Agrafil du 14 mai 2026

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Nitrates : Bruxelles devrait présenter une révision ciblée de la directive avant l'été

Une proposition de révision ciblée de la directive nitrates sera présentée « dans les prochaines semaines, avant l’été », a indiqué la commissaire européenne à l’Environnement, Jessika Roswall, lors d’une interview accordées à quelques journalistes agricoles, dont Agra Presse, le 13 mai à Bruxelles. La principale proposition serait de relever le plafond pour l’utilisation de digestat issu de la méthanisation en tant qu’engrais au-delà de la quantité légale de 170 kg/ha/an d’azote prévue par la directive. Mais Bruxelles attend avant cela un avis du Centre commun de recherche de la Commission, qui doit évaluer dans quelle limite ce plafond pourrait être relevé. D’autre part, la commissaire envisage d’accorder une plus grande flexibilité aux États membres en tenant compte des spécificités climatiques et régionales pour la fixation des calendriers d’épandage, qu’elle juge « trop stricts ». Elle prévoit également un alignement des obligations de rapport au titre de la directive Nitrates avec la directive-cadre sur l’eau qui, au lieu d’être présentés tous les quatre ans, le seraient tous les six ans. Il ne s’agira pas d’une réouverture de la directive, précise Jessika Roswall, mais de propositions qui seront adoptées via la procédure de comitologie, comme cela a été le cas avec les engrais RENURE il y a quelques mois. Son objectif est que ces dispositions soient d’application pour les agriculteurs « au printemps 2027 pour la prochaine campagne de semis ».

Prix des engrais : Genevard installe un «comité exceptionnel de crise»

Dans un contexte de flambée des prix des engrais azotés, la ministre de l'Agriculture, Annie Genevard, a réuni la filière des engrais (interprofessions agricoles, fabricants, distributeurs, instituts techniques) le 13 mai, pour «faire le point sur la crise des engrais». A cette occasion, elle a annoncé l'installation d'un «comité exceptionnel de crise engrais», avec pour objectif de «suivre en temps réel les prix, les stocks et les flux, et travailler avec les filières sur les adaptations nécessaires». À l'occasion de la Matinée export organisée par Intercéréales et Agro Paris Bourse le 25 mars, le président de la Coopération agricole - Métiers du grain a alerté sur les effets d'une hausse prolongée des prix des engrais sur la récolte de céréales 2027. « Les coopératives françaises achètent leurs engrais à partir du mois de mai. S'il ne se passe rien d'ici au 15 mai, nous allons mettre en forte tension notre capacité de production », avait déclaré Antoine Hacard. Interrogé le 5 mai, le délégué commercial Denis Le Fèvre du négociant d’engrais Amaltis (200 000 t d’engrais, dont 95 000 t d’urée), indiquait: « il ne se passe quasiment rien depuis un mois et demi ». La société n’a « aucune visibilité sur les importations d’urée dans un contexte où les prix sont inabordables et où les volumes manquent ».

Engrais/moisson 2027 : pour l’instant, « on va semer », déclare Piètrement (FranceAgriMer)

Lors d’une conférence de presse le 13 mai, suivant le Conseil spécialisé Grandes cultures de FranceAgriMer, son président Benoît Piètrement, également président d’Intercéréales (interprofession) a déclaré que, pour le moment, et malgré la crise des engrais, « on va semer », se référant notamment aux céréales d’hiver pour 2026 (récolte 2027). Malgré les tensions sur les prix des engrais, il est encore trop tôt, selon lui, pour connaitre précisément le comportement des agriculteurs: « La question de fond, c'est qu'on ne connaît ni les prix des engrais ni des céréales sur la fin d'année 2026, pour la récolte 2027 ». Par ailleurs, les autorités peuvent encore agir, notamment via la détaxation des engrais, « afin de soulager un petit peu les choses, au moins temporairement ». Mais la prudence reste de mise, car, actuellement, les prix des engrais sont « horriblement hauts », une flambée qui risque de durer, pendant que les cours du blé « sont horriblement bas », rappelle Benoît Piètrement. Ce qui incite naturellement les agriculteurs à se poser la question de semer ou non. Le scénario d’une baisse des surfaces des céréales d’hiver en 2026 (récolte 2027) n’est donc pas écarté, surtout dans le cas d’un maintien voire d’une dégradation de la situation dans les prochains mois, notamment au Moyen-Orient.

