Législatives: les figures «agricoles» qui sortent dès le premier tour
Pour le monde agricole, le premier tour des élections législatives a été marqué par la sortie de quelques figures du secteur agricole (voir notre liste). C'est par exemple le cas du député sortant Olivier Damaisin dans le Lot-et-Garonne. Issu de la majorité présidentielle (Renaissance), l'auteur du rapport sur le suicide en agriculture n'a recueilli que 20,15% des voix. C'est également le cas de la sortante Yolaine de Courson (Renaissance) en Côte-d'Or. La présidente du groupe d'étude Enjeux de la ruralité sort avec 16,05%. Autre déconvenue chez Renaissance: celle d'Olivier Allain dans les Côtes-d'Armor. Avec 18,67% des voix, l'ancienne plume agricole du candidat Emmanuel Macron ne battra pas Marc Le Fur (LR). Chez Les Républicains, c'est l'eurodéputée Anne Sander qui sort dès le premier tour. Très investie sur les dossiers agricoles à Strasbourg, elle recueille seulement 21,99% de suffrages dans le Bas-Rhin. Par ailleurs, plusieurs députés sortants de la majorité sont passés au second tour en obtenant seulement la deuxième place: c'est le cas de Jean-Baptiste Moreau (Creuse), Grégory Besson-Moreau (Aube), Jean-Bernard Sempastous (Hautes-Pyrénées) et Loïc Dombreval (Alpes-Maritimes).
Législatives: les performances des nouveaux candidats «agricoles»
Sur la quarantaine de nouveaux profils «agricoles» à s'être présentés aux élections législatives, une majorité n'a pas passé le premier tour, dont l'ensemble des candidats Reconquête (voir la liste complète). Le meilleur score a été réalisé par le viticulteur Christophe Barthès (Rassemblement national), avec 32,80% des voix dans l'Aude. Pour le même parti, le chasseur Nicolas Lotin (30,94% dans la Somme) et le viticulteur Grégoire de Fournas (28,55%, Gironde) réalisent également de bons scores. La deuxième meilleure performance est réalisée par une candidate de la Nupes en Ille-et-Vilaine: la salariée agricole Mathilde Hignet recueille 32,36% des voix. Chez Les Républicains, Jean-Pierre Taite fait également un bon résultat dans la Loire; le vice-président à l'agriculture de la région Auvergne-Rhône-Alpes est crédité de 25,36% des suffrages. Les résultats sont plus modestes pour les nouveaux candidats agricoles de la majorité présidentielle, à l'image de l'ancien président national des Jeunes Agriculteurs (JA) Michel Teyssedou, qui est parvenu à recueillir 22,3% des voix dans le Cantal. Seront également très investis dans les questions agricoles: l'économiste d'AgroParisTech Aurélie Trouvé (54,84% en Seine-Saint-Denis, Nupes) et le militant animaliste Aymeric Caron (45,05% à Paris, Nupes).
Législatives: Marc Fesneau bien placé, Amélie de Montchalin en difficulté
Au gouvernement, l'actuelle ministre de la Transition écologique et de la Cohésion des territoires Amélie de Montchalin est sortie en mauvaise posture de ce premier tour des élections législatives. Dans sa circonscription de l'Essonne, qui a mis la Nupes en tête lors de l'élection présidentielle, la députée sortante de Renaissance a rassemblé 30,4% des voix, derrière Jérôme Guedj (40,4%, candidat de la Nupes). En revanche, le nouveau ministre de l'Agriculture Marc Fesneau est en meilleure position, avec 31,97% des voix dans sa circonscription du Loir-et-Cher. Il est loin devant le candidat de la Nupes Reda Belkadi, qui comptabilise 24,31% des voix. De même, la Première ministre Élisabeth Borne rassemble 34,32% des voix, loin devant le candidat de la Nupes Noé Gauchard à 24,53%. Quant à l'ancien ministre de l'Agriculture Stéphane Travert, il arrive en tête avec 33,7% des voix dans la Manche pour Renaissance. Enfin, l'ancien ministre délégué à l'agroalimentaire Guillaume Garot accroche presque la majorité absolue avec 49,62% des voix, pour la Nupes.
