu’au 20
Inauguration du premier point d’apport volontaire d’urine de France, à Bagneux
L'Idele présente la plateforme collaborative Ok Eleveur, au Space
Cocktail déjeunatoire d’Anvol (interprofession volaille de chair), au Space
Présentation de l’étude Crédit agricole «Les défis des productions animales à dix ans», au Space
Audition d'Arnaud Rousseau par les députés de la Commission des affaires économiques
Jeudi 19 septembre
Rencontres Cnaoc (appellations viticoles), à Epernay
Conférence de presse de la FNPL (producteurs laitiers, FNSEA), au Space
Conférence de presse de Sodiaal (coopérative laitière), au Space
Conférence de l'Idele sur «la montée en puissance des MDD», au Space
Conférence de presse du Comité régional porcin de Bretagne, au Space
Conférence de presse du Sial Paris 2024
Election du nouveau président à Intercéréales
Vendredi 20 septembre
Inauguration d'une usine de Terra Lacta, à Limoges