Céréales : recul de la production mondiale attendue en 2026-2027, surtout en blé

Dans son rapport du 12 mai, le département américain de l’agriculture (USDA) a livré ses premières projections concernant la récolte mondiale de grains pour la campagne 2026-2027. Il en ressort un effritement par rapport à l’an dernier, spécialement en blé. Dans le détail, la production planétaire de grains passerait de 2 993 Mt en 2025-2026 à 2 945 Mt lors de la prochaine campagne commerciale. En blé, elle tomberait à 819 Mt, contre presque 844 Mt l’année antérieure. L'une des raisons de cet effritement : le déficit hydrique marqué aux États-Unis, qui ferait chuter la production locale, passant de 54 Mt à 42,5 Mt. Ajoutons à cela que l'organisme table sur des productions en Australie et en Argentine plus conformes aux niveaux traditionnels historiques. Tous ces chiffres restent préliminaires, et pourraient encore fortement évoluer au cours de l’année. Si ces prévisions se confirmaient, il s’agirait malgré tout de même d’une production assez confortable, la campagne 2025-2026 ayant été témoin de récoltes records. Les cours sur Euronext et Chicago ont progressé le 12 mai, à la suite de la publication du rapport.

Pomme de terre : les industriels dénoncent « les demandes excessives de la GMS »

Dans un communiqué du 12 mai, la FNTPT (transformateurs de la pomme de terre) a dénoncé « les demandes excessives de la GMS (distribution, NDLR), entre déflation injustifiée et menaces de déréférencement pour le secteur de la pomme de terre transformée ». La fédération explique que les coûts des industriels ont augmenté, sans que la distribution n’en tienne compte, engendrant « un effet ciseau ». Plus en détail, elle rappelle que « le prix moyen des produits à base de pomme de terre en grande distribution a été stable en 2025 par rapport à 2024 (panel Kantar) », pendant que les charges des transformateurs ont été « sous pression ». Tout en reconnaissant que le retournement du marché de la pomme de terre (chute des prix, liée au surplus de production en France) déclenche « un ajustement nécessaire de l’offre agricole », l’organisation précise que « les entreprises de la FNTPT respectent leurs contrats et donc un paiement de la matière première agricole à un niveau inégalé aux agriculteurs (indicateur GIPT) ». Elle évoque par ailleurs la hausse de l’énergie, des emballages, ainsi que les prévisions de hausse des redevances eau, entre autres.

Semences : SpinCo (Corteva) sera rebaptisée Vylor

Jusque-là présentée sous le nom de SpinCo, l’activité dédiée aux semences et à la génétique de Corteva s’appellera finalement Vylor. Le groupe l’a annoncé le 4 mai. Cette nouvelle identité regroupera, d’ici à la fin de l’année, les marques Pioneer, Brevant et Hoegemeyer, qui font déjà partie de Corteva. Pour rappel, la scission des activités de Corteva est prévue pour fin 2026 : Vylor portera donc les activités semences et New Corteva pilotera celles dédiées au marché de la protection des cultures. « De la sécurité alimentaire à la sécurité énergétique, grâce à une technologie révolutionnaire, un matériel génétique d’élite et un portefeuille de produits de pointe, Vylor se positionne pour résoudre les défis à venir », explique Chuck Magro, futur p.-d.g. de Vylor. Selon le groupe, Vylor bénéficie déjà de près de 4 000 brevets sur le matériel génétique et plus de 2 000 brevets en biotechnologie. (Anne Gilet)