Restauration collective: vers des budgets probablement épuisés en septembre (Restau’Co)
À l’occasion de son salon annuel, le 15 juin, le réseau Restau’Co (acteurs de la restauration collective en gestion directe) adressera un appel «à l’ensemble des citoyens» pour aider le secteur à faire face aux répercussions néfastes de l’inflation sur le budget et l’approvisionnement des restaurants collectifs. «La conséquence de cette difficulté budgétaire est la dégradation de la qualité des achats: moins de produits bio, labellisés ou français, moins de diversité, moins de choix…», témoigne la présidente de Restau’Co, Sylvie Dauriat, dans un communiqué du 13 juin. Elle évalue le budget manquant à 40 ct€ par repas. Selon la présidente, les cantines scolaires auront épuisé «la totalité» des budgets d’ici la mi-septembre. «Si aucune action n’est engagée, les cantines ne pourront plus assurer leur service normalement durant le dernier trimestre, ce qui serait dommageable pour de nombreux enfants et adolescents dont l’équilibre alimentaire repose principalement sur le repas pris à l’école», alerte-t-elle. La hausse des coûts de production entraîne également des ruptures d’approvisionnement. «Certains fournisseurs ne livrent par exemple plus certains produits alimentaires de base comme l’huile, le poisson, la viande hachée ou encore les produits laitiers», souligne Restau’Co.
Ukraine: 18 000 tonnes de maïs acheminées en Espagne par la mer Baltique
En raison du blocus des ports de la mer Noire lié à la guerre en Ukraine, un cargo transportant 18 000 t de maïs ukrainien est arrivé le 13 juin au matin à La Corogne (Espagne) après avoir emprunté la route de la mer Baltique. Selon l'association galicienne de fabricants d'aliments pour animaux (Agafac) destinataire de la commande, «il s'agit du premier envoi de céréales à travers cette nouvelle route maritime». La cargaison de maïs a été acheminée d'Ukraine vers la Roumanie et la Pologne par camions, avant de rejoindre le port polonais de Swinoujscie, au bord de la mer Baltique. Il a fait ensuite escale dans le port allemand de Brunsbüttel, au nord-ouest d'Hambourg, avant de rejoindre les côtes espagnoles, précise l’Agafac. En revanche, un porte-parole du ministère ukrainien de l'Agriculture interrogé par l’AFP, n'a pas été en mesure de confirmer s'il s'agissait du premier envoi de céréales ukrainiennes depuis la Baltique. Selon le président ukrainien Volodymyr Zelensky, Kiev exporte actuellement 2 M t de céréales par train chaque mois, mais cela reste largement en dessous de ce qu'elle exportait avant le conflit via ses ports, notamment celui d'Odessa. Le nombre de cargaisons empruntant la Baltique devrait augmenter dans les prochains mois grâce au lancement le 12 mai par Bruxelles d’un plan d’action pour «les voies de solidarité UE-Ukraine».
Agroalimentaire: CQLP noue des partenariats avec Fleury Michon et une fromagerie
La marque des consommateurs C’est qui le patron?! (CQLP) certifiera bientôt deux «produits ingrédients» distribués sous des marques nationales, un jambon de la marque Fleury Michon et un fromage de Duo Lozère, a appris Agra Presse auprès d’un des fondateurs de CQLP, Nicolas Chabanne. En décembre 2020, les sociétaires de CQLP avaient choisi de mettre leurs cahiers des charges à la disposition de toutes les entreprises alimentaires afin de créer des «ingrédients équitables». Les deux premiers partenariats noués dans ce cadre, avec le charcutier Fleury Michon et la fromagerie artisanale Duo Lozère, ont été présentés le 11 juin en assemblée générale. Ces deux projets sont «bien avancés», informe Nicolas Chabanne, sans donner une date de commercialisation. Par la suite, «de nombreux produits vont voir le jour», annonce-t-il. Les ingrédients principaux de ces produits seront soumis aux cahiers des charges votés collectivement. Les marques devront, par conséquent, rémunérer les producteurs «au juste prix». Le respect de ces obligations sera régulièrement contrôlé par les sociétaires de CQLP. Jusque-là, la marque des consommateurs avait développé une forme de label pour certains produits de marques de distributeur (MDD), apposé notamment sur le lait Monoprix.
