Agrafil du 14 mai 2025

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Pac post-2027: vers une réforme «significative» concentrée sur le ciblage des aides

La commission européenne n’a que quelques semaines pour finaliser, d’ici le 16 juillet, sa proposition de réforme pour la future Pac, elle se concentre donc «surtout sur la manière dont sont dépensés les fonds», a indiqué Catherine Geslain-Lanéelle, directrice en charge de la stratégie et de l’analyse politique de la Commission européenne lors du Global food forum organisé par le think tank Farm Europe le 12 mai à l’Abbaye de La Ramée près de Bruxelles. Alors que le Copa-Cogeca qui organise le 20 mai une manifestation sur le sujet s’inquiète de la volonté de Bruxelles d’inclure la Pac dans de vaste plans nationaux, Catherine Geslain-Lanéelle estime que ce n’est pas de garder une structure de la Pac à deux piliers qui est important mais «de conserver deux types d’outils: l’un annuel (ceux de l’actuel premier pilier) l’autre pluriannuel (ceux du second pilier)» pour laisser aux Etats membres – et aux agriculteurs -le choix des mesures les plus adaptées à leurs besoins. Une évolution «significative», admet-elle. Elle n’exclut, par exemple, pas la possibilité de rapprocher –voir les fusionner– les écorégimes avec les mesures agroenvironnementales du développement rural. L’essentiel sera de mieux cibler les soutiens au revenu vers ceux qui en ont le plus besoin (jeunes agriculteurs, petits exploitants, polyculture élevage, régions à handicap naturel). Dégressivité et plafonnement sont donc envisagés. Quant à la conditionnalité des aides, Bruxelles réfléchit à la rendre plus incitative et moins punitive.

Séparation vente/conseil : vers une facturation séparée et un conseil stratégique obligatoire

A l'occasion de l'examen de la proposition de loi Entraves le 13 mai, les députés de la commission des affaires économiques ont commencé à examiner l'article premier visant à mettre fin à la séparation de la vente et du conseil. Ils ont rejeté les amendements de suppression de cet article, émanant de la gauche, et adopté de premières modifications. Proposé par Stéphane Travert (Renaissance), le premier amendement adopté propose une facturation différenciée pour les activités de conseil et de vente, comme proposé par le CGAAER. Objectif : permettre aux agriculteurs de pouvoir comparer les tarifs de conseil des distributeurs avec ceux des conseillers indépendants. Ce faisant, le texte supprime le caractère obligatoirement onéreux des conseils, prévu par le texte du Sénat. Les députés ont aussi adopté l'amendement de Stéphane Travert visant à rendre le conseil stratégique obligatoire, sans toutefois préciser de périodicité, ont regretté les socialistes, qui proposaient de le rendre bisannuel. Son cadrage est renvoyé à un décret du Conseil d'Etat. Prévu par la loi Egalim, le conseil stratégique aurait du être réalisé deux fois tous les cinq ans, mais un moratoire a été annoncé avant les dates butoir, par Gabriel Attal en février 2024. Au printemps 2024, la ministre déléguée de l'agriculture Agnès Pannier Runacher avait émis le souhait que le conseil stratégique devienne «facultatif».

Ecophyto : l’Inrae propose d’améliorer le HRI-1 en indicateur « agrégé »

Dans un rapport de saisine publié le 13 mai, l’Inrae présente deux propositions pour améliorer l’indicateur européen HRI-1 (volumes vendus de substances actives pondérés par des coefficients de risque), ce dernier étant le nouvel indicateur de suivi du plan Ecophyto en remplacement du Nodu (dose/ha). La première proposition est une évolution « a minima » du HRI-1 actuel, qui évite les « principaux biais » sans en corriger « les défauts intrinsèques » (classes larges et hétérogènes de substances actives, coefficient de pondération arbitraires). Concrètement, le rapport propose de rapporter les quantités de substances actives « à la médiane de leurs doses homologuées au niveau européen », avant d’effectuer la pondération par groupe de risque. La deuxième proposition est une « refonte en profondeur » du HRI-1. L'idée est de construire « un indicateur de risque agrégé » inspiré de l’indicateur allemand TAT (total applied toxicity), en mobilisant les données d’écotoxicité par groupe taxonomique (pex : mammifères terrestres, poissons, abeilles…). L’Inrae préconise par ailleurs de conserver des indicateurs complémentaires tels le Nodu, entre autres recommandations. 