Agritourisme : une esquisse de PPL pour structurer et développer le secteur

Remettant son rapport aux ministres Serge Papin (PME) et Annie Genevard (Agriculture) le 13 mai, la mission parlementaire sur l’agritourisme a esquissé une PPL pour structurer et développer le secteur. Le texte, travaillé par le député Anthony Brosse et la sénatrice Sylviane Noël, s’attaque aux freins à l’activité. « L’absence de définition légale de l’agritourisme crée une insécurité juridique pour les exploitants », relèvent-ils. Via son article 1er, la PPL fixe les critères constitutifs de l’activité dans le Code rural et le Code du tourisme. Un autre volet modifie le Code l’urbanisme. Objectif : reconnaître les constructions et aménagements liés à l’agritourisme labellisé comme nécessaires à l’exploitation agricole, et faciliter le changement de destination du bâti rural existant. « La complexité fiscale dissuade les agriculteurs de se lancer ou développer leur activité », poursuivent les auteurs. Afin d’y remédier, la PPL considère les revenus agritouristiques comme bénéfices de l’exploitation agricole labellisée, instaure un crédit d’impôt pour les investissements d’accueil réalisés dans le bâti existant. Annie Genevard a dit son intention d’« examiner les suites » à donner aux travaux de la mission, en visant comme objectifs de lever les freins, donner de la lisibilité aux dispositifs, permettre de se lancer « plus vite, plus simplement ».

Financement : la BEI et BNP Paribas mobilisent 200 M€ pour accélérer « l’agriculture durable »

La Banque européenne d’investissement (BEI) et BNP Paribas Leasing Solutions mobilisent 200 M€ « pour accélérer l’agriculture durable en Europe », ont-ils annoncé le 13 mai. Ce financement, accordé par la BEI à la banque française, visent les PME et ETI des secteurs agricoles et de la bioéconomie, selon un communiqué commun. « Au moins 30 % » seront consacrés « à l’action climatique et à la durabilité environnementale, afin de faciliter l’adoption d’équipements plus sobres en ressources et plus respectueux de l’environnement ». Concrètement, cette part des 200 M€ est dédiée par exemple aux investissements dans des tracteurs ou moissonneuses-batteuses économes en énergie, aux solutions d’énergies renouvelables et aux technologies contribuant à l’atténuation et adaptation au changement climatique. Le programme soutiendra aussi la modernisation et la productivité du secteur agricole, en particulier via des investissements dans des équipements à longue durée de vie. Son déploiement commencera en Italie, Allemagne, Belgique, Pays-Bas et Espagne. L’opération s’inscrit dans le cadre du programme agricole paneuropéen de 3 Md€ lancé par la BEI en 2024, pour soutenir les investissements durables dans le secteur.

Loi d'urgence : la durée d'examen à l'Assemblée allongée d'une semaine

Comme attendu, la durée de l'examen du projet de loi d'urgence agricole à l'Assemblée nationale a été prolongée d'une semaine, pour garantir que les débats en plénière puissent permettre la discussion de l'ensemble des amendements. Ainsi, le vote solennel prévu initialement le 26 mai a été repoussé au 2 juin. Dans un communiqué le 5 mai, la FNSEA avait fait part de son inquiétude sur la capacité à faire tenir l’examen dans le temps imparti, sur quatre jours à ce stade, notamment après que la commission a accepté « à la demande des écologistes, la suppression du temps législatif programmé pour livrer ce texte à l’obstruction ». Pour la FNSEA, « tout [était] désormais réuni pour empêcher ce texte d’aboutir ». Interrogé par Agra Presse quelques jours plus tard, le rapporteur Les Républicains (LR), Julien Dive, confirmait « une vraie possibilité que le texte ne soit pas fini à la date du 25 mai », mais restait optimiste sur la capacité à respecter le temps imparti. Le président de la commission des Affaires économiques, Stéphane Travert, se voulait également rassurant : « Si besoin, nous ouvrirons la semaine suivante. Ça ira au bout », assure-t-il à Agra Presse.