Clauses miroirs: les Vingt-sept toujours divisés
Alors que la Commission européenne leur présentait les conclusions de son rapport sur la possibilité d’appliquer, «au cas par cas» et dans le respect des règles de l’OMC, des clauses miroirs sur les normes sanitaires et environnementales de l’UE, les ministres de l’Agriculture des Vingt-sept se sont une nouvelle fois montrés divisés sur le sujet lors de leur réunion du 13 juin à Luxembourg. D’un côté, une partie d'entre eux (Espagne, Autriche, Hongrie, Irlande) se range derrière la présidence française du Conseil, qui plaide pour que soient imposées des mesures miroirs. De l’autre, de nombreux pays (Suède, Pays-Bas, Danemark, Finlande, Pologne, Allemagne) se montrent beaucoup plus prudents et souhaitent favoriser les négociations au niveau multilatéral (OMC par exemple) ou bilatéral (inclusion de clauses spécifiques dans les accords de libre-échange). Les Vingt-sept sont néanmoins d’accord sur les principaux domaines dans lesquelles l’UE devrait agir pour mettre en cohérence ses objectifs avec sa politique commerciale: le bien-être animal (une révision de la législation est attendue fin 2023), la lutte contre l’antibiorésistance, les produits phytosanitaires (notamment la mise à jour des limites maximales de résidus de pesticides interdits dans l’UE) et, dans une moindre mesure, l’environnement.
HVE: 10 500 exploitations de plus en un an (ministère)
D’après des chiffres publiés le 9 juin par le ministère de l’Agriculture, et repérés par nos confrères de Référence Agro, 10 500 fermes supplémentaires ont été certifiées «Haute valeur environnementale» (HVE) entre le 1er janvier 2021 et le 1er janvier 2022, portant le total à près de 25 000 exploitations. «Les exploitations viticoles représentent toujours la majorité des certifiées», avec près de 74% du total, remarque le ministère, alors que cette proportion s’élevait à 80% en 2021. Ce sont en revanche les exploitations en grandes cultures qui possèdent la plus forte dynamique, avec «7,8% des exploitations certifiées HVE au 1er janvier 2022, soit presque deux fois plus qu’au 1er juillet 2020». La répartition géographique des certifiés reflète aussi la prépondérance viticole: avec 24% des exploitations certifiées, l’Occitanie devient la première région HVE, juste devant la Nouvelle-Aquitaine (20%) et la région Grand Est. La voie B, basée sur un calcul des achats d’intrants et décriée par les ONG, «n’a été choisie que par 11% des exploitations certifiées à date du 1er janvier 2022, alors qu’elle représentait près de 29% des certifications entre 2018 et 2020», souligne l’administration. La HVE serait par ailleurs souvent combinée avec d’autres certifications, alors que 44% des exploitations certifiées HVE au 1er janvier 2022 sont engagées dans une autre démarche qualité, «majoritairement un signe officiel de qualité» (Siqo).
Betterave: Cristal Union vise des prix en hausse pour les deux prochaines récoltes
Le sucrier Cristal Union, fort de meilleurs résultats sur l’exercice 2021-2022, révise à la hausse ses objectifs de prix pour les deux prochaines récoltes, a-t-il indiqué le 13 juin. «Notre objectif de rémunération des betteraves pour la campagne 2022 est de 35 €» la tonne, contre 30 €/t prévu en décembre, a déclaré le président Olivier de Bohan. Pour la récolte suivante, «40 €/t nous paraît raisonnable, en l’état actuel de nos connaissances des marchés». Cristal Union a enregistré une hausse de 40% de son résultat net, qui s'établit à 97 M€ en 2021-2022, tirant parti de l'envolée des cours du sucre, de l'alcool et du bioéthanol. «Nous sommes certes dans un contexte de marché porteur, mais on a su tirer notre épingle du jeu», avec un Ebitda de 206 M€ (+2,7%), a souligné le directeur général Xavier Astolfi. Selon lui, la stratégie de transformation du groupe, qui avait fermé deux usines et réorganisé son outil industriel en 2020, porte ses fruits. À cela s'ajoute une très forte hausse des cours. Tirés vers le haut par des bilans sucriers revenus à l’équilibre, «ces prix vont rester élevés, ce qui est une bonne nouvelle pour nous», souligne Xavier Astolfi, qui met toutefois en garde contre la volatilité des marchés.