Chlordécone : l'État condamné à indemniser deux ex-ouvrières agricoles pour anxiété

Le tribunal administratif de la Martinique a condamné l’État à indemniser deux anciennes ouvrières agricoles de leur préjudice d’anxiété en lien avec leur exposition chronique au chlordécone, aux termes d’une décision rendue lundi 12 mai dans ce scandale environnemental aux Antilles. Les deux requérantes, qui ont travaillé pendant des années dans des bananeraies martiniquaises, avaient saisi cette juridiction en faisant valoir le préjudice moral d’anxiété dont elle s’estimaient victimes, en raison du risque de développer la maladie de Parkinson, le lymphome non hodgkinien et sa forme du myélome multiple, du fait de leur exposition prolongée à des produits antiparasitaires à base de chlordécone. Le tribunal a donc condamné l’État à indemniser les deux victimes, à hauteur de 10 000 euros chacune en réparation de ces préjudices. Ces condamnations interviennent deux mois après une décision de la cour administrative d’appel de Paris, en mars, dans laquelle elle estimait que l’État devra désormais indemniser les victimes du chlordécone démontrant ce préjudice moral d’anxiété. Seules une dizaine de victimes ont été reconnues comme pouvant prétendre à une indemnisation, en raison de la difficulté d’établir les preuves (analyses sanguines et études environnementales).

Dégâts d'oiseaux: le Conseil d'Etat enjoint à revoir certains classements en espèce nuisible

Le classement de la corneille noire, du corbeau freux ou de la pie a dans certains départements, a été annulé par une décision du Conseil d’Etat rendue le 13 mai et saluée par les ONG. Plusieurs associations de défense de l’environnement avaient attaqué devant la haute juridiction administrative un arrêté pris en 2023 par le gouvernement pour déterminer les «espèces susceptibles d’occasionner des dégâts», autrefois qualifiées de nuisibles. Ce classement permet de les tuer par piégeage ou par tir, généralement sous condition, pour préserver des activités agricoles ou d’élevage. L’arrêté est «annulé» en tant qu’il inscrit «parmi les espèces susceptibles d’occasionner des dégâts» la martre (dans toute la France), la fouine (Aveyron, Morbihan, Territoire de Belfort), le renard (Aveyron, Haute-Loire, Lozère hors zones où il est susceptible d'occasionner des débats), le corbeau freux (Nord et Pas de Calais), la corneille noire (Alpes de Haute Provence, Aveyron, Bouches-du-Rhône, Haute-Loire, Vaucluse), la pie bavarde (Ariège, Charente, Haute-Garonne, Gers, Maine-et-Loire, Somme, Essone), l’étourneau sansonnet (Corrèze, Meurthe et Moselle, Meuse) et le geai des chênes (Corrèze, Lot et Garonne), seulement. indique dans sa décision le Conseil d’Etat. Pour motiver sa décision, le Conseil d’Etat détaille la présence jugée «significative» ou non des animaux localement, ainsi que leurs éventuels dégâts.

Egalim 4 : la sanctuarisation de la MPI n’est «pas possible», estime finalement Genevard

Dans une interview accordée au magazine RIA il y a une semaine, la ministre de l’Agriculture Annie Genevard a indiqué que la sanctuarisation de la matière première industrielle (MPI) n’était «pas possible», expliquant qu’il faut « laisser la liberté de la négociation ». Elle s'était pourtant montrée favorable à l'idée en février, dans un entretien à la Tribune Dimanche. Dans l'entretien à RIA, elle se montre également favorable à des des négociations commerciales plus courtes et une évolution de la directive européenne sur les pratiques commerciales déloyales pour sanctionner les pratiques des centrales d’achat européennes non conformes au droit français. « A partir d’indicateurs permettant de sanctuariser les matières premières agricoles dans les contrats, il faut construire des prix en marche avant », déclare-t-elle. Une opinion partagée par Jérôme Foucault, président de Pact’Alim. Il se dit partisan de « la nécessité de renforcer la construction des prix en marche avant, dans l’objectif d’assurer une juste rémunération de chaque acteur de la chaîne de valeur » dans un communiqué diffusé le 13 mai. Annie Genevard travaille en concertation avec sa collègue Véronique Louwagie (PME et artisanat) sur un texte de loi Egalim 4 « quasiment prêt », dit-elle à RIA, mais les ministres doivent « consulter les parlementaires et les professionnels » et « négocier avec les intéressés ». Le texte ne pourra pas être examiné avant l’été par l’Assemblée nationale.