Lait/loi d’urgence : les OP demandent la suppression des tunnels de prix

France OP Lait, qui représente des organisations de producteurs (OP) et les associations d’organisations de producteurs (AOP) a donné son avis le 12 mai sur le projet de loi (PJL) d’urgence agricole adopté en Coméco de l’Assemblée nationale le 7 mai. Son président Loïc Adam demande la suppression de l’article 21 sur les tunnels de prix et s’oppose à l’obligation d’utiliser des indicateurs interprofessionnels, préférant garder la liberté de choix de ces indicateurs et de pouvoir même élaborer ses propres indicateurs. Il veut aussi interdire les clauses d'exclusivité «déguisées» s’appliquant aux OP et sans contrepartie de la part des transformateurs. Et que les OP puissent accéder aux données des industriels (coûts de production, volumes, etc.), comme ces derniers peuvent accéder à celles des OP. En revanche, le PJL répond aux attentes de France OP Lait sur « le délai maximal pour conclure un contrat, porté à 6 mois (…) et incluant les phases de médiation, avec saisine de plein droit du CRDCA en cas d'échec, la sanction du contournement des OP » et sur « la durée minimale d'adhésion de cinq ans (…), un socle indispensable de la concentration de l'offre et de l'équilibre des relations commerciales entre OP et industriels ».

ICPE/loi d’urgence : des ONG dénoncent « un accélérateur pour l’élevage intensif »

Alors que les députés examineront le projet de loi d’urgence agricole en séance publique à partir du 19 mai, cinq ONG environnementales et de protection des animaux* dénoncent, dans un communiqué du 13 mai, un texte qui constitue « un accélérateur pour l’élevage intensif ». Les associations craignent « un scénario " à la Duplomb " en pire », en référence à la loi sur les entraves au métier d’agriculteur adoptée à l’été 2025, qui a assoupli les procédures de création et d’agrandissement de certains élevages. Les ONG pointent en particulier l’article 17 du projet de loi d’urgence agricole, qui permettra au gouvernement de prendre une ordonnance afin de « sortir l’élevage du droit commun des Installations classées pour la protection de l’environnement (ICPE) et de créer un régime d’évaluation environnementale spécifique ». Selon elles, les habilitations d’ordonnance prévues par le texte « ont une portée très large » dépassant les seules procédures d’autorisation ; elles confèreront à l’exécutif « toute latitude pour redéfinir les règles en matière de contrôle des installations d’élevage, de sanctions et de recours ainsi que les modalités d’information et de participation du public ». « Le gouvernement s’obstine à favoriser l’élevage intensif. Pourtant, cette stratégie nous mène à une impasse », martèlent les ONG.
* CIWF France, Greenpeace, Welfarm, Quatre pattes, Réseau action climat

Viande/antibiotiques : la FNB demande la « suspension » de l’import en provenance du Brésil

Alors que le Brésil a été exclu, la veille, de la liste des pays autorisés à exporter des produits animaux dans l’UE en lien avec l’utilisation d’antibiotiques, la FNB (éleveurs de bovins viande, FNSEA) exige, dans un communiqué du 13 mai, « la suspension immédiate des imports de viandes brésiliennes ». Le syndicat réitère aussi ses demandes sur l’accord UE-Mercosur : « retrait de l’application provisoire » (effective depuis le 1er mai) et « annulation définitive » de l’accord. Si le Brésil ne se met pas en conformité, il pourrait être empêché, à partir du 3 septembre, d’exporter vers l’UE de la viande bovine et d’autres produits animaux (viande équine, de volaille, œufs, produits d'aquaculture, miel et boyaux). Après la publication en février d’un rapport montrant l’importation de viande brésilienne contenant des hormones de croissance, la FNB souligne que « la Commission européenne reconnaît donc de nouvelles fautes brésiliennes dans le respect des procédures sanitaires pour l’export vers l’Europe ». « Avec quelles conséquences ?! Aucune ! », tempête le syndicat. En raison du délai accordé au Brésil pour se mettre en conformité, la FNB estime que « bien loin de protéger les consommateurs européens, la Commission se contente d’une tape sur les doigts ».