Cerises: vers une récolte «normale» et de qualité, avec des petits calibres
La récolte de cerises de bouche devrait atteindre 35 000 t cette année, selon l’AOP Cerises de France. «Pour une fois, on est sur une récolte qui s’annonce normale, après plusieurs années marquées par le gel ou des pluies abondantes en début ou fin de saison dans certains secteurs», s’est réjouie la directrice de l’AOP Alexandra Lacoste le 13 juin. «La cerise est très belle cette année, on est en pleine récolte depuis une ou deux semaines», a détaillé Mme Lacoste. À la suite du gel de 2021, les arbres sont chargés et produisent de gros fruits, mais aussi davantage de petits calibres qu’habituellement, ce qui permet de segmenter le marché par «une gamme de prix plus large». La météo favorable a accéléré la production. «Dans le secteur tardif des monts du Lyonnais par exemple, la récolte a démarré avec une dizaine de jours d’avance.» L’afflux simultané des différents bassins a rendu la commercialisation «un peu compliquée» notamment au moment de l’Ascension et de la Pentecôte. «Les enseignes nous disent que la consommation est bonne. Malgré tout l’offre est très concentrée (…), maintenant ça semble se mettre un petit peu plus en marché», a assuré la directrice de l’AOP.
CVO: une répartition toujours inacceptable pour l’Agence bio
Face à une consommation ralentie, «on ne peut pas entendre qu’une partie aussi faible des CVO (contributions volontaires obligatoires, NDLR) soit dédiée à la communication de la bio», défend Loïc Guignes, président de l’Agence bio et référent bio des chambres d’agriculture à l’occasion d’une conférence de presse le 10 juin. Dans le cadre de la campagne de communication radio lancée fin mai 2022, «certaines interprofessions ont joué le jeu», reconnaît-il, saluant les enveloppes de 200 000 euros accordées respectivement par le Cniel et par Interfel. Mais cet effort reste insuffisant face à la collecte des CVO, qui s’est élevée en 2019 à 39,5 millions d’euros (M€) pour le Cniel et 39 M€ pour Intercéréales, ou encore à 34,9 M€ pour Interbev en 2020, et à 23,2 M€ pour Interfel en 2018. Avec désormais 10% de la SAU et 13% des exploitations certifiées bio au total, «il serait injuste que l’agence ne reçoive pas une quote-part plus importante», défend Loïc Guignes. Actuellement, environ 350 000 euros de cotisations reviendraient annuellement à l’Agence bio, alors que les seuls acteurs laitiers bio auraient versé 2 M€ en 2021 au Cniel, selon la Fnab (producteurs bio). À ces enveloppes s’ajoutent les budgets dédiés aux commission bio internes aux interprofessions, pouvant atteindre 300 000 euros au Cniel, voire 400 000 € chez Interbev, mais qui ne concernent pas «la bio en général», déplore Laure Verdeau, directrice de l’agence. Comme ils l’avaient fait avec Julien Denormandie, le président et la directrice demanderont donc prochainement une plus juste répartition à Marc Fesneau.
Porc: seuls 40% des fabricants de charcuterie ont obtenu des hausses (Fict)
«Moins de 40% des entreprises ont pu bénéficier à ce jour de renégociations significatives» de la part de leurs clients distributeurs, indique la Fict (industriels de la charcuterie) dans un communiqué le 10 juin. D’après un sondage mené auprès de son réseau (300 établissements), «23% des entreprises font face à un refus ou une trop faible revalorisation par rapport à leurs besoins». Reste 38% de fabricants qui «sont toujours dans l’attente d’une acceptation par leur distributeur». Matières premières, transport, emballage, énergie ou encore main-d’œuvre: les charcutiers industriels «font face à une inflation continue sans précédent de tous les coûts de production», rappelle la Fict. Près de 40% de ses membres ne parviennent plus à «couvrir leurs coûts de production», et plus de 25% «risquent d’être contraints de réduire leurs effectifs en 2022». «Il est encore temps de conclure rapidement et positivement les renégociations en cours», conclut la fédération.