Egalim 4 : la Feef veut une loi spécifique pour les PME et ETI, pour y défendre leur tarif

Alors que les ministres - artisanat/PME et agriculture - en charge d’une loi Egalim 4 poursuivent leurs consultations, la Feef demande qu’une loi spécifique sur les relations commerciales concernant les PME et ETI soit votée. « Nous voulons des règles spécifiques pour les PME et ETI faisant moins de 350 M€ de chiffre d’affaires par an à l’échelle mondiale », indique Léonard Prunier, président de la Feef. L’organisation représentant les intérêts des fournisseurs de la grande distribution veut que le « tarif PME » soit respecté, refusant toute sanctuarisation de la matière première industrielle, et surtout que les négociations commerciales durent entre un mois et demi et deux mois au maximum. « On ne peut pas tout bloquer pendant un quart de l’année, c’est insupportable pour nos entreprises qui ne sont pas des multinationales », poursuit-il. Un avis partagé par Annie Genevard dans le magazine RIA de mai, pour qui « il faut revoir le temps des négociations commerciales » dont la durée excessive est « une perte de temps pour les entreprises ». La Feef compte sur une loi votée rapidement afin qu’elle puisse s’appliquer aux prochaines négociations commerciales qui débutent fin octobre avec l’envoi des conditions générales de vente. Un enjeu de taille alors qu’Annie Genevard prévoit déjà qu’une loi Egalim 4 ne pourra pas être examinée à l’Assemblée nationale avant l’été.

Grande distribution : la santé et l’écologie « très peu » prises en compte (étude)

La grande distribution ne prend « pas encore ou très peu en considération les enjeux écologiques et de santé publique », malgré quelques « progrès », déplore une étude du Réseau Action Climat (RAC), le 12 mai. L'ONG a compilé des données de plus de 200 supermarchés et classé les principaux distributeurs (Leclerc, Carrefour, Intermarché, Monoprix, Coopérative U, Auchan...) selon trois critères : transparence, engagements, promotion d'une alimentation durable. Le rapport souligne que « la viande et les produits carnés ultra-transformés restent fortement surreprésentés au détriment des aliments végétaux de qualité » dans les rayons comme parmi les promotions. « La proportion de plats préparés sans viande ni poisson se maintient à un niveau bien bas de 8% », comme dans la première édition de l’étude en 2023, et « la quasi-totalité des enseignes n'a pas encore traduit ses objectifs de transition alimentaire et écologique dans ses pratiques commerciales ». Contrairement à 2023, trois enseignes dépassent la moyenne lorsque les trois critères sont agrégés : Carrefour (12,5/20), Monoprix (12) et Coopérative U (10), tandis que Leclerc et Aldi sont en queue de classement (4,5 et 2). Des progrès surtout le fruit d'un effort « sur la transparence », précise à l'AFP Benoît Granier, coordinateur de l'étude. 