Viande bovine : des FDSEA remontées contre Lidl et son « meilleur steak du monde », irlandais

Au moins deux FDSEA, celles du Lot et de l’Aveyron, ont mené des actions dans des supermarchés Lidl afin de dénoncer une opération promotionnelle sur un steak irlandais présenté comme « le meilleur du monde ». Dans le Lot, la FDSEA et les JA ont mené le 13 mai « une action de mobilisation devant les magasins Lidl de Figeac et Bretenou », d’après un communiqué. Quant à la FDSEA de l’Aveyron, elle annonçait, aussi par communiqué, le même jour, une « visite » du Lidl de la Gineste, à Rodez. Le produit ciblé, un faux-filet d’angus maturé 32 jours de l’industriel irlandais Dawn Meats, a « remporté le prix du " meilleur steak du monde " lors du prestigieux William Reed World Steak Challenge 2025 », proclame Lidl dans sa publicité. Dans leur communiqué, les syndicats lotois dénoncent « une promotion jugée incompréhensible et inacceptable dans le contexte actuel que traverse l’élevage français ». Après plusieurs années de flambée en raison d’un manque d’animaux à l’échelle européenne, les cours des bovins viande ont fléchi ces dernières semaines, perdant jusqu’à 30 centimes selon les catégories. Une baisse « injustifiée » aux yeux de la FNB (éleveurs de bovins viande, FNSEA), mais qui ne devrait pas durer, selon l’Idele.

Santé animale : l’Omsa alerte sur le manque d’investissement à l’échelle mondiale

Alors que les maladies animales – dont certaines sont transmissibles à l’homme – se multiplient, « la santé animale ne reçoit que 0,6 % des dépenses mondiales de santé », déplore l’Organisation mondiale de la santé animale (Omsa) dans un rapport publié le 13 mai, peu avant sa 93e session générale, du 18 au 22 mai à Paris. Le marché mondial de la santé animale (élevage et animaux de compagnie) représente 64,45 Md$, contre 11 trillions de dollars pour la santé humaine, lit-on dans la deuxième édition de ce rapport sur l’état de la santé animale dans le monde. Idem pour les financements publics : l’aide au développement consacrée à la santé a fortement reculé ces dernières années, et la santé animale n’en capte que 2,5 % (soit 977 M$). L’institution onusienne appelle à investir dans les différents volets de la santé animale (recherche, vaccination, surveillance, vétérinaires, etc.). À titre d’exemple, 2,3 Md$ par an suffiraient pour « porter les services vétérinaires de chaque pays au niveau des normes internationales ». Alors que trois quarts des maladies émergentes touchant l’homme sont d’origine animale, investir dans la santé animale représente « notre première ligne de défense contre les futures pandémies », a martelé la directrice générale de l’Omsa, Emmanuelle Souubeyran, en conférence de presse.

Légumes : les producteurs dénoncent des dérives dans les prix des fournisseurs

Dans un communiqué de presse le 13 mai, Légumes de France (FNSEA) dénonce la progression des coûts de production, à des niveaux que le contexte géopolitique mondial (énergie, engrais, main d’œuvre…) ne justifie pas selon eux. Le syndicat évoque ainsi une « hausse préventive » des prix de la part des fournisseurs d’emballages et de machinisme, tout comme des « coûts de transport et de logistique qui progressent au-delà du raisonnable à tous les niveaux de la supply chain » : « Ne laissons pas les profiteurs de crise tuer nos filières », martèle Légumes de France. Par ailleurs, il note aussi une forte inflation des prix des légumes en linéaires en début de saison, alors que ceux payés aux producteurs stagnent, ce qui soulève des soupçons de péréquation de marge chez les distributeurs qui « hystérisent les relations avec les fournisseurs ». Légumes de France appelle en urgence tous les acteurs de la filière à « un examen commun, en toute transparence, de l’impact réel des hausses de charges, des mécanismes de formation des prix et des conditions d’un partage équilibré de l’effort économique ».