Agroéquipement: le marché ralentit, freiné par l’inflation et les délais de livraison
Le marché de l’agroéquipement ralentit, a constaté le 13 juin Axema (industriels), notant une forte inflation et un allongement des délais de livraison. Au premier trimestre 2022, les ventes affichent +13% par rapport à la même période en 2021, «une croissance fortement liée à l’effet prix», selon Jean-Christophe Régnier, président de la commission économique. La tendance est toutefois au «ralentissement» entre janvier et mars. Quelque 70% des constructeurs perçoivent une baisse des prises de commande. La situation apparaît dégradée dans toutes les filières. Seules les grandes cultures et la viticulture gardent des prises de commandes «meilleures que d’habitude». Des différences apparaissent entre les types de matériels: le marché reste favorable en matériels de récolte, tracteurs, mais plus compliqué en chargeurs télescopiques, matériels de fenaison et outils de travail du sol. Axema s’inquiète aussi des résultats du guichet Agroéquipement de 235 M€ dans France Relance. «Sur les intentions, les enveloppes ont été consommées quasi-immédiatement», souligne David Targy, responsable du pôle économique. Or FranceAgriMer n’enregistre que 60% de crédits consommés. «Deux hypothèses: soit il y a des retards de livraison, soit des annulations de commandes», d’après lui.
Brésil: un prêt à faible taux pour développer le paturage tournant (Cirad)
Depuis novembre 2021, une dizaine d’agriculteurs expérimentent un prêt à bas taux lancé par la banque d’Amazonie en partenariat avec le Cirad et l’AFD pour financer les investissements dans le pâturage. La plupart des élevages en Amazonie n'ayant pas de barrières, comme l’indique un communiqué du Cirad, ce produit financier nommé «Pecuária Verde» (Élevage vert) permettra aux éleveurs d’acheter clôtures, auges à sel, abreuvoirs, semences, et nouvelles têtes de bétail. Car la plupart des élevages d'Amazonie recourent au feu pour détruire les mauvaises herbes en saison sèche. Une meilleure valorisation de l’herbe, espère le Cirad, permettra alors de restaurer les forêts «là où elles sont les plus utiles et la population d’éleveurs verra ses revenus s’améliorer». La démarche sera suivie de près par la banque, précise le Cirad. «Tous les deux mois, l’éleveur enverra à la banque des photos de sa gestion des pâturages. Chaque année, un technicien payé par la banque se rendra sur place pour une vérification plus approfondie. Enfin, une surveillance constante par satellite sera effectuée», détaille René Poccard-Chapuis, géographe au Cirad. À l’issue d’une phase pilote d’un an, le dispositif pourrait être généralisé. En plus de ce prêt, le stockage de carbone des élevages «pourra, s’il est suffisamment élevé, être monnayé», prévoient les chercheurs.
Gouvernement: nominations au cabinet d’Amélie de Montchalin (JO)
Comme le prévoit un arrêté du 8 juin 2022, la ministre de la Transition écologique Amélie de Montchalin sera entourée de six conseillers thématiques. Les acteurs du secteur agricole seront sans doute amenés à croiser Adrien Zakhartchouk, polytechnicien passé par l’Insee et la DG Trésor, nommé pour accompagner la ministre sur les dossiers «transition bas carbone, efficacité énergétique, qualité de l'air et adaptation au changement climatique». La normalienne et ingénieur des eaux et forêt Amélie Coantic suivra de son côté les sujets concernant la protection de la nature et du littoral, l’eau et la biodiversité. Quant à Léonard Brudieu, cet ingénieur des mines et ancien chef du bureau énergie de la DGCCRF est nommé conseiller «prévention des risques, santé-environnement, déchets, économie circulaire».
Charcuterie: Brocéliande (Cooperl) généralise le «sans nitrites» à tous ses jambons
Après avoir lancé une gamme sans nitrites ni pesticides en 2020, le salaisonnier Brocéliande annonce, dans un communiqué du 13 juin, devenir «la première marque à proposer l’intégralité de ses gammes de jambons et aides culinaires en conservation sans nitrite». À la place de ces additifs suspectés de favoriser le cancer colorectal, la marque du groupe coopératif Cooperl utilise des «extraits végétaux» et des «antioxydants». Et de préciser que «les produits bios suivront dans les prochaines semaines.» Dans un marché de la charcuterie stagnant, le «sans nitrites» constitue un des rares segments à progresser. «Un acheteur sur trois déclare déjà rechercher les produits sans sel nitrité au rayon charcuterie», d’après le communiqué. Brocéliande compte «plus de 270 éleveurs-coopérateurs» qui élèvent des porcs non castrés (depuis 2014) et nourris sans OGM. En porcs, la marque propose trois gammes: sans antibiotique dès la naissance, bio, et nourris aux céréales sans pesticides.