Alimentation : le prix de l'essence guide beaucoup les achats des Français (étude)

Dans sa thèse d’économie soutenue à Paris-Saclay en décembre 2024, Ondine Berland constate que les choix alimentaires des ménages sont « fortement influencés » par leur pouvoir d’achat. Ainsi « de légères variations des prix de l’essence et de l’alimentation induisent des changements importants dans la consommation alimentaire », explique la chercheuse à Agra Presse. Dans sa thèse, on lit qu’une « augmentation de 10% des prix du carburant est associée à une baisse de 2,5% des dépenses alimentaires mensuelles, principalement en raison d’une réduction des volumes d’achat totaux », tandis que « la magnitude de l’effet sur la valeur unitaire moyenne (ou prix moyen) des produits achetés est plus faible ». Par ailleurs, la chercheuse met en évidence « la diversité des émissions entre ménages » ; « cette diversité reste cependant moins marquée que celle observée pour d’autres variables, comme le revenu, auquel elle ne semble pas corrélée ». Par exemple, « bien que la consommation de viande soit fortement émettrice, elle varie peu selon le niveau de revenu, tandis que les différences de comportements alimentaires entre hommes et femmes expliquent davantage les variations de l’empreinte carbone alimentaire ». Les femmes "ont des empreintes carbone 27% plus faibles que les hommes », évalue la thèse, « en partie via des choix alimentaires et de transport moins polluants ». 

Foncier : la consommation nationale d’espaces en 2023 au plus bas depuis quinze ans

La consommation d'espaces naturels, agricoles et forestiers (Enaf) en 2023 est la plus faible enregistrée en France depuis 2009, selon les données du Cerema publiées le 13 mai. En 2023, 19 263 ha ont été artificialisés, en baisse de 4,8 % par rapport à 2022. Depuis 2019, la tendance est à une « stabilisation du rythme » autour de 20 000 ha, mais ce rythme « demeure élevé », observe l'établissement public. Entre 2011 et 2023, plus de 297 000 ha ont ainsi été consommés, ce qui correspond à la surface de l'île de La Réunion. 64 % des espaces naturels consommés depuis 2011 l'ont été pour de l'habitat, 23 % pour des activités économiques et 7 % pour des infrastructures. A noter que 60,7 % de cette consommation d'espaces se situe dans des petites communes et dans des communes où l'offre de logements est suffisante. La prise de conscience de l'importance des sols a conduit à l'adoption de la loi Climat et résilience en 2021, qui a fixé comme objectif d'atteindre la sobriété foncière en 2050, ou « zéro artificialisation nette des sols » (Zan). Le Sénat a adopté en mars en première lecture un texte qui assouplit nettement les modalités de la lutte contre l'étalement urbain. Le texte n'est pas encore inscrit à l'ordre du jour de l'Assemblée.

Cotisations sociales : la MSA veut simplifier l'affiliation en cas d'activités connexes

Dans le cadre du prochain projet de financement de la sécurité sociale (PLFSS 2026), la MSA va porter devant le gouvernement une proposition visant à étendre l’affiliation à la caisse sociale agricole « à l’ensemble des activités agricoles par nature », a appris Agra Presse le 13 mai. L'objectif est d'assouplir l'affiliation à la MSA des exploitations où sont exercées des activités connexes ( méthanisation, photovoltaïques, ferme pédagogique, achat/revente… ). Dans certains cas (activités dirigées par des membres de la famille et non par le chef d’exploitation, activité de négoce type bestiaux d’achat/revente accessoire à l’activité agricole, intrants ne provenant pas plus de la moitié de l’exploitation…), si l'activité agricole n'est plus «prépondérante» au regard du chiffre d'affaires, l'exploitation peut être affiliée à un autre régime que l'agriculture, et perdre les droits qui en découlent, explique la Sécu agricole. « Cette situation peut être source d'insécurité juridique et de complexité» a expliqué Christine Dechène Ceard, directrice de la Réglementation de la CCMSA à Agra. La MSA avait déjà proposé un tel dispositif pour le PLFSS 2025, repoussé par le gouvernement. 