Fruits et légumes/clauses de sauvegarde : les importateurs déboutés au Conseil d'État

Saisi par les importateurs français du CSIF, le Conseil d'État a estimé, dans un jugement rendu public le 13 mai, que la ministre de l'Agriculture Annie Genevard n'avait pas enfreint la loi en suspendant, le 3 janvier, l’importation des fruits et légumes provenant de pays hors Union européenne contenant cinq résidus de pesticides interdits en Europe. Le Conseil d'État juge que l’arrêté contesté « s’appuie sur des données scientifiques solides et s'inscrit dans le cadre fixé par le droit européen en matière de sécurité alimentaire, qui permet à un État membre de prendre des mesures conservatoires d’urgence, tout en informant la Commission européenne, pour protéger ses habitants ». Dans un communiqué de presse le 13 janvier, la chambre syndicale rapportait que ses adhérents subissaient « déjà des préjudices économiques dus à cet arrêté, qui comporte de nombreuses imprécisions, et n’est pas conforme aux règles européennes ». La portée du recours a été limitée ; la Commission européenne a présenté le 7 janvier un projet de règlement abaissant à zéro les limites maximales de résidus (LMR) pour trois des cinq substances actives visées par Paris. Il s’agit du carbendazime, du bénomyl et du thiophanate-méthyl. « Cette mesure concerne les importations d'agrumes, de mangues et de papayes », avait précisé Bruxelles.

Vin : la consommation mondiale a continué de fléchir en 2025, à -2,7 %

La consommation mondiale de vin a continué de décliner en 2025, de 2,7 % sur un an, à un niveau inédit depuis 1957, selon l’OIV. Affectée par les crises économiques mais aussi des changements générationnels, elle est passée l'an dernier à 208 Mhl, indique un rapport publié le le 12 mai : depuis 2018, son niveau s'est ainsi réduit de 14 %. Sur les dix premiers marchés du vin, seul le Portugal affiche une croissance. Derrière ce tableau sont à l'œuvre des changements structurels liés à de nouvelles préférences et nouveaux modes de consommation, mais aussi depuis le Covid-19 un pouvoir d'achat sous pression et des coûts et prix accrus. Trois pays en particulier ont nourri ce déclin : États-Unis, France et Chine. Les États-Unis, premier marché mondial longtemps « croissant et résistant », ralentit depuis quelques années, avec en 2025 encore -4,3 %, à 31,9 Mhl. Premier pays consommateur de l'Union européenne, la France poursuit une descente entamée il y a des décennies, note l'OIV, à -3,2 % (22 Mhl) l'an dernier. L'UE (48 % de la consommation mondiale) voit aussi l'Italie se replier (-9,4 %, à 20,2 Mhl), comme l'Allemagne et l'Espagne. La Chine, 11e consommatrice mondiale quand elle était 6e en 2020, ne cesse de réduire ses achats depuis 2018 : 4,8 Mhl en 2025, soit -13 % sur un an, -61 % depuis 2020, dans un contexte économique tendu.

Sapin de Noël : des ventes encore en recul en volume en 2025, mais de meilleurs prix

En 2025, le taux de foyers acheteurs d’un sapin de Noël (naturel et artificiel) pour les fêtes de fin d’année a atteint 16,7 %, soit environ 4,9 millions de foyers, selon l’édition 2026 de l’étude Kantar pour Valhor (interprofession) et FranceAgriMer. Un chiffre en retrait par rapport à 2024 (18,5 % pour 5,4 millions de foyers). Dans le détail, 15 % des foyers ont acquis un sapin naturel, pour un marché estimé à 152 M€. Le Nordmann représente 77 % des volumes et 81 % des sommes dépensées. Il a été noté une progression du prix moyen, qui est passé de 32,7 € à 35,10 € en un an. Concernant les sapins artificiels, d’après Kantar, seulement 1,7 % des foyers en ont acheté en 2025. La proportion de foyers acheteurs de sapins artificiels suit une tendance décroissante nettement plus forte que celle des sapins naturels : sur la période 2021-2025, la proportion de foyers acheteurs recule de 24 % pour le sapin naturel et de 37 % pour le sapin artificiel. « Le marché s’inscrit dans une tendance de fond : une baisse modérée du taux de foyers acheteurs, mais qui reste progressif, compensée par une hausse du prix moyen. Plutôt qu’une rupture, il s’agit d’une évolution du marché, avec des consommateurs plus sélectifs dans leurs achats », note Valhor.