Machinisme : après deux années de baisse, rebond du marché attendu en 2026

Le syndicat français des constructeurs de machines agricoles, Axema, a indiqué, lors d'une conférence de presse le 13 mai, qu'il s'attendait à un rebond du marché français en 2026, après une année 2024 en berne, et une nouvelle baisse plus légère attendue en 2025. Le marché du neuf est passé de 9,3 milliards d'euros (Md€) en 2023, à 8 Md€ en 2024. Le repli annuel observé en 2024 s'expliquait par de multiples facteurs, notamment les difficultés de l'agriculture française l'an dernier, avec l’effritement notable des productions céréalières et viticoles, entre autres. Le syndicat rappelle que l'année 2023 avait été exceptionnelle, en raison, entre autres, d'un nombre plus élevé que d'habitude de report de commandes réalisées en 2022, et exécutées en 2023. Axema envisage un nouveau recul du marché en 2025, à 7,8 Md€, avant de repartir à 8,3 Md€ en 2026. Le syndicat rapporte un rebond des commandes en ce début 2025. Mais il considère que le climat des affaires reste tout de même baissier actuellement, justifiant l'effritement attendu sur l’ensemble de l’année 2025, et le faible rebond projeté en 2026. « Notre marché fonctionne par cycle. Nous sommes actuellement dans la période baissière, qui pourrait rebondir de manière plus marquée en 2027-2028 » déclare David Targuy, directeur des affaires économiques et internationales d'Axema.

Céréales : un des plus gros cabinets de courtage français passe sous pavillon états-unien

Dans un communiqué du 12 mai, le groupe états-unien StoneX, spécialisé dans les services financiers, notamment dans le secteur céréalier, a annoncé qu’il va acquérir l'un des plus importants cabinets de courtage français de céréales et d’oléagineux basé à Paris : Plantureux et associés. Le rachat s’opèrera via sa filiale européenne, StoneX Financial Europe GmbH. Son objectif est « de renforcer sa position concurrentielle sur les marchés européens des matières premières. (…) La France constitue le plus important producteur de grains de l’UE », explique StoneX. Le montant de la transaction n’a pas été divulgué. La finalisation de l'acquisition est encore dans l’attente de l’approbation réglementaire habituelle. Le président de Plantureux et associés, Xavier Durand-Viel, a exprimé dans le communiqué « sa fierté de rejoindre le groupe StoneX. Nous nous réjouissons d'accélérer notre croissance au sein d’un groupe à dimension mondiale. Cette transaction renforce notre capacité à servir nos clients, tout en préservant les relations locales et l'expertise qui définissent notre entreprise. » Pour rappel, le dirigeant du cabinet de courtage français est l’ancien président de la FFSCM (Fédération française des syndicats de courtiers en marchandises), remplacé par Thibault Guilbert (cabinet Intercourtage) en mars dernier.

Grandes cultures/semis : recul attendu du maïs et tournesol, pomme de terre stable (Agreste)

La surface hexagonale de maïs 2025 est attendue en recul de 8 % par rapport à l'an dernier, à 1,41 Mha, d'après le rapport mensuel des services statistiques du ministère de l'agriculture (Agreste) publié le 13 mai. La raison de ce recul : « Contrairement à la campagne précédente, des conditions de semis plus clémentes pour les cultures d'hiver ont limité les reports vers les cultures de printemps », explique le ministère. Par rapport à la moyenne 2020-2024, la baisse est moins prononcée (-3,3 %). Il s'agit de la première projection de l'année. Ce chiffre est donc encore susceptible d'évoluer, sachant que les travaux de semis n'étaient pas terminés début mai. Céré'Obs (FranceAgriMer) les estimait réalisés à 79 % lors de la semaine allant du 29 avril au 5 mai, contre 76 % en moyenne lors des cinq dernières années. Pour les mêmes raisons qu'en maïs, la sole de tournesol est aussi attendue en repli, de 10,7 % d'un an sur l'autre, à 0,674 Mha. Celle de pommes de terre se stabiliserait à 0,172 Mha, alors que le GIPT (interprofession) tablait en mars dernier sur une hausse « aux alentours de 10 % ». La surface de betteraves reculerait de 4,6 %, à 0,393 Mha, même si le chiffre « reste à confirmer », prévient le ministère. La sole de céréales est en hausse de 2,1 % sur un an, et en recul de 2,4 % par rapport à 2020/2024.