Eau : l’Occitanie demande à ce que l’Aqua Domitia intègre la « méthode Notre-Dame »

Dans un courrier adressé au président Emmanuel Macron le 12 mai, la présidente de la région Occitanie, Carole Delga, demande l’intégration du projet de prolongation de l’adducteur Aqua Domitia à la « méthode Notre-Dame ». Promise par Emmanuel Macron le 16 avril devant plusieurs centaines de maires réunis à l’Elysée, puis présentée le 22 avril dans l’Allier, cette procédure vise à « sortir des projets » agricoles et industriels « beaucoup plus vite », en « s'affranchissant des choses qui sont inutiles et des bureaucraties tatillonnes ». Or, le projet d’extension de l’Aqua Domitia ne figure pas parmi les projets susceptibles de bénéficier de la « méthode Notre-Dame », déplore l’élue. Et de préciser qu’une carte publiée récemment par les services de l’État ne recense que cinq projets en Occitanie, parmi les 150 concernés au niveau national, faisant de la région « la moins bien considérée ». D’ores et déjà en service dans le Gard et l’Hérault, l’Aqua Domitia fait l’objet d’études sur sa pertinence et sa faisabilité dans l’Aude et les Pyrénées-Orientales. Pour Mme Delga, qui qualifie l’ouvrage de « cathédrale de l’eau », ce projet d’extension est pourtant « capital » pour sécuriser l’approvisionnement en eau potable, agricole et économique de l’Aude et des Pyrénées-Orientales, particulièrement touchées par des sécheresses à répétition.

Nappes phréatiques : des niveaux encore « satisfaisants » mais des incertitudes pour l’été

Les niveaux des nappes phréatiques métropolitaines ont poursuivi leur baisse en avril sous l’effet d’un déficit de pluie efficaces, tout en restant malgré tout « satisfaisants », a indiqué le Bureau de recherches géologiques et minières (BRGM) dans son bulletin du 12 mai. Au 1er mai, 66 % des nappes du pays affichent des niveaux « autour de la normale » ou « légèrement excédentaires », tandis que 34 % se situent en dessous. Cette situation résulte d’un manque de pluie persistant depuis le mois de mars, entraînant une baisse des réserves en eau dans les nappes les plus réactives. Selon Météo-France, les précipitations d’avril ont été inférieures de près de 70 % par rapport aux normales (1991-2020). Combiné au réveil de la végétation et à la hausse des besoins en eau, notamment pour l’agriculture et le tourisme, ce déficit a entraîné une vidange de 79 % des nappes. Certaines nappes du Grand Est, du Cotentin, du Boulonnais et du Massif central présentent déjà des niveaux « modérément bas ». Si la situation reste globalement « satisfaisante » dans la métropole, les perspectives estivales demeurent par ailleurs incertaines et dépendront en grande partie de l’évolution des pluies au cours des prochaines semaines et du niveau des prélèvements anthropiques (liés à l’activité humaine). Entre mai et juillet, les prévisions de Météo-France indiquent une probabilité accrue de températures supérieures aux normales et une incertitude concernant les précipitations.