Céréales : production mondiale 2025-2026 attendue en hausse par l'USDA

Récoltes mondiales attendues en hausse : le ministère américain de l'Agriculture (USDA) a publié dans son rapport mensuel du 12 mai ses premières projections de bilans mondiaux en blé, maïs et soja pour la campagne 2025-2026. Dans le détail, la production de blé est espérée à 808,5 Mt, contre 799,7 Mt en 2024-2025. La consommation se situerait à un niveau légèrement inférieur, à 808 Mt (803,6 Mt l’an dernier), entraînant une très légère augmentation des stocks, de 0,5 Mt annuellement, à 265,7 Mt. La production mondiale de maïs devrait de son côté atteindre près de 1,265 milliard de tonnes (+3,6 % par rapport à l’an dernier). La consommation devrait croître de 2 % par rapport à la campagne précédente, à 1,274 milliard de tonnes, un niveau record, tandis que les stocks baisseraient d'environ 3,3 %, à 277,84 Mt. En soja, la production planétaire est attendue à 426,82 Mt (420,87 Mt l’an dernier). La consommation s’afficherait à 424,05 Mt, engendrant un accroissement annuel des stocks de fin de campagne d’un peu plus de 1 Mt, à 124,3 Mt. Pour rappel, les cours mondiaux des céréales et oléagineux (Euronext, Chicago) subissent ces dernières semaines la pression des bonnes récoltes attendues dans le monde.

Viande bovine/FCO : la Chine « rassurante » sur la réouverture de son marché

La viande bovine française est « bienvenue » sur le marché chinois, a déclaré le vice-Premier ministre chinois He Lifeng lors d'une visite le 13 mai dans une ferme bovine à Harquency (Eure), sans donner ni calendrier ni détails sur la levée des restrictions actuelles. « Les deux parties travaillent, ce sujet avance bien », a expliqué He Lifeng concernant les discussions visant à alléger ou lever les restrictions qui empêchent actuellement les exportations de viande bovine française vers la Chine, soulignant une « excellente coopération » entre les deux pays. La France n’exporte plus de viande bovine vers la Chine depuis la fin 2024, du fait d’un embargo total décrété par Pékin lié à la fièvre catarrhale ovine (FCO). « Comme ce déplacement », cette déclaration est « rassurante, c'est mieux que de fermer la porte », a déclaré à l'AFP Emmanuel Bernard, président de la section bovine d’Interbev (interprofession). « L'aboutissement des échanges se fera à plus haut niveau », avait précisé M. Bernard avant l'arrivée de la délégation chinoise. Le 12 mai, Interbev avait jugé la fin d'un embargo datant de 2001 concernant le risque d’ESB, comme étant une « priorité ». Un accord signé en 2018 a partiellement levé l'embargo, mais il ne concerne que certains morceaux de bovins de moins de 30 mois (viande désossée, congelée ou réfrigérée sous forme entière ou hachée).

Bovins viande : la Fnab lance un projet national pour engraisser les veaux laitiers bio

Dans un communiqué du 13 mai, la Fnab (agriculteurs bio) annonce le lancement du projet Casdar « Valov Bio » visant à développer l’engraissement sur place et en bio des veaux laitiers. Actuellement, environ huit veaux laitiers bio sur dix « finissent en centres d’engraissement conventionnels », rappelle le syndicat. Or, les éleveurs sont « soucieux de garantir des conditions d’élevage bio à tous leurs animaux », selon la Fnab. Le projet « vise aussi à développer de nouveaux débouchés rémunérateurs », dans un contexte de crise du marché bio depuis 2022. Le projet Valov Bio se base sur l’expérience menée par le Civam bio 53 (Mayenne) : un groupe y « développe depuis six ans l’élevage sous nourrices, avec des partenariats inédits entre éleveurs laitiers et allaitants ». En s’appuyant sur son réseau national, la Fnab veut « démultiplier les initiatives des éleveurs de Mayenne sur une dizaine de territoires ». D’une durée de trois ans, Valov Bio rassemble de nombreux partenaires de la recherche (Inrae de Mirecourt, Idele, Itab, FiBL), économiques (groupements de producteurs et « opérateurs économiques » bio), de l’enseignement agricole, ainsi que l’ONG Welfarm.

Châtaigne: la crème de marrons Clément Faugier doit changer son étiquette (presse)

A la demande de l’administration, l’entreprise Clément Faugier remplace la mention « Crème de marrons de l’Ardèche » par « Crème de marrons » sur les étiquettes de ses célèbres pots, révèle une enquête du média L’Informé, le 12 mai. « Les services départementaux de la protection des populations, écrit le journaliste, estiment que la mention ‘’crème de marrons de l’Ardèche’’ nécessite l’emploi de fruits labellisés ‘’AOP Châtaigne d’Ardèche’’ », or l’entreprise lui a indiqué utiliser « des châtaignes d’Italie, d’Espagne ou du Portugal quand la production ardéchoise est insuffisante ». Si l’essentiel de l’approvisionnement vient du département, ces châtaignes ne sont pas forcément labellisées. Le média a retracé la procédure : l’entreprise aurait reçu l’injonction officielle de modifier ses étiquettes en octobre 2023, elle aurait ensuite saisi la justice pour contester, avant de récemment se désister : « le tribunal administratif de Lyon a clos la procédure le 18 avril ». Sur son site, l’entreprise basée à Privas (Ardèche) fondée par l’inventeur de la crème de marrons (Clément Faugier, 1861-1941), a déjà changé les étiquettes et visuels. « En grandes surfaces, rapporte L’Informé, les anciens emballages ont commencé à faire la place aux nouveaux ». La châtaigne d’Ardèche est AOC depuis 2006 et AOP depuis 2014. 

Artichaut : relance des fonds surgelés, après la fermeture de la seule usine dédiée en 2022

Dans un communiqué le 13 mai, Prince de Bretagne annonce relancer la production de fonds d’artichauts surgelés après la fermeture de la seule usine dédiée en France en 2022. Pour cela, l’atelier de surgélation de Bro Dreger à Camlez (Côtes d’Armor), initialement conçu en 2019 pour le Coco de Paimpol, a été adapté pour traiter également les artichauts (essentiellement des Camus, mais des tests sur petit violet sont en cours). L’atelier pourra traiter 1200 tonnes de produits bruts par an, soit 120 tonnes de fonds d’artichauts : « Grace à cette initiative, les maraichers Prince de Bretagne sont les seuls fournisseurs de fonds d’artichauts surgelés Origine France » est-il indiqué. Cet aménagement a fait l’objet d’un investissement de 2,6 millions d’euros. Prince de Bretagne souligne qu’un tel atelier est « essentiel pour réguler le marché du frais et valoriser les petits calibres (20% de la production) ». La coopérative est aussi présente sur le domaine du frais. Elle lance une nouvelle variété d’artichaut vert charnu développée par l’Organisation bretonne de section (OBS) : de type Camus, elle se caractérise par un produit fermé, bien charnu et ayant une bonne tenue en rayon, « répondant aux demandes des acheteurs et des consommateurs » selon elle. 

Vin : la coopérative de Buzet en bonne voie de sortir la tête de l'eau

La coopérative des Vignerons de Buzet (Lot-et-Garonne), placée en procédure de sauvegarde l'an dernier, a trouvé un accord avec ses créanciers pour réduire sa dette et assurer son avenir, a appris l’AFP le 13 mai auprès de son avocat. Le Crédit Agricole a accepté d'abandonner 40 % de ses créances, les 60 % restants de la dette, qui atteignait 35 M€, devant être remboursés sur 15 ans aux différents créanciers de l'entreprise, selon Me Christophe Dejean. En parallèle, la coopérative devrait officialiser prochainement le rachat de la « quasi-totalité » de son stock, qui pesait sur ses comptes, par le groupe des Grands Chais de France (GCF), plus grosse maison de production et de négoce de vins en Europe. Cet accord commercial devrait apporter « une manne de trésorerie supérieure à 10 M€ dans les 18 mois qui viennent », a ajouté l'avocat au sortir d'une audience « positive » au tribunal de commerce d'Agen, qui doit homologuer le plan présenté par l'entreprise d'ici au 12 juin. Dans le cadre de l'accord trouvé, GCF doit reprendre la commercialisation nationale et internationale des vins de Buzet, la coopérative conservant seulement la vente locale, et l'embouteillage sera désormais effectué par les Grands Chais de France dans l'usine de Landiras (Gironde).