Reliquats bio : pour la Conf', le renflouement des MAEC est trop faible et arrive trop tard

Réagissant à l'annonce de la ministre de l'Agriculture de flécher 40 millions d'euros de reliquats d'aide à la bio vers les MAEC, avec priorité aux zones intermédiaires et à la bio, la Confédération paysanne estime, dans un communiqué paru le 13 mai, que ces fonds arrivent trop tard pour cette année, et sont trop faibles. « Les cultures sont semées et à quelques jours de la clôture des déclarations PAC, il est compliqué à ce stade de s'engager dans une MAEC qui doit permettre une évolution des pratiques », regrette le syndicat. En outre, le syndicat estime que les montants annoncés ne répondent pas aux besoins déclarés par les régions pour les dernières années de programmation, et que ce type de mesure ne concerne pas les exploitations « hors zone MAEC ». Le syndicat demande « une transparence totale sur le montant global du reliquat » pour 2025, un fléchage des reliquats 2026 et 2027 « intégralement consacré à la transition agroécologique, avec une priorisation vers l’agriculture biologique » ; « de la visibilité dès aujourd’hui pour les déclarations Pac 2027 » ; et un arbitrage en défaveur de Bercy, qui lorgne sur ces fonds pour faire des économies.

Déforestation : l’Indonésie veut reboiser 12 Mha grâce aux crédits carbone

L’Indonésie a affirmé sa volonté de reboiser 12 millions d’hectares de forêts défrichées pour l'agriculture et l'industrie minière et d’intégrer une partie de ces reboisements à de futurs projets de crédits carbone, a déclaré le ministre des Forêts Raja Juli Antoni à l’occasion du Forum des Nations unies sur les forêts, qui se tient 11 au 15 mai à New York (États-Unis), rapporte Reuters le 12 mai. À cette occasion, le ministre a réaffirmé l’engagement du gouvernement de Prabowo Subianto en faveur d’une gestion durable des forêts, présentée comme une « composante indissociable de l’action climatique mondiale ». Selon lui, l’Indonésie dispose déjà d’un cadre réglementaire permettant la vente de crédits carbone, répondant à « des standards élevés d’intégrité » et développés en partenariat avec des communautés locales. Le pays a récemment modifié ses règles sur le commerce du carbone afin d’autoriser la vente de crédits carbone sur les marchés internationaux. Cette stratégie intervient alors que la déforestation repart fortement à la hausse. Selon l’association environnementale Auriga, les pertes forestières ont progressé de 66 % en 2025, atteignant leur niveau le plus élevé depuis huit ans. Elle attribue cette hausse à l’affaiblissement des protections environnementales et aux politiques d’autosuffisance alimentaire et énergétique menées par le gouvernement.

Agenda de la semaine agricole du 18 mai 2026

Lundi 18 mai
93e session générale de l'Omsa (santé animale), jusqu'au 22

Mardi 19 mai
Présentation par la Commission européenne du plan d'action sur les engrais au Parlement européen
Manifestation du Copa-Cogeca devant le Parlement européen à Strasbourg contre le MACF
Trilogue sur les textes mettant en œuvre l'accord transatlantique de Turnberry (Écosse)
Début de l'examen du projet de loi d'urgence agricole à l'Assemblée en séance publique à l’Assemblée
Conférence de presse des députés du groupe écologiste sur le projet de loi d'urgence
REuse Economy Expo, salon du Réseau Vrac & Réemploi, à Paris
Déjeuner de presse d'Interbev sur la filière veau
Colloque du Collectif de l'emmental français
Visioconférence sur le projet Pâturond
Visite de la plateforme d'expérimentations d'Astredhor et du CTIFL, à Brindas (Rhône) 
Restitution du projet Flor’Agri (végétaux sauvages locaux), à Beaufort-en-Anjou (Maine-et-Loire)

Mercredi 20 mai
Conférence Grand angle lait (Idele)
Salon de l'herbe et des fourrages, dans les Vosges
Table ronde organisée par Apexagri sur l'agriculture durable
Présentation du Baromètre économique du vrac et du réemploi des emballages

Jeudi 21 mai 
Présentation du rapport de la commission d'enquête sur les marges des industriels et GMS
Conférence de presse de la FNSafer sur les marchés fonciers
Visioconférence « transformation et emballage fruits & légumes »
Conférence plénière à l'occasion de l'assemblée générale de NégoA
Bordeaux Solar Summit (salon du photovoltaïque)

Vendredi 22 mai
Assemblée générale de l’AOPn Prune, à Moissac (Tarn-et-Garonne)